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lundi 15 août 2016

Après Cannes et Villeneuve-Loubet, Sisco prend un arrêté anti-burkini


Conséquences des heurts de Sisco, en Corse, le maire PS de la commune, Ange-Pierre Vivoni, a pris un arrêté interdisant le burkini sur ses plages. L'arrêté anti-burkini sera enregistré dès mardi en préfecture, a précisé Ange-Pierre Vivoni, qui a dit s'appuyer sur deux arrêtés similaires, notamment celui de la mairie de Cannes, validé par la justice. La mairie de Sisco a aussi pris la décision d'annuler les festivités du 15 Août prévues dans la commune, « pas pour des raisons de sécurité, mais parce que les habitants n'ont pas la tête à ça ».

Troisième arrêté anti-burkini

Après la rixe, des témoins ont rapporté que les esprits s'étaient échauffés après que plusieurs femmes qui se baignaient en burkini ont été prises en photo par des touristes. Voilà sans doute ce qui a motivé la décision de l'élu qui a réuni dimanche soir un conseil municipal extraordinaire au lendemain de la violente rixe entre jeunes Corses et familles d'origine maghrébine venues de Lupino, un quartier populaire et métissé du sud de Bastia..

Le 28 juillet, le maire Les Républicains de Cannes, David Lisnard, avait pris cet arrêté interdisant le port du burkini, une tenue de bain utilisée par les femmes musulmanes désireuses de recouvrir leur corps entièrement, à l'exception du visage et des mains. Le 5 août, le maire, lui aussi LR, de Villeneuve-Loubet, Lionnel Luca, avait pris à son tour un arrêté interdisant la baignade en burkini dans sa commune

Éviter d'autres affrontements

Les tensions autour de cet événement qui a fait 5 blessés sont encore vives. 500 personnes ont participé dimanche à Bastia à un rassemblement avant de se diriger vers le quartier de Lupino en criant « aux armes, on va monter parce qu'on est chez nous ». Des gendarmes mobiles ont dû être déployés pour bloquer l'entrée de ce quartier où sont supposées vivre les familles d'origine maghrébine mêlées à l'affaire.

En parallèle, le parquet de Bastia poursuit son enquête en flagrance « pour violence en réunion », pour « établir l'origine » des faits de samedi.

À l'origine des heurts, selon plusieurs témoignages concordants, un « accrochage » entre trois familles musulmanes et des touristes qui profitaient de leur passage dans la marine de Sisco pour photographier la crique dite de « Scalu Vechju », très fréquentée par les locaux. « Se sentant visées par l'objectif, les personnes d'origine maghrébine ont accusé les vacanciers de prendre en photo leurs femmes, voilées, qui se baignaient en djellaba et en burkini, et ont caillassé les touristes », raconte un témoin. Échanges d'invectives, provocations, menaces : le ton monte rapidement entre les deux groupes.

JULIAN MATTEI