Chu de che / Je suis d'ici / Sono di qui / Ich bin von hier ! Les statistiques de pannes automobile pour l'année 2026 sont arrivées ; https://fiabiliteautomobile.blogspot.com/ Notre liberté ne nous a pas été donnée, mais combattue et priée par nos ancêtres plus d'une fois! Aujourd'hui, comme autrefois, notre existence en tant que peuple libre dépend du fait que nous nous battions pour cela chaque jour. Restez inébranlable et soyez un gardien de la patrie pour que nous puissions remettre une Suisse libre telle que nous la connaissions à la génération suivante. Nous n'avons qu'une seule patrie!

mardi 18 août 2026

Le funiculaire s'arrêtera jusqu'en décembre

 

Les deux véhicules seront retirés des rails à l'aide d'une grue, puis acheminés à Uetendorf, 
dans le canton de Berne, où ils seront passés au crible à la recherche d'usure ou d'anomalies
© Frapp

Les quelque 200'000 personnes qui empruntent chaque année le funiculaire reliant la basse-ville de Fribourg au quartier de la gare, devront bientôt faire le détour par la ligne de bus 4. L'emblématique installation s'arrêtera du jeudi 27 août au vendredi 4 décembre, le temps d'une révision budgétée à 1,1 million de francs, annoncent ce mardi les TPF.

Conformément à la législation fédérale sur les transports à câbles, les installations doivent subir une révision générale tous les six ans et une révision majeure tous les douze ans. En 2026, c'est cette dernière qui arrive à échéance et qui implique la séparation des cabines et des châssis, une opération lourde impossible à réaliser sans arrêt d'exploitation, indiquent les TPF.

Les deux véhicules seront retirés des rails à l'aide d'une grue, puis acheminés à Uetendorf, dans le canton de Berne, où ils seront passés au crible à la recherche d'usure ou d'anomalies. Le reste de l'installation sera soumis à un contrôle général et à des travaux de restauration "destinés à améliorer la qualité de l’accueil et le confort des usagers et des usagères".

Mise en service à la fin du XIXe siècle, l'installation figure parmi les sept derniers funiculaires à contrepoids d'eau encore en fonctionnement en Europe – et vraisemblablement le seul au monde à fonctionner aux eaux usées.

Mattia Pillonel

Frapp.ch

La neutralité, un rempart contre l’imposture

 


Le 27 septembre prochain, la Suisse se prononcera sur l’inscription dans sa Constitution d’une définition claire, mais non rigide, de sa neutralité. Actuellement, seules deux dispositions de notre Loi fondamentale mentionnent notre neutralité, sans toutefois la définir. Ce sont les articles 173 al.1 lit.a pour l’Assemblée fédérale et 185 al.1 pour le Conseil fédéral, qui leur imposent de préserver notre «neutralité». Rien de plus.

Les débats qui s’amorcent en vue de cette votation mettent malheureusement en évidence l’indigence argumentaire des opposants, dont les propos trahissent bien souvent une absence de lecture du texte, et dont la position semble davantage dictée par la volonté de n’accorder aucune victoire au seul parti politique national qui soutient l’initiative, que par la crainte de voir la définition énoncée bouleverser notre politique fédérale. Pourtant, nombreux sont les intellectuels, professeurs, politiciens indépendants et défenseurs de la Genève internationale qui militent en faveur de l’initiative.

Les partisans du statu quo, du moins qualifié comme tel, dont on constate avec consternation que ce sont aussi des juristes, cautionnent en réalité un mouvement sournois qui s’est amorcé en 2022, et qui mène irrémédiablement à la perte du rôle de la Suisse sur la scène internationale. On le déplore tous les jours.

La neutralité suisse n'a jamais été figée

Ne soyons pas hypocrites, et reconnaissons d’entrée de cause (ce sera ainsi fait), que la neutralité n’a jamais été un monolithe inamovible, et qu’il a parfois fallu en adapter les contours en fonction des circonstances du moment. Mais en faisant d’elle une cire molle que notre politique extérieure façonne à sa guise, pour plaire à certains, en se mettant à dos les autres, jamais notre crédibilité aux yeux de la communauté internationale n’aura été mise à aussi rude épreuve.

C’est la raison pour laquelle il ne faut pas sous-estimer les conséquences de cette votation populaire pour l’avenir de notre rôle international, sans lequel Genève ne serait pas grand-chose, il faut bien le dire. Un «non» le 27 septembre serait immanquablement interprété par le monde comme une renonciation de la Suisse à sa neutralité et les titres des médias seraient inévitablement «La Suisse refuse d’inscrire la neutralité dans sa Constitution». Voyons si le jeu en vaut la chandelle au regard de ce que le texte qui nous est soumis impose! Et pour cela, lisons-le!

La Suisse est neutre. Sa neutralité est perpétuelle et armée

Y a-t-il un seul opposant à cette affirmation? Peut-être les partisans de l’abolition de l’armée pourraient y voir une opportunité pour repartir au combat. En vain. Cette affirmation n’apporte rien à la définition non écrite actuelle diront certains? Je répondrai pour ma part que nous ne perdons ainsi rien à la rappeler.

