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samedi 11 mars 2017

Et si L’Elysée avait tout » macronisé… » ?




Plus le temps passe, plus l’échéance électorale approche, et plus les pièces du puzzle diabolique se mettent en place. Il y a dans cette commedia dell’arte un ou deux acteurs principaux et beaucoup de figurants qui commencent à comprendre qu’ils ne sont là que pour donner le change…

1er décembre 2016, Francois Hollande, accessoirement président de la République mais avant tout ex-premier secrétaire du Parti socialiste réalise que les carottes sont cuites, non seulement pour lui, mais aussi et surtout pour son cher parti qui ne se remettra pas de ces cinq années catastrophiques. Il annonce son retrait et laisse les prétendants à sa succession se battre entre eux. Une brochette de ténors et de seconds couteaux s’étripent au cours de la primaire dont Hamon sort vainqueur.

Dans le même temps Emmanuel Macron annonce sa candidature hors les murs. Hollande observe, fait mine d’être contrarié, tance pour la forme la démarche de son ancien protégé. Hamon est tranquille car il se croit adoubé par son président socialiste et pense que le trublion Macron va exploser en vol dans un avenir proche.

Mais il ne sait pas qu’il n’est qu’un faire valoir dans cette course arrangée d’avance par un président socialiste dont il ne porte plus les couleurs car celles-ci sont tellement fanées qu’il a fallu trouver un autre cheval plus présentable pour donner le change. Le fil de la couture qui tient tout l’ensemble est d’abord de la même couleur que son nouveau favori, gris comme l’air du temps d’hiver ! Hamon continue de cravacher mais est scotché à 15% d’intentions de votes. Devant, à dix longueurs, Macron ratisse large et engrange les soutiens les plus hétéroclites possibles ; de Madelin l’ultra libéral au communiste Robert Hue, en passant par Cohn-Bendit et l’éternelle girouette Bayrou.

Mais là où le fil de la couture devient franchement blanc, c’est lorsque qu’on apprend que Le Drian, proche parmi les proches de Hollande, est en pour-parler en vue d’un ralliement à Macron. Il laisserait donc tomber son compagnon d’écurie Hamon et compatriote breton, comme une vieille chaussette. La boucle est bouclée.

Peu de temps après, c’est au tour du premier ministre Cazeneuve, resté près de son mentor, de lancer sa première action de commando lors de sa visite au QG de Hamon. Sous des dehors de soutien au candidat socialiste, le premier ministre a souligné avec fermeté la nécessité de rassembler pour faire face au danger du FN qui semble être le seul dénominateur commun de ce curieux attelage. Le clin d’œil en faveur de Macron est évident si on sait lire entre les lignes et qu’on sait que de tout temps le rassemblement ne se fait jamais autour du plus faible…

Jean-Pierre Lenoir
Marchand de vins et écrivain