Chu de che / Je suis d'ici / Sono di qui / Ich bin von hier ! Notre liberté ne nous a pas été donnée, mais combattue et priée par nos ancêtres plus d'une fois! Aujourd'hui, comme autrefois, notre existence en tant que peuple libre dépend du fait que nous nous battions pour cela chaque jour. Restez inébranlable et soyez un gardien de la patrie pour que nous puissions remettre une Suisse libre telle que nous la connaissions à la génération suivante. Nous n'avons qu'une seule patrie!

mardi 24 février 2026

Pourquoi il ne faut pas abandonner l’écriture manuscrite à l’école

 

Aujourd’hui, stylos et cahiers cèdent de plus en plus la place aux écrans et claviers dans les salles de classe. Mais ces outils permettent-ils d’écrire avec la même efficacité ? En quoi supposent-ils des compétences différentes ? L’analyse de nos confrères de l’excellent site The Conversation.

Au fil des décennies, des dispositifs technologiques ont été progressivement intégrés à l’apprentissage des langues, c’est le cas récemment de l’intelligence artificielle (IA) générative.

La sophistication de ces outils condamne-t-elle à terme le recours aux crayons et aux stylos ? Ou les usages numériques peuvent-ils se combiner à l’écriture manuelle ? En quoi celle-ci garde-t-elle sa valeur pour l’être humain ?

Stylo ou clavier : un impact sur la mémorisation des connaissances

L’écriture à la main a longtemps été associée à la mémoire et aux apprentissages. C’est en 1829 que la frappe au clavier est apparue, elle est devenue courante en 1867 grâce à la première machine à écrire manuelle. Si les élèves d’autrefois apprenaient à écrire exclusivement à la main, les élèves d’aujourd’hui alternent entre écrans et papier.

Or, les recherches montrent que ces modalités n’ont pas les mêmes effets sur l’acquisition des connaissances. Dans une étude de 2014, on a observé que les élèves réussissent mieux à répondre aux questions analytiques s’ils prennent leurs notes à la main. Une étude de 2017 a établi que les étudiants de 20-25 ans retiennent plus longtemps les informations qu’ils écrivent à la main par rapport à celles qu’ils tapent sur un clavier.


« L’impact de l’utilisation des technologies sur l’expression écrite (Ma thèse en 180 secondes, 2023) »

Par ailleurs, on a découvert que les étudiants qui utilisaient l’intelligence artificielle depuis leurs premières rédactions se souvenaient très peu de ce qui était réellement écrit lorsqu’ils étaient testés sur leur capacité à citer un texte, contrairement à ceux qui avaient composé eux-mêmes leurs textes. Trouver un équilibre entre production écrite et numérique est dès lors très important.

Une richesse lexicale moindre dans les productions numériques

Dans une expérimentation menée en 2019, avant le boom des IA génératives que nous connaissons, nous avons comparé les productions manuscrites et dactylographiées d’étudiants en anglais. Nous avons constaté une moindre richesse lexicale dans les productions dactylographiées, ce qui confirme les tendances évoquées plus haut.

L’objectif de l’étude était de déterminer s’il existait des différences linguistiques en fonction du mode de production. Nous nous sommes intéressés aux aspects stylistiques, tels que la valeur informationnelle des textes, à l’organisation des textes ainsi qu’aux aspects lexicaux.

Il y avait 58 participants à l’étude, chacun produisant un texte dactylographié et un texte manuscrit à un intervalle d’une semaine. L’expérience a eu lieu dans le cadre de la préparation d’une évaluation finale. Les participants ne pouvaient pas avoir recours à des ressources pendant la production, pas de dictionnaire, pas d’outils d’autocorrection.

La majorité des textes ont témoigné d’une valeur informationnelle et d’une organisation textuelle statistiquement similaires dans les deux cas. Cela induit que le mode de production n’a pas eu d’influence sur les approches stylistiques utilisées.

Concernant la diversité lexicale, il n’en est pas de même. La richesse lexicale était bien plus importante dans la majorité des productions manuscrites. Les productions dactylographiées présentaient des faiblesses qui n’étaient pas présentes dans les productions manuscrites des mêmes participants.

Ces résultats peuvent avoir des implications pour l’enseignement de l’anglais et la manière dont les étudiants sont encouragés à produire des textes écrits.

Écrire sur écran, ça s’apprend

Depuis que la transition numérique a remisé les stylos au placard, plusieurs pays se sont penchés sur les incidences des usages numériques sur les compétences écrites : l’Espagne, les États-Unis ou encore la France.

Or, des études récentes soulignent l’importance de stratégies spécifiques d’écriture pour la progression des élèves, telles que la planification ou la relecture. Si la production manuscrite développe des capacités que le clavier ne développe pas, la maîtrise du clavier reste une compétence incontournable mais exigeante.

