Chu de che / Je suis d'ici / Sono di qui / Ich bin von hier ! Les statistiques de pannes automobile pour l'année 2026 sont arrivées ; https://fiabiliteautomobile.blogspot.com/ Notre liberté ne nous a pas été donnée, mais combattue et priée par nos ancêtres plus d'une fois! Aujourd'hui, comme autrefois, notre existence en tant que peuple libre dépend du fait que nous nous battions pour cela chaque jour. Restez inébranlable et soyez un gardien de la patrie pour que nous puissions remettre une Suisse libre telle que nous la connaissions à la génération suivante. Nous n'avons qu'une seule patrie!

mardi 16 juin 2026

Vous voulez être heureux? Ecoutez le chant des oiseaux !

 

Le chant des oiseaux permet de faire chuter le taux de l'hormone du stress
Photo: Shutterstock


Se promener en écoutant le chant des oiseaux est bénéfique pour la santé mentale. Des études montrent en effet que l'observation des oiseaux favorise la détente et procure un sentiment de bien-être.

Différentes études scientifiques ont prouvé l'impact positif des oiseaux sur la santé mentale, souligne mardi la Station ornithologique suisse de Sempach (LU) dans un communiqué. Cela démontre l'importance de promouvoir l'avifaune dans les espaces urbains et périurbains.

Faire chuter le taux de cortisol

Une étude publiée en mai par l'Université de Tübingen, en Allemagne, a montré qu'écouter les oiseaux chanter durant une promenade de 30 minutes dans un parc urbain permet de faire chuter le taux de cortisol l'hormone du stress de près de 40%. La tension artérielle baisse également et les émotions positives augmentent de plus de 20%, selon cette étude.

Les universités de Senckenberg et de Kiel (Allemagne) ont également étudié le lien entre bien-être et observation des oiseaux. Sur la base d'un échantillon de plus de 26'000 adultes issus de 26 pays européens, elles ont démontré que les personnes dont l'environnement abrite une grande diversité d'oiseaux sont significativement plus satisfaites de leur vie.

Selon leurs travaux, le bonheur provoqué par cette diversité serait comparable, en intensité, à celui procuré par une augmentation de salaire.

ATS

Polémique sur l'expérimentation animale à l'EPFL

 

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La conseillère nationale verte Léonore Porchet ne mâche pas ses mots. «C’est l’expérience animale la plus cruelle et la plus brutale qui soit», dénonce-t-elle. Dans une motion, l’élue vaudoise demande l’interdiction du «Forced Swim Test», ou test de nage forcée. Comme son nom l’indique, cette expérience consiste à contraindre des rongeurs à nager. Controversée, elle est utilisée dans le développement de médicaments contre la dépression et se pratique encore en Suisse, notamment à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) ainsi qu’aux universités de Lausanne et de Zurich.

Cette méthode suscite de vives critiques. Une association d’étudiants de l’EPFL a demandé l’organisation d’un débat public sur le «Forced Swim Test». Mais l’événement a déjà été reporté à deux reprises. «L’EPF Lausanne tente manifestement d’esquiver le débat. C’est une attitude absolument antidémocratique», dénonce Léonore Porchet.

L’école rejette cette accusation. Selon elle, la table ronde a été reportée parce que l’association étudiante n’avait pas rempli les conditions nécessaires à un débat équilibré. «La discussion aura désormais lieu en septembre, pour autant que les conditions-cadres convenues soient respectées», indique un porte-parole à Blick. Le débat portera plus largement sur l’expérimentation animale.

Pas de modèle pour la dépression humaine

Deux projets de recherche sont actuellement en cours à l’EPFL et pourraient recourir au test de nage forcée. Lors de cette expérience, des souris ou des rats sont placés dans un cylindre rempli d’eau profonde, dont ils ne peuvent pas s’échapper. Au début, les animaux luttent pour ne pas se noyer. Puis ils finissent par s’immobiliser et flottent à la surface de l’eau. Les souris sont sorties de l’eau après six minutes au maximum, les rats après vingt minutes. A l’EPFL, ce test sert à étudier le lien entre l’activité cérébrale et les comportements liés à la motivation.

