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mercredi 14 juin 2017

Affaire de la louve du Jaun : armes non déclarées et poison chez un élu UDC


Le député UDC, au bénéfice de la présomption d'innocence, nie les faits. 
© Aldo Ellena (archives)


La «proximité immédiate» entre l'endroit où ont été retrouvés les cadavres d'une louve, de six renards, d'un blaireau, d'un milan royal et d'un chat, entre le 6 et le 9 juin, et le domicile de Roger Schuwey ont conduit à une fouille du domicile de l'élu UDC au Grand Conseil fribourgeois, samedi.

Une bouteille contenant du poison et des bacs remplis de restes de viande ont été retrouvés, révèle dans son édition de mercredi «La Liberté».

Un extrait du journal de police, que «La Liberté» a pu consulter, révèle que du poison a été retrouvé chez Roger Schuwey lors d'une perquisition dans l'affaire de la louve tuée à Bellegarde. Le député UDC clame son innocence.

Le document précise que le poison retrouvé chez Roger Schuwey était contenu dans une bouteille en PET. Des bacs remplis de restes de viande ont également été séquestrés, de même que cinq armes longues non-déclarées et une carabine munitionnée. Pour rappel, le Ministère public révélait lundi «avec une haute vraisemblance» que la louve retrouvée morte vendredi passé avait été empoisonnée.

«Je n'ai rien fait», clame Roger Schuwey. Toujours au bénéfice d'une présomption d'innocence pleine et entière, le député justifie point par point les faits décrits par le journal de police.

Roger Schuwey admet du «laisser-aller» quant aux armes non déclarées. «Maintenant elles le seront, je paierai l'amende et tout sera fini», a confié le député UDC au quotidien fribourgeois. En revanche, il balaie les critiques quant à la carabine munitionnée, sous prétexte qu'elle se trouvait dans une armoire fermée par un code.

Quant aux autres trouvailles faites chez lui, Roger Schuwey les a justifiées une à une à «La Liberté». Le poison? Un liquide pour tuer les fourmis utilisé une seule fois et inefficace. Les bacs de viande? Des restes de son restaurant adjacent à son domicile. Les cadavres d'animaux proches de sa maison? «Je n'ai rien fait», assure celui qui a déjà été condamné deux fois, en 2013 et 2015, pour braconnage et cruauté envers les animaux. A ce stade de l'enquête, l'élu UDC bénéficie de la présomption d'innocence.

Le Ministère public fribourgeois, qui indiquait lundi que la louve avait vraisemblablement été empoisonnée, refuse d'en dire plus. Des examens sont encore en cours pour déterminer le produit utilisé. L'autorité judiciaire précise qu'une procédure pénale pour délit contre la loi fédérale sur la protection des animaux a été ouverte contre une personne, dont elle refuser de révéler l'identité. Celle-ci nierait les faits.