Chu de che / Je suis d'ici / Sono di qui / Ich bin von hier ! Les statistiques de pannes automobile pour l'année 2026 sont arrivées ; https://fiabiliteautomobile.blogspot.com/ Notre liberté ne nous a pas été donnée, mais combattue et priée par nos ancêtres plus d'une fois! Aujourd'hui, comme autrefois, notre existence en tant que peuple libre dépend du fait que nous nous battions pour cela chaque jour. Restez inébranlable et soyez un gardien de la patrie pour que nous puissions remettre une Suisse libre telle que nous la connaissions à la génération suivante. Nous n'avons qu'une seule patrie!

jeudi 20 août 2026

Les «pierres de la faim» refont surface en Europe

 

La plus célèbre de ces « pierres de la faim » est de nouveau visible à découvert 
en raison de la baisse des niveaux d'eau sur le lit de l'Elbe
Elle se situe à Děčín (anciennement Tetschen), en République tchèque, près de la frontière avec l'Allemagne 
On peut y lire la phrase marquante « Si tu me vois, pleure » (« Wenn du mich siehst, dann weine ») Des années de sécheresses historiques et destructrices y sont gravées à ses côtés, comme celles de 1790 et 1868


«Anno 1857: HUNGER», peut-on lire sur une grande dalle de pierre actuellement visible sur les rives du Rhin, près de Worms, en Allemagne. En temps normal, cette pierre serait entièrement recouverte par l’eau. Les autres dates gravées correspondent également à des années de sécheresse passées.

Il s’agit d’un avertissement venu de l'époque, rappelant les conséquences des pénuries d’eau. Autrefois, lors des périodes de sécheresse, les populations plaçaient ces pierres, appelées «pierres de la faim», au bord des cours d’eau. Lorsque le niveau des rivières et des lacs baissait fortement, elles refaisaient surface. Aujourd’hui, plusieurs de ces «pierres de la faim» réapparaissent à différents endroits en Europe.

«Si tu me vois, pleure»

La plus célèbre de ces «pierres de la faim» est elle aussi actuellement à découvert. «Si tu me vois, pleure», peut-on y lire. A côté figurent les années de sécheresses particulièrement dévastatrices, comme 1790 et 1868. Comme le rapporte le magazine allemand «Geo», cette pierre se trouve à Tetschen, en République tchèque, près de la frontière avec la Saxe. L’origine de certaines de ces pierres remonte à bien plus loin encore: la plus ancienne inscription connue date de 1417. D’autres pierres ont été gravées à la fin du XIXe siècle.

Aujourd’hui encore, de nouvelles «pierres de la faim» sont installées dans les rivières et les lacs. «Si cette pierre disparaît, la vie redeviendra plus colorée», peut-on par exemple lire sur un rocher dans l’Elbe, au nord de l’Allemagne. Cette pierre, située dans le port de Bleckede, près de Lunebourg, n’y serait présente que depuis 2015. D’autres pierres rappellent quant à elles l’été caniculaire record de 2003.

De nombreuses «pierres de la faim» avaient déjà refait surface en Allemagne lors de la sécheresse de l’été 2022. On ignore encore combien de temps celles qui sont actuellement visibles resteront à découvert.

Mattia Jutzeler

blick.ch

Le Portugal interdit le port du voile intégral

 

Le président portugais Antonio José Seguro a promulgué une loi votée à l'initiative de l'extrême droite interdisant la dissimulation du visage en public, et qui dans la pratique cible les femmes musulmanes portant le voile intégral.

«Le visage doit être considéré comme un élément central de l'identité et de la communication humaines», a expliqué le chef de l'Etat dans un communiqué publié mardi soir. L'ancien dirigeant du Parti socialiste a toutefois reconnu qu'il s'agissait d'un sujet «de grande sensibilité sociale et culturelle».

La version finale du texte, décrit par les médias locaux comme «la loi des burqas», avait été adoptée par le Parlement en juillet dernier avec les voix de la coalition gouvernementale de droite et de l'extrême droite, tandis que les partis de gauche avaient voté contre.

Des amendes entre 150 et 3000 euros

La loi interdit le port de vêtements destinés à dissimuler le visage ou empêcher son identification dans les espaces publics, ainsi que toute contrainte imposant à une personne de se couvrir le visage pour des motifs liés notamment au genre, à la religion, à l'âge ou à l'origine.