Dans d’autres études, il est souvent utilisé pour évaluer l’efficacité d’antidépresseurs. Les animaux traités sont censés nager plus longtemps et rester moins longtemps immobiles dans l’eau que les animaux non traités.

L’EPFL rappelle que toute expérience animale doit être approuvée par une commission cantonale indépendante. Un chercheur qui utilise ce test et qui souhaite rester anonyme insiste aussi sur le fait que la souffrance des animaux est réduite au minimum. Selon lui, l’eau est chauffée et les animaux en difficulté sont immédiatement retirés du cylindre.

Le stress provoqué serait comparable à celui qu’éprouve un rat sauvage lors d’une froide journée d’hiver, affirme-t-il. «Une interdiction générale ne rendrait donc pas justice à la réalité de la recherche», estime le chercheur. Il reconnaît toutefois auprès de Blick que ce test ne reproduit pas la dépression humaine. «Dire qu’une souris qui nage est dépressive serait une interprétation trop simpliste.» Dans sa réponse à la motion, le Conseil fédéral confirme également que ce test ne constitue pas un modèle de la dépression humaine.

«On gaspille les fonds publics»

La Ligue suisse contre les expériences sur les animaux milite depuis des années pour son interdiction. «Au cours des 50 années qui ont suivi son invention, ce test n’a jamais conduit au développement de nouveaux médicaments ou de nouvelles thérapies», affirme sa porte-parole, Athénais Python. «Au contraire, on gaspille des fonds publics alors que les personnes souffrant de dépression espèrent de meilleurs médicaments. Il est d’autant plus cruel de faire souffrir des animaux pour un tel test.» En Suisse et dans l’Union européenne, le test de nage forcée est classé dans la catégorie de contrainte 3, soit le niveau le plus élevé.

Pour Athénais Python, deux raisons expliquent pourquoi cette méthode continue d’être utilisée en Suisse. «De nombreux chercheurs plus âgés réalisent ce test depuis des décennies. Ils ne l’ont jamais remis en question et le transmettent désormais à la génération suivante.» Dans le même temps, la recherche animale bénéficie de fonds publics importants, alors que les méthodes de substitution restent, selon elle, très peu soutenues. «Nous parlons ici de 100 à 200 millions de francs pour l’expérimentation animale, contre seulement quelques centaines de milliers de francs pour les méthodes de substitution.»

De nombreuses entreprises pharmaceutiques, dont Sanofi, Bayer, Roche et Pfizer, ainsi que plusieurs universités dans le monde, ont annoncé qu’elles renonçaient à ce test. L’organisation de protection des animaux demande désormais aux universités suisses de prendre clairement position.

Riccarda Campell

blick.ch

lundi 15 juin 2026

Citoyens informés sur la future couverture de Chamblioux

 


L'ambitieux projet de future "couverture de Chamblioux" de l'autoroute A12, dans le contournement de Fribourg, franchit une nouvelle étape. La population des quatre communes concernées se voit proposer des séances d'information à compter de ce lundi.

L’Office fédéral des routes (Ofrou) et le canton de Fribourg planifient conjointement la couverture de l’autoroute sur un tronçon de 1255 mètres, dans le secteur Chamblioux-Bertigny. Le projet est jugé «indispensable» pour revaloriser un secteur stratégique de l’agglomération et améliorer durablement la qualité de vie.

La couverture permettra notamment de réduire «significativement» les nuisances sonores et de créer des connexions entre les quartiers, grâce à des espaces ouverts et des aménagements urbains de qualité, a rappelé l’Ofrou dans un communiqué publié pour l’occasion. Le futur hôpital cantonal doit par ailleurs être érigé à proximité.