Les difficultés à écrire relevées aujourd’hui tiennent d’abord à leur place de moins en moins prioritaire dans les programmes scolaires en Europe, aux États-Unis ou encore en Chine.

Par ailleurs, les modes de production sont fondamentalement différents à trois niveaux. D’abord, la saisie et l’écriture se déroulent dans des cadres spatiaux distincts. L’écriture se produit dans un espace unifié tandis que la saisie se déroule dans deux espaces séparés. Ensuite, la manière dont l’individu compose avec les différences spatiales lors de la planification, de la transcription et de la révision d’un texte est également nettement différente. Enfin, la perception et les usages des étudiants varient selon les modes de production.

C’est pourquoi il est important de continuer à insister sur les bénéfices cognitifs de l’écriture manuscrite à l’école et ailleurs, tout en prenant conscience de l’apprentissage que suppose l’écriture numérique pour que les élèves arrivent au même niveau de fluidité sur écran que sur papier. En classe, il s’agit de réfléchir aux options proposées en termes d’outils de rédaction. Reste à suivre les prochaines évolutions : quels seront les impacts du recours croissant aux IA sur la production écrite ?

Les jeux vidéo rendent-ils vraiment violent ?

 


Egger Ph.

vendredi 20 février 2026

Le Comité olympique d'Israël demande la suspension du commentateur de la RTS Stefan Renna

 

La polémique autour du bobbeur israélien continue d'enfler. Après les propos du journaliste de la RTS Stefan Renna lors de l'épreuve du bobsleigh à deux ce lundi 16 février, le Comité olympique d'Israël demande à présent que le journaliste soit mis à l'écart et suspendu, révèle «L'Equipe».

«Les remarques faites pendant la diffusion étaient partiales, politiques et incendiaires, et n'avaient pas leur place sur une plateforme olymplique», assène le communiqué du Comité. «De telles déclarations nuisent non seulement à l'athlète concerné et à la délégation israélienne, mais elles sapent également les valeurs fondamentales du mouvement olympique, notamment le respect, l'égalité et l'unité entre les nations et les athlètes.»

Demande d'excuses officielles

Pour rappel, Stefan Renna a dénoncé le soutien de l'athlète Adam Edelman à la guerre à Gaza et ainsi remis en question le choix du Comité international olympique d'autoriser sa participation aux Jeux. «Le CIO avait indiqué que les athlètes qui ont, je cite, 'soutenu activement la guerre, en participant à des événements pro-guerre, en étant engagés militairement ou via leurs activités sur leurs réseaux sociaux, n’étaient pas éligibles à une participation'», a déclaré Stefan Renna.

Outré, le Comité olympique d'Israël demande que la RTS publie «des excuses claires et publiques (...) concernant les déclarations faites» ainsi que la «révision immédiate de la participation» de Stefan Renna sur la couverture médiatique des jeux, voire même sa suspension. Jusqu'à présent, la RTS a reconnu que le commentaire de Stefan Renna était «factuel mais inapproprié en raison de sa longueur». 

Les propos de Stefan Renna ont suscité une vague d'indignations parmi de nombreux membres de la communauté israélienne, notamment l’ambassadeur des Etats-Unis en Israël, Mick Huckabee, mais aussi des messages de soutien estimant que ces propos étaient factuels.

La RTS réagit

Sollicitée par Blick, la RTS dit «défendre une information véridique, indépendante et respectueuse. Lors d’une retransmission sportive, le positionnement politique d’un athlète a été relayé à l’antenne. La longueur de cette information n'était pas appropriée dans le cadre du commentaire d'une compétition sportive. C’est la raison pour laquelle la séquence a été retirée. Par souci de rigueur journalistique, nous allons préciser auprès de nos rédactions la forme des commentaires sportifs. Nous regrettons que cet épisode ait pu blesser des personnes.»

Quant à la publication d'excuses ou la suspension du journaliste Stefan Renna, la RTS ne souhaite pas faire d'autres commentaires et dit recevoir «des sollicitations du monde entier».

Luisa Gambaro

blick.ch

mercredi 18 février 2026

Crans-Montana: les révélations s'enchaînent

 

Le couple Moretti aurait obtenu des permis en règle grâce à des proches travaillant dans la commune

Les révélations n’en finissent plus autour du couple Moretti. La chaîne italienne Rai affirme dans un reportage diffusé le 16 janvier que Jacques Moretti, propriétaire du bar Le Constellation, aurait délibérément négligé les normes de sécurité incendie et qu’il aurait été aidé de la commune afin d’obtenir un permis en règle.