Les contrevenants s'exposent à des amendes comprises entre 150 et 3000 euros. Des dérogations sont prévues notamment pour des raisons de santé, des motifs professionnels, artistiques ou climatiques, ainsi que dans les lieux de culte, les représentations diplomatiques et les avions.

AFP

Les tronçons les plus engorgés du canton

 

Le centre ville de Fribourg est l'une des régions du canton avec les plus de ralentissements
© Service de la mobilité

Ce n'est pas un secret : Fribourg est un canton qui aime la voiture. En 2025, il y avait presque 274'000 véhicules immatriculés sur le territoire, une hausse de plus de 8% depuis 2020. Avec 593 voitures pour 1'000 habitants, le niveau de motorisation est plus élevé que la moyenne suisse (535), selon les chiffres du Service cantonal de la statistique.

Avec autant de véhicules qui se partagent les routes, viennent inévitablement des embouteillages. Alors, quels sont les endroits les plus engorgés dans le canton? Grâce aux données du système de navigation TomTom, le Service de la mobilité arrive à dresser une carte précise du ralentissement moyen sur les routes cantonales en 2025.

L'agglomération de Fribourg

Et sans surprise, ce sont dans les deux agglomérations de Fribourg et de Bulle que les usagers de la route perdent le plus de temps.

En Ville de Fribourg, le taux de ralentissement est de 32% en moyenne, le plus élevé du canton en 2025. Les sorties d'autoroute, la route de la Fonderie ainsi que les alentours de la gare font partie des tronçons les plus engorgés de la ville, où le temps de trajet médian est jusqu'à doublé par rapport au temps de trajet en condition fluide.

Ralentissement moyen sur les routes fribourgeoises. En rouge, le temps de trajet médian est au moins doublé par rapport au temps de trajet lorsque le trafic est fluide
Source: Service de la mobilité

Les autres communes de l'agglomération ne sont pas en reste: 30% de ralentissement à Givisiez, 28% à Belfaux, 22% à Marly et 25% à Villars-sur-Glâne en moyenne en 2025. C'est d'ailleurs là que l'on trouve le tronçon le plus fréquenté du canton, la route de Cormanon à la sortie d'autoroute, où 24'200 véhicules transitent chaque jour.


Bulle aussi touchée

Bulle, de son côté, est la petite agglomération qui connaît la plus importante croissance démographique de Suisse et qui a la part modale de transports individuels motorisés la plus haute (> 80%), nous a indiqué le Service de la mobilité. Le taux de ralentissement moyen y est de 27%, juste derrière Fribourg, Givisiez et Belfaux.

Là aussi, la sortie d'autoroute est touchée par les embouteillages, mais pas que. Les ronds-points de la route de contournement, la route de Riaz devant Gruyère-Centre, ainsi que la rue de Vevey et la rue Saint-Denis faisaient également partie des tronçons où le trafic était souvent ralenti l'année dernière.

La route de la Gruyère entre Riaz et Bulle est la deuxième plus fréquentée du canton après celle de Cormanon. 
Chaque jour, 23'800 voitures passent par là


Rien d'exceptionnel

Ces taux de ralentissement ne sont rien d'extraordinaire en comparaison avec d'autres agglomérations de même taille, souligne cependant le Service de la mobilité. Dans des villes plus grandes, ils sont même bien plus importants. Genève, par exemple, arrive à une moyenne de 53% de ralentissement.

À noter encore que les embouteillages dépendent bien évidemment du moment de la journée. Durant les heures de pointe du matin, entre 7h et 8h, vous roulerez en moyenne 18% plus lentement, et 24% lors de la pointe horaire du soir, entre 17h et 18h.


Pour arriver à ces moyennes, le Service de la mobilité calcule le trajet médian par année, pour chaque tronçon et chaque heure de la journée. La vitesse de référence utilisée pour mesurer le ralentissement moyen est celle obtenue entre minuit et 1h du matin, lorsqu'il y a très peu de monde sur les routes.

Mattia Pillonel

Frapp.ch

mercredi 19 août 2026

Damien Desbenoit, nouvel organiste de la cathédrale Saint-Nicolas à Fribourg

 



Une succession après vingt ans

Damien Desbenoit succède à Jean-Louis Feiertag comme organiste titulaire de la cathédrale Saint-Nicolas à Fribourg, après avoir obtenu le poste au terme d’un concours particulièrement exigeant. Son prédécesseur, en fonction durant vingt ans, était notamment connu pour ses talents d’improvisateur, un exercice que maîtrise également le nouvel organiste.

