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mardi 12 juin 2018

Les Gardes Suisses


Les Mercenaires Suisses


Bataille d’Arques, 1589: les soldats du régiment glaronnais Gallati remportent la victoire pour Henri IV, roi de France et de Navarre.

Les mercenaires Suisses sont des soldats remarqués pour avoir vendu leur service dans des armées étrangères européennes (Autriche/France/Espagne/Grande-Bretagne/Royaume de Naples/Provinces-Unies et du royaume de Hollande/royaume de Sardaigne/Vatican), depuis la fin du Moyen Âge jusqu'au siècle des Lumières.

Leurs services en tant que mercenaires étaient à leur apogée au cours de la Renaissance, lorsque leurs capacités militaires éprouvées au champ de bataille (Grandson, Morat…) contre le duché de Bourgogne en faisaient des troupes de mercenaires particulièrement recherchées durant les guerres d'Italie.

Après la bataille de Marignan (en 1515), le 29 novembre à Fribourg, la France signe avec les Suisses un traité de paix perpétuelle qui sera respecté jusqu'à la chute de la monarchie française, en 1792. Par le traité de Genève du 7 novembre 1515, les Suisses mettent des mercenaires au service du roi de France.

On estime que la Suisse ait fourni près de deux millions de mercenaires aux puissances européennes, entre les XIVe et XVIe siècles.

Les soldats suisses et leur stratégie vont s'adapter à l'évolution technologique de l'art de la guerre pendant la Renaissance.

Ainsi, la première chose que vont faire les régiments sur le champ de bataille va être de recommander l'âme de ses soldats à Dieu, en s'agenouillant. Ce faisant, les soldats évitent les deux salves de boulets traditionnellement tirées à la vue de l'adversaire. L'appel lugubre de la vache d'Unterwald et du taureau d'Uri annoncent la charge. La seconde chose à faire va être de se diriger le plus vite possible vers les canons, les capturer, puis les retourner vers les adversaires : les pièces d'artillerie serviront à aider la bataille à repousser les charges de cavalerie.

Les mercenaires suisses se battent en utilisant une stratégie ancienne, tirée des textes relatant les victoires d'Alexandre le Grand. Les Suisses en ordre de combat se structurent en groupes de 5 000 hommes, que l'on appelle « batailles » (phalange). Ils forment donc une masse compacte hérissée de piques de plus de 5 mètres de long, ce qui rend la formation totalement invulnérable face à un assaut de cavalerie. Ces « batailles » sonnent le glas de la chevalerie moyenâgeuse, et annoncent l'ère de la suprématie de l'infanterie. Il faut aussi remarquer que les régiments suisses sont les premiers à marcher accompagnés de musique.

Les lansquenets (Landsknechte) allemands vont se servir de la même méthode, mais sauront diversifier leur activité en introduisant des épées à deux mains ainsi qu'en augmentant la proportion d'hommes équipés d'arquebuses puis de mousquets dans leurs rangs.

Application sur le champ de bataille : Marignan

À la veille de la bataille de Marignan en 1515, François Ier a payé les Suisses, qui sont en partie rentrés chez eux. Il ne reste plus que les Unterwaldois, les Valaisans et un certain nombre de régiments qui n'ont pas accepté l'or français. L'évêque de Sion, Matthieu Schiner, sort de Marignan en tête, suivi par le reste de l'armée.

Comme à leur habitude, au moment de la salve, les Suisses s'agenouillent, ce qui laisse les tirs français sans effet. Les Suisses accourent vers les canons, mais ils se trouvent en haut d'une butte, défendus par des arquebuses et escopettes. Monter la colline va désunir la bataille, mais au bout d'âpres combats, les canons sont capturés. Le temps de les retourner, les deux batailles se retrouvent face à face à une gigantesque bataille de 10 000 lansquenets. Le combat est rude, mais les montagnards prennent le dessus. Après l'extermination des Allemands, les 7 500 Suisses restants doivent faire face à des violentes charges des Français, menés par le duc d'Alençon, qui restent sans effet. Le combat est interrompu avec la nuit.

Le lendemain, les Français sont en situation d'infériorité numérique par rapport aux Suisses. Pourtant, l'arrivée, au son du cri « San Marco ! » de 1 800 cavaliers et 10 000 gens de pied appointés par le doge de Venise, allié des Français, va renverser le destin du combat : la dernière bataille et la bataille de réserve, épuisées, n'ont que le choix de la retraite.

Cette bataille, que François Ier qualifiera de sa plus grande victoire, montre deux méthodes qui ont eu raison des forces confédérées.

Premièrement, la bataille suisse a essuyé des tirs d'artillerie et de fusils qu'elle ne pouvait pas éviter, en escaladant la butte de l'artillerie. De plus, celle-ci a désuni la bataille.

Deuxièmement, les Français malgré les charges de cavalerie, se sont principalement reposés sur des gens de pied, les lansquenets comme les Vénitiens. La bataille n'a donc aucune efficacité et le combat tourne rapidement au corps à corps.

Les Bandes Suisses

Les bandes suisses sont des mercenaires suisses qui, en France, furent les premières unités militaires permanentes étrangères recrutées et soldées, formées par un régime de capitulations entre les rois de France et la Confédération suisse des XIII cantons et qui sont l'émanation des bandes françaises et picardes.

Ces formations mercenariales ne doivent pas être confondues avec celles appelées compagnies franches engagées à l'insu des cantons suisses par le gouvernement royal français.

Alors dauphin, Louis XI avait été impressionné par la soldatesque suisse. Il avait vu le 26 août 1444 à la bataille de Saint-Jacques sur la Birse « 1 200 bourgeois ou paysans, renouvelant le prodige des Thermopyles, affronter sans regarder en arrière une armée de 50 000 hommes aguerris. 1 190 moururent, mais avant de mordre la poussière, ils avaient tué 1 100 chevaliers et 8 000 fantassins. ».

26 août 1444; Bataille de la Birse


En février 1477, une première levée de 6 000 au service de la France, participent sous les ordres de Georges de Craon, en juillet, au siège de Dole avant de passer en Picardie puis d'être licenciée. Vers la fin de 1479, Louis XI licencie ce qui restait de francs-archers et conçoit un projet où les Suisses doivent jouer le rôle de compères, nom donné par le Roi de France à ses amis des ligues suisses dont les bandes suisses s'étaient illustrées aux batailles de Grandson, de Morat et de Nancy. En 1480, des trèves venaient d'être signées avec Édouard IV, roi d'Angleterre, François II, duc de Bretagne et avec Maximilien qui avait épousé Marie de Bourgogne, l'héritière de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne. Le moment étant favorable, Louis XI réunit, au printemps de 1480, en Picardie 10 000 aventuriers et 2 500 pionniers qui avaient servi dans les dernières guerres, et les dirigent avec 1 500 cavaliers de ses ordonnances au camp du Pont-de-l'Arche où le roi traite avec les cantons pour une levée de 6 000 hommes des bandes suisses, commandés par Guillaume de Diesbach afin de servir de modèles aux bandes françaises destinées à remplacer la milice des francs-archers et à être entretenus d'une manière permanente.

Cette capitulation n'était pas la première. La première capitulation entre la France et la Suisse date de 1453, et fut signé à Montils-lès-Tours.

