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vendredi 21 juillet 2017

Personne remarquable : Général Pierre de Villiers



Grand officier de la Légion d'honneurGrand officier de la Légion d'honneur (décret du 28 juin 2013)
Officier de l'ordre national du MériteOfficier de l'ordre national du Mérite
Croix de la Valeur militaireCroix de la Valeur militaire avec une citation
Croix du combattantCroix du combattant
Médaille de la Défense nationale, orMédaille de la Défense nationale, or avec une citation à l'ordre de l'armée
Médaille de la jeunesse, des sports et de l'engagement associatif, bronzeMédaille de la jeunesse, des sports et de l'engagement associatif, bronze
Médaille commémorative françaiseMédaille commémorative française
OPMM-uX.svg Officier Ordre pro merito Melitensi
Officier de l'ordre du Mérite maritimeMédaille de l'OTAN Ex-Yougoslavie
NATO Medal w Służbie Pokoju i Wolności BAR.svgMédaille de l'OTAN Kosovo
NATO Medal ribbon (Non-Article 5).svgMédaille de l'OTAN ISAF


Le 11 juillet, dans le cadre d'une réduction globale des dépenses publiques, Gérald Darmanin annonce que le budget de la Défense respectera l'enveloppe votée par le parlement et sera réduit de 850 millions d'euros pour l'année 2017. Le lendemain, Pierre de Villiers expose son désaccord devant la commission de la Défense de l’Assemblée nationale ; « Je ne me laisserai pas baiser comme ça » lance-t-il. Ces propos sont tenus à huis clos, mais une fuite est rapportée par le journal Le Monde.

Le 13 juillet 2017, lors du traditionnel discours aux armées, le président de la République, Emmanuel Macron, réaffirme son intention de porter le budget de la Défense à 2 % du PIB. En rappelant « je suis votre chef », il rejette les critiques sur l'effort d'économie prévu et ajoute qu'« il n'est pas digne d'étaler certains débats sur la place publique », « Les engagements que je prends devant nos concitoyens et devant les armées, je sais les tenir. Et je n'ai à cet égard besoin de nulle pression et de nul commentaire ».

Selon Pierre Servent, expert en stratégie militaire, « c'est la première fois qu'un président de la République fait une déclaration aussi brutale vis-à-vis de son chef d'état-major des armées ». Le même jour, Le Figaro publie une tribune de Pierre de Villiers dans laquelle, selon le quotidien, « il plaide […] pour le respect scrupuleux des engagements pris à l'égard du budget de la défense nationale ».

La situation semble s'apaiser le 14 juillet, avec le traditionnel défilé où le président et le général de Villiers paradent ensemble dans le même véhicule.

Le soir du 14 juillet, le chef d'état-major réitère ses critiques sur sa page Facebook en écrivant « Parce que la confiance expose, il faut de la lucidité. Méfiez-vous de la confiance aveugle ; qu’on vous l’accorde ou que vous l’accordiez. Elle est marquée du sceau de la facilité ».

Dans le Le Journal du dimanche du 16 juillet, Emmanuel Macron ouvre la porte à une possible éviction du chef d'état-major : « La République ne marche pas comme cela […] Si quelque chose oppose le chef d'état-major des armées au président de la République, le chef d'état-major des armées change ». La question d'une démission du chef d'état-major —  acte inédit sous la Ve République — est désormais posée, d'après le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner.

Pierre de Villiers démissionne de ses fonctions le mercredi 19 juillet 2017 ; ce « fait sans précédent depuis 1958 » est, selon Le Monde, un événement historique. Sa décision est annoncée par un communiqué reproduit intégralement sur le site web de FrancetvInfo. Dans la même journée, le général François Lecointre est nommé pour le remplacer.

Le général Pierre de Villiers quitte le ministère de la Défense le jour même sous les applaudissements des militaires qui forment pour l'occasion une haie d'honneur jusqu'à sa voiture.



Une haie d'honneur spectaculaire de plusieurs centaines de militaires de tous grades a accompagné le général Pierre de Villiers vers la sortie du ministère de la Défense ce mercredi, avec de longs applaudissements. C'est avec un "merci" lourd de sens que l'état-major des armées a tweeté cette scène impressionnante, saluant l'action de son ancien chef. Le général de Villiers a démissionné ce mercredi après plusieurs jours de bras de fer avec le président de la République autour de la réduction du budget de l'armée.