La Suisse n'adhère à aucune alliance militaire ou défensive. Est réservée la coopération avec une telle alliance en cas d'attaque militaire directe contre la Suisse ou en cas d'actes préparatoires à une telle attaque

Il est ici expressément déclaré sans détour que la Suisse n’adhèrera pas à l’OTAN ou à une quelconque autre alliance militaire. Cela pose-t-il problème à quelqu’un? Si tel est le cas, il est d’autant plus impératif de l’affirmer clairement, à l’heure où chaque rapport de notre Département de la Défense est au diapason de l’analyse géopolitique des Etats-Unis, en calquant notre armement sur une compatibilité future avec les forces otaniennes.

Les signes extérieurs de ce rapprochement sont évidemment dévastateurs sur la scène internationale. Cela n’empêchera pas, et le texte le précise, une coopération en cas de menace d’attaque extérieure de la Suisse. Et cette coopération, pour être effective le jour où l’attaque redoutée interviendrait, exige une préparation au niveau des états-majors. C’est ce que l’on nomme la coopération, expressément réservée. C’est le bon sens même. Où se situe l’obstacle pour les opposants? Je n’en vois pour ma part aucun.

La Suisse ne participe pas aux conflits militaires entre Etats tiers et elle ne prend pas non plus de mesures coercitives non militaires contre un Etat belligérant

Nous sommes ici dans le noyau dur de la définition historique de notre neutralité. Rien de nouveau. Aucun risque dès lors de voir entraver la marge de manœuvre future de nos fins stratèges fédéraux.

Sont réservées ses obligations envers l'Organisation des Nations Unies (ONU) et les mesures visant à éviter le contournement des mesures coercitives non militaires prises par d'autres Etats

Voici ce qui dérange Monsieur Ignazio Cassis et les partisans d’une réalpolitik partisane et complaisante à géométrie variable: un cadre clair pour les sanctions. Cette disposition interdit la reprise de sanctions autres que celles de l’ONU, dont la Suisse fait partie. Plus question dès lors de reprendre opportunément les sanctions de l’Union européenne, dont nous ne sommes pas membres (n’en déplaise à certains) lorsque cela nous arrange, comme l’a fait le DFAE en 2022 contre la Russie. Pas question non plus de prendre des sanctions «en solitaire», ce qui reste une vue de l’esprit, car cela ne s’est jamais présenté.

La loi fédérale sur les embargos devra ainsi être adaptée (RS 946.231). La Suisse deviendrait-elle alors le refuge de tous les criminels et autres profiteurs de guerre qui chercheraient à échapper à des sanctions autres que celles prises par un Conseil de sécurité de l’ONU dont on connaît les failles? Certainement pas. Et le texte de prévoir expressément les mesures visant à éviter le contournement des mesures coercitives prises par d’autres Etats, pour autant qu’elles ne soient pas militaires évidemment. C’est ce que la Suisse a fait depuis 2014, date de l’invasion de la Crimée par la Russie, sans que l’Union européenne nous pointe du doigt, et sans que la Russie ne s’en offusque.

Jusqu’à ce jour de février 2022 quand le Conseil fédéral a considéré, pour des motifs jamais avoués, qu’il fallait plaire à l’Union européenne en reprenant ses sanctions, avec les conséquences que l’on sait. Ainsi, cette nouvelle disposition empêchera la reprise de sanctions sans une ligne directrice claire, et mettra même constitutionnellement à l’abri nos futurs conseillers fédéraux de pressions internationales, peu respectueuses de notre neutralité.

Cela ne veut évidemment pas dire, comme l’affirment certains avec légèreté, que la Suisse ne pourra pas dénoncer des violations du droit international. Cela n’empêchera pas non plus notre pays d’arrêter, voire de juger des criminels au sens de ce droit international, dont les noms nous brûlent les lèvres, s’ils devaient passer par notre territoire. Neutralité ne rime pas avec frilosité à rappeler le contenu des Conventions de Genève, et à les faire respecter.

En conclusion, nous aurons enfin des règles qui seront à la fois un cadre et une protection, alors que l’on a vu précisément ce que peut faire le contorsionnisme politique adopté par notre actuel ministre des Affaires Etrangères, qui a soudainement pris un mégaphone pour annoncer la reprise des sanctions européennes contre la Russie – sans que l’on en voie encore les effets escomptés chez le sanctionné – et qui se mure par ailleurs dans un silence assourdissant, lorsqu’il s’agit de dénoncer les crimes commis dans d’autres parties du monde, et dont les auteurs bénéficient de toute évidence de sa complaisance.

La Suisse fait usage de sa neutralité perpétuelle pour prévenir et résoudre les conflits, et elle met à disposition ses services en qualité de médiatrice

Ce rappel du rôle de la Suisse et de ses bons offices pour prévenir et résoudre les conflits ne devrait déranger personne, au moment où l’on voit fleurir une concurrence internationale dans ce domaine, avec pour engrais la perte de notre crédibilité.

