mardi 15 décembre 2015

Pas de primaires pour un si bon président, voyons !




C'est par le biais de primaires contre Martine Aubry, souvenez-vous, que M. Hollande est devenu président. Et ces primaires ont, comme toutes les mauvaises idées de gauche, contaminé rapidement l’esprit peu inventif des dirigeants de la droite, qui, eux, ne savent pas s’il faut les avancer. Puisqu’ils semblent être au stade (Que Nicolas Sarkozy me pardonne !) où ils excluent leurs figures les plus à gauche, comme NKM, tout en faisant élire leurs plus droitiers représentants, MM. Estrosi et Bertrand, par la gauche (Allez comprendre !), on pourrait aussi leur conseiller de les abandonner, ces primaires, avec bien d’autres babioles socialistes.

C’est en tout cas ce que de hauts dignitaires socialistes répètent de plus en plus fort pour leur camp.

Pas fous ni kamikazes, à Solferino ! Avec un président requinqué par sa “gestion” des attentats islamistes du 13 novembre, avec cinq régions conservées et une option, front républicain aidant, sur l’orientation politique de MM. Bertrand et Estrosi, avec une droite et un centre qui ne savent plus où ils sont, avec une gauche hors PS laminée, et des écologistes sous le charme du Super héros de la COP 21, M. Hollande est évidemment le candidat naturel du PS et de la gauche. Inutile donc de le faire passer par des primaires qui pourraient faire naître des ambitions, égratigner la statue du Commandeur, ou rappeler son catastrophique bilan économique, ou sa promesse d’inverser les courbes. Et M. Valls l’impatient attendra.

Une fois ces primaires zappées, la route est balayée, et M. Hollande prend même un sacré train d’avance sur l’homme invisible qui représentera la droite et le centre. Désormais, il imprime dans tous les esprits, comme disent les communicants, le match à venir : le Président chef de guerre et sauveur de la planète et de l’humanité porté par un front républicain contre Marine Le Pen.

Hollande II sera l’enfant du Mitterrand de la France unie de 1988. “Pépère, reste dans la galère !” nous rappellera le si touchant : “Tonton laisse pas béton !”

Il sera aussi l’enfant du Chirac de 2002 (Ah, les destins corréziens !): “C’est le combat de toute ma vie !”

Sauf que la France est bien plus à droite qu’en 2002. Sauf que le bilan de la gauche est catastrophique. Sauf que rien ne dit que le candidat éliminé ne sera pas lui, dès le premier tour.

Sauf que… Il y aurait encore beaucoup d’autres anaphores que les Français se répéteraient, avant de plébisciter un si bon président qu’ils avaient élu, en 2012, du bout des doigts, et par défaut.

Mais, pour le moment, oui, notre président a bien mérité son cadeau de Noël 2015. 2015, une année si réussie ! Donc, pas de primaire s’il vous plaît !

Pascal Célérier