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vendredi 14 décembre 2018

Les jeunes pourront passer derrière le volant dès 17 ans



Les jeunes conducteurs pourront obtenir un permis d'élève dès 17 ans à partir du 1er janvier 2021. Le Conseil fédéral a approuvé vendredi une modification d'ordonnance en ce sens.

D'après la nouvelle réforme, les aspirants conducteurs devront conduire avec un accompagnant pendant un an, avant de pouvoir passer leur examen pratique. Afin qu'ils ne doivent pas attendre leurs 19 ans pour obtenir le précieux sésame, le gouvernement a décidé d'abaisser l'âge minimum pour le permis d'élève.

L'accès au volant dès 17 ans a provoqué une fronde parlementaire de la droite. Le conseiller aux Etats Hans Wicki (PLR/NW) a présenté une motion, visant à bloquer le projet, avant de la retirer.

La validité du permis d'élève sera par ailleurs illimitée, contre deux ans actuellement. Autre modification: la formation complémentaire ne durera plus qu'une journée et devra être suivie dans un délai d'un an à compter de l'examen de conduite.

Motocycles légers dès 15 ans

Des abaissements d'âge sont également prévus au 1er janvier 2021 pour les motocyclistes, afin d'harmoniser les catégories suisses avec celles de l'Union européenne. Les motocycles de 125 cm3 pourront être conduits dès 16 ans contre 18 aujourd'hui, et les motocycles légers de 50 cm3, allant à 45 km/h maximum, dès 15 ans au lieu de 16 actuellement.

L'accès aux engins plus puissants sera par ailleurs restreint. Il faudra être titulaire d'un permis pour la catégorie A pendant deux ans avant de pouvoir passer aux catégories suivantes. Seuls les membres de quelques professions, comme les mécaniciens, les policiers ou les experts de la circulation, pourront obtenir un permis pour les motocycles plus puissants.

Fini les permis bleus

Dès le 1er février 2019, les conducteurs, qui auront passé leur examen pratique avec une voiture automatique, pourront quant à eux également conduire des véhicules manuels. La mention sera supprimée de leur permis de conduire. Les conducteurs, dont le permis mentionne cette restriction, pourront la faire retirer si aucune raison médicale ne s'y oppose.

Les permis papier devraient progressivement disparaître de la circulation. Les titulaires de "bleus" sont tenus de les échanger contre un permis au format de carte de crédit d'ici le 31 janvier 2024. Passé ce délai, leur permis perdra sa valeur de document de légitimation, mais l'autorisation de conduire restera valable.

ATS

Victoire pour les commerçants de la ville de Fribourg



Tous les commerces de la ville de Fribourg pourront ouvrir jusqu'à 17h, ce samedi. Le Tribunal cantonal a admis la requête de mesures superprovisionnelles urgentes requises par la faîtière des commerçants.

L'Association fribourgeoise du commerce, de l'artisanat et des services avait fait recours contre la décision du préfet de la Sarine. Saisi d'un recours du syndicat Unia, Carl-Alex Ridoré avait autorisé seuls les commerces de la rue de Romont, du quartier du Bourg et de la Basse-Ville à jouer les prolongations.

La marche à pied aura sa base légale




 Le Grand Conseil a accepté vendredi la motion de Christa Mutter (v) et Julia Senti (ps) demandant une déclinaison cantonale de la loi fédérale sur les chemins pour piétons et la randonnée pédestre.

«La promotion des chemins pédestres a été jusqu’à maintenant négligée. Un réseau attractif s’étendant par-dessus les frontières communales doit être mis en place», plaide la socialiste Chantal Müller. «Il faut donner à la mobilité douce les instruments légaux nécessaires. La marche est la seule forme de mobilité qui soit financièrement favorable pour la société», renchérit Christa Mutter. Une idée qui séduit notamment le libéral-radical Nicolas Bürgisser.

«Il faudra traiter dans cette future base légale de questions comme les chiens de protection des troupeaux. Qui assume la responsabilité en cas d’attaque et de blessure?», se demande-t-il. Cette nouvelle base légale pourrait s’intégrer dans la future loi sur la mobilité initiée par le démocrate-chrétien Eric Collomb au printemps dernier. «Il y a de plus en plus de trafic motorisé dans ce canton, c’est vrai. Mais nous sommes aussi un canton rural où les gens ont besoin de leur voiture», prévient toutefois ce dernier, encourageant une mobilité multimodale.