Mise à l’enquête

Pour mémoire, le projet a été approuvé par le Conseil fédéral en 2025. Depuis, les études ont été poursuivies par l’Ofrou et ont atteint un stade permettant la mise à l’enquête publique prévue au cours du deuxième semestre de cette année. D’où la mise sur pied d’une séance d’information dans chacune des communes concernées.

Ces quatre séances ont démarré ce lundi soir à destination des citoyens de Givisiez déjà. Ensuite, ce sera au tour de ceux de Granges-Paccot mercredi, de Fribourg le 29 juin et de Villars-sur-Glâne le 1er juillet. Elles aborderont les enjeux liés à la couverture autoroutière entre les deux sorties de Fribourg.

En service en 2033

Le projet répond aux objectifs fixés par les politiques d’aménagement du territoire fédéral et cantonal, ainsi qu’à l’ordonnance sur la protection contre le bruit. Les travaux pourraient débuter en 2031, pour une mise en service intégrale en 2033. Le coût est évalué, en l’état, à 195 millions de francs.

L’Ofrou doit y participer à hauteur de 82,5 millions de francs, ce qui correspond à 42% de l’enveloppe totale. Le reste est assumé par le canton de Fribourg et les communes partenaires. Le canton de Fribourg était représenté au point presse par le conseiller d’Etat Jean-François Steiert, chargé des infrastructures et de la mobilité.

ATS

Fribourg détaille les bons gestes pour éviter une pollution

 


Le canton de Fribourg a rappelé lundi les bons gestes à adopter pour préserver durablement l'environnement. Les pollutions des eaux et des sols résultent très souvent de comportements inappropriés liés à des activités domestiques.

Le printemps et l’été sont considérés comme des périodes à risque pour l’environnement. Avec l’arrivée des beaux jours, les activités autour de la maison reprennent: entretien des espaces extérieurs, nettoyage des toitures et des terrasses, remise en service des piscines, désherbage ou travaux de bricolage.

Cette période est donc particulièrement sensible en matière de pollution des cours d’eau et des sols, souvent en raison de gestes anodins mais inadaptés, rappelle le canton. Des substances lessivées par les pluies ou mal évacuées peuvent rejoindre les réseaux d’eaux claires puis les cours d’eau sans passer par une station d’épuration.

Les grilles de route et les caniveaux ne doivent pas être utilisés pour évacuer des déchets ou des eaux sales. Dans la majorité des cas, ils sont reliés directement à un cours d’eau. Déverser dans les égouts de l’eau de lavage, des restes de peinture ou des mégots entraîne une pollution directe du milieu aquatique.

Le Service de l’environnement fribourgeois intervient en moyenne une fois par semaine pour des cas de pollution des cours d’eau ou des sols. Ce sont 76 incidents qui ont été signalés en 2025 et 59 depuis le début de l’année. Si la majorité de ces événements ont un impact limité, certains provoquent des atteintes à l’environnement, allant jusqu’à la mortalité de poissons ou d’invertébrés aquatiques.

Poursuites pénales

Les auteurs de pollutions sont dénoncés aux autorités pénales. La loi fédérale sur la protection des eaux prévoit une peine pécuniaire de 180 jours-amende au plus si l’auteur a agi par négligence, une peine privative de liberté de trois ans au plus ou une peine pécuniaire s’il a agi intentionnellement.

ATS

250 kilomètres à pied en armure de chevalier, il relie le Grütli à Fribourg

 

Abraham Poincheval porte une armure de plus de 30 kg pour effectuer ces presque 250 km à pied
Musée d’art et d’histoire Fribourg/Adrian Scherzinger


Cette année, de grandes festivités étaient prévues pour marquer les 550 ans des batailles de Grandson (en mars) et de Morat (en juin). La Liberté vous propose chaque mois d’aborder un aspect de cette histoire. Huitième volet: les commémorations.

