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jeudi 14 juin 2018

Les TPF ont-ils fraudé comme l'a fait CarPostal ?




CarPostal a réalisé des bénéfices dans un domaine subventionné et a ensuite transféré illégalement cet argent, quelque 78 millions de francs, dans d'autres secteurs. Cette magouille, révélée au mois de février, vient de provoquer la mise à pied de toute la direction.

Mais qu'en est-il des Transports publics fribourgeois (TPF), qui ont réalisé des bénéfices à hauteur de 5,8 millions de francs en 2017 et qui, en marge du transport de voyageurs, sont actifs notamment dans l'immobilier? La question a été posée par le député UDC Jean-Daniel Chardonnens.

Une division qui évite les dérapages

«Il est normal qu'un tel scandale, qui a fait du mal à l'ensemble de la branche, donne lieu à ce genre de questionnement, estime Stéphane Berney, porte-parole des TPF. Depuis 2015, nous avons toutefois mis en place une nouvelle structure qui nous a permis d'éviter ce genre de dérapage. Peu de sociétés de transports, hormis les CFF, sont organisées comme nous.»

Tant le Conseil d'Etat fribourgeois, dans sa réponse transmise à la presse mercredi, que les TPF sont dès lors formels: il n'y a rien d'illégal dans la gestion des ressources financières des TPF. Et cela est dû à la division en trois sociétés des différents secteurs d'activités: le trafic de voyageurs, les infrastructures et l'immobilier.

Bénéfices utilisés légalement

Les deux premières (TPF Trafic et TPF Infra) sont subventionnées. Ainsi, les bénéfices qu'elles réalisent doivent être réinjectés dans leurs domaines respectifs, selon les dispositions légales (deux tiers vont dans un fonds de réserve servant à couvrir un éventuel déficit futur, et le troisième tiers va dans un fonds libre destiné au développement de projets).

La société TPF Immo n'est en revanche pas subventionnée. Les actionnaires (dont le canton de Fribourg, qui détient 75% des parts) sont ainsi libres de disposer des éventuelles retombées à leur guise. De plus, au vu des projets en cours autour des gares de Châtel-Saint-Denis, Bulle ou encore Estavayer-le-Lac, son activité et ses revenus devraient prochainement prendre l'ascenseur de manière spectaculaire.