mardi 21 décembre 2010

Les taux hypothécaires sont repartis à la hausse

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Les emprunts fixes de longue durée davantage concernés

«Faut-il passer immédiatement à un taux fixe ou prendre le risque d’attendre?» La question tourmente chaque jour davantage les propriétaires immobiliers endettés aux conditions du marché en Suisse. Car les taux hypothécaires fixes sont repartis à la hausse depuis l’automne.

«A la fin de l’été, un taux fixe à dix ans se négociait dans les 2,38% à 2,45%», rappelle Alain Faure, fondateur de la société de conseils financiers Cofinances. Il faut actuellement «payer» 2,9% à 3% pour un emprunt de cette durée. A titre d’exemple, un demi-point de pourcentage représente 3000 francs supplémentaires par an pour une dette de 600 000 francs.

La hausse est moins importante pour les taux hypothécaires de plus courte durée. Une hypothèque à 5 ans – le produit préféré des propriétaires helvétiques – se négocie actuellement à 2,23%, selon l’indice de VZVermögenszentrum, un taux toujours historiquement très bas, mais néanmoins environ un quart de point plus haut qu’il y a trois mois.

Alors que faut-il faire? «La plupart des investisseurs privés qui financent leur propre logement ont déjà bloqué leurs taux», relativise Stéphane Defferrard, de la société de conseil en financement immobilier Defferrard & Lanz. La question concerne avant tout les professionnels de l’immobilier ainsi que les investisseurs commerciaux.

Tensions sur l’obligataire

Quant à la réponse, elle relève de la futurologie. «Les taux étaient déjà remontés un peu au printemps, incitant certains propriétaires à opter pour un taux fixe… lequel se négociait nettement moins cher trois mois plus tard», note Alain Faure. De son point de vue, il n’y a donc pas d’urgence à changer de stratégie, car la situation devrait prochainement se détendre, notamment en raison de la cherté du franc qui devrait obliger la Banque nationale suisse à assouplir encore sa position. «Tout dépend de la capacité de l’emprunteur à faire face à ses obligations. Si les fonds propres et le budget sont serrés, je conseille de ne pas attendre», ajoute de son côté Stéphane Defferrard.

Une chose est certaine, le regain de tension observé sur les taux hypothécaires se calque sur les marchés obligataires. Un emprunt à dix ans de la Confédération rapportait 1,8% lundi, contre 1,1% à la fin août. «Les rendements sont désormais correctement évalués, analyse Nanette Hechler-Fayd’herbe, spécialiste des taux fixes chez Credit Suisse. Les marchés reflètent l’état d’avancement de la reprise économique.» A ses yeux, la hausse des taux ne devrait toutefois pas se poursuivre ces prochaines semaines. A l’inverse, une rechute ne devrait intervenir que si la crise dans la zone euro devait à nouveau devenir aiguë.

Philippe Gumy