CHU DE CHE / JE SUIS D'ICI / ICH BIN VON HIER !

lundi 12 septembre 2016

Un jeune sur dix ne se rend pas au recrutement par trouille




L'armée suisse doit affronter un nouvel «ennemi»: l'absence des jeunes au recrutement. «Pour nous, c'est un vrai problème», a confié à 20 Minuten Giordano Elmer, commandant du centre de recrutement de Monte Ceneri au Tessin.

Derrière cet absentéisme se cache une raison toute triviale, a ajouté l'officier. «Beaucoup ont peur de venir chez nous.» Alfred Widmann, commandant de l'arrondissement de Bâle-Ville, a également constaté le phénomène. «Il arrive de nos jours que des jeunes qui ont dormi toute leur vie dans une chambre individuelle ne trouvent pas leurs marques dans un dortoir à quatre lits.»

Un taux de 10% à l'échelle nationale

Daniel Bosshard, commandant de l'arrondissement de Zurich, cite également d'autres raisons, comme la nonchalance. «Ils ont mal lu ou mal compris le rendez-vous, ont perdu la convocation ou encore oublié le recrutement.»

Impossible de connaître l'ampleur du phénomène pour toute la Suisse puisque le recrutement est l'affaire des cantons. Mais sur la base des chiffres cantonaux disponibles, un taux de 10% peut être extrapolé à l'échelle nationale.

Zurich a convoqué en 2015 précisément 5'844 jeunes en âge de servir et 1053 ne se sont pas présentés, soit 18%, ce qui est représentatif des années précédentes. Un quart parvient à se faire excuser après coup. «Sont souvent évoqués les examens d'apprentissage ou de maturité, la maladie ou des blessures», a résumé Daniel Bosshard.

Les villes en cause

Le taux élevé d'absents dans le canton de Zurich a également une raison géographique. «Nous avons de nombreux territoires urbains qui comptent malheureusement de fortes proportions de jeunes qui ne viennent pas au recrutement.»

Même constat à Bâle-Ville où le taux d'absentéisme des jeunes appelés varie entre 10 et 15%. Dans le canton de Berne, la proportion est d'environ 10 %, contre 7 % à Lucerne. Il tombe en revanche à 5% au Tessin, à moins de 4% à Bâle-Campagne et à 2,3 % à Saint-Gall.

Une amende salée

Un «oubli» peut pourtant avoir des conséquences fâcheuses puisqu'il se solde par une amende entre 200 et 300 francs pour la première fois. En cas de récidive, le montant grimpe entre 300 et 400 francs. Une troisième absence coûte entre 500 et 600 francs. Au final, la facture peut dépasser les 1000 francs.

«Mais il n'y a que peu d'appelés qui ratent une deuxième convocation», relève Martin Büsser, commandant d'arrondissement de Bâle-Campagne. Quant aux récalcitrants, ils doivent alors avoir affaire à la justice militaire. «Mais ils ne sont qu'une poignée.»