Une initiative salutaire pour la Suisse

A l’issue de ce passage en revue de l’initiative soumise au peuple et aux cantons le 27 septembre, que reste-t-il des critiques? «Il ne faut pas enfermer la définition de la neutralité dans un carcan», nous dit-on? Pourtant, les seules limitations nouvelles sont l’absence de reprise de sanctions hormis celles décidées par l’ONU, avec maintien de la possibilité d’empêcher que soient contournées les sanctions prises par d’autres Etats, comme nous l’avons toujours fait, et l’interdiction d’adhérer à une alliance militaire ou défensive, ce qui semble aller de soi.

«Il ne faut pas écrire ce que nos prédécesseurs ont construit dans l’oralité», ajoute-t-on? On a vu ce que certains dirigeants suisses contemporains en ont fait, avec les dégâts qui en ont résulté. Il faut donc mettre des garde-fous, qui ne priveront toutefois pas le Conseil fédéral de sa marge de manœuvre. Nous ne serons certes pas à l’abri d’un manque de sensibilité politique et de cohérence d’action, comme nous le constatons aujourd’hui.

Mais au moins, avec ce texte, la Suisse n’aurait pas repris benoîtement les sanctions de l’Union européenne contre la Russie, et aurait, comme elle l’avait fait parfaitement depuis 2014, continué à éviter que les oligarques russes ne contournent par la Suisse les sanctions européennes. Cela nous aurait évité la pantalonnade du Burgenstock, avec un Conseil fédéral gesticulant sans objectif précis, tel une poule sans tête. Et si ce sommet avait eu lieu, la Russie aurait été invitée, et peut-être serait-elle venue.

Enfin, d’aucuns, sans doute à court d’argument, viennent accuser cette initiative d’être «pro-Poutine». Qu’ils nous disent en quoi la politique du président russe et les intérêts des oligarques auraient été favorisés entre 2014 et 2022 par la «seule» mise en place de mesures évitant le contournement des sanctions internationales, et, à l’inverse, en quoi la reprise tonitruante des sanctions européennes en 2022 aurait modifié la situation, sinon en ruinant la crédibilité de la Suisse!

Préserver l'indépendance

Le texte proposé a le mérite de la cohérence et de la prévisibilité. Il redonnera cette crédibilité dont notre neutralité a besoin, après avoir été dévoyée par une reprise de sanctions européennes qui ne fut autre qu’un alignement inacceptable et incompatible avec notre indépendance. A toutes celles et ceux qui pensent que l’initiative ne changera rien, je dis qu’il faut alors la soutenir, car son rejet serait un signe déplorable donné à la communauté internationale.

A toutes celles et ceux qui pensent que l’initiative privera notre gouvernement d’une marge de manœuvre, je dis que c’est bien le contraire qui se produira, car aucune pression ne pourra être exercée par les Etats-Unis ou l’Union européenne – pour ne citer qu’eux – afin que l’on reprenne leurs sanctions, car notre Constitution ne le permettrait plus. Et à toutes celles et ceux qui pensent que l’initiative ne permettra plus de cirer des bottes selon les convenances du moment, je dirai que c’est bien son but, car notre neutralité, pour être crédible, doit être prévisible.

A défaut, ce n’est plus de la neutralité, c’est de l’opportunisme. Et cela nous permettra de jouer pleinement notre rôle de médiateur au service de la Paix, le mieux que nous sachions faire, en défendant le droit international, que certains voudraient voir disparaître, mais qui reste encore le véritable progrès de l’Humanité au cours des deux siècles écoulés, et dont la Suisse a été l’artisan éclairé et actif.

Mauro Poggia

blick.ch

samedi 15 août 2026

350 millions de francs échappent aux assurés par an

 

Les Suisses ont payé leurs médicaments trop cher. C'est la conclusion du Contrôle fédéral des finances, l'une des principales autorités de surveillance du pays. Selon son audit, quelque 350 millions de francs par an restent dans les caisses des médecins, des pharmaciens et des hôpitaux au lieu de bénéficier aux assurés.

Il s'agit de remises accordées par les fournisseurs aux professionnels de santé. Dans la plupart des cas, et à quelques exceptions près, la loi prévoit que ces rabais soient répercutés sur les caisses d'assurance maladie et les assurés. Cette obligation existe depuis des années.

Mais l'audit du Contrôle fédéral des finances montre que ce mécanisme ne fonctionne toujours pas systématiquement. Les contrôleurs ont examiné des remises portant sur 750 millions de francs. Seuls 12% de cette somme ont effectivement bénéficié aux assurés. Le reste a été versé aux prestataires de soins sous différentes formes, notamment des rabais, des escomptes ou des contributions à la formation continue.

Une partie de ces paiements est justifiée. Mais le Contrôle fédéral des finances émet des doutes sur près de la moitié du montant restant, soit environ 350 millions de francs. Selon les contrôleurs, ces paiements pourraient être inappropriés, voire erronés.

L'OFSP dans le viseur des contrôleurs

Mais les 350 millions de francs ne représentent qu'une partie du montant potentiellement en jeu. Le Contrôle fédéral des finances n'a en effet examiné qu'une partie des transactions. Au total, les dépenses de médicaments atteignent 9,9 milliards de francs, soit un quart des coûts de l'assurance maladie obligatoire.

