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jeudi 27 avril 2017

Macron, un « patriote » qui n’aime pas vraiment la France…


Même avec le jeune Macron, c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes. La preuve par son allocution de ce dimanche dernier, à l’occasion de laquelle il salue ses neuf compétiteurs, à l’exception de la dixième – une certaine Marine Le Pen. Soit, et ce, malgré une parité homme/femme gravée dans le marbre de la Loi et le mode d’emploi du lave-linge, une goujaterie avérée voulant qu’on oublie toujours de faire un compliment aux filles.

Avant pince-fesses à La Rotonde (sorte de Fouquet’s de gauche), le gendre idéal déclarait devant ses partisans : « Je souhaite, dans quinze ours, devenir le Président de tout le peuple de France, le Président des patriotes face à la menace des nationalistes… » Vieux pots, disions-nous, soit la même soupe faisandée servie par François Mitterrand au siècle dernier au Parlement européen, voulant que le patriotisme serait l’amour des siens, tandis que le nationalisme ferait figure de la haine des autres. Le père caché de Mazarine n’en pensait évidemment pas un traître mot, s’en vantant même, au sein d’une conversation privée avec Robert Hersant et Jean-Marie Le Pen, ayant depuis fait le bonheur des réseaux sociaux et des savantes encyclopédies de la chose politique.

Tel serait donc le viatique futur de ce Nicolas Sarkozy 4.0, candidat seul capable de faire bouger lignes et clivages, postulat généralement avancé par les politologues en panne d’inspiration ?

Ainsi, Emmanuel Macron serait « patriote »… « Patriote » assurant que « la culture française n’existe pas » et que l’ensemble des Français nés en Algérie seraient des criminels contre l’humanité, les Bretons des illettrés et les Guyanais des îliens.

Assez logique, pour le candidat d’une France ubérisée, dans laquelle les chômeurs n’auraient vocation à n’être que prestataires de services, taillables et corvéables à merci. Ne jamais hésiter devant rien, éternelle devise d’un margoulin n’hésitant pas, pour se donner bonne contenance, à citer ce cher et inusable Charles Péguy…

Emmanuel Macron, soutenu par la majeure partie du personnel allemand qui lui déroule le tapis rouge entre les deux tours – toujours ce vieux tropisme consistant à vouloir coucher avec l’Allemagne, même si cela ne nous a pas toujours réussi –, ne dédaigne pas non plus le renfort de la quasi-totalité de la presse internationale, se trouve de plus défendu par l’ensemble de l’appareil politico-médiatique de France. Inutile de refaire l’historique de ses sponsors, entre Niel et Drahi, Pigasse et Arnault, Minc et Attali, BHL et Bergé, Hue et Madelin, tous connus, à défaut d’être nationalistes sourcilleux, pour être de vaillants patriotes.

Emmanuel Macron, sorte de candidat hors-sol… pour lequel la France, pas exactement patrie charnelle, n’est jamais rien d’autre qu’une boîte postale dissimulée dans un paradis fiscal. Bref, une seule adresse de circonstance.

Pas forcément de quoi faire un Président digne de ce nom. Mais, comme on dit, les Français jugeront.

Nicolas Gauthier
Journaliste, écrivain