Deux instruments historiques

Avec leurs claviers, registres et pédales, les orgues constituent de véritables orchestres. Damien Desbenoit se dit honoré de devenir titulaire des instruments historiques de 1834 et de 1657, qu’il décrit comme « deux pièces du patrimoine mondial sonore ». Il partagera le poste avec deux autres cotitulaires. Le trio assurera les messes dominicales ainsi que certaines visites guidées consacrées aux deux orgues. Claveciniste depuis l’âge de cinq ans, il souhaite apporter au groupe une touche de douceur et de poésie, liée notamment à sa manière de toucher l’instrument.

De la découverte au récital

Damien Desbenoit découvre l’orgue à l’adolescence et se passionne pour son caractère monumental et prenant. Depuis, il s’est produit sur de grandes scènes européennes, de Paris à Vienne en passant par Verbier. Il met désormais cette expérience au service de la cathédrale Saint-Nicolas. Ce mercredi, il y donnera un récital dans le cadre des Orgues estivales 2026.

latele.ch

Fini le statut S pour les ukrainiens qui refusent de faire l'armée dans leur pays

 

Le statut de protection S sera prolongé jusqu’au 4 mars 2028, mais avec des restrictions. À l’avenir, les Ukrainiens qui refusent de remplir leurs obligations militaires dans leur pays ne bénéficieront plus de cette protection, annonce mercredi le Conseil fédéral. La mesure entrera en vigueur, dès ce jeudi 20 août.

Berne suit ainsi une décision similaire prise fin juin par l’UE. «La Suisse n’est pas juridiquement liée par cette décision. Néanmoins, le Conseil fédéral estime qu’il serait dans l’intérêt de notre pays d’aligner sa pratique sur celle des États membres de l’UE», explique-t-il. Les personnes inscrites sur la liste des réservistes et celles qui se sont engagées volontairement dans les forces armées sont également concernées par la mesure, précise le gouvernement.

Déjà la fin des subventions fédérales pour l'aide sociale

On se souvient que la semaine dernière, le Conseil fédéral avait annoncé qu'à partir du 1ᵉʳ janvier 2027, Berne ne versera plus de subventions aux cantons pour les Ukrainiens ayant le statut S depuis plus de cinq ans. En compensation, le Conseil fédéral accorde aux cantons la possibilité de fixer eux-mêmes le niveau de l’aide sociale dans leur législation, à partir de mars 2027. Trois options sont envisageables, selon lui: aligner l'aide sociale sur celle des Suisses et du reste de la population étrangère titulaire d’un titre de séjour; continuer à octroyer des prestations d’aide sociale réduites ou trouver une solution intermédiaire. Si le statut de protection S est levé, les personnes concernées n'auront droit qu'à une aide d'urgence. Dans ce cas, la Confédération versera un forfait de 1300 francs aux cantons.

Mesures d'intégration prolongées

Parallèlement au maintien du statut S, les mesures d’intégration destinées aux réfugiés ukrainiens seront prolongées jusqu'en 2028, notamment l’encouragement à l’apprentissage des langues ainsi que l’accès à la formation et au marché du travail. La Confédération continuera de participer aux coûts des cantons à hauteur de 3000 francs par personne et par an, indique le gouvernement.

Le Conseil fédéral rappelle en outre qu'en mars 2027, les premiers Ukrainiens seront présents en Suisse depuis cinq ans. Ils auront alors droit à une autorisation de séjour (permis B) liée au statut de protection S. Si ce statut est levé, l’autorisation de séjour prendra automatiquement fin.

Indépendamment du statut S, les personnes à protéger pourront, sous certaines conditions, déposer une demande d’autorisation de séjour en application de la réglementation des cas de rigueur, mais indépendante du statut S.

Distinction selon les régions d'origine

Rappelons en outre que depuis novembre 2025, les Ukrainiens originaires de certaines régions, vers lesquelles un retour est considéré comme «en principe exigible» au vu de la situation sécuritaire, n’ont déjà plus droit au statut S. Il s’agit concrètement des régions de Volhynie, Rivne, Lviv, Ternopil, Transcarpatie, Ivano-Frankivsk et Tchernivtsi.

La Suisse renvoie de nouveau des requérants par avion en Italie

À partir de la fin août, la Suisse recommencera à rapatrier par avion des demandeurs d'asile en Italie pour la première fois en quatre ans, a confirmé le SEM à SRF News. Le gouvernement italien de Gerogia Meloni avait en effet bloqué jusqu'ici les réadmissions depuis 2022, en infraction avec les accords Schengen/Dublin. Mais le nouveau pacte migratoire de l'UE a levé ce blocage. Sur les 3784 requérants concernés en Suisse, un maximum de 652 (17%) pourraient effectivement être renvoyés en Italie, selon Berne.

