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mercredi 7 septembre 2016

La Suisse se paie le Portugal "Campeão Europeu"


Deux buts en première mi-temps, de la concentration et un peu de chance en seconde auront permis à la Nati de battre la Selecçao mardi à Bâle. Un succès de prestige, et un début de campagne idéal vers le Mondial 2018.



Des milliers de drapeaux suisses battant la mesure et une explosion de joie. Mardi soir à Bâle, dans un Parc Saint-Jacques à guichets fermés (36 000 spectateurs), l’équipe de Suisse a réussi sa rentrée. Elle a battu le Portugal champion d’Europe (2-0). Breel Embolo a ouvert la marque de la tête peu après la 20e minute de jeu, Admir Mehmedi a doublé la mise quelques minutes plus tard. Les hommes de Vladimir Petkovic ont parfaitement géré un temps fort d’un quart d’heure de jeu en première mi-temps du match pour décrocher une victoire de prestige, et commencer leur campagne vers le Mondial 2018 en Russie de manière idéale: en se payant le favori de leur groupe qualificatif. Seule ombre au tableau: l’expulsion en toute fin de match du meneur de jeu Granit Xhaka, pour deux avertissements.

L’issue est aussi heureuse que l’entrée en matière avait été pénible. La réalité des vingt premières minutes de jeu de la rencontre était loin de ce que l’équipe de Suisse avait espéré. Non, elle ne détenait pas le ballon comme elle l’avait fait d’un bout à l’autre de l’Euro. Non, le Portugal n’était pas venu jouer le nul (et plus si affinités) mais bien chercher les trois points. Et les champions d’Europe jetaient toutes leurs forces dans la bataille d’entrée. 4e minute de jeu: Eder, seul buteur de la finale le 10 juillet dernier contre la France, ne parvenait pas à redresser sa frappe au bout d’une belle course. 5e minute de jeu: Bernardo Silva ajustait bien sa volée, mais Yann Sommer était attentif. 6e minute de jeu: Stephan Lichtsteiner dégageait en catastrophe sur… la main de Johan Djourou. Penalty ou pas? Le geste n’était clairement pas volontaire, mais impossible de considérer la position du corps du défenseur genevois comme «naturelle» (il appelait ses coéquipiers à calmer le jeu les bras écartés).

Embolo, prêt à assumer un rôle déterminant

Pendant ce temps, Breel Embolo se démarquait comme le seul véritable animateur du jeu helvétique. Très tonique, quittant volontiers sa position d’ailier droit pour aller où le ballon l’appelait, il mettait de la vitesse dans le jeu de la Nati. Avant de marquer le 1-0 de la tête sur un renvoi du gardien Rui Patricio, c’est lui qui avait provoqué le coup-franc qu’allait (bien) tirer Ricardo Rodriguez. Le jeune joueur de 19 ans, passé du FC Bâle à Schalke 04 durant l’été, n’est plus intimidé par les rencontres internationales comme il avait pu le paraître durant l’Euro. Une mi-temps lui aura suffi pour montrer qu’il était désormais prêt à assumer un rôle déterminant en équipe nationale.

Après la pause, les conditions n’étaient plus réunies pour qu’il se mette en évidence. Le Portugal monopolisait à nouveau le cuir. La Suisse se terrait dans son camp. Chaque action contrecarrée par un tacle, un dégagement ou une intervention du gardien était saluée par des cris de joie venus des tribunes. L’équipe nationale pliait, mais ne rompait pas. Attentifs et finalement sereins dans leurs interventions, les défenseurs n’ont pas cédé à la panique comme dans les premières minutes de la rencontre. Même la sortie du capitaine Stephan Lichtsteiner, manifestement un peu court physiquement, pour Silvan Widmer n’a pas perturbé la stabilité helvétique.

Un peu de chance

La Nati n’a été réellement prise à défaut qu’à la 82e. Nani était seul aux cinq mètres sur un centre de Quaresma, mais sa tête heurtait le montant droit de la cage de Yann Sommer. Parfois, il faut aussi un peu de chance.

Sûre de son fait, d’avoir assuré l’essentiel, l’équipe de Vladimir Petkovic a mis peu d’énergie dans les ruptures en seconde période. Blerim Dzemaili s’est bien retrouvé en position de classer l’affaire sur un service idéal d’Admir Mehmedi, mais le milieu de terrain a fait le mauvais choix (le pied gauche plutôt que le droit) et manqué le cadre. A quelques minutes de la fin du temps réglementaire, une jolie action entre Embolo et Derdiyok aurait encore pu aboutir sur un but.

Personne ne tiendra rigueur à la Nati d’avoir terminé la partie avec deux buts marqués, zéro encaissé et trois points. Après tout, il y avait en face les champions d’Europe. La route qui mène au Mondial en Russie est encore longue. Mais l’équipe de Suisse a clairement pris le bon chemin.

Lionel Pittet