Chu de che / Je suis d'ici / Sono di qui / Ich bin von hier ! Les statistiques de pannes automobile pour l'année 2026 sont arrivées ; https://fiabiliteautomobile.blogspot.com/ Notre liberté ne nous a pas été donnée, mais combattue et priée par nos ancêtres plus d'une fois! Aujourd'hui, comme autrefois, notre existence en tant que peuple libre dépend du fait que nous nous battions pour cela chaque jour. Restez inébranlable et soyez un gardien de la patrie pour que nous puissions remettre une Suisse libre telle que nous la connaissions à la génération suivante. Nous n'avons qu'une seule patrie!

jeudi 27 août 2026

Des millions pour alerter les Suisses sur leur portable

 

Le gouvernement veut pouvoir envoyer des alertes urgentes aussi sur les portables, en plus des sirènes et messages radio. Le montant demandé au Parlement doit financer le développement du système et la mise en place de l'infrastructure auprès des opérateurs téléphoniques.

Le Conseil fédéral accélère le processus en demandant ce crédit d'engagement dans un supplément au budget 2026. Les coûts globaux pour la mise en place et l’exploitation durant les années 2027 à 2035 s’élèvent à 67,7 millions. Sur ces dépenses, 51,9 millions ne nécessitent pas de crédit d’engagement.

ATS

La facture d'électricité baissera pour les ménages du Lac

 

IB-Murten annonce une nouvelle baisse de ses tarifs d'électricité pour 2027. C'est la quatrième année de suite que la facture diminue pour les habitants de la région.

Combien allez-vous payer?

Pour les particuliers, le prix du kilowattheure baisse d'environ 1,90 centime. Les ménages de Morat, Meyriez et Montilier paieront en moyenne un peu plus de 25 centimes par kilowattheure en 2027.

Concrètement, pour une famille de quatre personnes consommant 4500 kWh par an, cela représente une économie d'environ 86 francs sur l'année, soit 7% de moins. Sa facture annuelle passera d'environ 1213 à 1127 francs.

Pour les entreprises, pas de changement notable: le tarif restera d'environ 21,70 centimes par kilowattheure, au même niveau qu'en 2026.

Une facture plus simple à comprendre

Autre changement dès le 1er janvier 2027: la manière de calculer le prix de l'électricité devient plus simple. Jusqu'ici, les clients pouvaient choisir entre plusieurs offres selon l'origine de l'énergie, avec un tarif qui variait selon l'heure de la journée. Ce système laisse place à un tarif unique d'électricité renouvelable (soleil, eau, vent, biomasse), qui varie seulement selon la saison: un peu moins cher en été qu'en hiver. Tous les clients basculeront automatiquement vers cette nouvelle offre, avec le détail envoyé à l'automne.

L'électricité moins chère chez Groupe E et Gruyère Energie

Contactés, Groupe E et Gruyère Energie SA confirment eux aussi une baisse de leurs tarifs d'électricité pour l'année prochaine. Les chiffres précis seront communiqués lundi.

Alexia Nichele

Frapp.ch

Qualité de vie; Vevey, Fribourg et Soleure dominent l'étude UBS

 


Les grandes villes suisses ne sont pas forcément les endroits les plus attractifs pour y vivre. Selon un nouvel indicateur publié jeudi par UBS, les villes de taille moyenne sont les plus prisées, notamment en raison du coût de la vie plus abordable.

L'étude cible un profil bien précis: celui d'une famille avec deux enfants et disposant d'un revenu moyen. Pour déterminer les communes les plus attractives, UBS prend en compte trois critères: les infrastructures, les loisirs et le coût de la vie.

Plutôt qu'un classement unique à l'échelle nationale, les chercheurs ont classé les communes en dix régions, correspondant aux grandes régions du marché du travail définies par l'Office fédéral de la statistique. Ce choix s'explique par le fait que près des trois quarts des déménagements s'effectuent sur une distance de moins de 10 kilomètres.

Vevey en tête devant Lausanne

Dans la région "Genève-Lausanne", c'est Vevey qui arrive en tête, devant Lausanne et Morges.

Dans la région "Berne-Fribourg", Fribourg décroche la première place, devant Morat et Berne. Soleure l'emporte pour la région "Jura-Seeland-Soleure", devant Bienne et Neuchâtel.

