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jeudi 8 juin 2017

Un élu UDC veut attaquer le Conseil islamique


Le conseiller national Lukas Reimann (UDC/SG) prépare une plainte pénale contre le Conseil central islamique suisse (CCIS). «Cette organisation évolue dans l'orbite de l'extrémisme», a-t-il déclaré dans le Blick.

Pour l'élu, il est évident que l'association «représente une menace pour la sécurité intérieure de la Suisse et doit donc être interdite». Et comme le droit suisse ne permet pas ce genre de mesure, le juriste se tourne donc vers la loi. «Si on parvient à faire condamner les organes dirigeants, ce serait la fin du CCIS.»

Assaut de toutes parts

Il évoque notamment «des velléités dirigées contre la sécurité de la Suisse», «actes interdits pour un Etat étranger» voire «organisation criminelle». Le CCIS fait déjà l'objet d'une procédure de la part du Ministère public de la Confédération (MPC) pour infraction à l'interdiction des organisations terroristes Al-Qaida et Etat Islamique.

Le conseiller national Hans-Peter Portmann (PLR/ZH) a déjà annoncé son intention de déposer une motion pour faire interdire les organisations islamistes extrémistes. Outre le CCIS, serait également concerné le groupement «Lis!» qui distribue des corans dans la rue, comme l'a révélé mercredi le Tages-Anzeiger.

La crainte de la clandestinité

Le CCIS rejette ces nouvelles accusations, les jugeant absurdes. «Messieurs Reimann et Portmann mènent une politique de symboles irresponsable», a déclaré son porte-parole Qaasim Illi. Qui a rappelé l'attachement de l'association à la sécurité de la Suisse.

Quant aux chances de voir les responsables du CCIS condamnés, elles sont plutôt difficiles à estimer. Une interdiction sans le soutien de l'ONU ou de l'OSCE est quasiment impossible en Suisse car le CCIS devrait se retrouver sur une liste internationale de groupes terroristes.

En outre, le MPC est plutôt opposé à ce genre d'interdiction qui a pour effet de compliquer le travail des enquêteurs, comme l'a rappelé le procureur de la Confédération Michale Lauber. Les forces de l'ordre n'ont en effet pas envie de voir se développer des structures clandestines qui pourraient accroître la radicalisation.