Pour cette levée, le canton de Zurich fournit 1 000 hommes ainsi que celui de Berne, Lucerne 800 hommes et les cantons d'Uri, de Schwytz, de Unterwald, de Zoug et de Glaris ensemble 2 000 hommes, les villes de Fribourg et de Soleure 1 000 hommes et enfin de Bienne 150 hommes. Ces fantassins, sous le commandement de Guillaume de Diesbach, partirent de Berne en août 1480 en direction du camp du Pont-de-l'Arche afin de servir d'instructeurs aux Français. Les Suisses formèrent les hommes de pied français qui apprirent les mouvements, les formations usité dans la seule infanterie qu'il y avait en Europe, à cette époque. Ils apprirent à combiner leur tactique avec celle de la cavalerie et de l'artillerie et à observer la discipline avec autant de rigueur que s'ils étaient en campagne. Au bout d'un an, les Suisses, royalement payés furent congédiés et retournèrent dans leur pays. Les Français restèrent encore 2 ans au Pont-de-l'Arche.


Les Gardes Suisses 

Les Gardes suisses désignent les unités militaires suisses de mercenaires, qui étaient employées par des souverains pour leur protection, ainsi que la garde de leurs résidences. On les trouve auprès de nombreuses cours européennes à partir du XV siècle, jusqu'au XIX siècle, aussi bien en France, qu'en Autriche, en Savoie, ou encore à Naples par exemple.

Il faut distinguer les gardes suisses des régiments réguliers de Suisses (mercenaires également), qui combattaient pour les différentes puissances européennes et n'étaient pas généralement appelés « gardes suisses». En outre le terme « Garde suisse » fait aujourd'hui très souvent uniquement référence à la seule garde suisse encore existante, la Garde suisse pontificale.

Le recrutement de ces troupes d'élite, proches du pouvoir, était particulièrement sélectif. Les unités de la garde avaient le pas sur les régiments suisses ordinaires. Officiers et soldats jouissaient de privilèges et leur solde était relativement élevée.

François Ier successeur de Louis XII combat dans le Milanais pour le reprendre. Le duc de Milan paie les gardes et les soldats suisses pour se défendre. Les Français et les Suisses se rencontrent à Marignan en 1515, les Suisses sont vaincus après avoir bravement résisté à l'attaque des chevaliers français. François Ier reconquiert donc le Milanais.

En 1573, Charles IX de France institua les gardes suisses. En 1616, Louis XIII de France organisa les gardes suisses en régiments.

Dans la maison militaire du Roi, les gardes françaises avaient la prééminence sur les gardes suisses, ceux-ci ne venaient qu'après eux. Ils portaient un uniforme rouge rehaussé de bleu. Ils percevaient une solde double. Lors de la Journée du 10 août 1792, ils défendirent avec bravoure le Roi et le palais des Tuileries. La presque totalité fut massacrée par la foule, après avoir, sur ordre de Louis XVI de France, cessé le feu et déposé les armes. Certains gardes suisses qui furent tués lors de la prise des Tuileries, furent inhumés à la Chapelle expiatoire à Paris (aujourd'hui square Louis XVI).

La Maison du Roi comprenait un corps de soldats suisses appelés gardes suisses ou Cent-suisses.

La Garde suisse pontificale est chargée de veiller à la sécurité du pape. Elle est la dernière Garde suisse encore existante (des détachements de mercenaires suisses qui servaient de garde rapprochée et protocolaire dans différentes cours européennes à partir du XV siècle).

Il s'agit de la plus ancienne et de la plus petite armée du monde encore en activité.


La Garde Suisse Pontificale




La Garde suisse pontificale (en latin : Cohors Helvetica Pontificia) est une force militaire chargée de veiller à la sécurité du pape et du Vatican. Elle est la dernière Garde suisse encore existante (des détachements de mercenaires suisses servaient de garde rapprochée et protocolaire dans différentes cours européennes à partir du xve siècle). Créée le 22 janvier 1506 sur l'ordre du pape Jules II, elle est la 2ème plus petite armée du monde avec 135 militaires contre 120 à la Compagnie des Carabiniers du Prince de Monaco.

La Garde suisse a été appelée au Vatican par le pape Jules II le 21 juin 1505 quand le souverain pontife demanda à la Diète suisse, par la voix de Peter von Hertenstein, archidiacre de la cathédrale de Sion, de lui fournir un corps de deux cents soldats permanent pour sa protection. Les mercenaires suisses étaient un choix naturel car ils étaient les plus réputés d'Europe.

En septembre 1505, le premier contingent de gardes suisses se met en route pour Rome. Ils traverseront le col du Saint-Gothard à pied, en plein hiver, recevant une solde grâce aux prêts du banquier Jacob Fugger. La date officielle de fondation de la Garde suisse pontificale est le 22 janvier 1506, date de l'entrée d'un premier contingent de hallebardiers organisés en compagnies commandées par l'Uranais Kaspar von Silenen sur la place du Peuple (Piazza del Popolo) dans la Ville éternelle. En 1512, le pape leur accorda, au cours d'une cérémonie grandiose, le titre de « défenseurs de la liberté de l'Église », car ils venaient de sauver le trône pontifical en se battant bravement contre les troupes du roi de France, Louis XII.

Son action la plus mémorable et la plus significative se déroule le 6 mai 1527, lorsque cent quarante-sept des « mercenaires de Dieu » périssent en combattant les lansquenets de Charles Quint pour défendre l'escalier menant au tombeau de saint Pierre, pendant que quarante-deux autres gardes suisses protègent la fuite du pape Clément VII au château Saint-Ange (ils seront les seuls survivants). Dès l'année qui suit cette tragédie, le 6 mai devient la date du « serment des recrues ».

D'autres corps armés pontificaux avaient existé dans le passé, notamment la Garde corse, dissoute au xviie siècle à la suite de l'affaire de la garde corse.

C'est la plus vieille armée encore en exercice. Les troupes pontificales ne sont plus montées au feu des combats depuis leur défaite par les troupes italiennes, survenue en 1870.

La Garde suisse est notamment responsable des entrées du palais apostolique, des bureaux de la secrétairerie d'État et des appartements privés du pape. Elle partage avec la gendarmerie de l'État de la Cité du Vatican la charge de la sécurité du pape.

Cette force est formée de cent dix soldats.

Le drapeau de la Garde suisse, carré, est composé d'une croix blanche, pour rappel à la croix du drapeau suisse, le premier quartier portant les armes du pape en place sur fond rouge, le deuxième et troisième quartiers ayant 5 bandes horizontales de couleur bleue, jaune et rouge, le bleu et le jaune étant les couleurs de la famille Della Rovere, le rouge celle des Médicis, le quatrième quartier portant les armes du pape Jules II sur fond rouge, et finalement avec les armes du commandant de la garde dans un cercle aux couleurs du canton d'origine du commandant, cercle placé au centre du drapeau. Ainsi à chaque changement de pape ou de commandant, un nouveau drapeau est créé. Par tradition, celui-ci est offert par le Commandant en fonction ou nouvellement nommé.

Drapeau actuel de la Garde pontificale avec les armes du pape François et du commandant Anrig


Fondé sur l'enrôlement volontaire, le recrutement de la Garde suisse s'effectuait historiquement parmi les hommes de nationalité suisse et célibataires, originaires des cantons de Fribourg, Zurich et de Lucerne, auxquels se sont ajoutés par la suite les cantons d'Uri et d'Unterwald.