L'Office fédéral de la santé publique (OFSP) est directement mis en cause. Le Contrôle fédéral des finances lui reproche de ne pas avoir exercé un contrôle suffisamment rigoureux sur ces remises. Onze postes étaient initialement prévus pour cette mission, mais ce nombre a été ramené à sept dans le cadre de mesures d'économies. Pendant la pandémie de Covid-19, certains collaborateurs avaient par ailleurs été affectés à d'autres tâches.

Malgré l'ampleur financière du marché, la Confédération n'a clôturé aucune procédure pour infraction au cours des cinq dernières années. Le Contrôle fédéral des finances estime en outre que l'OFSP ne dispose «d'aucun chiffre fiable et actualisé». Dans ces conditions, une «activité de surveillance fondée sur les risques» n'est ni possible ni efficace, concluent les contrôleurs.

Autre critique: l'OFSP ne recueille pas lui-même d'informations auprès des prestataires de soins. Il attend des assureurs maladie qu'ils effectuent ces contrôles.

L'intervention d'Elisabeth Baume-Schneider

Fait marquant, l'Office fédéral de la santé publique s'est opposé à deux recommandations des autorités de surveillance visant à renforcer les contrôles. Face à ce refus, le Contrôle fédéral des finances a fini par intervenir directement auprès de la ministre de la Santé Elisabeth Baume-Schneider. La conseillère fédérale a alors pris les choses en main et demandé à son administration de renforcer son action.

Depuis, l'OFSP mène des procédures concernant des infractions présumées. Un cas particulièrement frappant concerne le géant pharmaceutique Sandoz. Comme l'a révélé une enquête de la SRF en 2023, l'entreprise a versé 67'000 francs à un cabinet médical pour financer des écrans et de la publicité destinée aux patients. Il s'agirait vraisemblablement d'une remise déguisée visant à augmenter les ventes de médicaments Sandoz. D'autres cabinets médicaux ont également reçu de tels fonds.

L'OFSP reconnaît avoir pris du retard, notamment en raison de la pandémie de Covid-19. L'Office affirme toutefois avoir depuis renforcé son action. Des plateformes permettant de signaler les infractions ont également été mises en place, tandis que les caisses d'assurance maladie effectuent elles aussi des contrôles, comme la loi les y oblige.

Les salaires des PDG de caisses maladie intouchables

Près d'un million en un an. L'an dernier, Philomena Colatrella, directrice générale de la CSS, a gagné 998'611 francs. Elle était la PDG la mieux payée de toutes les compagnies d'assurance maladie. Mais ses homologues ne sont pas à plaindre. Le PDG d'Helsana, Roman Sonderegger, et le patron de Sanitas, Andreas Schönenberger, ont aussi frôlé le million.

La situation attire désormais l'attention du Conseil fédéral. Comme il l'a annoncé mercredi, il soutient la motion du conseiller aux Etats socialiste Baptiste Hurni, qui vise à plafonner les rémunérations des PDG des caisses d'assurance maladie.

Le gouvernement fédéral lance ainsi la lutte, du moins en apparence, contre les excès salariaux au sein des caisses d'assurance maladie obligatoires. Seulement, cette mesure ne devrait guère modifier la masse salariale globale élevée des dirigeants du secteur de la santé.

Les activités annexes sont exclues

Il vaut en effet la peine de jeter un œil à la notice: la mesure ne concerne que les rémunérations liées aux activités relevant de l’assurance obligatoire des soins (AOS). Les assureurs maladie séparent déjà les salaires de leurs dirigeants entre l’AOS et les recettes issues d’autres activités, telles que les assurances complémentaires.

Même avec un plafonnement des rémunérations, cette deuxième partie continuera de contribuer de manière significative au montant élevé des rémunérations. «En fin de compte, cette modification législative ne vise pas à réduire ces montants de rémunération, explique l’initiateur Hurni au Blick. Il s’agit toutefois de montrer clairement qu’il ne faut pas utiliser trop d’argent provenant de l’assurance obligatoire.»

Impact limité sur les primes

Baptiste Hurni en est conscient: cela n’aura pratiquement aucun impact direct sur la charge des primes. Selon le Conseil fédéral, l'assuré moyen n’a dû débourser l’année dernière que 24 centimes par mois pour les rémunérations des PDG. «Il s’agit d’envoyer un signal, explique Baptiste Hurni à Blick. Nous voulons montrer que nous sommes en mesure de contrôler ce système.»

Le conseiller d'Etat socialiste affirme qu'un tel plafond serait facile à contrôler. Les assurances maladie sont déjà tenues de déclarer à la Confédération la part de leurs indemnisations correspondant à l'AOS. Autrement dit, les chiffres sont déjà disponibles.

Toutefois, des voix critiques s'élèvent pour dénoncer une charge administrative injustifiée. Selon la Commission de la santé du Conseil national, les indemnités maximales devraient être indexées sur l'inflation et tenir compte de la taille et de l'efficacité des assureurs. 

Les conseillers fédéraux comme référence

Le gouvernement fédéral préfère opter pour une solution plus simple. Il propose que le plafond salarial corresponde, par exemple, au salaire d’un conseiller fédéral. Cela permettrait ainsi de prendre en compte d’emblée la compensation du renchérissement.

