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lundi 18 juin 2018

La Suisse admirable face aux "stars" brésiliennes


La Coupe du monde débute de la plus belle des manières pour la Suisse. A Rostov-sur-le-Don, la sélection de Vladimir Petkovic a contraint le Brésil au nul (1-1)



Ce point arraché à la Seleçao grâce à une tête de Steven Zuber vaut de l'or. Il permet à la Suisse d'aborder le match de vendredi à Kaliningrad contre la Serbie en position de force dans la mesure où un nouveau match nul n'hypothéquerait en rien ses chances de qualification pour les huitièmes de finale. Mais avec la confiance et la réussite - elle a marqué sur sa seule occasion de la soirée - qui sont les siennes cette année, la Suisse cherchera vendredi la victoire pour, pourquoi pas, contester au Brésil la première place de ce groupe E jusqu'à l'ultime minute du troisième match contre le Costa Rica.

Ce résultat valide en quelque sorte la sixième place au classement FIFA de l'équipe de Suisse. Il récompense une équipe qui a toujours, même dans les moments très durs qu'elle a connus dans cette rencontre, cherché à faire quelque chose avec le ballon. Il a, surtout, été obtenu alors que bien des joueurs furent très loin de connaître un soir de grâce dimanche à Rostov-sur-le-Don. Cette remarque souligne que la Suisse n'a désormais plus besoin de livrer le match "parfait" dont rêvait si souvent Köbi Kuhn pour tenir le choc face aux meilleures équipes du monde. On rappellera qu'elle avait terminé il y a deux semaines s rencontre amicale à Villarreal contre l'Espagne sur le même score.

Zuber: une bourde et un but

Un temps fort récompensé par une frappe imparable de Coutinho: le Brésil a témoigné d'un froid réalisme pour jouer dès la 20e minute sur du velours. Le joueur du FC Barcelone n'a laissé aucune chance à Yann Sommer sur une action qui avait vu Steven Zuber mal renvoyer de la tête un centre du capitaine Marcelo. Le Zurichois a commis l'erreur fatale en cette fatidique 20e minute.

Il l'a heureusement rattrapée de la plus belle des manières. A la 50e minute, le Zurichois égalisait de la tête sur un corner admirablement tiré par Xherdan Shaqiri. Furieux, les Brésiliens réclamaient vainement auprès de l'arbitre le recours à la vidéo. A leurs yeux, Zuber avait poussé Miranda avant de battre Alisson.

Cette égalisation venue presque de nulle part n'entrait sans doute pas dans les plans des Brésiliens. Tite arrêtait ainsi le choix de modifier sa ligne médiane avec les introductions de Renato Augusto et de Fernandinho. Dans le camp adverse, Vladimir Petkovic était contraint de remplacer un Valon Behrami qui fut le grand leader de cette équipe de Suisse par Denis Zakaria à la 70e. Le Tessinois était allé au bout de ses forces pour sa 80e sélection. Il a réussi l'exploit de faire presque oublier le match bien terne livré par Granit Xhaka.

Sans Behrami, la Suisse a logiquement subi en cette fin de match. Avec un Neymar vraiment effacé, les Brésiliens criaient une seconde fois au scandale pour une faute de Manuel Akanji sur Gabriel Jesus. Mais siffler penalty sur cette action aurait nourri un débat sans fin. Et à la 90e minute, Yann Sommer a sorti l'arrêt qu'il fallait sur une tête de Roberto Firmino. Les cinq minutes du temps additionnel se transformaient ensuite en six minutes trente à la plus grand rage de Vladimir Petkovic. Un coup franc de Neymar et un ultime corner ne donnaient rien pour les Brésiliens tenus en échec le soir où ils entendaient démontrer à la terre entière qu'ils étaient de retour. C'était sans compter cette admirable équipe de Suisse!

Les Suisses sont fiers du résultat de la Nati

Dimanche, les Suisses ont fait tout juste dans l’attitude, à l’image d’un Valon Behrami exceptionnel de volonté et de leadership. Il fallait aller «chercher» Neymar et l’empêcher de prendre de la vitesse, ce qui a été fait de manière admirable. Les Suisses se sont relayés pour faire des fautes sur l’attaquant et ils n’ont ainsi jamais risqué l’expulsion. Au total, Neymar a subi 10 fautes, soit plus que tous ses coéquipiers réunis (9) et provoqué trois cartons chez les Suisses! Il y avait donc bel et bien un plan «anti-Neymar» et il a été parfaitement appliqué. Au-delà de ça, la Suisse a toujours cherché à jouer. Même menée au score, elle a gardé sa ligne et en a été récompensée par une égalisation qu’elle est allée chercher elle-même.