De nos jours, il faut être citoyen suisse de confession catholique romaine et jouissant « d'une réputation irréprochable » pour être enrôlé. Les futurs gardes suisses doivent être diplômés d'un CFC ou d'une école secondaire du deuxième degré (maturité ou baccalauréat suisse), avoir effectué l'école de recrues et être incorporé dans l'Armée suisse au service actif. Ils doivent également être âgés de 19 à 30 ans, célibataires et mesurer au moins 1,74 mètre.

Par ailleurs, on demandera au curé de leur paroisse de confirmer par écrit que les postulants sont de bons pratiquants et jouissent d'une réputation sans tache. Des entretiens préalables (pouvant durer plus de cinq heures) ont lieu en Suisse. Le fait de parler plusieurs langues est un atout, la langue allemande étant la langue officielle de la garde.

En 1929, à la suite des accords de Latran, le conseil fédéral indique que Quiconque pourra y prêter service, comme c’est le cas actuellement, sans l’autorisation du Conseil Fédéral car la Garde suisse n'est pas considérée, de son point de vue, comme un corps d'armée étranger mais comme un corps de police.

Cliquez sur l'image pour accéder au site des gardes du Vatican



Le service auprès de la Garde suisse pontificale n'a aucune incidence sur le décompte des jours de service au sein de l'armée de la Confédération suisse auxquels le militaire est astreint. Les gardes et anciens gardes bénéficient toutefois d'une loi suisse permettant à tout citoyen astreint au service militaire de supprimer leur obligation de servir après une période d'absence due à un départ permanent à l'étranger.

Si elle est retenue, la nouvelle recrue prêtera serment de fidélité le 6 mai (en souvenir de l'action du 6 mai 1527) de sa première année de service (le mandat étant d'au minimum 2 ans) dans la cour Saint-Damase (Cortile San Damaso) du palais apostolique. Les nouveaux incorporés écouteront le chapelain de la garde lire dans leur langue le texte du serment inchangé depuis cinq siècles :

« Je jure de servir avec fidélité, loyauté et honneur le Souverain Pontife [nom du Pape] et ses légitimes successeurs, ainsi que de me consacrer à eux de toutes mes forces, offrant, si cela est nécessaire, ma vie pour leur défense. J’assume également ces engagements à l’égard du Sacré Collège des cardinaux pendant la vacance du Siège apostolique. Je promets en outre au commandant et aux autres supérieurs respect, fidélité et obéissance. Je jure d'observer tout ce que l'honneur exige de mon état. »

La nouvelle recrue s'avance alors solennellement, empoigne de la main gauche le drapeau de la garde et dresse le pouce, l'index et le majeur de la main droite (symbole de la Trinité et rappel également du mythique Serment du Grütli de 1291) en récitant :

« Moi, [nom de la recrue], je jure d'observer loyalement et de bonne foi tout ce qui vient de m'être lu. Aussi vrai que Dieu et nos Saints Patrons m’assistent. »



Depuis sa fondation, la garde a connu des effectifs plus ou moins importants et a même été dissoute à l'occasion. En 1976, le Pape Paul VI fixe les effectifs de la garde à 90 hommes. Le Pape Jean-Paul II les augmente à 100 hommes, le 5 avril 1979, et à 110 hommes, le 17 septembre 1998.

La Garde suisse est actuellement composée de 5 officiers (1 colonel (commandant), 1 lieutenant-colonel (vice-commandant), 1 major et 2 capitaines), 26 sous-officiers (1 sergent-major, 5 sergents, 10 caporaux et 10 vice-caporaux), 78 hallebardiers et 1 chapelain (avec rang de lieutenant-colonel). À la suite de la démission de Pascal Burri, la charge d'aumônier de la garde est actuellement occupée par le révérend Thomas Widmer. Depuis le 7 février 2015, le commandant de la garde est le colonel Christoph Graf. En novembre 2005, son anté-prédécesseur, le colonel Elmar Theodor Mäder, a exclu que des femmes fassent partie de la garde pour des raisons d'exiguïté de la caserne et de discipline (« Les gardes sont jeunes et je ne veux pas qu'il y ait des problèmes. Je ne dis pas que les femmes ne sont pas aptes à servir dans les forces de sécurité, c'est plutôt une question de discipline. […] Les gardes sont jeunes et ils ne sont au service que de Dieu et du pape »).

Lors des déplacements, 
les gardes Suisses sont toujours à la droite du Saint-Père 
et les gardes (gendarmerie) italiens à la gauche du Saint-Père



Les autres corps armés pontificaux, Garde noble et Garde palatine, ont été dissous par Paul VI le 14 septembre 1970. À cette même date, la gendarmerie pontificale est remplacée par le bureau central de surveillance, qui deviendra le 25 mars 1991 le corps de surveillance de l'État de la Cité du Vatican puis le corps de gendarmerie de l'État de la Cité du Vatican à compter du 2 janvier 2002.

De nos jours, la sécurité intérieure de la Cité du Vatican est assurée par la gendarmerie de l'État de la Cité du Vatican et la Garde suisse pontificale.

Conformément aux accords du Latran de 1929, la sécurité de la place Saint-Pierre est pour sa part assurée par l'État italien, qui dispose d'un inspectorat de sécurité publique près du Vatican. Carabinieri, Guardia di Finanza et police italienne y protègent pèlerins et touristes. C'est pourquoi Ali Ağca, auteur de la tentative d'assassinat de Jean-Paul II du 13 mai 1981, fut jugé par la justice italienne.

La langue officielle de la Garde suisse est l'allemand.

Chaque garde dispose de deux uniformes : l'uniforme de gala et l'uniforme bleu. L'uniforme de gala est porté de jour à tous les postes sauf à la porte Sant'Anna. L'uniforme bleu est porté à la porte Saint'Anna, la nuit et pour les exercices. Pour les bénédictions urbi et orbi des solennités de Noël, de Pâques et pour la cérémonie d'assermentation du 6 mai, les gardes s'habillent en « Grangala » avec armure argentée dotée de spalières et morion également argenté.

 L'uniforme bleu


Uniforme de gala


L'uniforme de gala a varié au cours des siècles. Actuellement, il est de couleur rouge, jaune et bleu (le bleu et le jaune sont les couleurs de la famille Della Rovere à laquelle appartenait Jules II, le rouge a été ajouté par son successeur Léon X, un Médicis), n'a pas été dessiné par Michel-Ange pendant la Renaissance comme le veut une légende tenace, mais est l'œuvre de Jules Repond (1853 - 1933), commandant de la garde de 1910 à 1921, qui s'inspira en 1914 des fresques de Raphaël. Les uniformes sont créés sur mesure pour chaque garde. Seuls les hallebardiers, les vice-caporaux et les caporaux portent cet uniforme très voyant, les sous-officiers (sergents et sergent-major) portent un pantalon cramoisi et un pourpoint noir, tandis que l'uniforme des officiers est entièrement cramoisi.

L'uniforme se porte avec un béret de type « alpin » ou avec un casque léger à deux pointes aux bords relevés : le morion, ornés de plumes de faisan ou de héron et frappé du chêne, emblème de la famille Della Rovere. Le morion des hallebardiers et des sous-officiers est surmonté d'une plume rouge, tandis que celle ornant les casques du sergent-major et du colonel sont blanches, les autres officiers en portent une de couleur violet foncé.