Christine Talos

20min.ch

mardi 18 août 2026

Le funiculaire s'arrêtera jusqu'en décembre

 

Les deux véhicules seront retirés des rails à l'aide d'une grue, puis acheminés à Uetendorf, 
dans le canton de Berne, où ils seront passés au crible à la recherche d'usure ou d'anomalies
© Frapp

Les quelque 200'000 personnes qui empruntent chaque année le funiculaire reliant la basse-ville de Fribourg au quartier de la gare, devront bientôt faire le détour par la ligne de bus 4. L'emblématique installation s'arrêtera du jeudi 27 août au vendredi 4 décembre, le temps d'une révision budgétée à 1,1 million de francs, annoncent ce mardi les TPF.

Conformément à la législation fédérale sur les transports à câbles, les installations doivent subir une révision générale tous les six ans et une révision majeure tous les douze ans. En 2026, c'est cette dernière qui arrive à échéance et qui implique la séparation des cabines et des châssis, une opération lourde impossible à réaliser sans arrêt d'exploitation, indiquent les TPF.

Les deux véhicules seront retirés des rails à l'aide d'une grue, puis acheminés à Uetendorf, dans le canton de Berne, où ils seront passés au crible à la recherche d'usure ou d'anomalies. Le reste de l'installation sera soumis à un contrôle général et à des travaux de restauration "destinés à améliorer la qualité de l’accueil et le confort des usagers et des usagères".

Mise en service à la fin du XIXe siècle, l'installation figure parmi les sept derniers funiculaires à contrepoids d'eau encore en fonctionnement en Europe – et vraisemblablement le seul au monde à fonctionner aux eaux usées.

Mattia Pillonel

Frapp.ch

La neutralité, un rempart contre l’imposture

 


Le 27 septembre prochain, la Suisse se prononcera sur l’inscription dans sa Constitution d’une définition claire, mais non rigide, de sa neutralité. Actuellement, seules deux dispositions de notre Loi fondamentale mentionnent notre neutralité, sans toutefois la définir. Ce sont les articles 173 al.1 lit.a pour l’Assemblée fédérale et 185 al.1 pour le Conseil fédéral, qui leur imposent de préserver notre «neutralité». Rien de plus.

Les débats qui s’amorcent en vue de cette votation mettent malheureusement en évidence l’indigence argumentaire des opposants, dont les propos trahissent bien souvent une absence de lecture du texte, et dont la position semble davantage dictée par la volonté de n’accorder aucune victoire au seul parti politique national qui soutient l’initiative, que par la crainte de voir la définition énoncée bouleverser notre politique fédérale. Pourtant, nombreux sont les intellectuels, professeurs, politiciens indépendants et défenseurs de la Genève internationale qui militent en faveur de l’initiative.

Les partisans du statu quo, du moins qualifié comme tel, dont on constate avec consternation que ce sont aussi des juristes, cautionnent en réalité un mouvement sournois qui s’est amorcé en 2022, et qui mène irrémédiablement à la perte du rôle de la Suisse sur la scène internationale. On le déplore tous les jours.

La neutralité suisse n'a jamais été figée

Ne soyons pas hypocrites, et reconnaissons d’entrée de cause (ce sera ainsi fait), que la neutralité n’a jamais été un monolithe inamovible, et qu’il a parfois fallu en adapter les contours en fonction des circonstances du moment. Mais en faisant d’elle une cire molle que notre politique extérieure façonne à sa guise, pour plaire à certains, en se mettant à dos les autres, jamais notre crédibilité aux yeux de la communauté internationale n’aura été mise à aussi rude épreuve.

C’est la raison pour laquelle il ne faut pas sous-estimer les conséquences de cette votation populaire pour l’avenir de notre rôle international, sans lequel Genève ne serait pas grand-chose, il faut bien le dire. Un «non» le 27 septembre serait immanquablement interprété par le monde comme une renonciation de la Suisse à sa neutralité et les titres des médias seraient inévitablement «La Suisse refuse d’inscrire la neutralité dans sa Constitution». Voyons si le jeu en vaut la chandelle au regard de ce que le texte qui nous est soumis impose! Et pour cela, lisons-le!

