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mercredi 4 juillet 2018

Ce qu'a montré la Nati hier était insuffisant !


Il y a des défaites qui font mal en raison du sentiment d’inachevé qui en résulte, lorsqu’on passe à côté, qu’on balbutie son jeu et qu’on s’englue dans une certaine forme de timidité au moment où il faudrait se sublimer. Celles-là peuvent laisser des traces. Ce sera le cas de ce 8e de finale raté, cette énième défaite en match à élimination directe d’une Suisse qui n’a encore jamais pu briser ce signe indien.

Oui, la Nati pouvait faire mieux mardi, face à une Suède qui ne lui était pas supérieure, sauf peut-être dans le jeu aérien (les 11 corners suisses n’ont donné qu’un seul un tir). Trop lente, pas assez déterminée ni créative, elle s’est heurtée à un mur jaune et bleu toujours prompt à dégainer un pied ou un buste pour contrer les frappes helvétiques, quand celles-ci ne s’envolaient pas au loin. Et puisque la malchance s’en est mêlée, sous la forme d’une déviation d’Akanji sur le tir victorieux de Forsberg, il ne reste plus qu’à faire ses valises, la tête emplie de regrets. Avec le sentiment d’avoir pu, d’avoir dû faire mieux que cela.  Rageant 😡😡😡

C'est encore une fois la soupe à la grimace. Pour la cinquième fois depuis 1994, la Nati quitte un grand tournoi (Euro ou Coupe du monde) au stade des huitièmes de finale. Pire encore: durant ces cinq matches à élimination directe, elle n'a inscrit qu'un seul but par Shaqiri (1-1 contre la Pologne lors de l'Euro 2016, défaite aux tirs au but).

Hormis un tir trop enlevé de Dzemaili à la 38e, la Suisse n'a jamais véritablement été dangereuse face aux Suédois. Malgré les entrées des attaquants Seferovic et Embolo, la sélection de Petkovic n'a pas pu renverser la vapeur et se retrouve éliminée par un... autogoal d'Akanji à la 66e.

Le meilleur résultat de la Suisse en Coupe du monde restera donc un quart de finale, atteint en... 1954 sur ses terres (Autriche - Suisse 7-5).

«Nous sommes tristes, nous voulions faire plus, a regretté Vladimir Petkovic. Contre la Suède, toutes les autres équipes ont eu du mal à s'exprimer. (...) Nous voulions jouer sur les ailes, mais nous avons été trop lents, trop imprécis, pas assez bons.»  Rageant 😡😡😡


Mes tops

1.YANN SOMMER: il est l'un des très rares joueurs de l'équipe de Suisse à pouvoir quitter la Russie la tête haute à l'issue de cette rencontre indigente. Une fois encore solide, il a notamment réussi un arrêt de toute beauté sur une frappe croisée de Marcus Berg à la 28e minute. Ce tir avait le poids du 1-0. Il a encore récidivé sur un coup franc puissant en fin de rencontre. Il n'y a rien eu à faire pour lui sur le tir victorieux d'Emil Forsberg, dévié par Manuel Akanji.

2.XHERDAN SHAQIRI: le milieu de Stoke a eu le mérite d'essayer et d'offrir des solutions. Et même si à l'image de ses coéquipiers il a manqué de tranchant dans les derniers gestes, il n'a pas épargné ses efforts et délivré quelques passes qui auraient pu déboucher sur des occasions dangereuses. Il a également connu moins de déchet technique.

Mes flops

1.GRANIT XHAKA: le dépositaire du jeu helvétique n'a pas connu un grand jour. Il a singulièrement manqué d'idées et n'a pas su porter son équipe comme un joueur de son calibre le devrait. Défensivement, il ne paraît pas non plus exempt de tout reproche sur le but d'Emil Forsberg. Durant cette action, le milieu d'Arsenal s'est fait abuser un peu trop facilement par l'attaquant.

2.BLERIM DZEMAILI: le joueur de Bologne a bénéficié d'une occasion en or à la 38e minute. Idéalement servi par Steven Zuber en retrait, il a expédié son tir dans les tribunes. Il n'est pas le seul à pointer du doigt pour des approximations dans les derniers trente mètres adverses, mais ce raté pèse au final très lourd dans l'addition.