L'uniforme complet, qui n'est requis que pour les grandes occasions (comme la prestation de serment), constitue un puzzle de 154 pièces.



La Garde suisse pontificale bien qu'ayant toujours été une unité d'infanterie a possédé quelques pièces d'artillerie à sa création. Aujourd'hui, les armes d'apparat sont les mêmes que celles détenues par les soldats suisses du xvie siècle : hallebarde de 2,30 mètres, pique et épée ainsi que quelques espadons (épée de grande taille, portée à deux mains, avec lame ondulée). Si, autrefois, six espadons escortaient le pape lorsqu'il était porté sur la sedia gestatoria, aujourd'hui, ils ne sont plus utilisés que par les deux caporaux de la garde au drapeau.

Outre le maniement historique de la hallebarde réglementaire qui revêt une fonction d’apparat, les gardes suisses sont équipés et entraînés dans le cadre de leurs missions de sécurité à l'utilisation du pistolet Sig-Sauer P226, des fusils d'assaut SIG-55014 (aussi appelé Fass 90, l'arme principale de service en dotation dans l'armée suisse) et SIG-552, du pistolet mitrailleur HK MP715, de vaporisateurs au poivre, ainsi qu’aux sports de combat.


Insigne des Gardes Suisses


Pistolet Sig-Sauer P226


Fusil d'assaut SIG-55014
Fusil d'assaut SIG-552


Pistolet mitrailleur HK MP715




 Les attaques terroristes sont la principale menace du service de sécurité du Vatican.


Entrainement des gardes pontificaux au tir et combat rapproché sur la place d'arme d'Isone


Les gardes signent un contrat de deux ans minimum pour une solde mensuelle nette de 1 200 euros.

Ceux-ci sont tous célibataires (sauf les officiers, les sous-officiers, ainsi que les caporaux qui ont le droit de se marier). Ils ont interdiction formelle de dormir hors du Vatican, où ils sont logés en dortoir dans la caserne de la Garde. Les gardes sont seuls, à deux ou trois par chambre, avec extinction des feux à minuit ou plus tard selon l'avancement.

La vie quotidienne des gardes est ponctuée de célébrations liturgiques. Ils disposent d'une chapelle où officie le chapelain de l'armée pontificale.

La Garde Pontificale s’oppose à la Wehrmarcht en 1940

La Garde Pontificale, exclusivement composée de volontaires de nationalité suisse, ne fut pas qu’une armée d’opérette et tint son rôle de protection du Vatican durant la seconde Guerre Mondiale. Pie XII y camoufla même quelques juifs italiens. En 1943 l’armée allemande envahit l’Italie, occupe Rome le 10 septembre et s’arrête aux portes du Vatican.

La suite est racontée dans un résumé saisissant du blog « Le forum de la Seconde Guerre Mondiale » :

Peu de personnes savent que Pie XII avait été informé au printemps 1943 que Adolf Hitler, très mécontent de son soutien, très discret mais cependant assez efficace, envers les Juifs persécutés en Europe par les troupes allemandes d’occupation, envisageait une action violente contre lui. Aussi, il a rédigé une lettre secrète de démission, remise à trois cardinaux de pays neutres hors d’Europe, leur demandant de la rendre publique dès qu’ils apprendraient son enlèvement par les troupes allemandes, et de convoquer immédiatement un conclave dans un pays libre pour élire son successeur. Ainsi les Allemands n’auraient fait prisonnier que l’évêque de Rome, et non le pape…

Soldats de la Wehrmacht saluant un Garde Suisse à l’entrée du Vatican


Très peu de temps après les troupes allemandes, mécontentes du renversement des alliances de l’Italie de côté des Alliés, ont envahi le Nord de l’Italie. Le 10 septembre 1943 la Wehrmacht atteint Rome et arrive devant la place Saint-Pierre. Pie XII avait fait savoir à son entourage qu’il comptait se livrer aux troupes allemandes pour éviter un bain de sang au Vatican. Le commandant des gardes suisses, prit cependant l’initiative de leur demander de sortir avec leurs hallebardes et de bloquer symboliquement la frontière du Vatican. Les gardes suisses firent donc courageusement face aux auto-mitrailleuses de la Wehrmacht. Ce geste surprit le général allemand qui les commandait et qui, par prudence, arrêta ses troupes et voulu se couvrir en contactant par radio (le) Maréchal Albert Kesselring commandant en chef des troupes allemandes en Italie : « Monsieur le Maréchal, devons-nous oui ou non entrer au Vatican ? ».

Le Maréchal Kesselring jugea la question trop délicate pour être tranchée par lui et contacta à Berlin, le général Alfred Jold, chef d’État-major de toutes les forces armées allemandes, bras droit de Adolf Hitler. Celui-ci refusa également de se prononcer et fit remonter la question au Führer lui-même. Celui-ci, après avoir interrogé son ministre des Affaires Étrangères Joachim von Ribbentrop qui lui fit valoir que de porter la main sur la personne du pape lui vaudrait immédiatement la perte de tous les soutiens de l’Allemagne dans les pays d’Amérique centrale et du sud (dont beaucoup étaient encore neutres dans le conflit mondial), donna finalement l’ordre suivant « Nos troupes n’entrent pas au Vatican ! ». Depuis la fenêtre de ses appartements Pie XII vit ce spectacle incroyable : l’armée allemande faire demi-tour face aux gardes suisses avec leurs hallebardes. Un cas unique dans la Seconde Guerre Mondiale.

La fondation

La fondation pour la Garde suisse pontificale au Vatican a son siège à Fribourg (en Suisse). Elle soutient la Garde par une contribution annuelle d’environ 150’000 francs. En plus de ce soutien régulier, la Fondation finance par des dons dédiés des projets spécifiques. L’achèvement de la rénovation de la caserne et l’engagement de 25 gardes supplémentaires sont les deux défis principaux pour la Garde au cours des années à venir.

La médaille "Benemerenti" remis par le Vatican aux personnes pour longs et 
éminents services à l'église catholique. 
Les gardes suisses reçoivent cette médaille au bout de trois
ans de bons et loyaux services. 
L'attribution de la médaille peut être refusé par le colonel de la garde
au cas ou l'intéressé a posé des problèmes.




Les Cent-Suisses (gardes du corps du Roi)

Les Cent-Suisses est une compagnie d'infanterie d'élite qui étaient les gardes du corps du Roi, à ne pas confondre avec Les Gardes suisses, également appelés régiment des Gardes suisses,  régiment d’infanterie suisse servant les rois de France de 1616 à 1792.

Elle est instituée en 1471 par Louis XI et portait la hallebarde. Cette compagnie comprenait cent hommes, tous de nationalité suisse. Lorsque les armes changèrent, elle fut divisée en piquiers et mousquetaires.

Lorsque les mercenaires suisses apprennent que le roi Charles VIII prépare une expédition contre Naples, ils se précipitent en masse pour être recrutés. À la fin de l'année 1494, ils sont présents par milliers à Rome, de passage, avec l'armée française qui occupera Naples au mois de février suivant. En 1495, le roi a sa vie sauvée grâce à la fermeté inébranlable de ses fantassins suisses. Charles VIII a l'ambition d'avoir une garde nombreuse, mais malgré leurs beaux habillements et leurs enseignes peintes à l’or fin, les Cent-Suisses sont surtout là pour gagner les batailles. Ils sont hallebardiers, archers, arbalétriers, se servent de mousquetons et montent, protègent le roi et la famille royale.



