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mardi 15 mars 2016

Les opposants à la burqa sont confiants


Ils ont jusqu'au 15 septembre 2017 pour récolter 100'000 signatures.



Les opposants à la burqa et à toute dissimulation du visage dans l'espace public peuvent désormais lancer officiellement leur initiative fédérale. La droite dure, sous la direction du Comité d'Egerkingen, a jusqu'au 15 septembre 2017 pour récolter 100'000 signatures.

Le délai a été publié mardi dans la «Feuille fédérale». Les initiants ont annoncé depuis des mois le lancement de l'initiative «Oui à l'interdiction de se dissimuler le visage».

Le texte s'inspire de l'initiative acceptée par les Tessinois en 2013. Personne ne devrait avoir le droit de dissimuler son visage dans l'espace public, dans des lieux accessibles à tous (exceptés les lieux de culte) ou dans lesquels sont fournies des prestations ordinairement accessibles par tout un chacun.

Il serait aussi interdit de contraindre quelqu'un à se dissimuler le visage en raison de son sexe. Des exceptions sont prévues pour des raisons sanitaires, de sécurité, climatiques ou de coutume locale. La loi d'application devrait être adoptée dans les deux ans.



Julia Onken de la partie

On retrouve beaucoup d'UDC dans le comité d'initiative dont les Valaisans Oskar Freysinger et Jean-Luc Addor, le Neuchâtelois Raymond Clottu, le Genevois Yves Nidegger et le Vaudois Claude-Alain Voiblet.

L'UDF, la Lega et les Démocrates suisses sont aussi représentés tout comme le comité d'initiative tessinois, via, entre autres, Giorgo Ghiringhelli et la libérale-radicale Marina Masoni. L'auteure féministe alémanique Julia Onken figure aussi sur la liste.



Femmes et hooligans

Avant les élections fédérales, les initiants avaient présenté le visuel de leur campagne. Il reprend l'image de la femme voilée utilisée pour l'initiative contre les minarets, elle aussi lancée par le comité d'Egerkingen, ainsi que celle d'un hooligan.

Les initiants sont confiants quant à la validité de leur initiative. Le Parlement, sur recommandation du Conseil fédéral, a donné son aval au texte adopté au Tessin.

Tout en s'opposant à cette mesure jugée inopportune, le gouvernement a estimé que cette interdiction du voile ne violait pas le droit fédéral. Dans son argumentaire, il faisait référence à la loi française, très proche, que la Cour de Strasbourg a jugé compatible avec la Convention européenne des droits de l'homme.



Débat

Le port du voile agite de plus en plus la Suisse. Les autorités de plusieurs cantons sont saisies de demandes pour interdire le voile, intégral ou non selon les cas, dans les écoles voire les lieux publics.

Dernier épisode en date, le dépôt par l'UDC valaisanne d'une initiative pour l'interdiction de tout couvre-chef dans les écoles publiques. Le parlement de Fribourg a quant à la lui décidé d'obliger les élèves à fréquenter l'école à visage découvert, mais ils ne devront pas être tête nue. La burqa ou le niqab seraient interdits, mais pas le foulard.

ATS