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mercredi 11 avril 2018

Comment les aînés s’organisent en Suisse


Assurer une retraite heureuse, y compris pour les plus démunis.
(Keystone)



Depuis 2001, le Conseil suisse des aînés (CSA) cherche à rendre plus visible les personnes âgées. Mais il reste beaucoup à faire pour que les besoins spécifiques de cette part croissante de la population soient mieux pris en compte.

«Avant, quand les politiciens prenaient les décisions concernant les personnes âgées, il y avait diverses organisations de retraités, mais pas de groupe national. Aujourd'hui, notre Conseil représente et défend les intérêts de cette communauté devant le Parlement et le gouvernement fédéral», affirme Michel Pillonel, codirecteur du CSALien externe.

L'association compte environ 200’000 membres, mais en tant que porte-parole de la communauté des retraités, elle représente un nombre beaucoup plus important, soit 1'800’000 personnes. Elle s'efforce de préserver leur dignité, leur qualité de vie et leur participation sociale et politique, en particulier lorsqu'il s'agit de décisions les concernant. Comme le dit leur devise, «nous ne voulons pas qu'on parle de nous , mais qu’on parle avec nous».



Parmi les principales préoccupations figurent la situation de vie précaire d'un tiers des retraités, l'augmentation constante des coûts de l'assurance maladie et la situation d'une partie croissante de la société: les chômeurs de plus de 50 ans.

«Depuis la naissance du CSA, les choses se sont beaucoup améliorées, assure M. Pillonel. Mais cela ne veut pas dire que nous abandonnons la lutte. Nous ne pouvons pas accepter que les gens disent que les retraités coutent trop cher, que les garder en bonne santé nous mène à la ruine. C'est une tendance actuelle, et c'est méprisable.»

Éviter les retours en arrière

Roland Grunder, l'autre codirecteur du CSA, est d'accord sur la nécessité de rester vigilant pour éviter les retours en arrière. Il explique cela à l'aide d'une analogie:

«Le trafic automobile augmente à un rythme exponentiel, tout comme les personnes âgées. Le transport est réglementé, tout comme l'administration des thèmes liés à la vieillesse. Beaucoup de conducteurs respectent les règles, mais pas tous. Le placement de radars et la police de la circulation sont nécessaires pour éviter les mauvaises situations. Et pour les personnes âgées, l'absence d'associations pourrait conduire au chaos.»

Michel Pillonel et Roland Grunder représentent ensemble les deux tendances de l'ASC. Alors que le premier vient des syndicats, le second vient du monde des affaires. Leurs visions opposées convergent vers un objectif unique: le bien-être des personnes âgées en Suisse.

La structure du CSA est restée la même que lors de sa fondation il y a presque 17 ans, lorsque la ministre des affaires sociales de l’époque, Ruth Dreifuss, a réuni les deux plus grandes associations suisses de personnes âgées dans le but de créer un interlocuteur unique qui serait acceptable à droite et à gauche.

Convergence et compromis

«Nous ne pouvons pas parler des personnes âgées en général, tout comme nous ne pouvons pas parler des jeunes en général, avait déclaré Ruth Dreifuss lors de la séance d'ouverture de l'ASC en novembre 2001. Ce ne sont pas des catégories homogènes. Il semble donc judicieux de réunir des forces politiques d'horizons divers pour tenter de progresser ensemble.»

Cette unification des forces réussit-elle sans trop de revers ? «Maintenant, plus qu'au début, répond Michel Pillonel. A l'époque, les deux camps étaient fortement clivés.» Nourri par une longue carrière syndicale, le codirecteur du CSA a réussi à maintenir une approche consensuelle tout au long de son mandat de 12 ans.

«Maintenant, les parties les plus extrêmes laissent leurs différences de côté et la plupart des délégués participent à la recherche de compromis, ce qui fonctionne très bien», assure Michel Pillonel, qui a négocié la première convention collective pour les travailleurs de l’opérateur téléphonique Swisscom. «En négociant, on apprend à faire des compromis sans vendre son âme», dit-il.

Roland Grunder, lui, a rejoint le CSA plus tard, après une carrière diversifiée, notamment comme responsable de la communication de La Poste, trois décennies dans l'hôtellerie et comme chef du parti radical (centre-droit) du Valais.

«Lorsqu'il y a un cas de maltraitance dans une maison de retraite, nous ne pensons pas aux tendances politiques des personnes concernées. Ce qui compte, c'est la maltraitance, dit-il. La politique n'a rien à voir avec ça. Nous devons penser en termes d'idées, pas d'idéologies.»

Le CSA souligne l'importance d'un plus grand respect du contrat intergénérationnel dans la loi. «Il ne s'agit pas de créer des privilèges pour les personnes âgées, mais d'élaborer des règlements qui tiennent dûment compte de leurs besoins», explique Roland Grunder.

Travailler en amont

Ces besoins sont considérables, compte tenu des estimations selon lesquelles les personnes âgées et les retraités représenteront environ 22% de la population suisse d'ici 2030. La précarité à laquelle fait face un tiers des retraités est la première préoccupation soulevée par les dirigeants de l'ASC.

Michel Pillonel mentionne le coût des soins de santé: «On ne peut pas continuer comme ça. Je pense que beaucoup de personnes âgées sont tombées dans la pauvreté à cause du coût de l'assurance maladie.»

Selon lui, la situation des retraités s'est quelque peu améliorée en 1985 avec l'introduction du système du deuxième pilier. Mais pour les plus âgés qui ne bénéficient pas ou peu de ce fonds, la situation reste difficile.

Environ 500’000 personnes se trouvent dans une telle situation, dont 300’000 bénéficiant de prestations complémentaires. Les 200’000 autres vivent uniquement de leur revenu de retraite de base de l'AVS. «Je ne sais pas comment ils s'en sortent», remarque Roland Grunder.

«Il est extrêmement difficile de vivre avec moins de 2000 francs suisses par mois», dit-il, avant de pointer la situation des chômeurs de plus de 50 ans, dont les chances de trouver un nouveau poste sont minces: «Nous parlons de travailler plus longtemps dans notre vie, et d'un point de vue physique, bien sûr, c'est possible. Mais lorsque les entreprises licencient à l'âge de 50 ans, elles augmentent la durée du chômage et prolongent le problème du vieillissement en le déclenchant à un stade précoce.»

Ce segment de la population âgé de 50 ans n'est toutefois pas représenté par le CSA, l’âge de la retraite étant fixé à 65 ans. «Mais la situation a changé et nous devons aussi nous occuper de leurs besoins», souligne Roland Grunder.

Michel Pillonel rappelle de son côté: «La Suisse a connu une période prospère durant les 30 Glorieuses (1960 -1990) et elle était plus juste socialement, avant que les tendances néolibérales n'empoisonnent tout dans le secteur économique.»

Marcela Aguila Rubín