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mercredi 8 février 2017

L'élève moyen peut être un excellent apprenti


La formation professionnelle devrait repenser sa pratique de recrutement pour encourager les talents, selon une étude.



Les élèves avec des notes scolaires moyennes voire mauvaises peuvent réussir leur vie professionnelle grâce au système de formation duale, selon une étude de la pédagogue Margrit Stamm. Elle réclame de repenser l'apprentissage.

Le projet de recherche «Les 200 meilleurs jeunes professionnels», présenté mercredi à Berne, met fin à certains préjugés. Environ 200 apprentis qui sont arrivés à l'une des trois premières places lors des SwissSkills 2014, les championnats professionnels, ont été interrogés.

Résultats médiocres

Parmi eux, 40% ont un diplôme d'école secondaire «moyen» et 20% un diplôme d'école secondaire «plutôt modeste», selon l'étude. Un apprenti sur trois estime que ses résultats scolaires étaient médiocres ou même mauvais.

Pour beaucoup d'entre eux, la formation professionnelle a représenté une seconde chance, «qui a entraîné une explosion de leurs performances», écrit Mme Stamm dans un communiqué sur cette étude. Selon elle, ces résultats remettent en question les plaintes des entreprises qui présentent ne pas trouver de «bons apprentis».

Focus différent

La formation professionnelle doit repenser sa pratique de recrutement, souligne Mme Stamm. Elle pourra ainsi découvrir les élèves à potentiel et encourager les talents. Actuellement, ce sont surtout les notes et le niveau scolaire qui priment lors du recrutement.

Mais les connaissances acquises en dehors du savoir scolaire sont également importantes. Minutie, assiduité, dévouement, indépendance, ténacité, tenter des nouveautés comptent parmi les «soft skills».

Pas inné

«En Suisse, tous les jeunes de toutes les couches sociales et indépendamment de leurs aptitudes scolaires jouissent d'excellentes perspectives professionnelles», a dit mercredi le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann lors de la présentation d'une étude de SwissSkills. Sur les 200 meilleurs apprentis, 64% sont issus de familles de statut social inférieur.

Le talent n'est pas inné. Le proverbe «c'est en forgeant que l'on devient forgeron» est incomplet, retient Mme Stamm. Il ne suffit pas d'exercer assez longtemps une activité pour devenir remarquable.

Le nombre d'heures et le niveau de l'entraînement sont importants. Tout comme l'intensité avec laquelle on se dédie à l'activité et la qualité du processus d'apprentissage.

Les championnats professionnels sont un bon instrument d'encouragement pour stimuler le développement de l'excellence. Ils permettent également d'améliorer le système de formation.

Vitrine

Les championnats professionnels sont une vitrine pour la formation professionnelle. Une deuxième édition suisse aura lieu en 2018 à Berne sous le nom SwissSkills 2018. Pour les organisateurs, il s'agit d'une «excellente publicité pour l'apprentissage». Plus de 140 métiers seront représentés. Environ 150'000 visiteurs, 800 jeunes professionnels et 500 experts sont attendus.

La fondation SwissSkills, le Secrétariat d'Etat à la formation, la recherche et l'innovation, l'Union patronale suisse (UPS), l'Union suisse des arts et métiers (usam) et le secteur public UBS et Ringier veulent mieux soutenir la formation professionnelle suisse.

ATS