Abraham Poincheval courra Morat-Fribourg ce dimanche en armure médiévale. Un exploit hors du commun, qu’il ne sera cependant pas le premier à réaliser. La Liberté l’a appris grâce à un commentaire sous un post Facebook relayant la performance à venir: «Mon beauf l’a fait et ce n’est pas un artiste».
Il a traversé la Suisse dans une armure de chevalier. Une exposition à Fribourg raconte la folle épopée de l’artiste Abraham Poincheval
Quarante kilos sur le dos
Il s’avère qu’en 2018, ce n’est pas un, mais deux chevaliers, qui se sont lancé ce défi fou. Kevin Vonlanthen et Guillaume Fasel avaient 29 ans à l’époque où ils se sont attaqués au parcours de 17,17 kilomètres avec une armure de 40 kilos sur le dos. «Tout est parti d’une discussion de fin de soirée, avec l’envie de retracer l’histoire de la bataille de Morat», se souvient Kevin Vonlanthen.
Le binôme contacte alors un club de reconstitution historique, qui lui procure des armures. Les coureurs poussent leur idée jusqu’à s’inscrire sous le nom de deux héros de la bataille de Morat. Guillaume Fasel se met dans la peau d’Adrian I von Bubenberg et Kevin Vonlanthen incarne Hans von Hallwyl.
« On était plein de cloques. »
Kevin Vonlanthen
Ils revêtent leurs armures seulement le jour de la course, après s’être entraînés avec des charges. Les compères renoncent cependant aux chaussures d’époque, pas adaptées et trop douloureuses. Les autres pièces de l’équipement sont conservées. Avant de partir à la conquête de la montée de La Sonnaz, les sportifs enfilent un pyjama en laine, des guêtres, une cotte de mailles, la décoration et enfin l’armure.
«Le casque c’était le plus pénible, il devait faire entre 7 et 10 kilos. L’armure offre très peu de mobilité et on était plein de cloques». Kevin Vonlanthen souligne que, même au Moyen Age, les guerriers ne s’imposaient de telles contraintes. «C’était plutôt des équipements de combat. S’ils devaient courir, ils s’en délestaient».
Un conseil?
Mais les amis tiennent bon. Ils courent même par endroits et marchent d’un bon pas à la montée. Les chevaliers mettent environ 3h pour rejoindre Fribourg, devant un public parfois surpris de les voir arborer un drapeau bernois en plus de la bannière fribourgeoise. «C’était pour rendre hommage à un commandant bernois de la bataille».
Malgré le souvenir encore vif des courbatures, Kevin Vonlanthen n’exclut pas de retenter l’expérience pour battre son chrono. Un conseil pour Abraham Poincheval? «Il ne faut pas s’arrêter et surtout ne pas se poser de question». L’artiste français, qui a déjà parcouru 250 kilomètres en armure cet été, fera-t-il mieux que les deux chevaliers fribourgeois?
Victoria Martin



