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lundi 19 mars 2018

L'application Fairtiq permet de payer le train moins cher


Cliquez sur l'image si vous n'avez pas encore cette appli


Fairtiq promet d'économiser «du temps et de l'argent». «20 minutes» a voulu vérifier si cette attirante perspective de voyager moins cher était vraie. Une journée-test à sillonner l'arc lémanique en empruntant trains, trams... et voiture personnelle. Notre conclusion: force est de constater que Fairtiq remplit sa promesse.

Fairtiq est très simple d'utilisation. Un glissement de doigt vers la droite avant de monter dans le train ou le bus, un mouvement inverse en sortant, et c'est tout. L'application calcule, par géolocalisation, le voyage effectué et le facture. A la fin de la journée, une analyse globale de tout le parcours est faite pour déterminer si une carte journalière aurait fait baisser le tarif. Si c'est le cas: l'utilisateur se voit débité du plafond que représente le pass journalier.

Les avantages

• L'optimisation du prix. L'app est intelligente. En témoigne l'exemple du trajet de Lausanne à Genève (Uni-Mail) en empruntant le train puis un tram des TPG. Les CFF vous proposeront, avec un demi-tarif, le prix de 15.60.- (train + CityTicket journalier pour Genève). Fairtiq, lui, facture le prix du train et un billet simple des TPG. Total: 13.50.-. Si, plus tard dans la journée, vous continuez à utiliser les trams ou bus genevois, Fairtiq plafonnera le prix à hauteur de la carte journalière des TPG. Si votre trajet est terminé, vous avez économisé 2,10.-.

• Le rappel pour les tête-en-l'air. Si vous oubliez de mettre fin au trajet sur l'application en quittant le train, votre téléphone intelligent vous le rappellera. Les mouvements du smartphone, dans votre poche ou sac à main, signalera à Fairtiq que vous avez peut-être quitté le convoi. Une notification vous demande alors si c'est effectivement le cas. Cela évite de se faire facturer un déplacement inexistant. Petite remarque: ces notifications s'activent quasiment au moindre mouvement et deviennent invasives.

Les potentielles failles

• La batterie. Si votre téléphone est «vieux» et a atteint son obsolescence programmée, vous savez quelle peut être l'inéluctable chute vertigineuse de votre batterie. Ayez donc toujours sur vous votre chargeur ou une batterie portable. Si votre téléphone meurt pendant un trajet, le contrôleur ne devrait pas être clément, et ce sera pour votre pomme. «Mais plusieurs partenaires commencent à équiper leurs contrôleurs avec des batteries portables», selon Gian-Mattia Schucan, CEO de Fairtiq. Les fraudeurs qui, sans billet, feignent une panne de portable, risquent de passer à la caisse de toute manière.

• La fraude. Les malicieux auront tout loisir de tenter de se jouer des contrôles. Tandis que l'application CFF empêchait les resquilleurs d'acheter leur billet une fois embarqués et juste avant le passage du contrôleur, avec Fairtiq, c'est un jeu d'enfant. L'app vous localisera dans la gare la plus proche et le billet sera valable. Aux contrôleurs d'être vigilants. Si un agent de train, dans un direct Lausanne-Fribourg, se voit présenter un ticket au départ de Vauderens alors que le convoi vient d'y passer sans s'arrêter, il devrait déceler la filouterie. Quant à ceux qui, une fois le contrôle passé, mettent fin au trajet tout en restant dans le train, ils risquent gros: Fairtiq a le moyen de détecter pareille stratégie et peut, en cas de récidive, bloquer l'application. Cela dit, lors du test, il nous a été possible d'effectuer un Genève-Lausanne pour la modique somme de 3,10.-. On ne s'y réessaiera plus.

Un succès immédiat 

Fairtiq est disponible sur l'ensemble du territoire national depuis le 1er mars (à l'exception des bateaux). «Notre chiffre d'affaires a augmenté de 70% en deux semaines, se réjouit Gian-Mattia Schucan, patron de Fairtiq. Nous enregistrons entre 500 et 2'000 téléchargements par jour, et nous dépasserons la barre des 100'000 utilisateurs cette semaine.» La start-up, fondée en 2016, compte désormais 18 employés. «Nous suivons ces évolutions de très près», indique pour sa part Jean-Philippe Schmidt, porte-parole des CFF. La compagnie réfléchit à proposer la même fonctionnalité sur une application CFF prochaînement.