Enfin, dans la région des "Alpes occidentales", Sion occupe la première place, devant Martigny et Conthey.

Zurich et Genève hors du podium

Les cinq plus grandes villes du pays ne dominent donc pas leur région. Bâle est la seule à décrocher la première place dans sa zone. Lausanne arrive deuxième et Berne troisième.

Les deux plus grandes villes de Suisse, Zurich et Genève, ne figurent, elles, pas sur le podium de leur région respective.

Le principal handicap des grandes villes est le coût de la vie, selon l'indicateur. Celui-ci prend notamment en compte les loyers, les primes d'assurance maladie et la charge fiscale.

Le phénomène est particulièrement marqué à Zurich, où le niveau élevé des coûts pèse sur l'attractivité de la ville pour les familles à revenu moyen.

Jean-Philippe Rutz

rts.ch

mercredi 26 août 2026

La plus célèbre baleine fribourgeoise a déménagé

 

 Ce jeune rorqual boréal s'est échoué au Havre (France) en 1852. Il a été embaumé par une méthode chimique expérimentale, puis sa peau a été tendue sur une armature en bois. Après avoir été une attraction itinérante à travers l'Europe pendant 30 ans, l'animal a rejoint les collections fribourgeoises en 1882.


Tôt mardi matin, sous un léger crachin et un grand ciel gris, la baleine du Musée d'histoire naturelle de Fribourg a quitté, par un trou percé dans un mur, le bâtiment qu'elle occupait depuis 129 ans. Le personnel du musée et une petite dizaine de spécialistes du transport se sont réunis pour faire parcourir au cétacé les quelques 600 mètres qui le séparent de sa nouvelle demeure.

Derrière les bâtiments de l'université, le public se fait rare. Le musée ne l'a pas informé – volontairement. "Beaucoup de gens nous ont toujours posé la question: 'quand est-ce qu'on déménage la baleine ?', explique Laurence Perler Antille, directrice administrative du Musée d'histoire naturelle de Fribourg. Mais pour nous, c'était très important que les équipes puissent travailler dans le calme. Pour des raisons de sécurité, accueillir du public était impossible."

Un trou de souris

Solidement fixé sur un socle à roulettes, le cétacé le plus connu du canton - un rorqual boréal - entame son périple aux alentours de 9 heures, protégée dans une housse en plastique et maintenue par des sangles. Plusieurs gaillards le tirent jusqu'à une passerelle, avant qu'une grue ne prenne le relais pour le déposer sur le camion qui l'emmènera route des Arsenaux.

"Comme équipe, on n'a jamais déménagé une baleine", rigole l'équipe chargée du transport. Les visages se relâchent une fois la pièce la plus grande et la plus précieuse du musée posée sur le camion. "Ça va mieux que ce matin à 6 heures", souffle Laurence Perler Antille. "La première étape s'est bien passée. C'est déjà un soulagement."

11 mètres, 1'650 kilos

Échouée au Havre en 1852, la baleine mesure 11 mètres de long et pèse encore quelque 1'650 kilos. Un gabarit qui a compliqué la manœuvre.

"La plus grande difficulté, c'est qu'un arbre nous a empêché de sortir complètement la baleine sur la plateforme. La queue était encore à l'intérieur du bâtiment quand on a dû la soulever avec la grue", explique Laurence Perler Antille. "Le plus grand enjeu, c'était que cette queue ne vienne pas heurter les murs."

Qu'une première étape

La baleine est certes la pièce la plus imposante du Musée d'histoire naturelle de Fribourg, mais elle n'est qu'une infime partie d'un déménagement colossal. "On a tous les objets présentés dans les vitrines qui doivent encore être emballés, conditionnés et préparés. Et toutes nos réserves, cachées au public, doivent aussi encore partir. On parle de 270'000 objets à peu près", rappelle la directrice administrative.

La baleine, elle, va rester sur le chantier pendant près de deux ans. "On va assembler une grande boîte autour d'elle pour la protéger. Les aménagements intérieurs et le montage des expositions se feront autour d'elle, en prenant le plus grand soin possible." La réouverture du musée, route des Arsenaux, est prévue pour fin 2028.

En attendant, l'exposition "Bis bald baleine!" est à découvrir jusqu'au 25 octobre.