Les chocolats Cailler fêtent leurs 200 ans





Fondée en 1819, la maison Cailler a tracé un sillon indélébile dans l'histoire de la confiserie en Suisse. La production industrielle de chocolat au lait a façonné la manière dont le cacao est consommé encore aujourd'hui dans le pays. De nombreuses réussites et quelques déconvenues - dont une faillite - ont ponctué les deux siècles d'existence de la marque.

La marque Cailler voit le jour à Vevey sous l'impulsion de François-Louis Cailler. A l'époque, le chocolat est réservé à une élite et considéré plutôt comme un fortifiant. «Il était vendu dans les boulangeries et chez les confiseurs, mais également en pharmacie», indique à AWP l'historien Albert Pfiffner, des Archives Historiques Nestlé.

Le chocolat de l'époque est noir, assez amer. Au cours du 19e siècle, il est consommé sous forme de boisson, comme remède et concentré de calories facile à conserver, souligne l'historien. Une révolution se prépare toutefois, avec l'arrivée du lait dans la recette.

Agé de 23 ans, le jeune François-Louis Cailler prend un associé et ouvre une épicerie fine, dans laquelle il écoule notamment son chocolat, produit dans une usine louée à cet effet. «Il faut considérer ces années comme un apprentissage. Tout ce qu'il a appris, il l'a exploité ensuite pour obtenir son succès», selon M. Pfiffner.

Les femmes au pouvoir

Vevey est à l'époque un terreau fertile pour les chocolatiers. Pour l'historienne Lisane Lavanchy, la persévérance, la solidarité familiale et le sens du marketing hors pair des Cailler leur a permis de sortir du lot. «Lorsque les enfants ont repris l'affaire, ils ont conservé le nom François-Louis Cailler, mis en évidence la date et le lieu de fondation, pour s'inscrire dans la longévité.»

Le sens des affaires n'explique pas tout. La qualité des produits devait être reconnue, bien qu'il n'existe aucun moyen de le prouver. L'entreprise François-Louis Cailler a gagné quelques médailles lors de concours. Ces récompenses ont par la suite orné les étiquettes des chocolats primés, mais pas avant 1867 soit quinze ans après la mort du fondateur.

Les premières années de l'entreprise Cailler sont marquées par les difficultés. François-Louis change d'associé à plusieurs reprises et fait même faillite en 1826. Durant la période où il lui est interdit de faire des affaires, c'est son épouse Louise-Albertine qui mène la barque.

La chose est extrêmement rare à l'époque. «Elle demande une protection juridique, car elle n'a pas le droit de diriger une entreprise toute seule», note Mme Lavanchy, des Archives Historiques Nestlé. Louise-Albertine Cailler fait mieux que gérer les affaires courantes, un bon travail reconnu par son mari lorsque celui-ci revient officiellement aux affaires.

L'intérim de l'entreprise Cailler sera à nouveau assuré par une femme après le décès des deux héritiers en 1866.

Broc, le tournant

Le véritable tournant intervient en 1898, avec le transfert des activités à Broc, en Gruyère, resté au fil des ans le siège de Cailler. Le petit fils de François-Louis, Alexandre-Louis, est alors aux commandes. Cailler devient propriétaire des ses installations pour la première fois de son histoire.

La maison s'est spécialisée dans le chocolat au lait, désormais produit en quantité industrielle. La demande a explosé. «L'usine a grandi rapidement en plusieurs étapes, afin de rajouter de la capacité de production», souligne Albert Pfiffner.

La paternité du chocolat au lait est souvent attribuée à tort à Cailler, alors que c'est un entrepreneur vaudois, Daniel Peter, qui met au point la recette en 1875. L'invention tombe dans l'escarcelle de Cailler par un jeu d'alliances, Peter ayant marié la fille de François-Louis Cailler. Cette innovation transforme le chocolat en friandise et remporte l'adhésion des consommateurs suisses.

Le chocolat au lait fait partie des recettes helvétiques originales, tout comme le chocolat fondant, inventé par le confiseur zurichois Lindt.

Alexandre-Louis Cailler a néanmoins perfectionné le concept de Peter en recourant à du lait condensé, plus onctueux que celui en poudre utilisé jusqu'alors. L'entrepreneur puise le précieux liquide auprès des agriculteurs gruériens. Le chocolatier devient également un pourvoyeur d'emplois très important pour la région. Au début du 20e siècle, l'usine compte 1300 employés, contre 300 aujourd'hui.

