mercredi 6 janvier 2016

Ich bin Volkswagen




J'ai jamais trop pu encadrer les VW. Pas parce que c’est une invention de Hitler ; non, ce n’est pas mon type de beauté, c’est tout, on n’y peut rien à ces choses-là, et puis, leur deutsche Qualität, depuis le temps qu’ils nous en bourrent le cou, on était presque content d’apprendre, pour leur logiciel truqueur.

En fait, on l’a été tout à fait : qu’un ingénieur ait eu la malice de profiter ainsi du grand mensonge anti-carbone relève presque du génie, en tout cas de la résistance citoyenne aux carabistouilles mondialistes : on aurait dû lui donner la Légion d’honneur et la célébrer pour une fois, la qualité allemande !

Après cette digression liminaire, revenons à nos moutons dont nous n’avons pas encore parlé. Les États-Unis veulent coller, dit-on, 20 milliards d’amende à la firme allemande pour ses fredaines informatique à propos de CO2. De quoi je me mêle ? Et pourquoi pas deux cents ? On taxe un jour la BNP, le lendemain c’est UBS qu’on met au piquet, on menace la SNCF parce qu’elle n’a pas refusé de transporter les convois que lui imposait l’occupant voilà 70 ans.

À qui le tour, la semaine prochaine ? Pourquoi ne s’imaginerait-on pas qu’on a le devoir moral de mettre Bachar au pas, de pendre Saddam, de promouvoir un monde nouveau ? De faire arrêter les dirigeants de la FIFA ?

Qui donc s’occupe, tant qu’on y est, de sanctionner les innombrables infractions, contraventions, délits, crimes dont se rendent coupables les entreprises privées et la puissance publique américaines ?

Devant leur suzerain, les vassaux avaient des droits ; il semble que ce ne soit plus notre cas. Nous n’avons plus que celui de tendre le cou pour qu’on nous donne une gifle ou qu’on y passe le licol.

Je parle des Américains, mais je pourrais parler des Belges. Ça m’a toujours fait poiler que des tribunaux bruxellois prétendent traduire devant eux Pinochet ou la marine italienne pour sa non-assistance à migrants en danger. Et pourquoi pas le pape ?

Remarquez bien que ces questions n’intéressent pas nos politiques. Ils sont beaucoup trop occupés, comme une classe de seconde, à twitter. Ça travaille le sentiment, le concept et le vocabulaire (penser à varier). Pendant ce temps-là, le nouvel ordre mondial et sa main de fer américaine peuvent bien faire ce qu’ils veulent. Sans que plus personne ne crie : “US go home! Quick and fast! And shut up for God’s sake!” One bonne fois pour toutes !

Martin Peltier