Actuellement, cela représenterait 478'166 francs que le PDG pourrait percevoir au titre de l'AOS. Un coup d'œil sur les chiffres montre que l'an dernier, seule la rémunération du PDG de Sanitas, Andreas Schönenberger, a dépassé ce montant de 21'834 francs.

A l'avenir, il sera sans doute facile pour son entreprise de prélever cette somme sur le reste de son activité. La flambée des salaires ne prendra donc pas fin de sitôt. «Bien sûr, un plafonnement global des salaires serait encore bien mieux», déclare Baptiste Hurni. Cependant, cela impliquerait une intervention dans le secteur privée, ce qui semble difficilement réaliste.

L'OFSP au cœur d'un dérapage

Les personnes qui se voient prescrire un médicament par un médecin ont peut-être payé beaucoup trop cher. C'est la conclusion à laquelle parvient le Contrôle fédéral des finances (CDF).

Les médecins, les pharmacies ou les hôpitaux bénéficient de remises accordées par les fournisseurs. Dans une large mesure – et à quelques exceptions près –, ces rabais doivent être répercutés sur les caisses d'assurance maladie et les assurés. C'est ce que prévoit la loi depuis des années.

Or, cela n’a manifestement pas été le cas partout. Le CDF a examiné un montant total de 750 millions de francs. Seuls 12% de cette somme sont parvenus aux assurés. Le reste est versé aux prestataires de soins sous forme de rabais, d’escomptes ou de contributions à la formation continue. En partie à juste titre.

Mais pour la moitié de ce montant, soit 350 millions, le Contrôle fédéral des finances émet de sérieuses réserves. Ces versements pourraient être inappropriés, voire erronés. Et la note globale pourrait s'avérer bien plus salée, le CDF n’ayant pas pu vérifier l’intégralité des 9,9 milliards de francs en jeu. L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) se retrouve directement ciblé pour son manque de fermeté dans les contrôles.

«Baume-Schneider doit mettre la pression»

Ces révélations font également sensation dans le monde politique. Pour Thomas de Courten, conseiller national de l’UDC, une chose est claire: «La ministre de la Santé, Elisabeth Baume-Schneider, doit désormais sévir. Son Office fédéral de la santé publique doit se procurer les données et contrôler sans concession les médecins, les pharmaciens et les hôpitaux.»

Si cela n’est pas fait, Thomas de Courten exige des sanctions disciplinaires au sein de l’OFSP. «Si je ne fais pas correctement mon travail, je suis moi aussi renvoyé. Elisabeth Baume-Schneider doit désormais mettre la pression sur ses fonctionnaires.»

Il estime qu’il n’est pas réaliste d'espérer que les assurés récupèrent une partie des sommes payées en trop. «Un suivi au cas par cas est malheureusement impossible. Cela nécessiterait des procédures pénales, qui prendraient beaucoup de temps et pourraient finalement ne donner aucun résultat. L’important est de veiller davantage à l’avenir et de répercuter les remises, afin que les prix des médicaments baissent rapidement.»

«C’est inacceptable»

Pour la conseillère nationale socialiste Sarah Wyss aussi, après lecture du rapport du CDF, une chose est claire: «On ne peut pas continuer ainsi. L’Office fédéral de la santé publique n’a tout simplement pas rempli sa mission. C’est inacceptable et cela doit changer de toute urgence.»

Mais la responsabilité n’incombe pas uniquement à l’administration. «Lors du dernier débat budgétaire, le Parlement a réduit les moyens alloués à l’OFSP, et l’on envisage déjà à nouveau de supprimer du personnel dans cette administration, critique Sarah Wyss. De telles coupes ont bien sûr des conséquences, dans la mesure où les contrôles deviennent plus difficiles avec moins de personnel.» 

Sarah Wyss émet toutefois de vives critiques envers les pharmacies, les médecins et les hôpitaux. «Ils n’ont pas correctement appliqué ce système de rabais. Eux aussi doivent assumer leurs responsabilités!» La semaine prochaine, la commission compétente débattra du mécanisme de fixation des prix des médicaments. «Je poserai à cette occasion quelques questions critiques sur le système de rabais», annonce Sarah Wyss.

Selon l’issue de ces discussions, une intervention parlementaire serait également envisageable. Il faudrait toutefois commencer par mettre en œuvre les recommandations du CDF. «Je fais confiance à la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider et à l’OFSP pour avoir identifié le problème et agir désormais.»

«Les objectifs d’économies n’ont pas aidé»

Lorenz Hess, conseiller national du Centre, s’est dit surpris par l’ampleur des abus en matière de rabais. «Il est clair que les objectifs d’économies imposés à l’Office fédéral de la santé publique n’ont pas contribué à garantir le bon fonctionnement des contrôles. Mais, ce n’est pas une excuse. Les recommandations du Contrôle fédéral des finances doivent être mises en œuvre rapidement.»

Lorenz Hess préside lui-même le conseil d’administration de l’assureur maladie Visana. «Il nous est impossible de vérifier si les rabais ont été négociés et s’ils ont effectivement été répercutés.» Correctement appliqué, le système de rabais reste pourtant judicieux à ses yeux. «Cela permet en effet de réduire les coûts de santé.»

