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samedi 17 octobre 2015

« DAS AUTO » BONNE POUR LA CASSE ?




Aujourd’hui, pendant que le ménage se fait dans l’entreprise, le constructeur entreprend de rappeler, partout en Europe, les véhicules concernés.

Pas besoin de vous en convaincre car vous vous en doutez déjà : je ne connais rien à la mécanique. À l’électronique non plus. Aux logiciels farceurs encore moins. Mais je sais une chose : l’affaire Volkswagen est en train de prendre un tour totalement délirant.

Reprenons, et posons sur l’établi ce qu’on sait ou croit savoir entre politique et mécanique.

Les normes américaines sur les émissions de dioxyde d’azote (une cochonnerie) auxquelles Volkswagen a contrevenu via une vilaine tricherie ne sont pas les normes européennes. Elles sont, en outre, bien moins destinées à protéger l’environnement que le marché américain. En effet, ces normes « sont impossibles à respecter pour les petites voitures », dit un ingénieur de ma connaissance 1. Or, en juillet 2015, le groupe Volkswagen est devenu le premier constructeur mondial… et le seul à proposer des moteurs diesel quatre cylindres aux États-Unis. Où il a écoulé 500.000 véhicules. Ce qui énervait fort le PDG de Chrysler, notamment, qui a engueulé ses ingénieurs : « Puisque Volkswagen le fait, vous pourriez bien le faire aussi ! »

Mais Volkswagen a menti : il y avait un schmilblick dans ses moteurs. Une petite bricole pour inverser opportunément les données, ce qui prouve, au passage, le grand talent de ses constructeurs. Ces « defeat devices », me dit-on, ne sont pas une nouveauté. Ils trônent aujourd’hui sous tous les capots de manière à optimiser en permanence les rapports entre « consommation de carburant, performances du véhicule, prix et respect des normes ». Et si Volkswagen a bidouillé le système de manière à inverser les paramètres entre période de tests antipollution et circulation normale, c’était « pour réduire la consommation de carburant de ses voitures ». Possible.

Mais Volkswagen a menti, et depuis Nixon et Clinton, on sait ce que coûte le mensonge outre-Atlantique : une amende de 18 milliards de dollars, pour commencer. Et puis révélée en plein salon de Francfort – alors qu’elle était connue depuis un moment déjà -, la supercherie est en train de mettre le géant à terre : en une semaine, l’action a perdu 40 % de sa valeur boursière. Et ce n’est qu’un début.

Aujourd’hui, pendant que le ménage se fait dans l’entreprise, le constructeur entreprend de rappeler, partout en Europe, les véhicules concernés. Et comme s’il y avait un danger imminent à rouler avec « un moteur manipulé », dixit le ministre de l’Économie belge (un peu comme si l’on avait bousillé les freins ?), on voit le délire et bientôt la psychose s’emparer des uns et des autres.

Court-on un risque particulier à rouler en Volkswagen, Golf, Passat, Audi ouTiguan ? Non, aucun.

Ces voitures sont-elle hors les normes européennes ? Non plus.

Mais une plainte pour « tromperie aggravée et mise en danger de la vie d’autrui (sic !) » a été déposée par l’ONG Écologie sans frontières, et les requins de la procédure sont maintenant dans les starting-blocks. On évoque « les millions de victimes » (sic) et, comble de la stupidité, l’avocat des parties civiles françaises interrogé jeudi soir sur France Info est allé jusqu’à réclamer « la destruction des 11 millions de véhicules concernés » de par le monde. Et ça, coco, ça ne pollue pas ?

Je précise malgré tout : je n’ai pas d’action Volkswagen, pas de voiture Volkswagen ni de voiture tout court. Mais je crains la connerie quand elle vire à la psychose collective, ce qui est une fois de plus en train de se passer. Et de l’autre côté de l’Atlantique, on doit bien rigoler !

Le système « AdBlue », catalyseur antidioxyde d’azote, injecte de l’urée dans les gaz d’échappement. Installé sur les camions, tracteurs et sur les voitures diesel à grosses cylindrées, il réduit la teneur des gaz d’échappement en oxydes d’azote mais pas les centaines d’autres gaz émis par les voitures. Son coût : environ 1.500 euros par véhicule.

Marie Delarue