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mercredi 5 octobre 2016

Les Suisses dépensent plus pour se divertir


Quelques entreprises comme YouTube, Netflix, Spotify, Facebook et Snapchat fixent les règles du marché en matière de prix et de standards techniques. (Image d'illustration) (photo: Keystone)


Le marché suisse des médias et des divertissements poursuit sa croissance, notamment grâce à l'utilisation croissante d'internet. Selon PwC Suisse, il a progressé de 5,6% au regard de 2015 à 14,2 milliards de francs. En 2020, les revenus pourraient avoisiner les 16 milliards.

Clefs de l'évolution du secteur, les segments de l'accès à internet et de la publicité en ligne représentent actuellement 40% des recettes globales, écrit mercredi le cabinet d'audit comptable et de conseils dans son rapport «Swiss Entertainment & Media Outlook 2016-2020». Alors que cette part n'atteignait que 25% en 2010, elle devrait se hisser à près de la moitié d'ici à quatre ans.

Consommation de données augmentée

Chaque année, le consommateur moyen augmente sa consommation de données de 60%. Dans ce contexte, le secteur des annonces sur internet continue d'afficher l'expansion la plus vigoureuse.

Les modèles commerciaux monnayant les données des clients et misant sur des services et contenus basés sur le réseau des réseaux se révèlent comme les plus florissants. Les nouveaux formats publicitaires se prêtent à des mesures plus pointues, observe PwC Suisse.

Secteurs traditionnels

Ils permettent aussi de toucher des cibles avec une précision accrue et de diffuser des contenus personnalisés. Sans surprise, cette évolution, plus rapide que prévu, met sous pression les formes d'annonces traditionnelles des magazines et de la presse quotidienne sur papier.

Il y a quatre ans, les dépenses pour les annonces sur internet ont pour la première fois dépassé les montants alloués aux campagnes télévisuelles. Mais ces dernières conservent cependant leur attrait, même si la consommation se fragmente toujours plus avec la multiplication des appareils et canaux.

Streaming

Le phénomène rend plus complexe la mesure de la consommation ainsi que l'accès aux consommateurs. Touchant notamment les marchés de la télévision, du cinéma et de la musique, la numérisation croissante des contenus médias a en peu de temps consacré la diffusion en continu via internet - le «streaming».

Devenu le format numérique dominant, le streaming remplace de plus en plus le téléchargement et la télévision à la carte. Les consommateurs, à tous le moins les plus jeunes, ne souhaitent plus payer à l'unité et préfèrent disposer d'un accès illimité à des contenus via la diffusion en continu.

Primauté du contenu

S'inscrivant dans cette nouvelle mutation, les fournisseurs ont modifié leur stratégie, tendant à remplacer les formules à la demande par des abonnements mensuels. Dans le domaine musical, le streaming a dégagé l'an passé en Suisse des revenus de 45 millions de francs. En 2020, ils auront plus que doublé pour culminer à 98 millions, anticipe PwC Suisse.

En matière de vidéo, les recettes dégagées dans le domaine en Suisse se sont montées à 49 millions de francs en 2015. Dans quatre ans, ce montant pourrait avoisiner les 79 millions.

Pour demeurer compétitifs, les fournisseurs suisses doivent comprendre les besoins changeants des jeunes générations et cerner les modifications de leurs comportements. Plus réactives à la nouveauté, elles s'adaptent rapidement et donnent le ton, par exemple par l'utilisation simultanée et mobile de plusieurs médias.

Préférences et tendances locales

Mais la règle de base de la primauté des contenus demeure. Malgré la globalisation du secteur des médias et des divertissements, avec pour corollaire une certaine homogénéisation de l'offre, des fournisseurs génèrent une plus-value en proposant des produits en ligne correspondant aux préférences et tendances locales.

Désormais, quelques entreprises comme YouTube, Netflix, Spotify, Facebook et Snapchat fixent les règles du marché en matière de prix et de standards techniques. Dans le même temps, ils occupent une position lucrative à la faveur d'une vive demande pour leur offre de publicité personnalisée qui repose sur de gigantesques enregistrements de données, systèmes d'analyses et algorithmes.

Opportunités

Pour pouvoir atteindre les consommateurs, les producteurs et fournisseurs de contenus classiques seront obligés de se plier aux règles du jeu dictées par ces plates-formes de distribution, poursuit PwC Suisse. Cette mutation représente aussi une opportunité de se réinventer et de se réorienter.

ATS