Depuis ses locaux, situés dans le XVe arrondissement de Paris, l'ensemble du personnel du ministère de la Défense, tous corps d'armées confondus, a longuement salué le général cinq étoiles âgé de 61 ans. En bras de chemise, le général de Villiers s'est mis au garde à vous devant le drapeau tricolore, avant de parcourir les quelques mètres séparant la porte du bâtiment jusqu'à son véhicule stationné au portail de l'enceinte du ministère sous les applaudissements de plusieurs centaines d'officiers, de sous-officiers et de militaires du rang.

Emmanuel Macron a mis en scène sa remontrance, il a recadré en public le chef d’état-major des armées au lieu de s’expliquer avec lui dans son bureau. 

Emmanuel Macron a pris le risque de faire passer un acte d’autorité sur la place publique au lieu de le faire en tête à tête, pour une humiliation et pour une limite posée au droit de s’exprimer.

Le président de la commission des affaires étrangères du Sénat, Christian Cambon (LR), déplore que les propos du général de Villiers aient pu sortir de la commission de l’Assemblée nationale, où les débats sont tenus à huis clos, ce fait représentant, pour lui, un « grave risque pour la démocratie » dans la mesure où il est nécessaire que les personnalités auditionnées puissent s'exprimer « en vérité ». 

Le député Olivier Faure (PS) dénonce, dans une question au gouvernement, une « violation des droits du Parlement ». Selon L'Express, « la classe politique est à l'unisson contre Macron ». Jean-Jacques Bridey, président (LREM) de la commission de la Défense — qui, selon lelab.europe1, « n'est "pas loin" de penser la même chose que Villiers » — affirme qu'« en aucun cas les propos du Général n'était une remise en cause ni de l'autorité ni des choix du président de la République ».

«Le libre fonctionnement de notre commission est mis en cause. Si nos auditions à huis-clos donnent lieu par l’exécutif à des mises au pas des personnes auditionnées, c’est le pouvoir législatif qui est mis sous tutelle», a déploré auprès de l’AFP M. Chassaigne. Sur le fond, il a pointé, derrière la démission, des problèmes dans les différents corps d’armée, avec «seulement 30% du matériel instantanément disponible, ce qui fait dire que (...) que notre armée est +au bord de la rupture+».

Outre «une crise de confiance entre les armées et le chef de l’Etat qui s’est rendu coupable d’une humiliation inutile pour un homme qui n’avait fait que son devoir» d’alerter sur des «coupes budgétaires rendant difficile le déploiement de nos hommes», Olivier Faure (PS), président du groupe Nouvelle gauche, a souligné sur LCI que «l’intérêt du Parlement est d’avoir des gens qui s’expriment totalement librement».

L'«Insoumis» Alexis Corbière, également membre de la commission, a considéré que «le général n’a fait que son devoir et le recadrage présidentiel est intolérable», ajoutant qu'«il y a dans le pays des centaines de +général de Villiers+ qui n’acceptent pas les conséquences de l’austérité».

Mais, pour un député de la majorité, «tout le monde a conscience que cette démission est aussi la conséquence de la rupture du huis clos de la commission, ce qui n’est pas neutre». Philippe Folliot (REM) s’est dit «très en colère» à ce sujet, estimant dans un communiqué que des auditions «à l’eau tiède» n’auront «plus aucun intérêt».

Une députée aurait été jusqu’à traiter de «connards» ceux qui ont fait fuiter les propos du général dans la presse. «Une députée que je ne connais pas s’est exprimée de cette manière», a confirmé M. Jacob au sortir de la réunion, sans préciser son étiquette.

Le président de la commission a d’ailleurs rappelé en début de réunion le devoir de discrétion, de sources concordantes.

Emmanuel Macron a beau utiliser toutes les recettes du cabotinage, il ne pourra dissimuler longtemps sa véritable nature. Tout sonne faux quand il se prend pour Jupiter et oublie qu’il n’est qu’un homme, lancé comme un produit, à grand renfort de marketing.

Il mettra sans doute du temps à reconquérir la confiance de l’armée, mais il ne perd pas de temps à perdre celle des Français, qui n’ont guère envie de l’applaudir. Ses députés mêmes commencent à se demander à quoi ils servent !



Blason de la Famille Le Jolis de Villiers
Egger Ph.