«Oh mon Dieu, un chevalier!» Voilà une des nombreuses exclamations de surprise et de joie qui ponctuaient la vue d’Abraham Poincheval, samedi, à Lucerne. Les sourires illuminaient les visages, les demandes de selfies et les interrogations fusaient devant cet homme se déplaçant en armure. L’admiration était encore plus grande quand les passants découvraient que le Français ralliait la plaine du Grütli à Fribourg, à pied, en portant plus de 30 kg de métal. Soit environ 250 km avalés en douze jours, avec des haltes sur les lieux importants liés à l’histoire helvétique.

Cette incroyable performance est mise en place par le Musée d’art et d’histoire de Fribourg (MAHF) dans le cadre des 550 ans de la bataille de Morat, déjà marqués par plusieurs expositions regardant vers le passé. L’institution fribourgeoise a choisi un autre point de vue. «Nous voulions partir du contemporain pour interroger notre rapport à l’histoire», explique Ivan Mariano, le directeur du MAHF. Qui voit aussi là une manière pour le musée de sortir de ses murs et de partir à la rencontre d’autres publics.

Destrier perdu

Pendant ce périple, il a observé le regard se modifier sur Abraham Poincheval selon son environnement. A Lucerne, devant le pont de la Chapelle, les badauds pensaient sûrement tomber sur une attraction touristique. En pleine nature, sa présence était bien plus mystérieuse. On perçoit dans tous les cas un anachronisme, que filme et photographie Adrian Scherzinger. «Il y a un contraste entre les paysages naturels que l’on retrouve dans l’iconographie et les paysages construits qui racontent beaucoup de la Suisse», indique Ivan Mariano.

Ce chevalier a donc perdu son destrier, ce qui tombe à pic puisque le mythe familial prétend que le patronyme de l’artiste français vient justement d’ancêtres lanciers ou arquebusiers, c’est-à-dire n’ayant point eu de cheval. On aimerait y croire, tant la coïncidence est jolie. En tous les cas, ce samedi matin, il avançait d’un bon pas malgré le poids de son armure. Alors on pense que ses gènes connaissaient probablement la routine du fantassin.

L’artiste, habitué des performances extrêmes, a vécu plusieurs jours enfermé dans une sculpture au MAHF dans le cadre d’une exposition de la série Corpus. Pour cet exploit-ci, il s’est préparé en allant à la salle de sport. Il a déjà interprété le chevalier errant à deux reprises et savait à quoi s’attendre. Mais la lourdeur de l’équipement reste toujours la difficulté majeure de l’exercice. Son armure est une réplique fabriquée en Italie et elle correspond à une panoplie du XVe siècle, la période de la bataille de Morat. «C’est un exosquelette. Le mouvement est bien pensé pour l’époque», explique Abraham Poincheval, prouvant ses dires en pliant les articulations.

Un écuyer

Dans son heaume, un rameau de tilleul a été glissé. Il est remplacé à chaque étape par une mouture fraîche. Une manière de rappeler le mythe de ce soldat ayant couru de Morat à Fribourg pour annoncer la victoire des Confédérés. Abraham Poincheval fera lui-même ce trajet en armure le 22 juin, une journée qui sera également marquée par sa participation au cortège de la Solennité dans le courant de la matinée.

Choc anachronique
Musée d’art et d’histoire Fribourg/Adrian Scherzinger

Pour cette traversée de la Suisse, le trajet a été pensé en étapes réalistes. Adrian Scherzinger rejoint les marcheurs avec son van, apportant la subsistance mais aussi l’outillage pour réparer l’une ou l’autre sangle de l’armure. Le chevalier errant s’arrête régulièrement et s’hydrate constamment grâce à un Camelbak. Il reste toutefois des inconnues liées à toute performance si exigeante. Le tracé a parfois été adapté pour raccourcir un tronçon paraissant trop long. De plus, Ivan Mariano accompagne l’artiste quasiment tous les jours afin d’assurer sa sécurité et sa santé, d’autant que les températures s’annoncent élevées ces jours. Il le guide également et lui sert d’écuyer – il a besoin d’aide pour enfiler et retirer son armure. Pour l’ensemble, comptez une bonne dizaine de minutes.

