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dimanche 18 juin 2017

Les contrôleurs des CFF peuvent proposer aux passagers un surclassement à prix cassé


Depuis le début du printemps, les contrôleurs peuvent proposer aux voyageurs de 2e classe de rejoindre la 1ère, pour seulement 5 fr. (Photo: Keystone/Christian Beutler)


Si vous êtes détenteur d'un titre de transport de 2e classe, vous vous verrez peut-être proposer, à bord du train, un surclassement pour la modique somme de 5 fr. «Le personnel peut décider de lui-même s'il souhaite proposer une telle offre aux passagers, en fonction de la situation», a confirmé un porte-parole de l'ex-régie à la «NZZ am Sonntag». Il n'existe aucune règle prédéfinie par rapport à cette offre, dont la phase-test se prolonge jusqu'à la fin de l'année.

Un exemple? En 2e classe, le trajet entre Burgdorf et Zurich avec un abo demi-tarif coûte 20,50 francs, contre 36 francs en première classe. Depuis début mars, les contrôleurs peuvent donc proposer spontanément aux passagers d'effectuer ce trajet dans la classe supérieure, dans le but de la découvrir, pour seulement 5 francs de plus. Dans cet exemple, les passagers économisent ainsi la somme de 10 francs. Le porte-parole n'a pas précisé combien de fois cette offre a déjà été proposée par un contrôleur. Selon la «NZZ», il ne s'agirait que de quelques propositions par jour.

Chez les défenseurs des consommateurs, on se montre plutôt critique. «Les tarifs appliqués dans les transports en commun doivent être transparents et accessibles à tout le monde», explique Sara Stalder, directrice de SKS, la principale organisation de consommateurs active en Suisse alémanique. Or, elle estime que cette nouveauté est menée de façon opaque et sélective.

Plutôt une campagne marketing

Les CFF maintiennent que la 2e classe est souvent surchargée, alors que ce n'est pas le cas en 1re. Par ailleurs, il n'existe aucune garantie de bénéficier d'un surclassement, précise le porte-parole de l'ex-régie. «A certaines heures et dans certains trains, il n'est de toute façon pas possible de proposer cette offre, et elle se veut d'abord comme un geste pour surprendre et étonner nos passagers». Reste qu'à coups de 5 francs engrangés sur chaque surclassement, le bénéfice attendu pour les CFF reste anecdotique, et s'apparente sans doute davantage à une campagne marketing.