Lors de la bataille de Pavie (1525) les Cent-Suisses sont décimés


Louis de Menthon en est le premier commandant en 1496, avec le titre de capitaine surintendant. Il faisait partie de la maison militaire du roi.

Le corps est supprimé en 1792 par l'Assemblée nationale, rétabli en 1814 par Louis XVIII et subsiste jusqu'en 1830.


Cent Suisses François 1er

Cent Suisses Henri II

En 1497, le roi Charles VIII créait la compagnie des Cent-suisses de la garde. Il s'agissait de la première unité suisse permanente au service d'un souverain étranger, corps de parade plutôt que militaire. Quand les mercenaires Suisses apprennent que le roi Charles VIII, prépare une expédition contre Naples, ils se précipitent en masse pour être recrutés.

A la fin de l'année 1494, ils sont présents par milliers à Rome, de passage, avec l'armée française qui occupera Naples au mois de février suivant. En 1495, le roi a sa vie sauvée grâce à la fermeté inébranlable de ses fantassins suisses. En 1496, le roi Charles VIII crée les Cent-suisses, la Compagnie des Cent Gardes Suisses du corps du Roi. Cette première unité suisse permanente au service d'un souverain étranger, fait partie de la maison militaire du roi de France. Charles VIII a l'ambition d'avoir une garde nombreuse, mais malgré leurs beaux habillements et leurs enseignes peintes à l’or fin, les Cent-suisses sont surtout là pour gagner les batailles.

Cent Suisses Louis XIII

Cent Suisses Louis XIV

Cent Suisses Louis XVI 


Ils sont hallebardiers, archers, arbalétriers... se servent de mousquetons... et montent protègent le roi et la famille royale. Les Cent-suisses comptent 127 hommes. Louis de Menthon en est le premier commandant en 1496, avec le titre de capitaine surintendant. Il faisait partie de la maison militaire du roi. Il fut supprimé en 1792 par l'Assemblée nationale, rétabli en 1814 par Louis XVIII et subsista jusqu'en 1830.

Cent-Suisse tenue de service


Uniforme des Cent-Suisse de la Maison du Roi 


Uniforme des Cent-Suisse de la maison du Roi
Pourpoint et haut de chausse à l’antique tailladés de taffetas incarnat, bleu et blanc, fraise au col, toque de velours noir garnie de plumets blancs. Ils portaient la hallebarde et l’épée. 



Uniforme de gala (vers 1700-1725) des Cent-Suisse de la maison du Roi
L'habit dit " à la suisse " est constitué d'un pourpoint et de hauts-de-chausses rappelant les tenues des piquiers suisses du XVIe siècle. Il est remis en usage en 1679. Les Cent-Suisses font partie de la " garde du dedans " de la Maison militaire du Roi. Ils disposent de trois habits différents : un pour le service ordinaire, un pour la guerre et un autre pour les cérémonies.


 Galons sur le devant du pourpoint
 Le pourpoint de drap bleu est galonné en plein (sur toutes les coutures) " à la livrée du roi " : un large galon en velours de soie cramoisie rebrodé en motifs de fil de soie blanche, imitant les anneaux d'une chaîne, et d'un galon étroit à fond blanc, à motifs cramoisis en forme de petits diabolos


 Emmachure
Sur les emmanchures, la présence de bourrelets de serge jaune galonnés alternativement d'un petit galon à la livrée du roi et d'un galon d'or permet d'attribuer l'uniforme à un musicien



Les Cent-suisses servirent de modèle à la création en 1579 d'une unité comparable au service de la Savoie puis du royaume de Piémont-Sardaigne, dissoute en 1798. On trouvait encore des Cent-suisses en Toscane, en Autriche (1745), ou en Brandebourg (1696-1713). La Garde suisse pontificale, créée en 1506, fait partie de cette tradition.





La devise inscrite sur la croix blanche : EA EST FIDUCIA GENTIS 
(telle est la fidélité de cette Nation)


Organisation

La garde était commandée par un capitaine suisse avec deux lieutenants sous ses ordres (un Suisse et un Français). Lors du sacre, le capitaine et ses officiers étaient vêtus de satin blanc avec de la toile d'argent dans les entaillures, les soldats portaient des casques de velours. La milice jouissait des mêmes privilèges que les sujets nés dans le royaume, dont l'exemption d'imposition pour le garde et sa famille, même en cas de décès.

Les gardes du corps - vêtus de bleu, veste, culotte et bas rouges, le tout galonné d'argent - « servaient par quartiers, et pendant leurs trois mois (...) passaient alternativement une semaine au château, une à l'hôtel pour les chasses, et la troisième où ils voulaient. Ainsi, cent gardes du corps et quelques centaines de Suisses formaient toute la défense du palais ». Leur service consistait « à monter la garde aux portes des appartements, à prendre les armes quand les princes passaient, à garnir la chapelle pendant la messe et à escorter les dîners de la famille royale ». Ils sont la protection rapprochée du prince.

Avec les Cent-Suisses, les gardes du corps veillent sur le roi à l'intérieur de son palais. Ils assurent la garde des portes du palais la nuit. Dans un déplacement ou une bataille, ils se tiennent toujours à la droite du souverain.

Ils étaient réputés plus domestiques que militaires, cependant ils ont pris part aux campagnes de Louis XIV. C’étaient des hommes d’élite tirés des régiments suisses de l’armée. Leur capitaine précédait le roi dans les cérémonies, montait avec lui en carrosse en l’absence de la reine.


Épée de l'uniforme de cérémonie des Cent-Suisses, vers 1700-1725



Lors des parades, la milice avec 100 hommes se présentait comme suit :

le capitaine
les deux lieutenants
le premier sergent
quatre trabans (hallebardiers) pour la défense du capitaine
les caporaux
les anspessades(grade inférieur au caporal)
les tambours
les mousquetaires
deux trabans pour la défense de l'enseigne
deux tambours
l'enseigne
les piquiers
les mousquetaires de la seconde marche
les sous-lieutenants à la fin de la compagnie
des sergents sur les côtés



Colonels généraux des Cent-suisses et Grisons

1568 - 1596 : Henri Ier de Montmorency, maréchal de France
1596 - 1605 : Nicolas de Harlay sieur de Sancy, surintendant des finances
1605 - 1614 : Henri II de Rohan
1614 - 1632 : François de Bassompierre, maréchal de France
1632 - 1642 : César du Cambout (1613-1641), marquis de Coislin, comte de Crécy, neveu de Richelieu, père de Pierre IV du Cambout de Coislin
1642 - 1643 : Edmé de La Châtre (+1645), comte de Nancey
1643 - 1647 : François de Bassompierre, maréchal de France
1647 - 1656 : Charles de Schomberg, maréchal de France
1657 - 1673 : Eugène-Maurice de Savoie-Carignan, comte de Soissons
1674 - 1710 : Louis Auguste de Bourbon, duc du Maine
1710 - 1755 : Louis Auguste de Bourbon (1700-1755), prince de Dombes
1755 - 1762 : Louis Charles de Bourbon (1701-1775), comte d'Eu
1762 - 1771 : Étienne François de Choiseul-Stainville, duc de Choiseul
1771 - 1790 : Charles, comte d'Artois, frère du roi Louis XVI









