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mercredi 14 juin 2017

Des villes Suisses s'unissent contre le tourisme d'achat


Les désagréments causés par la ruée des Suisses de l'autre côté de la frontière pour y faire des courses provoquent l'ire des villes. Celles-ci se rebellent justement contre le tourisme d'achat. Le réseau des communes frontalières s'est rencontré la semaine passée pour la première fois à Berne dans le cadre de l'Association des Communes Suisse, raconte le Tages-Anzeiger.

Une première réunion est prévue après les vacances d'été avec les représentants des communes frontalières du nord de la Suisse. Des plateformes semblables devraient voir le jour en Suisse romande et au Tessin.

De multiples désagréments

Cette alliance veut peser à Berne et militer en faveur d'une correction du cadre législatif entourant le tourisme d'achat. Andreas Netzle, syndic de Kreuzlingen (TG), ne connaît que trop bien les désagréments causés par la ruée des Suisses de l'autre côté de la frontière.

«Des embouteillages partout, des magasins pleins à craquer, des queues interminables: ce n'est pas le shopping dont rêvent les consommateurs suisses. Et cela se répète à chaque week-end, sans création de valeur pour nous. Nous ne pouvons plus l'accepter.»

La TVA dans le viseur

Premier objectif de l'alliance, durcir les réglementations fiscales et douanières qui encouragent le tourisme d'achat. Comme par exemple la possibilité pour les consommateurs helvétiques d'importer des biens à concurrence de 300 francs sans avoir à payer la TVA que ce soit en Suisse ou en Allemagne. Un avantage injuste pour ceux qui font leur courses dans le pays. «Cet avantage fiscal doit être supprimé.»

La parrain de cette alliance n'est autre que le conseiller aux Etats Hannes Germann (UDC/SH), également président de l'Association des Communes Suisse, qui a fait du tourisme d'achat un de ses chevaux de bataille.

«La pression a encore augmenté, tout comme les appels à l'aide des communes.» Elles sont toujours plus nombreuses à se voir uniquement comme des parcs de places pour les consommateurs. «Les emplois disparaissent et les magasins de proximité aussi.»

Parler d'une seule et même voix

La lutte doit se mener dans la Berne fédérale mais aussi sur le terrain. «Nous voulons fédérer les communes et mettre en avant les mesures qui se sont révélées particulièrement efficaces.» Mais tant que les dispositions actuelles sur la TVA existent, le combat est perdu d'avance pour les commerces locaux et les consommateurs, estime le conseiller aux Etats.

Du côté des municipalités, la nouvelle alliance éveille un intérêt certain, confirme Peter Neukomm, président de la ville de Schaffhouse. Elle fait partie de ces initiatives locales et régionales destinées à endiguer le tourisme d'achat. «Je la saluerai d'autant plus lorsque les cantons et les villes frontalières défendront d'une seule et même voix leurs intérêts communs à Berne.»