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samedi 13 octobre 2018

Polémique autour de l'aide de l'Etat de Fribourg à la Cantonale


Des Fribourgeois s’étonnent du soutien de l’Etat à la foire "La Cantonale"


L'aide d'"urgence" versée par l'Etat de Fribourg à la Cantonale, ou ex-Foire de Fribourg, suscite l'incompréhension d'une frange d'élus cantonaux, qui s'étonnent de ce soutien à une manifestation visiblement à bout de souffle.

A l'instar du Comptoir suisse à Lausanne ou de la Muba à Bâle, l'organisation de l'édition 2018 de la Foire de Fribourg, renommée la Cantonale, a été difficile.

Pour assurer la tenue de cette manifestation, de l'argent public a été engagé. L'Etat de Fribourg, la Banque cantonale, les Transports publics fribourgeois (TPF), le Groupe E ainsi que l'Etablissement cantonal d'assurance des bâtiments ont tous mis la main au portemonnaie.

"Situation exceptionnelle"

Mais plusieurs députés s'étonnent que cette manifestation ait pu bénéficier de mannes financières étatiques sans qu'aucune communication n'ait été faite au préalable à l'attention du Grand Conseil.

Pourquoi ce manque de transparence, alors que l'Etat de Fribourg engage 50'000 francs pour soutenir cette manifestation, se demandent-ils. Quant aux quatre piliers de l'économie, ils ont également posé 40'000 francs sur la table.

Cette manière de faire intrigue certains députés socialistes. Le gouvernement a voté une ordonnance pour débloquer les 50'000 francs, une procédure rarissime qui permet au Conseil d'Etat de faire de petits gestes. Et dans ce cas particulier, il y avait urgence, selon Olivier Curty, directeur cantonal de l'économie.

Avenir de la Cantonale en question

"C'était une situation très exceptionnelle: on avait peur que le comptoir soit annulé", raconte-t-il au micro de La Matinale de la RTS vendredi. "C'est la raison pour laquelle on a discuté de cela avec le Conseil d'Etat, et obtenu ce montant, à titre exceptionnel et unique. En cas d'annulation, il y aurait eu un dégât de réputation ainsi que des pertes financières importantes, notamment pour les petites entreprises qui ont dépensé de l'argent pour installer leur stand", note-t-il.

Cette subite nécessité de voler au secours de cette foire laisse songeur Xavier Gagnaux, vice-président du Parti socialiste fribourgeois. "Ce n'est pas l'urgence, mais le caractère confidentiel de ces montants qui pose problème", souligne-t-il. Et de soulever la question de la viabilité de la Cantonale, visiblement à bout de souffle. "Au-delà de cette question, c'est l'avenir de ce type de manifestations qui est en question, si elles doivent trouver au dernier moment un manne publique pour avoir lieu."

Maurice Doucas