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mardi 27 février 2018

Coup d'arrêt pour les alcootests anti-démarrage


Un éthylotest intégré à la voiture, empêchant le demarrage en cas d'ébréité 


Obliger certains conducteurs à souffler dans un éthylomètre pour faire démarrer leur voiture: la mesure risque de ne jamais voir le jour. Elle avait été acceptée par le Parlement en 2012 et concernait les automobilistes ayant été contrôlés une fois avec un taux de 1,6‰ d’alcool dans le sang ou trois fois avec plus de 0,5‰. Mardi, le Conseil national devrait enterrer l’introduction des alcootests antidémarrage pour de bon.

«Ces installations sont compliquées à mettre en place et sont facilement contournables. L’autocontrôle ne devrait pas se faire avec une machine, qui peut facilement être utilisée par un tiers», résume Frédéric Borloz (PLR/VD), membre de la Commission des transports.

«Un instrument qui a fait ses preuves»

«Un retrait de permis peut aussi être contourné, rétorque Jacques-André Maire (PS/NE). On parle de gens qui sont récidivistes et qui ont un réel problème. Je ne comprends pas que l’on revienne en arrière avant même d’avoir testé cette mesure, alors que les pays nordiques l’ont mise en place avec des résultats très positifs.»

Les milieux de la prévention s’inquiètent aussi de cette décision. «L’éthylomètre n’est ni une chicane ni un luxe, mais un instrument raisonnable qui a fait ses preuves», estime Philipp Hadorn, président de la Croix-Bleue et conseiller national (PS/SO).

Le Parlement se prononce sur un assouplissement de certaines mesures de Via Sicura. Le Conseil des Etats l’a accepté à l’unanimité, tout comme la Commission des transports de la Chambre basse.

Campagnes de prévention insuffisantes 

Pour Brigitte Buhmann, directrice du Bureau de prévention des accidents (BPA), «un tel système épargnerait jusqu'à cinq tués et 60 blessés graves sur les routes suisses par an. Dans d'autres pays, les expériences sont très positive». Actuellement, une sanction souvent appliquée est l'obligation d'abstinence d'alcool. «Ces conducteurs ne réagissent quasiment pas aux campagnes de sensibilisation et ne respectent souvent pas cette obligation», ajoute Brigitte Buhmann.

Yannick Weber