La Suisse est neutre. Sa neutralité est perpétuelle et armée

Y a-t-il un seul opposant à cette affirmation? Peut-être les partisans de l’abolition de l’armée pourraient y voir une opportunité pour repartir au combat. En vain. Cette affirmation n’apporte rien à la définition non écrite actuelle diront certains? Je répondrai pour ma part que nous ne perdons ainsi rien à la rappeler.

La Suisse n'adhère à aucune alliance militaire ou défensive. Est réservée la coopération avec une telle alliance en cas d'attaque militaire directe contre la Suisse ou en cas d'actes préparatoires à une telle attaque

Il est ici expressément déclaré sans détour que la Suisse n’adhèrera pas à l’OTAN ou à une quelconque autre alliance militaire. Cela pose-t-il problème à quelqu’un? Si tel est le cas, il est d’autant plus impératif de l’affirmer clairement, à l’heure où chaque rapport de notre Département de la Défense est au diapason de l’analyse géopolitique des Etats-Unis, en calquant notre armement sur une compatibilité future avec les forces otaniennes.

Les signes extérieurs de ce rapprochement sont évidemment dévastateurs sur la scène internationale. Cela n’empêchera pas, et le texte le précise, une coopération en cas de menace d’attaque extérieure de la Suisse. Et cette coopération, pour être effective le jour où l’attaque redoutée interviendrait, exige une préparation au niveau des états-majors. C’est ce que l’on nomme la coopération, expressément réservée. C’est le bon sens même. Où se situe l’obstacle pour les opposants? Je n’en vois pour ma part aucun.

La Suisse ne participe pas aux conflits militaires entre Etats tiers et elle ne prend pas non plus de mesures coercitives non militaires contre un Etat belligérant

Nous sommes ici dans le noyau dur de la définition historique de notre neutralité. Rien de nouveau. Aucun risque dès lors de voir entraver la marge de manœuvre future de nos fins stratèges fédéraux.

Sont réservées ses obligations envers l'Organisation des Nations Unies (ONU) et les mesures visant à éviter le contournement des mesures coercitives non militaires prises par d'autres Etats

Voici ce qui dérange Monsieur Ignazio Cassis et les partisans d’une réalpolitik partisane et complaisante à géométrie variable: un cadre clair pour les sanctions. Cette disposition interdit la reprise de sanctions autres que celles de l’ONU, dont la Suisse fait partie. Plus question dès lors de reprendre opportunément les sanctions de l’Union européenne, dont nous ne sommes pas membres (n’en déplaise à certains) lorsque cela nous arrange, comme l’a fait le DFAE en 2022 contre la Russie. Pas question non plus de prendre des sanctions «en solitaire», ce qui reste une vue de l’esprit, car cela ne s’est jamais présenté.

La loi fédérale sur les embargos devra ainsi être adaptée (RS 946.231). La Suisse deviendrait-elle alors le refuge de tous les criminels et autres profiteurs de guerre qui chercheraient à échapper à des sanctions autres que celles prises par un Conseil de sécurité de l’ONU dont on connaît les failles? Certainement pas. Et le texte de prévoir expressément les mesures visant à éviter le contournement des mesures coercitives prises par d’autres Etats, pour autant qu’elles ne soient pas militaires évidemment. C’est ce que la Suisse a fait depuis 2014, date de l’invasion de la Crimée par la Russie, sans que l’Union européenne nous pointe du doigt, et sans que la Russie ne s’en offusque.

Jusqu’à ce jour de février 2022 quand le Conseil fédéral a considéré, pour des motifs jamais avoués, qu’il fallait plaire à l’Union européenne en reprenant ses sanctions, avec les conséquences que l’on sait. Ainsi, cette nouvelle disposition empêchera la reprise de sanctions sans une ligne directrice claire, et mettra même constitutionnellement à l’abri nos futurs conseillers fédéraux de pressions internationales, peu respectueuses de notre neutralité.

Cela ne veut évidemment pas dire, comme l’affirment certains avec légèreté, que la Suisse ne pourra pas dénoncer des violations du droit international. Cela n’empêchera pas non plus notre pays d’arrêter, voire de juger des criminels au sens de ce droit international, dont les noms nous brûlent les lèvres, s’ils devaient passer par notre territoire. Neutralité ne rime pas avec frilosité à rappeler le contenu des Conventions de Genève, et à les faire respecter.

