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mardi 16 février 2016

Dans la course au bien manger, le sans gluten maintenant


Grâce à la stérilisation, à la chaîne du froid et autres normes sanitaires, on ne s’est jamais nourri aussi sainement qu’aujourd’hui. Mais curieusement, après les obsessions végétariennes, végétaliennes, crudivoristes, véganes, et j’en oublie… voici qu’une autre se répand comme un feu de brousse (l’orthorexie), caractérisée par une fixation sur l’ingestion d’une nourriture « saine ». Cela commença par la religion du bio, censée nous prémunir des méchants pesticides. Un seul, la roténone, resta initialement autorisé pour ces cultures, et mauvaise pioche… la roténone était toxique.

Ainsi, jusqu’en 2008, les fanas du bio en ingérèrent avec l’illusion de se faire du bien ! Depuis, il ne reste plus aux agriculteurs bio que le cuivre pour permettre l’élimination des micro-organismes indésirables ; mais ce métal reste dans le sol au risque d’y détruire toute vie. Et si les normes françaises exigent l’absence totale de produits chimiques de synthèse, certains pays en tolèrent encore 40 %. Or, 30 % des fruits et légumes estampillés « bio » sont importés… Des cohortes de gens modestes surpayent ainsi, par pure panurgisme, des aliments sans bénéfice sanitaire démontré.

Mais un clou chassant l’autre, c’est aujourd’hui le régime sans gluten qui prend la tête de la course au prétendu bien manger. Presque un tiers des Américains s’y adonnant déjà, le gros business des plats préparés – aidé de gourous médiatiques soi-disant spécialistes en nutrition – espère bien faire ingurgiter sa camelote bourrée de farine de riz, de sucre ou de sirop d’agave aux pigeons européens.

Or, 1 % seulement de la population nécessite réellement un tel régime (par ailleurs susceptible d’aggraver un diabète). Et même si certains convertis disent « se sentir mieux » – ce qui reste à préciser -, on sait que l’effet placebo à lui seul améliore 30 % des gens ; et même le double en matière de migraines ou de dépression…

Le plus pathétique est que les orthorexiques, généralement grands contempteurs des multinationales agroalimentaires, sont aussi les premières victimes de leurs techniques de marketing. On doit bien se taper sur les cuisses dans certains conseils d’administration…

Richard Hanlet