La débauche d’énergie de Shaqiri

Il n’est pas le seul à avoir couru dimanche, mais disons qu’il ne nous avait pas forcément habitué à le faire autant. «XS» a cavalé sur son côté droit et a vraiment fait plaisir à voir en suivant Marcelo dans chacune de ses montées. Il n’a pas fait que compenser, il s’est vraiment dépensé et est allé au charbon pour l’équipe. Il s’est offert un ou deux gestes techniques bienvenus et a même tenté un double-contact tout en audace. Sans succès malheureusement. Mais ce Xherdan Shaqiri-là, on en redemande.

Valon Behrami

Un autre monsieur. Il est sorti exténué, après un match de patron. Il a montré la voie à ses coéquipiers et leur a expliqué par l’exemple ce qu’était un leader. Avec lui, ce ne sont pas simplement des mots dans les journaux. Son caractère et son charisme ont conquis beaucoup de monde dimanche soir.

Yann Sommer 

Décisif sur une tentative de Paulinho durant la première demi-heure, il s'est encore illustré en fin de rencontre sur une tête de Robert Firmino. Il ne peut strictement rien faire sur la superbe frappe enroulée de Philippe Coutinho. Le portier de Gladbach n'a vraiment pas déçu.



Haris Seferovic es-tu là ?

L'attaquant de Benfica n'a jamais vraiment pesé sur cette rencontre. Ni sur le plan défensif, ni sur le plan offensif. Il a notamment galvaudé l'un ou l'autre ballon de contre. Souvent isolé, il a peu été aidé par Blerim Dzemaili, pas sous son meilleur jour non plus. Mais il ne s'est pas ménagé la moindre occasion, n'a pas adressé le moindre tir.

Granit Xhaka doit se réveiller

Où est le leader attendu et autoproclamé? Pas sur le terrain en tout cas. Il n’a rien réussi de bon vers l’avant et n’a mis aucune intensité dans son jeu. Quelques belles longues balles, mais c’est tout. Et c’est trop peu pour un joueur de son statut… ou en tout cas qui revendique l’être. Il va devoir monter en puissance dans ce tournoi et justifier la confiance que Vladimir Petkovic et ses coéquipiers placent en lui.

Neymar, des mèches mais pas d'étincelle

Au Top: Behrami qui a éteint "Choupinnet" qui ne tient pas le choc


"La Suisse ne méritait pas le match nul, mais je pense que nous pouvons nous améliorer" selon le joueur brésilien Neymar

Propos de J-Michel Larqué sur Neymar: "Ah moi je l’ai reconnu! Souvent au sol, protestant contre les décisions de l’arbitres…  Il a perdu beaucoup de ballons. Il est arrivé à faire la différence sur un ou deux adversaires, mais après il voulait en passer un troisième, puis un quatrième… Neymar a voulu jouer comme s’il était en super forme. Il y a un adage qui dit: 'Connais toi toi-même' On a l’impression qu’il ne se connaît pas. D’entrée il a voulu dribbler les Suisses, le marchand de cacahuètes, le distributeur de boissons…"

La pépite de Coutinho ne suffit pas à masquer les problèmes qu'ont eu les Brésiliens devant la cage suisse. Les Auriverde ont multiplié les tentatives mais ont eu toutes les peines du monde à cadrer. Les chiffres font mal: 21 tirs, seulement 5 cadrés. Et quand le Brésil réglait enfin la mire, il y avait le très bon Yann Sommer pour repousser ou un pied suisse pour contrarier leurs plans. Se présenter avec des talents comme Gabriel Jesus, Neymar, Coutinho, Firmino & cie, c'est bien. Mais s'ils ne cadrent pas...




La Suisse a brisé une série vieille de quarante ans avec le Brésil : La Seleçao avait toujours pris l'habitude de gagner son match d'ouverture en phase final de la coupe du monde. Comme quoi il est bon de faire changer certaines habitudes !

La Suisse n'a perdu aucun de ses 5 derniers matches d'ouverture en Coupe du Monde (2 victoires, 3 nuls), sa dernière défaite datant de 1966 face à l'Allemagne (0-5). A méditer pour les experts du ballons rond.

Egger Ph.