En conclusion, nous aurons enfin des règles qui seront à la fois un cadre et une protection, alors que l’on a vu précisément ce que peut faire le contorsionnisme politique adopté par notre actuel ministre des Affaires Etrangères, qui a soudainement pris un mégaphone pour annoncer la reprise des sanctions européennes contre la Russie – sans que l’on en voie encore les effets escomptés chez le sanctionné – et qui se mure par ailleurs dans un silence assourdissant, lorsqu’il s’agit de dénoncer les crimes commis dans d’autres parties du monde, et dont les auteurs bénéficient de toute évidence de sa complaisance.

La Suisse fait usage de sa neutralité perpétuelle pour prévenir et résoudre les conflits, et elle met à disposition ses services en qualité de médiatrice

Ce rappel du rôle de la Suisse et de ses bons offices pour prévenir et résoudre les conflits ne devrait déranger personne, au moment où l’on voit fleurir une concurrence internationale dans ce domaine, avec pour engrais la perte de notre crédibilité.

Une initiative salutaire pour la Suisse

A l’issue de ce passage en revue de l’initiative soumise au peuple et aux cantons le 27 septembre, que reste-t-il des critiques? «Il ne faut pas enfermer la définition de la neutralité dans un carcan», nous dit-on? Pourtant, les seules limitations nouvelles sont l’absence de reprise de sanctions hormis celles décidées par l’ONU, avec maintien de la possibilité d’empêcher que soient contournées les sanctions prises par d’autres Etats, comme nous l’avons toujours fait, et l’interdiction d’adhérer à une alliance militaire ou défensive, ce qui semble aller de soi.

«Il ne faut pas écrire ce que nos prédécesseurs ont construit dans l’oralité», ajoute-t-on? On a vu ce que certains dirigeants suisses contemporains en ont fait, avec les dégâts qui en ont résulté. Il faut donc mettre des garde-fous, qui ne priveront toutefois pas le Conseil fédéral de sa marge de manœuvre. Nous ne serons certes pas à l’abri d’un manque de sensibilité politique et de cohérence d’action, comme nous le constatons aujourd’hui.

Mais au moins, avec ce texte, la Suisse n’aurait pas repris benoîtement les sanctions de l’Union européenne contre la Russie, et aurait, comme elle l’avait fait parfaitement depuis 2014, continué à éviter que les oligarques russes ne contournent par la Suisse les sanctions européennes. Cela nous aurait évité la pantalonnade du Burgenstock, avec un Conseil fédéral gesticulant sans objectif précis, tel une poule sans tête. Et si ce sommet avait eu lieu, la Russie aurait été invitée, et peut-être serait-elle venue.

Enfin, d’aucuns, sans doute à court d’argument, viennent accuser cette initiative d’être «pro-Poutine». Qu’ils nous disent en quoi la politique du président russe et les intérêts des oligarques auraient été favorisés entre 2014 et 2022 par la «seule» mise en place de mesures évitant le contournement des sanctions internationales, et, à l’inverse, en quoi la reprise tonitruante des sanctions européennes en 2022 aurait modifié la situation, sinon en ruinant la crédibilité de la Suisse!

Préserver l'indépendance

Le texte proposé a le mérite de la cohérence et de la prévisibilité. Il redonnera cette crédibilité dont notre neutralité a besoin, après avoir été dévoyée par une reprise de sanctions européennes qui ne fut autre qu’un alignement inacceptable et incompatible avec notre indépendance. A toutes celles et ceux qui pensent que l’initiative ne changera rien, je dis qu’il faut alors la soutenir, car son rejet serait un signe déplorable donné à la communauté internationale.

A toutes celles et ceux qui pensent que l’initiative privera notre gouvernement d’une marge de manœuvre, je dis que c’est bien le contraire qui se produira, car aucune pression ne pourra être exercée par les Etats-Unis ou l’Union européenne – pour ne citer qu’eux – afin que l’on reprenne leurs sanctions, car notre Constitution ne le permettrait plus. Et à toutes celles et ceux qui pensent que l’initiative ne permettra plus de cirer des bottes selon les convenances du moment, je dirai que c’est bien son but, car notre neutralité, pour être crédible, doit être prévisible.

A défaut, ce n’est plus de la neutralité, c’est de l’opportunisme. Et cela nous permettra de jouer pleinement notre rôle de médiateur au service de la Paix, le mieux que nous sachions faire, en défendant le droit international, que certains voudraient voir disparaître, mais qui reste encore le véritable progrès de l’Humanité au cours des deux siècles écoulés, et dont la Suisse a été l’artisan éclairé et actif.

Mauro Poggia

blick.ch