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lundi 19 février 2018

Coop, Intermarché et Edeka, boycottent environ 150 produits de la multinationale Nestlé


Le siège du distributeur Coop, à Bâle
Image: Keystone (archives)


Véritable séisme dans la distribution de denrées alimentaires sur le Vieux-Continent. La toute grande alliance de détaillants européens Agecore a décidé d’arrêter les commandes d’environ 150 produits chez Nestlé. Les articles boycottés sont liés à quelques-unes des marques les plus répandues, comme Thomy pour des sauces à salade, Cailler Perles pour du chocolat, Nescafé Azera pour du café instantané ou Buitoni La Fina pour des pizzas. Contactée par nos soins, la multinationale vaudoise Nestlé prépare une communication sur ce large assaut concerté contre elle.

Depuis bientôt huit ans, Nestlé et d’autres sociétés avaient pu s’habituer aux attaques de Coop sur les prix de ses fournisseurs. «Le groupe bâlois ne laisse aucune marge de manœuvre à nos membres. Certains d’entre eux ont révélé que le distributeur n’hésitait pas à brandir des menaces de sanctions, comme le retrait de l’assortiment. Coop exerce une pression massive sur ses fournisseurs», indiquait la direction de Promarca, le lobby des fabricants d’articles de marques, en novembre 2010 déjà. Nestlé Suisse, membre de Promarca, ajoutait pour sa part un message clair: «Nous souscrivons aux observations de cette association.»

Coop maintient néanmoins ses positions. «Nous ne voulons pas être désavantagés vis-à-vis de distributeurs d’autres pays. Nous exigeons des prix équitables et des conditions réelles de partenariat. C’est seulement comme ça que nous pouvons offrir un assortiment attrayant à notre clientèle», vient de nous confier Urs Meier, porte-parole du détaillant bâlois.

Aujourd’hui, les pressions sur Nestlé prennent cependant une toute autre dimension. Aux côtés de Coop, Agecore comprend des membres comme le français Intermarché ou Edeka, le leader de la distribution outre-Rhin. Un dixième du chiffre d’affaires européen de Nestlé dépendrait actuellement des adhérents d’Agecore, selon la revue spécialisée Lebensmittelzeitung. A eux seuls, les achats d’Edeka constitueraient même 1% des ventes mondiales de la firme veveysanne.

Philippe Rodrik