Le directeur du MAHF a aussi expliqué le contexte historique à Abraham Poincheval. «Cette expérience se construit au fur et à mesure de ce voyage, c’est comme un atelier en plein air. L’expérience est importante. Si j’avais déjà tout construit en amont je m’ennuierais», reconnaît le Français. Alors il observe au travers des ouvertures de son heaume le paysage, la réaction du public, toujours bienveillante et intriguée. «L’idée est aussi de poser la question d’une œuvre d’art quand on la bascule dans le quotidien des gens.» Des badauds découvriront peut-être le concept de performance grâce à lui. D’autres se plongeront ou se replongeront dans les détails de la bataille de Morat ou dans d’autres événements de la construction de la Confédération.


« Nous voulions partir du contemporain pour interroger notre rapport à l’histoire »

Ivan Mariano


Et puis il y a le bruit de son armure sur les pavés ou le bitume, un tonnerre effrayant qui fait se lever les têtes des Natels. «Le but est de créer une rythmique, qui me permet de savoir si je suis fatigué ou non. Quand la rythmique est bien ordonnée, tout est OK», souligne le performeur, imaginant la terreur que devait provoquer au XVe siècle ce fracas annonciateur de combats.

Documentée, cette errance chevaleresque et artistique sera au cœur d’une exposition prévue dès le 1er octobre au MAHF. Un film retraçant le parcours d’Abraham Poincheval y sera diffusé. L’armure, marquée par son voyage helvétique, sera modifiée et deviendra œuvre d’art à son tour. Des objets et des œuvres illustreront aussi certains lieux traversés, et des thématiques seront approfondies. Car Ivan Mariano constate qu’en Suisse il existe souvent une connaissance lacunaire de l’histoire du pays. Nous nous souvenons davantage des mythes consolidés au XIXe siècle que de la réalité. Alors il nourrit ces récits d’une nouvelle légende, celle d’un chevalier errant reliant ces deux mondes.

Programme. Un marché et un camp du Moyen Age

Les festivités marquant les 550 ans de la bataille de Morat se dérouleront évidemment dans le chef-lieu lacois. Elles commenceront vendredi à 19 h avec la Fête des fontaines, qui verra de belles décorations orner les bassins de la Vieille-Ville. Samedi et dimanche, un camp et un marché du Moyen Age s’installeront devant la porte de Berne. Un grand White Brunch est aussi prévu le samedi. Il s’agit d’un repas au cœur de la cité, o les participants devront, comme son nom l’indique, porter du blanc. Diverses animations sont annoncées. Ce sera également la journée officielle, émaillée de plusieurs rendez-vous solennels. Le Tir historique aura lieu le dimanche et la Solennité le 22 juin.

«Aujourd’hui, il est difficile de fêter la guerre»

Le 22 juin, cela fera pile 550 ans que les Confédérés ont vaincu les Bourguignons à la bataille de Morat. Cet anniversaire a été et sera fêté tout au long de l’année, mais il prendra toute sa dimension officielle ces prochains jours. Ce n’est pas l’exploit martial qui sera célébré, mais plutôt la culture de l’époque et même la paix. En effet, un grand brunch invitant les participants à s’habiller en blanc, une couleur aux accents pacifiques, sera organisé. Une gerbe sera aussi déposée en mémoire des victimes (lire ci-dessous).

Evidemment, l’historien moratois Stefan Matter connaît bien cette célèbre victoire des Confédérés. S’il n’est pas impliqué dans les festivités de ce week-end, il a élaboré un dossier scientifique pour le spectacle Im Auge des Sturms, un théâtre en dialecte qui racontera dès le 1er juillet ce qu’ont peut-être vécu les habitants de la cité au moment de la bataille. Interview.

Les festivités de ce week-end semblent davantage placées sous le signe de la paix que de la guerre. Pourquoi ce changement de vision?