Il convient néanmoins de ne pas céder à la panique. «Les innombrables interventions au Parlement ne mènent à rien. Il faut analyser le rapport de manière rigoureuse, puis ajuster les paramètres appropriés. Cela peut se faire relativement rapidement, en l’espace d’un an.»

Lucien Fluri

Joschka Schaffner

Tobias Bruggmann

blick.ch

mercredi 12 août 2026

Une nouvelle carte interactive fait trembler les géants de l’essence

 

Cliquez sur la carte pour accéder au site Internet
Photo: Screenshot / machelo.ch


Imaginez un instant: Media Markt décide du jour au lendemain de ne plus afficher le prix de ses téléviseurs en ligne. Pour toute justification, l'enseigne se contente de déclarer: «Pas de problème, nos tarifs sont écrits en grand et en toute transparence dans nos magasins.» Absurde, n'est-ce pas?

C’est pourtant exactement ce que font les grands distributeurs de carburant en Suisse depuis des décennies. Tous se revendiquent partisans de la transparence, mais dans les faits, celle-ci ne dépasse jamais le panneau d'affichage de la station-service.

Et puis, il y a les prix. Ils montent en flèche dès que des tensions politiques éclatent dans le monde. Mais une fois la crise passée, la baisse se fait attendre bien trop longtemps. Une situation qui a le don les automobilistes suisses.

Un homme incarne particulièrement cette ras-le-bol: Michael Knobel. A 43 ans, cet indépendant s'est donné une mission: offrir une alternative aux géants du secteur grâce à des prix cassés. Il ouvre station après station et provoque, à chaque fois, des chutes de prix spectaculaires chez les «grands» situés dans la même zone.

Le fait que le surveillant des prix et les responsables politiques interviennent régulièrement sur cette question est également révélateur.

Une carte du carburant pour tous les besoins

Mario Peter, originaire de Bâle, vient lui aussi apporter sa pierre à l'édifice. Il a créé une carte interactive des prix de l’essence qui permet de voir d’un seul coup d’œil combien coûte le litre de carburant dans chaque station-service. Cette carte s’appelle machelo.ch.

Certes, une carte existe déjà chez le TCS, mais la version de Mario Peter va bien plus loin. Sur sa carte, on peut voir, sans avoir à se connecter, dans quelles régions l’essence est actuellement «extrêmement chère» ou «extrêmement bon marché». On y observe les guerres de prix et on peut comprendre pourquoi une «grande station-service» devient soudainement 15 centimes moins chère que son propre prix moyen. La plupart du temps, un petit concurrent situé à proximité est en cause – ces derniers temps, il s’agissait souvent de Michael Knobel.

De plus, sur machelo.ch, l'utilisateur peut tout personnaliser selon ses besoins: type de carburant, station-service, canton… Tout peut être réglé, filtré et ciblé. Des alertes et des notifications sont disponibles. Un détail qui a son importance: on peut signaler soi-même les prix du carburant en quelques secondes.

Au cours de ses recherches, Mario Peter s’est rendu compte à quel point les prix de l’essence en Suisse manquaient de transparence. «Naïvement, j’ai un jour interrogé les grands acteurs du secteur.» Il souhaitait consulter leurs prix.

«Aussi judicieuse soit-elle du point de vue des consommateurs…»

Un seul de ces grossistes a répondu. Dans l’e-mail dont dispose Blick, celui-ci indique qu’une transparence totale et actualisée quotidiennement des prix aurait «inévitablement un effet de signal» sur l’ensemble du marché.

Et de poursuivre: «La Commission de la concurrence (Comco) a souligné qu’une telle transparence des prix – aussi judicieuse soit-elle du point de vue des consommateurs – augmente considérablement le risque d’un alignement indésirable des prix entre concurrents.» Ce n’est pas ce que souhaite la Comco.

Problème: cette justification n'est pas tout à fait exacte.

Ce qu’en dit la Comco

En principe, la transparence des prix est la bienvenue, déclare Andrea Graber Cardinaux, porte-parole de la Comco: «En même temps, il existe un risque que les exploitants de stations-service puissent plus facilement surveiller les prix publiés par leurs concurrents.» Le risque d’ententes sur les prix augmente alors.

Mario Peter ne l'entend pas de cette oreille: «Quelqu’un m’a raconté qu’à une station-service, ils font le tour du quartier tous les matins pour voir quels sont les prix pratiqués.»

La Comco estime qu’une transparence partielle pourrait être la solution. Par exemple, ce ne sont pas tous les prix d’une région qui devraient être rendus publics, mais uniquement les plus bas.

Partout en Suisse, les prix sont transparents

La transparence totale des prix est la norme en dehors de la Suisse. En Allemagne, il existe depuis 2013 un «organisme de transparence du marché des carburants» qui oblige légalement les stations-service à signaler immédiatement toute modification de prix. Une disposition similaire est en vigueur en France depuis 2007 et en Autriche depuis 2011.

