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lundi 24 octobre 2016

Les cloches sonneront-elles encore demain ?




Comme une gifle. On a beau se cogner chaque jour contre la réalité de l’immigration et de l’islam – les deux tiers des enfants des écoles publiques de ma ville de Béziers sont issus de l’immigration –, on sort comme assommé de la lecture de Les cloches sonneront-elles encore demain ?

Que nous dit, en effet, Philippe de Villiers que les autres éludent ou taisent ? Que nous serons submergés. Que cette immigration de peuplement a été organisée, voulue. Que l’islam n’est pas compatible avec notre République. Que la violence lui est intrinsèque. Que notre classe politique a trahi, a « viré de bord », qu’elle « pratique l’intelligence avec l’ennemi. Elle espère encore passer entre les gouttes. Les gouttes de sang français. »

Et de dénoncer, sans gants, sans ménagement, sans prudence — car il n’est plus temps —, un « Munich migratoire », la « position du soumissionnaire » adoptée par la haute administration et bon nombre d’évêques, la dhimmitude devant le « grand dérangement » des compagnons de route (du communisme hier, de l’islamisme aujourd’hui), d’Alain Badiou à Philippe Sollers.

Maire d’une ville qui paie un tribut insupportable à ce « néocolonialisme à l’envers », les propos de Philippe de Villiers me touchent, me soulèvent, me bouleversent. Et, je veux le dire, me mettent les larmes aux yeux : « Toutes ces vieilles églises de pierre malade et ces cloches ancestrales qui ne sonnent plus appartiennent malgré tout à la personnalité française. Nul ne peut en disposer. Elles mettent chaque jour en nos humeurs si changeantes un peu de pérennité. Elles sont la haute mémoire de “ce cher et vieux pays”. C’est pourquoi il ne faut pas y toucher.

Il ne faut pas déranger nos paysages intimes. C’est la civilisation. La nôtre. Elle n’est pas échangeable. On ne peut pas la troquer contre une autre, comme une liquette. »

Oui, comme le fondateur du Puy du Fou – cet appartement témoin de la France que nous revendiquons —, je veux continuer à rêver d’un pays qui nous ressemble, à me réclamer d’une histoire que je chéris. Même si ces rêves n’ont pas l’heur de plaire à ces journalistes-gardes-chiourme et ces préfets-proconsuls qui nous font, qui me font une guerre de tous les jours.

Philippe de Villiers, à lui seul, est œuvre de salubrité publique. Parce qu’il remet en perspective, parce qu’il est animé d’un souffle salvateur, parce qu’il manie les mots comme une hache pour se faire un chemin dans la jungle des idées reçues. Un souffle qui vous prend aux tripes : « Oserai-je l’avouer ?, écrit-il, Il m’arrive, certains soirs, de vagabonder vers les temps interdits par l’historiquement correct, vers les époques bannies par la censure officielle et de repartir aux croisades. J’aime cette France-là, de lumière vive et de tendresse rugueuse, qui ne doute pas et qui, pendant des siècles, a nourri les grandeurs intimes du poème français. »

Mais, vite, il nous faut quitter le pont du Titanic et sonner les cloches. Pas pour le glas, écrit Philippe de Villiers, mais pour le tocsin. Et de rappeler les mots du général de Gaulle confiés à Malraux : « Nous sommes les derniers Européens de l’Europe, qui fut la chrétienté. » Il n’est pas trop tard. À condition de ne pas se contenter de lire Philippe de Villiers mais de le prendre au mot. Et de se battre. Un livre boussole. Un manuel de survie.

Robert Ménard
Maire de Béziers