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mercredi 19 octobre 2016

Le système de santé de Cuba reste un des plus performants au monde et n’a rien à envier au nôtre.


Quoi qu’on puisse penser du régime politique castriste, à bout de souffle dans bien des domaines – libertés publiques sous contrôle, inadéquation totale du système économique, obsolescence de l’appareil productif, déficit commercial conséquent, tout cela amplifié par la crise qui a frappé certains partenaires privilégiés comme le Venezuela et aussi l’embargo, toujours en vigueur -, il est cependant une évidence : son système de santé reste un des plus performants du monde et n’a rien à envier au nôtre.

En termes de taux de mortalité infantile (4,5/1.000), d’espérance de vie (79 ans ; par comparaison, elle est de 82 ans dans notre pays) comme en nombre et répartition des médecins (un médecin pour 150 habitants et un pour 462 en Suisse), Cuba est le seul pays d’Amérique latine à afficher des statistiques proches des pays les plus développés. Il en est de même en ce qui concerne la biotechnologie, considérée comme une des plus innovantes, qui, du fait de l’absence d’autorisations pour exploiter les médicaments sous licence internationale, a développé des produits originaux dans de nombreux domaines, en particulier dans le traitement de certains cancers.

À l’heure où de trop nombreux territoires de notre pays subissent une importante désertification médicale, il serait peut-être intéressant d’examiner le système de formation médicale qui se décline à Cuba selon un format original : trois cycles de deux ans.

Au terme du premier cycle, délivrance du diplôme de travailleur sanitaire ; à l’issue du deuxième cycle, le diplôme d’infirmier ; celui de médecin à la fin du troisième cycle. Le médecin généraliste diplômé devant obligatoirement commencer sa carrière en zone rurale, et ce, pendant deux années…
Signe de la reconnaissance du système de santé cubain, profitant du dégel des relations entre les deux pays, une université américaine – celle de l’État du Michigan – a mis sur pied un stage de formation à l’intention de ses étudiants en médecine dans les hôpitaux cubains pour « étudier le système de santé ».

Car en matière de santé publique, grâce à sa densité et à son organisation, face aux vagues épidémiques, les services de l’État cubain sont efficaces. Ainsi, dans le contrôle de la menace du virus Zika, qui s’est propagé dans une grande partie de la Caraïbe et de l’Amérique latine dont certains pays, comme le Brésil, ont été sévèrement touchés (1.000 cas de bébés nés avec une microcéphalie à la suite de la contamination des femmes par le virus pendant leur grossesse), ou encore dernièrement en Floride, à Miami, où ont été détectés des foyers de virus.

Cuba est l’exception, dans cette région du monde, pour avoir pu et su s’organiser et contenir la propagation de ce virus (trois cas locaux seulement et 30 cas importés) et mettre en place un système de surveillance épidémiologique, grâce en particulier à l’Institut de médecine tropicale Pedro Kourí installé à La Havane, de réputation mondiale.

Les 20 et 21 octobre, La Havane accueillera, d’ailleurs, un symposium sous l’égide de la PAHO (Pan American Health Organization) pour communiquer sur les moyens utilisés pour éradiquer le porteur de ce virus, le moustique Aedes.

Cependant, la crise économique retardant la rénovation de certains hôpitaux et dispensaires vétustes, la maintenance difficile de certains dispositifs médicaux, les salaires trop bas et le moral des professionnels de santé en baisse avec des revenus inférieurs à ceux des employés d’un grand hôtel de La Havane interrogent sur la possibilité de pouvoir maintenir cette efficacité.

Jean-Marie Beuzelin