Pour Mario Peter, le constat est amer: «Les grands distributeurs de carburant savent exactement quels sont les prix pratiqués où – mais pas les clients. Est-ce juste?» Non, répond le Bâlois, qui ajoute: «Les barons du pétrole se moquent de nous – et je ne peux plus l’accepter!» Sauf que les géants du secteur ne se contentent pas de l'ignorer: ils cherchent carrément à saborder son action.

Pour Volenergy, la transparence des prix est un sujet «délicat»

Avec 700 sites, Volenergy est le plus grand exploitant de stations-service de Suisse. Il regroupe notamment les marques BP et Ruedi Rüssel. Une participation dans machelo.ch serait «délicate pour Volenergy pour des raisons de droit de la concurrence et de protection des données», écrit Matthias Hübscher, directeur des stations-service, en réponse à notre demande.

Il émet des doutes quant à la transparence: «Il manque les remises sur les cartes carburant ainsi que les diverses promotions et avantages.» Il faudrait s’assurer qu’une telle application n’incite pas les clients à parcourir des kilomètres supplémentaires. «Cela n’a de sens ni sur le plan écologique, ni sur le plan économique.»

Même son de cloche chez Coop Pronto, Avia ou Shell, où l'enthousiasme pour la transparence est tout aussi limité. De leur côté, Agrola et Migrol se montrent un peu plus ouverts, sans pour autant prendre d'engagements concrets.

Le casseur de prix soutient la démarche

A l'inverse, Michael Knobel répond présent: «Etzelpark Benzin soutient pleinement la transparence des prix et s'engage à publier la totalité de ses tarifs de manière numérique.» L'enseigne «Ecostop» a elle aussi déjà sauté le pas.

Mario Peter ne croit pas que les grands distributeurs participeront de leur plein gré. «Mais j’ai un espoir secret» L’espoir d’un changement de législation.

Sandro Zulian

blick.ch

samedi 8 août 2026

Un individu en fuite après un brigandage à Farvagny

 

Appel à témoins


Un individu en fuite après un brigandage à Farvagny 
© Police cantonale Fribourg - Kantonspolizei Freiburg


Le 07.08.2026, un individu est entré dans une banque a Farvagny et a menacé le personnel avec une arme à feu. Il a pris la fuite dans une direction inconnue, emportant plusieurs milliers de francs. La Police cantonale Fribourg lance un appel à témoins.

Vendredi 7 août 2026, peu avant 14h00, un homme armé est entré dans une banque à Farvagny. Après avoir menacé une employée avec son arme, il s’est emparé d’un butin de plusieurs milliers de francs. Il a ensuite pris la fuite dans une direction inconnue. Personne n’a été blessé lors de ce brigandage.

Un dispositif a été mis en place afin de retrouver l’individu. Une enquête est en cours.

Appel à témoins

Signalement : 1 homme, 50-60 ans, environ 180cm, grisonnant, corpulence athlétique, portait une cagoule noire, des lunettes noires, un pantalon de travail foncé, des chaussures en cuir de couleur brune avec semelle blanche, un casque de chantier jaune, une veste de travail orange, des gants blancs, armé d'un pistolet, portait un sac en bandoulière de couleur noire.

Toute personne pouvant fournir des renseignements est priée de contacter la Police cantonale Fribourg au 026 347 01 17 ou le poste de police le plus proche.

En cas d’urgence, appelez le 117 !

fr.ch

vendredi 7 août 2026

Trottinettes électriques: les règles en Suisse

 


INTERDITES SUR LES TROTTOIRS ET LES CENTRES COMMERCIAUX

Les trottinettes électriques sont assimilées aux vélos électriques lents. Elles peuvent rouler sur les routes et les pistes cyclables, mais pas sur les trottoirs. Les personnes qui circulent sur le trottoir s'exposent à une amende de 40 francs.

La circulation en trottinette électrique est strictement interdite à l'intérieur des centres commerciaux. Les galeries marchandes sont des espaces privés ouverts au public régis par un règlement interne, et la direction de chaque établissement interdit d'y rouler pour des raisons évidentes de sécurité des piétons et de responsabilité

Une fois le trajet terminé, les trottinettes électriques peuvent être parquées sur le trottoir à condition qu'il reste un passage d’au moins 1,5 m pour les piétons. Il est interdit de garer sa trottinette électrique au milieu du trottoir.

ÂGE MINIMUM

Comme pour les vélos électriques lents, l’âge minimum pour conduire une trottinette électrique est de 14 ans. Les jeunes entre 14 et 16 ans doivent être titulaires d'un permis de catégorie M. Les mineurs de moins de 16 ans qui ne disposent pas de ce permis s'exposent à des poursuites pénales avec une amende.

UNE SEULE PERSONNE

Il est également interdit de rouler à deux sur une trottinette électrique. Le non-respect de cette règle est passible d’une amende de 20 francs.

INTERDICTION DE LÂCHER

Le conducteur ne doit pas lâcher complètement le guidon. La conduite sans les mains est strictement interdite et est passible d’une amende de 20 francs.

Par ailleurs, les infractions au code de la route telles que le non-respect d’un feu rouge entraînent une amende de 60 francs, tandis que le non-respect de la priorité aux passages piétons est sanctionné par une amende de 40 francs. De plus, les feux – blancs à l’avant et rouges à l’arrière – doivent être allumés même de jour.