Son histoire

L'histoire de la baleine de Fribourg est une véritable épopée humaine et scientifique qui s'étend sur plus de 170 ans.

1852 : L'échouage au Havre

Tout commence le 9 septembre 1852, lorsqu'un jeune rorqual boréal mâle s'échoue sur la plage de Sainte-Adresse, près du Havre (France). L'animal, mesurant un peu plus de 11 mètres, suscite immédiatement la curiosité de la population et des scientifiques.

1853 : Une technique d'embaumement unique

Le cétacé est racheté par un préparateur français, M. Bourdin. Contrairement aux squelettes de baleines habituellement exposés dans les musées, celle-ci va être naturalisée entière (avec sa peau) grâce à une méthode chimique révolutionnaire pour l'époque :Les viscères et la chair sont retirés. La peau est traitée avec un mélange conservateur (contenant de l'arsenic) pour éviter la décomposition. La peau est ensuite tendue sur une immense armature en bois reproduisant les formes de l'animal.

1853–1881 : La tournée des foires européennes

Devenue un objet de foire, la baleine entame une tournée itinérante de près de 30 ans à travers l'Europe. Transportée par convoi, elle est exposée dans de grandes villes comme Paris, Londres et Zurich. Le public paie son billet pour entrer à l'intérieur du flanc de l'animal et admirer des vitrines de curiosités installées directement dans son abdomen.

1881 : L'arrivée manquée à Fribourg

En juillet 1881, le convoi s'arrête à Fribourg pour la fête cantonale de tir. C'est un immense succès populaire. Cependant, les propriétaires font faillite à la fin de l'été. La baleine est alors saisie par la justice fribourgeoise et stockée temporairement sous les combles du collège Saint-Michel.

1882 : Le don au Musée d'histoire naturelle

En mai 1882, l'État de Fribourg rachète officiellement le cétacé pour la somme de 2 500 francs de l'époque. Elle est offerte au Musée d'histoire naturelle (MHNF), alors situé dans les bâtiments de l'Université.

1974 : Le déménagement à Pérolles

Le musée s'installe dans ses locaux de l'avenue de Pérolles. C'est à ce moment que la baleine est suspendue au plafond de la Salle des Vertébrés du Monde, devenant l'emblème incontournable de l'institution et marquant des générations de visiteurs fribourgeois.

Egger Philippe

Après 30 ans, le groupe Oesch's die Dritten se sépare

 

Après trois décennies de création de musique populaire en famille, Oesch's die Dritten tirent leur révérence. Dans une déclaration émouvante sur Instagram, le groupe a annoncé la fin de sa carrière. «La tournée «Merci» sera notre dernière», peut-on lire.



La décision a été difficile à prendre: «Nous aimons la musique par-dessus tout et ne voulons jamais vraiment arrêter», poursuit le communiqué. Néanmoins, ils ont ressenti en famille que le moment était venu de mettre un point final.

Un concert à Montreux

La tournée des 30 ans, qui aura lieu en 2027 et 2028, sera donc le dernier tour de piste de la formation. Après cela, Oesch’s die Dritten «n'existera plus sous cette forme et cette composition». Le groupe revient avec gratitude sur son parcours commun et souligne avoir toujours voulu s’arrêter «au meilleur moment».

Il ne souhaite pas laisser le hasard, l’âge ou les évolutions de l’industrie musicale décider du moment de la fin. Pour les fans, il reste encore un an et demi de concerts et de rencontres personnelles. La prévente pour la tournée «Merci» a déjà commencé. Les deux derniers concerts devraient avoir lieu en mai 2028, à Montreux et Berne.

Dix-sept albums

Le groupe Oesch's die Dritten est originaire de Schwarzenegg, dans l’Oberland bernois. Formé autour de Hansueli et Annemarie Oesch, de leurs enfants Melanie, Mike et Kevin, ainsi que de l’accordéoniste Urs Meier, il est notamment connu pour la voix et le jodel de Melanie Oesch. Accueilli en rock star outre-Sarine, en Allemagne et en Autriche, le groupe aux 17 albums fait danser tous les âges. Il ne fait pas exception en terres francophones.

