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lundi 24 juillet 2017

Comment se sentent les étrangers en Suisse?


Pour ce «Migration-Mobility Survey», des chercheurs de l'Université de Genève ont interrogé à fin 2016 
6'000 personnes arrivées en Suisse depuis 2006


Même si un tiers des étrangers en Suisse disent avoir été victimes de discrimination, peu d'entre eux regrettent de vivre dans notre pays, révèlent les premiers résultats d'une vaste enquête du Pôle national de recherche sur les flux migratoires «On the Move» et qui doit sortir en 2018, mais que le Blicks'est procuré lundi.

Il résulte d'une étude menée par des chercheurs des universités de Neuchâtel et Genève. Ceux-ci ont demandé à quelque 6000 immigrés de toute la Suisse comment ils se sentaient dans notre pays. Verdict: 90% d'entre eux se disent plutôt satisfaits, voire très satisfaits de leur venue chez nous. Les plus ravis seraient les Autrichiens dont la moitié se dit très heureuse de son sort.

«Nous avons été un petit peu surpris du niveau de satisfaction des migrants», commente le Pr Wanner, directeur de l'Institut de démographie et socioéconomie de l'UNIGE. En effet, 70% ont associé l'immigration en Suisse à une amélioration de leur situation professionnelle. Seuls 12% ont estimé qu'elle était meilleure auparavant.

Solitude et mal du pays pour les lusitaniens

Beaucoup d'immigrés disent toutefois rencontrer des problèmes chez nous. Notamment en matière de langue. Nombre d'entre eux disent également souffrir de solitude. Un sentiment qui touche 10% des étrangers. Une personne sur 10 avoue également avoir fortement souffert du mal du pays à son arrivée en Suisse, en particulier les Portugais. Ceux qui en souffrent le moins sont les Français, devant les Allemands et les Autrichiens.

Les Français sont aussi ceux qui se sentent le plus concernés par ce qui se passe en Suisse, plus encore que ce qui se passe chez eux, note l'étude. A l'inverse, ceux qui sont les moins attachés à la vie helvétique sont les Portugais, suivis des Autrichiens et des Espagnols. Ce sont également les immigrés provenant du sud de l'Europe qui s'intéressent le moins à la politique fédérale ou cantonale.

Ce sentiment d'intégration dépendrait beaucoup de la raison pour laquelle l'étranger est arrivé en Suisse, souligne le responsable de l'étude Philippe Wanner interrogé par le Blick. Si la migration est considérée comme une chance - par exemple en raison d'un défi professionnel - la personne se sentira beaucoup plus concernée. Un phénomène qui expliquerait aussi pourquoi les Français, souvent mécontents de la situation dans l'Hexagone, se plaisent davantage que les autres chez nous. Et pourquoi les Portugais, qui émigrent par nécessité, sont les plus «malheureux» en Suisse.

Raisons professionnelles

Par ailleurs, l'immigration en Suisse est principalement motivée par des raisons professionnelles, selon les résultats préliminaires de l'étude. Questionnés sur leurs motivations, près des deux tiers (62%) ont invoqué des raisons professionnelles.

Les scientifiques relèvent toutefois de fortes variations selon les pays: alors que cette part dépasse 65% des citoyens du Royaume-Uni ou des pays voisins de la Suisse, elle est inférieure à 60% pour les Espagnols, Portugais, Nord-Américains et Indiens. En revanche, 65% des migrants d'Afrique de l'Ouest et d'Amérique du Sud ont affirmé que leur immigration était motivée par des raisons familiales.