Capitaines

Les capitaines étaient les commandants effectifs du corps :

1655 - 1688 : François-René Crespin du Bec, marquis de Vardes
1688 - 1692 : Jean-Baptiste de Cassagnet, marquis de Tilladet
1692 - 1716 : Michel-François Le Tellier, marquis de Courtanvaux
1716 - 1719 : François-Macé Le Tellier, marquis de Louvois
1719 - 1754 : François-César Le Tellier, marquis de Courtenvaux
1754 - 1764 : Charles-François-César Le Tellier, marquis de Montmirail
1764 - 1792 : Louis Hercule Timoléon de Cossé-Brissac, duc de Brissac
1792 - 1814 : Corps supprimé
1814 - 1830 : Casimir de Rochechouart de Mortemart, duc de Mortemart


La Marche des Cents-Suisses que nous devons à Charles-Henri Bovet




Pièce d'eau des Suisses

Château de Versailles l'orangerie et la pièce d'eau des Suisses
agrandie, entre 1679 et 1683, par les Gardes suisses au service du roi Louis XIV


Vu en sens inverse



La pièce d'eau des Suisses est un bassin faisant partie du parc du château de Versailles, construit entre 1679 et 16821. Elle doit son nom au fait d'avoir été creusée par un régiment de Gardes suisses. Elle a été créée pour drainer le potager du roi.


Le parterre du Midi et l'Orangerie, avec en arrière-plan la pièce d'eau des Suisses


Cette pièce d'eau de 682 mètres de long et de 234 mètres de large pour une surface de 13 hectares1, a une profondeur moyenne de 1,70 mètre.

Elle est située à l'extrémité sud de l'axe nord-sud des jardins de Versailles. Cet axe comprend du nord au sud le bassin de Neptune, l'allée d'eau et le parterre du nord, le parterre d'eau (point de départ de l'axe est-ouest), le parterre du midi (situé au-dessus de l'Orangerie) et le parterre de l'Orangerie et enfin la pièce d'eau des Suisses qui se trouve en fait en dehors du périmètre actuel du château, dont elle est séparée par la route de Saint-Cyr. Vers le sud elle est contournée par la ligne de chemin de fer Paris-Chartres et dominée par le plateau de Satory.

XIXe siècle, gravure

Cette pièce d'eau a été creusée dans une zone marécageuse, dans le prolongement de l'Orangerie qui la domine et dont elle crée la perspective, en plusieurs étapes à partir de 1665. D'abord de forme octogonale, elle fut agrandie vers 1678 par les Gardes suisses au service du roi Louis XIV. Un dernier agrandissement en 1682 la dota de ses extrémités arrondies.

Le château de Versailles et la pièce d’eau des Suisses vers 1807


À son extrémité sud on avait installé une statue équestre par Le Bernin, représentant Louis XIV transformé ensuite en Marcus Curtius par François Girardon (remplacé depuis par une copie, l'original se trouve dans l'Orangerie). La pièce d'eau longe le potager du Roi auquel il pouvait accéder de ce côté par la « grille royale ». Elle est bordée par une double allée de platanes bi-centenaires, dont un grand nombre ont subi des dégâts lors de la tempête de 1999.

Sous l'Ancien Régime, cette pièce d'eau fut souvent le théâtre de fêtes nautiques. De nos jours, elle est libre d'accès à tous et est devenue un lieu de pique-nique dominical.


Les Gardes Suisses ou régiment des Gardes Suisses

Les Gardes suisses, également appelés régiment des Gardes suisses, sont un régiment d’infanterie suisse servant les rois de France de 1616 à 1792.

Uniforme des Cent-Suisses (1786) 


à ne pas confondre avec


Uniforme des Gardes Suisses (1750)


L’utilisation d'unités de suisses pour assurer la garde des souverains se retrouve dans de nombreuses cours européennes à partir du XVe siècle. En France, le pouvoir royal utilise un grand nombre d'unités militaires suisses. Parmi la Garde royale, les Gardes suisses et les Cent-Suisses, mais aussi les gardes des reines-régentes, des princes du sang, comme la compagnie des Suisses de Monsieur le comte d’Artois, et des grands officiers de la couronne, dont certaines unités sont suisses. Par contre, les régiments de ligne suisses, même commandés par des officiers venant des Gardes suisses, ne sont pas des unités des gardes.

Quoique le régiment des Gardes suisses ait été fondé au début du xviie siècle, les rois de France ont employé des soldats suisses dès avant cette date. Louis XI enrôle des Suisses comme instructeurs pour l'armée française et des gardes qu’il retient près de sa personne à partir de 14811. Les soldats suisses se sont illustrés lors des batailles de Grandson et de Morat en 1476.



Après la bataille de Marignan, en 1515, le 29 novembre à Fribourg, la France signe avec les Confédérés, un traité de paix perpétuelle qui sera respecté jusqu'à la chute de la monarchie française, en 1792 et l'invasion de la Suisse par les troupes françaises. Par la suite, les Suisses mettent leurs mercenaires au service du roi de France, par le traité de Genève, le 7 novembre 1515. Celui-ci est complété par le traité d'alliance de 1521 entre la France et les Cantons.

Les mercenaires suisses ont la qualité de gens de guerre. Les Suisses s'engagent à fournir entre six et seize mille soldats au roi et la Suisse reçoit la protection d’un pays voisin puissant et belliqueux. Ils sont des alliés et des auxiliaires permanents, mais les Cantons restent les vrais souverains de ces troupes et se réservent le droit de les rappeler. Ces corps armés ont une indépendance complète, avec leurs propres règlements, leurs juges et leurs étendards. Les ordres sont donnés dans leur langue, en allemand, par des officiers suisses et les soldats restent liés aux lois de leurs cantons : bref, le régiment est leur patrie, et toutes ces dispositions seront confirmées par tous les accords postérieurs. La majorité des effectifs provient de la ville de Fribourg qui a signé un contrat d'exclusivité avec François Ier.

Uniforme des Gardes Suisses


En avril 1544, Guillaume Froelich, commandant des Cent-Suisses, gagne la bataille de Cérisoles.

En 1567, les Suisses protègent le roi Charles IX d’une tentative d’enlèvement de la part de Condé. Ils forment le carré face aux deux mille cavaliers protestants qui tentent d’enlever le roi à la sortie de Lagny, et lui permettent de rejoindre Paris où l’attend le connétable de Montmorency avec une armée de 10 000 hommes. La même année, la reine Catherine de Médicis obtient des cantons la levée de 6 000 hommes qui prennent le nom de Gardes suisses du roi.

En 1571, le futur roi Henri III de France et son frère, le duc d'Alençon, ont des archers et des hallebardiers suisses à leurs livrées. C'est leur chef, Montesquiou, qui tue le prince de Condé Louis Ier à la bataille de Jarnac. Quand Henri III de France devient roi, il garantit à son frère une petite armée, qui compte 50 Suisses.


En 1589, à l’avènement d’Henri IV, les Suisses acceptent de ne pas être payés pendant deux mois, alors que la moitié de l’armée abandonne le roi.



