Chu de che / Je suis d'ici / Sono di qui / Ich bin von hier !

mardi 26 septembre 2017

De nombreux animaux de compagnie sont donnés par leur propriétaire au Zoo de Zurich, qui les offre ensuite à ses prédateurs


Des rongeurs sont régulièrement abandonnés auprès de parcs zoologiques. Certains les donnent donc en pâture à leurs carnivores, au lieu de la viande habituelle, généralement du boeuf impropre à la consommation humaine. (Photo: Keystone/Anthony Anex)


A Zurich, l'ancien propriétaire doit signer une déclaration de consentement, et environ six fois par an, le repas des fauves sera donc constitué de ces animaux. «Les lapins ou les cobayes sont tués par un vétérinaire puis donnés aux tigres, aux lions et aux panthères des neiges, explique son directeur, Alex Rübel. Les souris sont aussi offertes aux chouettes.» Les chiens ne sont toutefois pas acceptés par le parc zurichois.

Au zoo de Berne, c'est 1 à 5 animaux par semaine qui servent de nourriture aux pensionnaires, explique son responsable Marc Rosset, principalement des rats, souris, cobayes ou lapins, ainsi que des poules. Ce sont alors les lynx, les chats sauvages, les loups ou les léopards qui les dégustent. Le zoo de Bâle refuse toutefois de livrer les animaux de compagnie en pâture, car leur état de santé n'est pas connu.

«Je ne pourrais pas»

En Suisse romande, l'état d'esprit est différent. «Question de principe, je ne pourrais pas», explique Roland Bulliard, directeur du Zoo de Servion. Il y a 15 ans, on lui proposait entre 50 et 80 animaux par an. Désormais, c'est plutôt une quinzaine. «A l'époque, il arrivait aussi qu'on retrouve des chats errants abandonnés devant le parc, poursuit-il. Ceux qui étaient bien élevés et qui n'entraient pas dans le restaurant, on les gardait, ils pouvaient dormir dans la grange à foin. Mais ça fait longtemps que ce n'est pas arrivé. Les choses ont changé.»

Au parc de la Garenne, même réponse: on n'accepte pas d'animaux de compagnie, ni comme aliments pour d'autres bêtes, ni dans leur centre de soin, où ne sont pris en charge que des animaux sauvages. Quand on leur propose de récupérer par exemple des lapins, les responsables redirigent ces personnes vers des groupes Facebook ou des refuges.

Protecteurs des animaux choqués

«C'est mieux de les donner officiellement au zoo que de les abandonner discrètement dans la halle tropicale», estime Alex Rübel. Ceci arrive deux à trois fois par an, et pose un gros problème pour l'écosystème.

La Protection suisse des animaux (PSA) est pour sa part indignée par cette pratique. «C'est inacceptable d'envoyer son animal de compagnie à la mort comme cela», réagit Helen Sandmeier, membre de la PSA. Pour elle, en tant que propriétaire d'un animal, on en accepte la responsabilité, en lui cherchant un endroit approprié si on ne peut plus le garder. Si l'organisation ne fait pas de reproche aux zoos, elle pointe plutôt du doigt les propriétaires.