Stefan Matter: Historiquement, la Solennité (la fête annuelle célébrant la bataille, ndlr) était un événement organisé par les Moratois, pour les Moratois. Cette commémoration a commencé presque directement après la victoire, et elle a duré des centaines d’années. En 1848, lors de la création de la Suisse moderne, les batailles, et non seulement celle de Morat, ont servi de miroir pour se fabriquer une histoire commune et une identité suisse. L’importance de ce mécanisme a changé dans les dernières décennies. Aujourd’hui, il est difficile de fêter la guerre.

Est-ce compliqué parce que le contexte actuel est très martial?

Certainement, cela joue aussi un rôle, mais ce changement a commencé dans les années 1960. Un mouvement pacifique est né en Europe, et la question de la suppression de l’armée est entrée dans le débat helvétique. Cela n’est pas un phénomène suisse, mais occidental. Depuis lors, nous nous concentrons moins sur le fait que la Solennité est la commémoration d’une guerre, et nous essayons d’en faire une fête des écoles.

Vous avez élaboré un dossier historique pour Im Auge des Sturms. A-t-on des témoignages sur la vie de l’époque?

Non; en tant que médiéviste, nous devons un peu deviner le quotidien de la population. Nous savons que quelques centaines de personnes vivaient dans la ville de Morat à ce moment-là. Dans les mois précédant la bataille, Charles le Téméraire se trouvait près de Lausanne et se préparait, mais personne ne savait à quoi. Toute la région s’attendait à une attaque: à Fribourg, Morat, Neuchâtel, on renforçait les villes et on y plaçait des soldats. Les fermiers des environs de Morat et les habitants de la ville avaient peur. Ils se sont déplacés dans des cités environnantes pour se mettre à l’abri.

Tout le monde était inquiet…

Oui, et nous devons nous rappeler qu’à l’époque, personne ne pouvait imaginer que les Confédérés allaient gagner. Les Fribourgeois, les Bernois et les Moratois savaient que Charles avait l’armée la plus puissante d’Europe, qu’elle était très bien organisée et qu’elle avait été victorieuse à de nombreuses reprises. La situation était très sérieuse. On s’attendait à ce que personne ne survive à son assaut.


« On parlait de Charles le Téméraire partout, comme on le fait avec Trump actuellement »


Quelles sources aviez-vous alors pour poser ce contexte historique?

Nous n’avons pas de traces des voix des simples habitants, mais en revanche nous avons des centaines de lettres écrites entre les autorités de Berne, Morat, Fribourg et Le Landeron, des petites villes renforcées dans l’attente de l’attaque de Charles. Nous pouvons voir comment elles se sont organisées, comment elles essayaient de distribuer les forces entre elles et de deviner les intentions du duc de Bourgogne. Des personnes liées au Téméraire ont même été capturées pour savoir ce qu’il voulait faire, mais en lisant la correspondance de Charles, nous comprenons que personne n’en avait la moindre idée.

Quelle était l’ambiance sur le Plateau suisse après cette bataille?

Directement après la bataille, la surprise était totale pour tous les protagonistes. Il a fallu un certain temps aux deux camps pour se réorganiser. Les Confédérés ont fêté la victoire et un de leur grand souci a été de partager le butin. Pour les Bourguignons, la défaite était dure, et pour Charles il était important de ne pas perdre la face. Sa puissance en Europe augmentait, et il voulait devenir roi de Bourgogne. On parlait de lui partout, comme on le fait avec Trump actuellement. Il était imprévisible, très audacieux, tout le monde avait peur de lui, et on s’attendait à ce qu’il lui arrive ce qui s’est passé à Morat. On pensait que cette défaite était un juste retour des choses.

Sa mort, à Nancy, a-t-elle marqué une paix en Europe?

Tout le monde était soulagé par sa mort, mais cela n’a pas ouvert une période de paix. Naturellement, quand quelqu’un comme lui tombe, d’autres veulent prendre sa place.

Tamara Bongard

laliberte.ch