Ce n’est que cent trente-cinq ans après la création des Cent-Suisses, en 1616, que le roi Louis XIII donne à un régiment d'infanterie suisse le nom de Gardes suisses. Il ne s'agit pas officiellement d'un corps de la maison militaire du roi de France, mais il en assume toutes les fonctions. La fonction principale du régiment des Gardes suisses est d'assurer la garde intérieure du palais, veillant jour et nuit sur la personne du roi, l'accompagnant dans tous ses déplacements. En outre, ils sont dépositaires des Sceaux du Roi et gardiens des Joyaux de la Couronne de France. Ils forment le deuxième corps permanent étranger au service du roi.

Régiment d'infanterie, il forme une brigade avec les Gardes-Françaises et combat en première ligne. À l'origine, les Gardes suisses sont logés chez l'habitant. Le régiment est composé de douze compagnies de deux cents hommes chacune. Il s'agit en fait d’un corps d'élite des régiments suisses au service du roi de France. Gaspard Gallati de Glaris, est le premier colonel du régiment de 1616 à 1619.



Au cours du XVIIe siècle la Garde suisse maintient une réputation de discipline et une régularité du service en temps de paix et à la guerre.

Louis XIV transforme la maison militaire du roi de France en un corps d'élite. Le nombre de troupes de la maison du roi est augmenté de manière très importante lors du règne du Roi-Soleil, notamment par la création de nouvelles unités.

Entre 1668 et 1671, Pierre Stoppa, colonel des Gardes suisses, et Louvois, secrétaire d’État de la Guerre, se mettent d’accord pour engager à l’insu des cantons suisses des compagnies franches qui coûtent moins cher au roi : six écus par mois, contre sept dans les formations capitulées. La levée de compagnies franches, désavouées par les cantons, par le gouvernement royal, dure de 1660 à 17018.


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Les compagnies sont logées jusque vers 1690 dans les faubourgs de Suresnes, Rueil, Nanterre, Colombes et Saint-Denis. À la fin du règne de Louis XIV, un bataillon résidait à Paris, rue Grange-Batelière. Le roi impose le logement chez l’habitant aux paroisses où cantonnent des compagnies9.

La fin du règne de Louis XIV et celui de ses successeurs voient se succéder les critiques contre la maison militaire du roi de France. Le rôle de police joué par certains corps, comme les Gardes-Françaises à Port-Royal en 1709, ou les mousquetaires, chargés de l'arrestation des parlementaires, n'y est pas étranger. Le déclin de leur importance militaire, visible à la bataille de Dettingen ou à la bataille de Fontenoy en est une autre cause. Le calme politique de la période, exempte de tout soulèvement armé d'importance, ne rend pas nécessaire le maintien d'une garde personnelle pléthorique. Enfin le coût de ces nombreuses unités, dont certains n'ont plus qu'un rôle cérémoniel, est très élevé dans une période où l’endettement du royaume est considérable.

 Garde Française


Garde Suisse


Par le XVIIIe siècle, les Gardes suisses forment une brigade avec le régiment de Gardes-Françaises, avec lesquels ils partagent la garde extérieure. Comme les onze régiments d'infanterie de ligne suisses au service de la France, les gardes suisses portent des uniformes rouges. La Garde suisse se distingue par des revers bleu foncé et des parements de broderie blanche. Seule la compagnie de grenadiers porte des bonnets d’ours, tandis que les autres portent des tricornes, coiffure de l'infanterie française.

Soldat et officier des Gardes suisses, 1757


Porte-drapeau, 1721


Le régiment des Gardes suisses compte 1'600 hommes. Ils sont en temps de paix stationnés dans trois casernes de la banlieue de Paris : Rueil, Courbevoie et Saint-Denis. Le régiment est organisé en douze compagnies, dont les différents capitaines sont le plus souvent officiers généraux ou mestres de camp de régiments suisses.

En 1763, une compagnie de grenadiers est adjointe au régiment. Jusque-là c'est la compagnie des Cent-Suisses qui en tenait lieu à la guerre.

Les premiers gardes sont arrivés à Rueil-Malmaison en 1646 mais ne disposaient pas de caserne. En 1754, Louis XV ordonne donc la construction de trois casernes à Rueil-Malmaison, Courbevoie et Saint-Denis. Les Gardes-Françaises, accusées de plus perturber l'ordre public que de le maintenir, sont reprises en main et encasernées à partir de 1764.

En 1760, 12'888 Suisses sont répartis dans onze régiments suisses contre 2'324 dans le régiment des gardes.

Étienne François de Choiseul-Stainville, duc de Choiseul, pourtant colonel général des Cent-Suisses et Grisons, tente, de 1762 à 1770, de briser les privilèges des Suisses, selon la politique qu’il applique à toutes les troupes réglées, en tant que secrétaire d’État de la Guerre. Son objectif est de rapprocher le service suisse du service des troupes françaises ou prussiennes. À partir des années 1770, les Suisses sont même employés pour diverses travaux tels que l’assèchement des marais entourant Rochefort.

Les Gardes suisses sont épargnés par les réformes du comte de Saint-Germain, nommé secrétaire d'État à la Guerre par Louis XVI le 25 octobre 1775.

Lors de la révolution, les Gardes-Françaises prennent le parti du peuple et participent aux événements révolutionnaires de 1789. Ils sont peu après versés dans la Garde nationale de Paris. La maison militaire du roi de France est supprimée en 1791, à l'exception des Gardes suisses.

Louis XVI traversant les rangs des troupes défendant le palais des Tuileries avec Augustin-Joseph de Mailly, maréchal de France, avant les combats de la journée du 10 août 1792



Le plus célèbre épisode de l'histoire de la Garde suisse était leur défense du palais des Tuileries dans le centre de Paris au cours de la journée du 10 août 1792. Ce jour-là, outre quelques gentilshommes et quelques domestiques du palais mal armés et un certain nombre de membres de la Garde nationale, dont le bataillon des Filles-Saint-Thomas et des officiers ayant récemment démissionné, le palais est protégé par 950 Gardes suisses. Seule une compagnie de ces gardes de 300 hommes est restée dans sa caserne pour escorter un convoi de grains en Normandie peu de jours auparavant. Ils défendent un palais des Tuileries vide puisque le roi en est parti avant le déclenchement de la bataille pour se réfugier auprès de l'Assemblée législative.

La Prise des Tuileries le 10 août 1792. Les uniformes rouges des Suisses les distinguent des autres combattants



Les Gardes suisses survivants sont conduits à la guillotine


Le corps principal des Gardes suisses bat en retraite à travers le palais des Tuileries et se retire à travers les jardins à l'arrière de l'édifice. À ce moment-là, ils sont dépassés en nombre, près de la fontaine centrale, morcelés en petits groupes et taillés en pièces. Les Gardes suisses restés dans le palais sont pourchassés et tués, de même qu'un certain nombre de domestiques et courtisans ne pouvant se mêler à la foule. Des 950 Gardes suisses présents aux Tuileries, environ 600 sont tués au combat, ou en tentant de se rendre aux attaquants, après avoir reçu l’ordre de Louis XVI de cesser le feu et de déposer les armes. Environ 60 sont faits prisonniers à l'hôtel de ville et sont massacrés là-bas. D'autres meurent en prison des suites de leurs blessures ou sont tués durant les massacres de Septembre qui s'ensuivent.