Mes notes

Yann Sommer 5.5/6
Sur sa ligne, le gardien de Gladbach est sans doute l’un des meilleurs de la planète. Il l’a encore prouvé en repoussant, d’un réflexe fabuleux, une reprise de Marcus Berg (9e). Plus tôt, il fut coupable d'une mauvaise relance au pied qui aurait pu coûter cher. N’a rien à se reprocher sur le but suédois.

Michael Lang 2/6
Volontaire, ce qui n’était de loin pas le cas de tout le monde, le futur coéquipier de Yann Sommer n’a pas eu la qualité qu’on lui connaît balle au pied. De plus: aussi usant soit-il, le tempérament passionné de Stephan Lichtsteiner a manqué mardi soir lorsque l’heure de la révolte sonnait.

Johan Djourou 4
Hésitant en début de match, le Genevois a comme prévu fait du bien dans les duels (9 sur 11 gagnés). Faire son entrée en huitième de finale d’un grand tournoi et tenir la route n’allait pas de soi: sobre, Johan Djourou a rempli sa mission. Avec 91% de passes réussies, l’absence de Schär ne s’est, en plus, pas fait sentir.

Manuel Akanji 2/6
Excellent contre le Brésil et la Serbie, le Zurichois est, à l’image de son équipe,  allé decrescendo dans la compétition. Avec plusieurs passes ratées et des interventions moins tranchantes, le défenseur de Dortmund a souffert. Même malheureuse, sa déviation sur le but de Forsberg paraissait évitable.

Ricardo Rodrigues 3.5/6
Pas ou peu d’adversité sur son couloir gauche, beaucoup de liberté et des nombreux ballons arrivés jusqu’à lui: sur le papier, ce match semblait taillé pour que «Ricci» brille. Or, si ce n'est la tête de Seferovic (91e), ses centres n’ont pratiquement jamais trouvé preneurs (3 sur 10). 

Valon Behrami 3/6
Complètement arrêté sur l’action qui mène au carton rouge de Michael Lang, Valon Behrami a semblé ne plus y croire, fait assez rare pour être souligné. Quelques bonnes interventions, une certaine présence à mi–terrain, mais des limites quand il s’agit de créer ou d'accélerer. Ce dont avait justement besoin la Suisse.

Granit Xhaka 2,5/6
Ce n’est pas un secret: l’équipe de Suisse dépend beaucoup de la bonne volonté de son métronome. Face à la Suède, le milieu n’a pas été à la hauteur de son talent. En dilettante lorsqu’il fallait défendre (notamment sur le but suédois), Xhaka n’a jamais trouvé le bon dosage dans ses passes. Une vraie déception.

Blerim Dzemaili 3/6
S’il a le mérite de se créer des occasions, Dzemaili pèche trop souvent à la réalisation. Hier encore, il a manqué une grosse occasion, la seule en première mi-temps. Idéalement placé après l’une des rares combinaisons gagnantes dans les 30 derniers mètres, le milieu offensif a trouvé les étoiles. Sinon, performance discrète.

Xherdan Shaqiri 4.5/6
Comme toujours, XS a été le plus entreprenant de la bande. A toutefois manqué de spontanéité dans ses gestes et ses centres. A sa décharge, il n’est pas le seul.

Steven Zuber 2/6
Quinze premières minutes intéressantes puis…. plus rien, si ce n’est un une-deux avec Blerim Dzemaili dans les 16 mètres. Discipliné, d’accord, mais la Suisse doit aussi compter sur des ailiers capables d’apporter le danger.

Josip Drmic 2/6
Ou Josip Drmic n’effectuait pas les bons appels, ou ses coéquipiers ne l’ont jamais servi dans de bonnes conditions. Trop souvent cherché dans les airs dos au but et systématiquement battu, l’attaquant de Gladbach ne s’est jamais montré dangereux.

Breel Embolo 3/6
L’entrée (la carrière?) de Breel Embolo se résumée en un adjectif: imprévisible. Capable d’enrhumer la défense de son coup de rein puis, quelques minutes plus tard, de rater une passe on ne peut plus basique, le jeune papa vit dans une sorte de flou artistique. Sa tête sur corner (79e) aurait mérité meilleur sort.

Haris Seferovic 3/6
Cloué au pilori par la vox populi, Seferovic aurait pu jouer les héros dans les arrêts de jeu, mais son coup de tête a manqué de puissance. A part ce "coup d’éclat", on ne l’a pas vu…

Egger Ph.