ROULER SANS CASQUE EST DANGEREUX

Seules 30 des 730 personnes recensées qui se sont blessées l’année dernière en conduisant une trottinette électrique portaient un casque. Or, le risque d'un grave traumatisme crânien est 3,45 fois plus élevé qu'à moto et 1,74 plus élevé qu'à vélo. Les experts réclament donc le port obligatoire du casque et des limitations de vitesse plus strictes.

Le risque de blessure semble particulièrement élevé pour les femmes: selon une étude publiée jeudi dans la revue spécialisée Scientific Reports, elles sont 2,1 fois plus souvent victimes d'accidents graves que les hommes.

Le risque de collision est en outre supérieur de 36% pour les femmes que pour les hommes, ce qui, selon les auteurs, pourrait s’expliquer par le fait que la plupart des trottinettes électriques sont conçues pour les corps masculins.



ATS

Les bons comportements à adopter face aux chiens de protection des troupeaux



Si vous aimez les randonnées, alors vous avez déjà probablement croisé des chiens de protection des troupeaux dans les Alpes suisses. Leur mission est de protéger les troupeaux de moutons et de chèvres contre les loups. Mais cela donne souvent lieu à des incidents impliquant des randonneurs ou des cyclistes. Comme lundi 27 juillet, lorsque deux randonneurs ont été attaqués dans le Val Sumvitg (GR). 

Linus Fry, avait aussi raconté à Blick l'attaque qu'il avait subie. Des chiens s'en étaient pris à son labrador Mia lors d'une randonnée. Il s'était défendu à coups de pierres et de coups de pied pour éviter le pire. Selon lui, «ce n'est pas le loup qui représente une menace, mais les chiens de troupeaux». 

Blick s'est alors renseigné auprès du service national spécialisé dans la protection des troupeaux Agridea. Son responsable, Felix Hahn, précise que le dressage de ces canidés est spécial: «Les chiens de troupeaux ne sont pas dressés de façon classique, comme ceux d’avalanche ou d'aide aux aveugles.»

L'expert explique à quel point leur socialisation est déterminante. Dès leur plus jeune âge, les chiens des troupeaux grandissent auprès des animaux d’élevage et développent un lien étroit avec eux. Ils doivent aussi apprendre à interagir avec les humains et les autres chiens. «Ce n’est qu’après avoir passé un examen national qu’ils sont considérés comme des chiens de protection des troupeaux reconnus», précise Felix Hahn. 

Les éléments qui provoquent les chiens

Leur mission principale est claire: protéger de façon autonome les moutons et les chèvres contre les loups et autres intrus, surtout dans les alpages, où les clôtures ne constituent souvent pas de solution viable. Mais c’est précisément cette autonomie qui crée parfois des problèmes avec les randonneurs. «Pour le chien, toute personne qui s'approche du troupeau est, par défaut, considérée comme une menace», explique Felix Hahn.

Le chien de berger cherche d'abord à maintenir à distance les personnes et les animaux qu'il ne reconnaît pas. Son comportement relève avant tout d'un contrôle de la situation et, si nécessaire, d'une réaction défensive, plutôt que d'une attaque. «Les chiens de protection des troupeaux ne sont pas élevés pour être agressifs, mais ils doivent pouvoir développer un lien social fort avec leur troupeau», souligne l’expert.

C'est pourquoi les rencontres avec des cyclistes ou traileurs restent délicates. Certains comportements ou équipements peuvent accroître le risque de conflit. Les chiens de protection réagissent notamment davantage à la vitesse, ainsi qu'aux casques et aux lunettes de soleil réfléchissantes. La présence de bâtons de randonnée ou d'un chien accompagnant les marcheurs peut également les rendre plus méfiants. Enfin, les rencontres soudaines, par exemple derrière une butte ou en cas de brouillard, sont souvent critiques, souligne l'expert.

Rester calme, ne pas courir, ne pas crier

Pour éviter tout problème, la clé est de garder son calme. Il est en effet recommandé de ne pas courir, ne pas crier et ne pas faire de mouvements brusques. Si vous tombez sur un chien de berger, il faut lui laisser le temps d’évaluer la situation. «Si le chien indique clairement qu’il bloque le passage vers le troupeau, il est recommandé de battre en retraite ou de contourner le troupeau», explique Felix Hahn. De plus, toute personne accompagnée de son propre chien devrait, dans la mesure du possible, éviter les pâturages où se trouvent les chiens de protection des troupeaux.

En Suisse, les chiens de troupeaux appartiennent principalement à deux races: le berger des Abruzzes et le chien de montagne des Pyrénées. Depuis le début de l'année 2025, d'autres races font toutefois leur apparition, comme le Kangal, le Transmontano ou encore le berger de la Sila.

On ignore le nombre exact d’incidents impliquant des chiens de protection des troupeaux à l’échelle nationale. «Une chose est néanmoins certaine: plus le recours aux chiens de berger augmente, plus le risque de conflits potentiels s'accroît», souligne Felix Hahn.

 Patrik Berger

blick.ch