En 1929, la société se nomme Peter, Cailler, Kohler et fusionne avec Nestlé, afin de profiter du réseau de distribution du groupe veveysan et se développer à l'international.

ATS

mercredi 12 décembre 2018

Le yodel fait son entrée à l’académie


Les yodleurs montent toujours aussi haut dans la gamme, mais les traditions évoluent



Depuis le temps où les bergers l’utilisaient pour appeler leurs troupeaux ou pour communiquer d’un village alpin à l’autre, le yodel a beaucoup évolué. Avant de rejoindre un club, il faut désormais avoir suivi des cours de chant. A Lucerne, une université a fait un pas de plus, en proposant un bachelor avec une option yodel.

Les «cris» polyphoniques qui font partie de l’expression musicale traditionnelle suisse peuvent être appris et travaillés dans des ateliers de l’Association fédérale des yodleurs. swissinfo.ch a visité une classe de débutants à Emmenbrücke, dans le canton de Lucerne, pour comprendre comment on apprend une technique si particulière.

Le groupe avait derrière lui cinq soirées d’entraînement, sous la direction d’Ursula Gernet, yodleuse solo et directrice de chœur. La plupart des élèves avaient déjà une bonne connaissance de cette forme de chant avant de commencer le cours, l’ayant appris de leurs parents.

Le yodel est aussi au centre de l’attention de l’Université des sciences et des arts appliqués de Lucerne, dont la section musique folklorique, dirigée par Nadja Räss, propose déjà depuis 2009 des cours de niveau bachelor d’instruments traditionnels, comme l’accordéon «Schwyzeroergeli» ou le «Hackbrett». A l’automne 2018, l’institution y a ajouté les cours de yodel.

Renaissance du folklore: Les instruments traditionnels connaissent un regain de popularité également ailleurs en Europe. A l’Académie Sibelius à Helsinki, les étudiants apprennent la cithare finlandaise, et à Limmerick, le violon irlandais. En Grande-Bretagne et au Danemark, des universités et des académies offrent aussi des diplômes en musique folklorique.

Britta Sweers, anthropologue de la musique à l’Institut de musicologie de l’Université de Berne, salue le diplôme de yodel qui vient de naître à Lucerne: «Tous les diplômés sont des musiciens expérimentaux, donc ils essaient de nouvelles choses avec des approches traditionnelles suisses et ils font progresser ces techniques, d’une manière qui n’aurait pas été possible si le yodel était resté dans un contexte plus traditionnel».

Trop lisse?

En même temps, elle pense qu’enseigner le yodel à un niveau académique pourrait représenter une menace pour le yodel amateur. «Il y a cette crainte que l’école de musique ne mette en place des esthétiques différentes, plus lisses, plus brillantes, et ainsi de suite, et que cela ne change aussi les goûts du public et ne mette sur la touche ceux qui n’ont pas ce genre de formation académique».

Karin Niederberger, présidente de l’Association fédérale des yodleurs, n’a pas ce genre de craintes. Elle insiste sur le fait qu’il n’y a pas de compétition entre amateurs et professionnels. Elle ajoute: «Je ne sais pas si un cours de diplôme va profiter au yodel en général – il est trop tôt pour le dire. Tout ce que je peux dire, c’est que je veux voir le yodel de niveau amateur continuer à se développer, mais je ne veux pas qu’il devienne trop sophistiqué. La chose la plus importante, c’est qu’il vienne du cœur. Il doit être naturel et authentique. C’est ce que nous voulons promouvoir, de même que l’aspect régional et les dialectes».





«Le yodel au niveau amateur doit être naturel, 
authentique et pas trop sophistiqué».

Karin Niederberger
présidente de l’Association fédérale des yodleurs




Le yodel de demain

Karin Niederberger est convaincue que la formation des chanteurs à un niveau moins académique est essentielle pour préserver la tradition du yodel dans les décennies à venir. Par-dessus tout, dit-elle, il est important que le yodel soit enseigné dans les familles, et se transmette de génération en génération.

Le boom du yodel: L’Association fédérale des yodleurs a trois branches: le yodel, le cor des Alpes et le lancer de drapeau, pour un total de 21'000 membres actifs. Tous les trois ans, le public afflue à la Fête fédérale de yodel, preuve du succès jamais démenti de la musique populaire. La trentième édition, tenue à Brigue en 2017, a attiré 150'000 personnes.



Julie Hunt