Gina Sergi

mardi 25 août 2026

Brigandage de Farvagny; l’auteur présumé arrêté

 

Le vendredi 7 août 2026, la Police cantonale Fribourg a été alertée pour le brigandage d’une banque à Farvagny. Malgré l’important dispositif de recherche déployé par les forces de l’ordre, l’auteur des faits était parvenu à prendre la fuite dans une direction inconnue. Un appel à témoins avait alors été diffusé. (communiqué de presse)

Les investigations menées par les enquêteurs de la Police cantonale ont permis d’interpeller, le 21 août dernier, l’auteur présumé des faits. Cet homme, ressortissant belge, âgé de 58 ans et domicilié dans le district de la Gruyère, a été interpellé à Villorsonnens et placé en arrestation provisoire.

Les vêtements et le matériel présumés utilisés lors du brigandage ont été retrouvés dans le véhicule qu’il conduisait au moment de son interpellation. Pour l’heure l’argent dérobé lors du braquage de Farvagny n’a pas été retrouvé.

Il s’agit du même auteur présumé que celui identifié dans le cadre du brigandage d’une banque à Châtel-St-Denis, commis le 14 mars 2025. (communiqué de presse)

Entendu en présence de son avocat, le prévenu conteste les faits. Le Ministère public, qui instruit l’enquête en cours, a ordonné sa mise en détention provisoire.

fr.ch

dimanche 23 août 2026

La Suisse ne peut pas s'autoproclamer neutre, c'est aux autres d'en juger

 


La Suisse est en train de décider quelle neutralité elle veut, à l'occasion de la votation du 27 septembre. L'initiative populaire réclame une neutralité plus stricte. Ses opposants tentent de justifier notre pratique actuelle. Ils la jugent parfaitement suffisante et adéquate. Sauf que leur avis n'est pas celui qui compte.

C'est en effet un vaste malentendu: on peut décider qu'on est neutres, mais ce sont les autres pays, les utilisateurs de cette neutralité, qui doivent nous reconnaître comme neutres. Et il se trouve que nous ne sommes plus vraiment perçus comme neutres. Cela, les opposants à l'initiative ne le disent pas. Or au fil des derniers conflits, la Suisse n'a pas été le médiateur de choix. Pendant que nous essayions de justifier notre «deux poids, deux mesures» pour habiller cette sorte de «neutralité à la carte», le monde se trouvait d'autres médiateurs.

Neutralité au service de nos alliés

La vérité, c'est que la neutralité ne s'autodécrète pas. On ne peut pas s'autoproclamer neutres et imposer notre définition. C'est le marché qui décide, en la matière, et non le discours de la Suisse sur elle-même. Pour être reconnus comme neutres, il faudrait l'être de toutes les parties. 

Or ce n'est pas le cas. Dans les conflits récents, comme celui de Russie-Ukraine, Israël/Gaza, ou Iran-Israël/Etats-Unis, le monde s'est trouvé d'autres intermédiaires. Des puissances moyennes, plus indépendantes que nous, et surtout libres de parler avec tout le monde, d'entretenir des canaux avec différents camps. La différence: elles ne sont sous le joug d'aucun grand bloc en particulier. Ce sont notamment le Qatar, la Turquie, le Pakistan, les Emirats, l'Egypte ou Oman.

La Suisse ne figure pas au nombre des pays perçus comme non-alignés sur un bloc. Ses positions ne la distinguent en rien de celles de l'UE et des USA, mis à part qu'elle ne livre pas directement de matériel de guerre aux belligérants. Reste que des composants suisses sont incorporés dans des armes étrangères, allemandes par exemple, qui finissent chez les belligérants.

Sanctions: Russie oui, Israël et USA non

Pour le reste, la Suisse a repris intégralement les sanctions UE/USA contre la Russie. Par contre, quand l'agresseur est un allié du bloc occidental, là aussi la Suisse s'aligne sur ce bloc. C'est ainsi que Berne a adopté une position en ligne avec les USA et l'UE face aux crimes d'Israël, sans jamais envisager la moindre sanction. Et face à l'agression américano-israélienne de l'Iran, à aucun moment la Suisse n’a condamné nommément les deux agresseurs, ni adopté de sanctions contre eux. Il est alors devenu clair que la Suisse ne suit pas une politique de neutralité, mais une politique d'intérêts et d'alliances.

Fallait-il alors s'étonner que ce soient le Pakistan et le Qatar, et non la Suisse, pourtant facilitatrice historique, qui aient pris le rôle officiel de médiateurs entre les USA et l'Iran?