Une centaine de gardes aurait survécu. Certains gardes suisses qui sont tués lors de la prise du palais des Tuileries seront inhumés à la chapelle expiatoire à Paris (aujourd'hui square Louis XVI). Le major Karl Josef von Bachmann, seul officier supérieur commandant la Garde suisse présent aux Tuileries lors du massacre du 10 août 1792 est le seul officier suisse jugé, condamné à mort, puis guillotiné sur la place du Carrousel le 3 septembre 1792 avec son uniforme rouge. Deux officiers suisses survivent et par la suite parviennent à devenir des officiers supérieurs des armées napoléoniennes.

Les 1er, 2e, 3e et 4e régiments suisses sont créés de 1805 à 1806 et sont employés par Napoléon Ier, à la fois en Espagne et en Russie. Le colonel général des Suisses est à cette époque Louis-Alexandre Berthier, prince de Wagram et de Neuchâtel, vice-connétable de l'Empire, puis Jean Lannes, duc de Montebello.

Sous la Restauration, les Bourbons font appel à des troupes suisses. Deux des huit régiments d'infanterie inclus dans la Garde royale de 1815 à 1830 sont formés de Suisses et peuvent être considérés comme les successeurs des anciens Gardes suisses. Le colonel général des Suisses est Henri, duc de Bordeaux, petit-fils du roi Charles X.

Lorsque le palais des Tuileries est envahi à nouveau, lors des Trois Glorieuses, les régiments suisses, craignant un autre massacre, ne sont pas utilisés à nouveau. Leurs unités sont définitivement supprimées le 11 août 1830.

En 1832, des vétérans des régiments suisses dissous forment un autre régiment, la légion de Hohenlohe de la Légion étrangère pour le service en Algérie.


Colonels généraux des Suisses et Grisons

Le colonel général des Suisses et Grisons. Dès l’origine, le roi envoie un grand seigneur auprès des cantons pour favoriser la levée des troupes destinées à le servir. Ce même prince ou seigneur marche à leur tête pendant les campagnes, avec le titre de capitaine des Suisses, ou colonel des Suisses. Ce n’est qu’une simple commission, pour la durée d’une ou deux campagnes, durant lesquelles ce seigneur ne commande des troupes suisses que celles qui se trouvent à l’armée dans laquelle il sert. Quand la paix survient, ce colonel perd sa fonction, quoique le roi conserve ces troupes. Il est chargé du contrôle de toutes les troupes suisses en France à l’exception des Cent-Suisses.

12 mars 1614-12 mars 1635 : François de Bassompierre (12 avril 1579 – 12 octobre 1646), maréchal de camp en 1615, maréchal de France le 29 août 1622.


Sous Henri II :
1551-1555 : Guillaume Frölich
1555-1556 : Diègue Mandosse, premier maître d’hôtel du Roi, ambassadeur extraordinaire devers les Suisses et les Grisons.
1556-1559 : Guillaume Frölich

Sous Charles IX :
1562-1563 : Guillaume Frölich
1567-1570 : Louis de Pfyffer
1573-1579 : Guillaume Tugginer

sous Louis XIII :
1616-1619 : Gaspard Galatti
22 juillet 1619-1626 : Fridolin Hessy
15 septembre 1628-1633 : Jean Ulrich Greder von Wartenfels
1633-1635 : César du Cambout (1613-1641), marquis de Coislin, comte de Crécy, neveu de Richelieu, père de Pierre du Cambout de Coislin



sous Louis XIV :
1635-1651 : Gaspard Freuler
1651-1654 : Jean Melchior Hessy
1654-1685 : Laurent d’Estavayer Molondin
1685-1701 : Giovanni Pietro Stuppa (1621-1701), d'abord commandant d'une compagnie franche au service la France dès 1655, puis colonel du régiment Vieux Stuppa de 1672 à 1701, septième colonel du régiment des Gardes suisses. Entre 1674 à 1688, le roi Louis XIV de France lui confie les fonctions de colonel-général des Suisses et Grisons, pendant la minorité de Louis Auguste de Bourbon, duc du Maine.
1701-1702 : Maurice Wagner, de Soleure
1702-1722 : François de Reynold

sous Louis XV :
1722-1736 : Jean Victor de Besenval de Brünstatt, père de Pierre Victor de Besenval de Brünstatt
15 mars 1736-1742 : Jean-Jacques, chevalier d’Erlach, brigadier le 1er février 1719, maréchal de camp le 20 février 1734, lieutenant général des armées du roi le 1er mars 1738, décédé le 4 novembre 1742, âgé de 62 ans
16 décembre 1742-1743 : Rodolphe de Castellas, brigadier le 1er février 1719, maréchal de camp le 20 février 1734, décédé le 18 février 1743 âgé de 65 ans
10 mars 1743-1769 : Béat François Claude de La Tour-Châtillon, baron de Zurlauben, brigadier le 1er août 1734, maréchal de camp le 1er janvier 1740, lieutenant général des armées du roi le 1er mai 1745, décédé en 1770



Sous Louis XVI :
1769-1792 : Louis-Auguste d’Affry, gouverneur militaire de Paris. Des problèmes de santé l'empêchent d'être au palais des Tuileries, lors de la journée du 10 août 1792. Il est arrêté, jugé et acquitté par le tribunal révolutionnaire et reprend ses fonctions pour superviser le licenciement de toutes les troupes suisses au service de la France.













































On peut remarquer le grand nombre d'unités étrangères dans la maison militaire du roi de France. Les étrangers sont réputés être indifférents aux intrigues de cour et partant plus dignes de confiance que les troupes françaises. Pourtant, dans la maison militaire du Roi, les gardes françaises ont la prééminence sur les Gardes suisses, ceux-ci ne viennent qu'après eux. La milice jouissait des mêmes privilèges que les sujets nés dans le royaume, dont l'exemption d'imposition pour le garde et sa famille, même en cas de décès. Les Suisses portent un uniforme rouge rehaussé de bleu. Les unités de la Garde suisse ont le pas sur les régiments suisses ordinaires.

Le recrutement de ces troupes d'élite, proches du pouvoir, était particulièrement sélectif. Les soldats étaient recrutés dans tous les cantons et pays alliés de la Confœderatio Helvetica. Les Suisses perçoivent une solde double. Les soldats ont leurs propres bannières et au début ils sont encadrés uniquement par des officiers de leur nation. De plus, les Suisses bénéficient de la liberté de culte et d’une juridiction particulière. Dans les unités suisses, le maintien de la discipline interne selon les codes suisses, nettement plus sévères que ceux de l'armée régulière française, est obligatoire. La capitulation générale de Soleure interdit aux Suisses d’être embarqués sur mer, mais quelques années plus tard, le régiment de Castella est envoyé en Corse.

Les archives du régiment des Gardes suisses sont enterrées secrètement par son adjudant dans la nuit du 9 août aux Tuileries, celui-ci devinant l’issue de la bataille. Un jardinier les déterre et elles sont solennellement brûlées par les nouvelles autorités républicaines.

Le Monument du Lion de Lucerne. L'inscription Pour la loyauté et le courage de la Suisse, la fleur de lys, la flèche brisée dans le corps du roi-lion, célèbre le souvenir des Suisses morts au palais des Tuileries ou pour leur fidélité à Louis XVI de France. Ce monument, sculpté par le sculpteur danois Bertel Thorvaldsen en 1819, commémore ce sacrifice.


Egger Ph.