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dimanche 18 février 2018

Fribourg, quatrième canton à lever le voile sur les dons aux partis ?




Faut-il forcer les partis politiques à dévoiler leurs donateurs? Les Fribourgeois sont appelés le 4 mars à se prononcer sur l'initiative des Jeunes socialistes fribourgeois pour la transparence du financement des campagnes.

Après Genève, Neuchâtel et le Tessin, Fribourg pourrait obliger les partis politiques à plus de transparence. L'initiative des Jeunes socialistes fribourgeois demande de rendre public l'identité des donateurs versant plus de 5000 francs, que les dons anonymes soient refusés et que tous les dons des personnes morales soient déclarés.

"Lors des campagnes politiques, les partis et les comités mettent de l'argent pour former les opinions et on a le droit de savoir à qui est-ce que les intérêts servent dans la formation de l'opinion", explique Sami Lamhangar, co-président Jeunes socialistes fribourgeois.

"Il n'y a pas besoin de plus de voyeurisme"

Opposé à l'initiative, le Conseil d'Etat fribourgeois juge le système actuel performant et craint une diminution des dons aux partis en cas d'acceptation du texte.

"C'est quoi la nécessité, le voyeurisme?", s'interroge Georges Godel, président du gouvernement. "Aujourd'hui, le simple citoyen ne sait pas ce que dépense son voisin pour ses loisirs ou sa voiture, même si c'est voyant, mais il n'y a pas besoin de plus de voyeurisme", ajoute-t-il.

A Neuchâtel, l'un des rares cantons à avoir légiféré, la loi avait été critiquée, à gauche comme à droite, après son entrée en vigueur en 2015.

Le parti socialiste neuchâtelois juge le contrôle insuffisant. "Les partis annoncent ce qu'ils reçoivent comme financement pour les votations, mais de la part de l'Etat, on n'a pas l'impression que chaque votation est scrutée, analysée", constate Yann Hulmann, chargé de communication du PS neuchâtelois.

"Renforcer la démocratie"

Pour le Conseil d'Etat fribourgeois, il ne faut pas instaurer de contrôle supplémentaire. "Chaque fois qu'on dit contrôle, on dit administration supplémentaire, avec des coûts. Pour amener quoi? Pas grand-chose", affirme Georges Godel.

"Je ne crois pas que ça sera un monstre bureaucratique. Cela va renforcer la démocratie, donc je pense que c'est un coût raisonnable pour les Fribourgeoises et Fribourgeois", répond Sami Lamhangar.

Après les Fribourgeois, les Suisses seront amenés à se prononcer sur cette question puisqu'une initiative fédérale pour la transparence des partis a été déposée l'automne dernier.

Matthieu Fournier