Le malentendu numéro deux, en effet, c'est que la neutralité n'est pas à géométrie variable. Si la Suisse veut être crédible aux yeux du monde, elle doit agir de manière cohérente avec tous les agresseurs et sanctionner selon les mêmes critères tous les violateurs du droit international, indépendamment de l'Etat concerné. Les belligérants du reste du monde devraient avoir confiance en la capacité de la Suisse à offrir une égalité de traitement, à comportement égal, une médiation impartiale, et un territoire qui sait rester indépendant des différents blocs, pour venir y dialoguer entre ennemis.

On condamne la Russie et on la sanctionne car elle viole le droit international? C'est excellent. Mais alors il faut condamner avec la même fermeté et sanctionner avec la même rigueur Israël. D'autant qu'Israël a fait quatre fois plus de morts civils à Gaza (75'000) en 18 mois que la Russie n'en a fait en Ukraine (15'000) en plus de quatre ans. Or on a même vu le chef de l’armement suisse, Urs Loher, se rendre en Israël, les 13 et 14 juillet derniers, pour resserrer encore les liens entre les entreprises militaires des deux pays.

Une vaste plaisanterie?

Et que dire des Etats-Unis, que la Suisse a regardé dévaster le Moyen-Orient ces dernières années, sans jamais sanctionner? Quelle crédibilité accorder à son discours sur la neutralité en voyant cela? Si on prétend à une «neutralité justicière» qui vise à faire appliquer le droit international, alors il aurait fallu l'appliquer aussi quand un pays de l'OTAN envahit ou bombarde illégalement un autre pays.

Il se trouve que la neutralité n'autorise pas de faveurs pour les «alliés» commettant des crimes contre l'humanité, sinon tout cela devient très vite une vaste plaisanterie.

Dès lors, on peut se livrer à toutes formes de contorsions verbales pour justifier l'asymétrie de traitement que l'on réserve aux différents cas, appeler cela une neutralité «active», «dynamique», «pragmatique», «évolutive», «agile», «soluble dans les intérêts du moment», on sera seulement en train de faire le marketing de l'opportunisme. Qui est incompatible avec l'idée de neutralité.


«Si nous n'avons pas les moyens d'être neutres, de grâce, 

cessons d'y prétendre, car personne n'est dupe»


La question de fond est celle-ci: avons-nous les moyens d'une vraie neutralité, cohérente, qui reposerait sur le non-alignement sur un bloc ou un autre? Cela passerait par une rupture de décennies d'allégeance et de dépendance économique et militaire envers l'Union européenne (UE) et les Etats-Unis (USA), qui représentent les trois quarts de nos marchés extérieurs. C'est quasiment inconcevable. Et cela, c'est ce que les initiants, cette fois, ne disent pas. C'est l'autre angle mort du débat.

Un risque peut-être impossible à prendre

En gros, pour être véritablement neutres, il faudrait accepter de passer par une phase très difficile, à la suite des représailles que ce bloc nous ferait subir si nous rompions les chaînes pour retrouver notre autonomie d'action. Ceci, avant de renaître de nos cendres sous la forme d'une Suisse plus indépendante, qui parle à qui elle veut, qui fait affaire avec qui elle décide, qui choisit ses alliés et ses partenaires. Nous aurons alors troqué une relation exclusive, devenue toxique, contre une palette plus large et diversifiée d'interlocuteurs. Dans le monde multipolaire qui émerge, et qui tend déjà vers une logique bismarckienne d'équilibre des forces, la Suisse pourrait prospérer.

Tel est le défi. Il est sans doute trop grand, car il requiert un découplage trop douloureux au préalable entre la Suisse et ses alliés oppressants. Alors, il reste deux possibilités. Soit nous allons jusqu'au bout de ce que cela signifie d'être neutres, acceptant les sacrifices à court terme dans l'espoir d'un pari gagnant à long terme. Soit nous préférons le statu quo, mais dans ce cas, de grâce, cessons de nous prétendre neutres et d'avoir une neutralité au cas par cas, car personne n'est dupe. Décidons que, dans le fond, comme la Suède et la Finlande, l'ère de la neutralité est clairement révolue pour la Suisse.

Myret Zaki

blick.ch