L’homme, un fournisseur de mobilier, qui souhaite rester anonyme par crainte de représailles, affirme que les propriétaires auraient refusé d’équiper l’établissement d’installations ignifugées afin de réduire les coûts. "Les revêtements ignifugés coûtent environ 15 % plus cher", explique-t-il.

Pourtant, il n’est pas possible d’obtenir une autorisation d’ouverture sans les certificats requis, notamment en matière de sécurité incendie. Selon le témoin, Jacques Moretti aurait eu une sorte de passe-droit. "Sa femme m’a dit qu’ils n’avaient pas besoin de mobilier ignifuge, car ils avaient des proches occupant des postes élevés à la commune de Crans-Montana", raconte-t-il. Ce dernier affirme avoir signalé cette situation à plusieurs reprises aux autorités, sans résultat.

D’après un rapport auquel la RTS a pu avoir accès, la commune de Crans-Montana était informée depuis 2023 des graves lacunes du service en charge des contrôles incendie. En témoigne la remise d’un audit interne sans équivoque : "trop peu de moyens, trop peu de personnel, trop peu de temps", rapporte le média suisse. Le rapport explique également que lors des recrutements au sein de l’administration de la commune, les "relations personnelles et politiques" des candidats auraient pesé plus lourd que leurs compétences professionnelles.

Toujours selon le média suisse, le fonctionnaire chargé en 2015 du contrôle du bar Le Constellation était lui-même impliqué dans une affaire pénale pour coups et blessures involontaires. En cause : la chute d’un homme causée par une balustrade insuffisamment sécurisée. La victime a souffert de paralysie par la suite. Le fonctionnaire a été acquitté.

Les élus "étaient tous au courant"

Chacun son style, chacun ses mots, mais pour dire la même chose. Un mois et demi après l'incendie qui a tué 41 personnes et blessé 115 autres à Crans-Montana en Suisse la nuit du réveillon, une question est sur toutes les lèvres et ces deux responsables de la commune sont pressés d'y répondre : pourquoi aucun contrôle incendie n'a eu lieu au Constellation, géré par le couple Moretti, depuis mai 2019 ? Par manque de personnel et de compétence, affirment en substance l'ancien et l'actuel responsable incendie de Crans-Montana. Dans leurs auditions qui ont eu lieu pour l'un le 6 février et pour l'autre le 9 février, et que franceinfo a pu consulter en exclusivité, tous les deux décrivent comment ils se sentent bien seuls avec leur équipe pour réaliser ce que la loi les oblige à faire : contrôler tous les ans les établissements publics de la commune.

Et la tâche s'avère, de leur propre aveu, impossible. Ken Jacquemoud, l'ancien responsable sécurité incendie qui a quitté son poste en mai 2024, raconte qu'en 2017 "quand j'ai commencé, j'étais seul comme chargé de sécurité". Il explique devant les trois magistrates et une quarantaine d'avocats comment il a "bataillé" pour se constituer une équipe, aujourd'hui de cinq personnes sous les ordres de son successeur Christophe Balet. Ken Jacquemoud raconte comment il enchaîne les rapports dans lesquels il fait "part du manque de ressources".

"J'avais, sauf erreur, fait une présentation au conseil communal de mes tâches et fonctions, des choses qu'on devait faire selon la loi et des choses qu'on arrivait réellement à faire". Et il affirme : "Dans ma présentation Powerpoint c'était mentionné qu'il manquait des ressources". Un constat partagé par son successeur, Christophe Balet : "On a priorisé certains établissements. On planifie un maximum de visites en sachant qu'on ne suit pas l'ordonnance, par manque de ressources."

Tous les deux assurent que ce problème est connu de tous les élus à Crans-Montana et dans le canton du Valais depuis des années. "Ils étaient tous au courant", lance Ken Jacquemoud. Et d'ajouter : "Nicolas Féraud était au courant de cette situation". Nicolas Féraud, le président de la commune de Crans-Montana qui, en conférence de presse juste après l'incendie, avait confié devant les caméras du monde entier ne pas pouvoir expliquer pourquoi le bar géré par le couple Moretti n'a pas été contrôlé ces cinq dernières années. C'est ce même président qui a gelé les embauches dans sa commune, station de ski huppée suisse dans un plan dénommé Personal Stop, rappelle de son côté l'actuel responsable sécurité incendie de la commune. "En janvier 2025, la commune de Crans-Montana a décrété le Personal Stop, ainsi ce n'était pas possible de demander de nouveaux postes, si ce n'est de remplacer le personnel existant", explique l'actuel responsable de sécurité incendie.

Selon lui, pour arriver à faire tous les contrôles incendie tous les ans, il lui faudrait "au minimum cinq à six personnes de plus". Désormais, selon les informations de franceinfo, Nicolas Féraud fait l'objet d'une plainte de la part de plusieurs victimes de l'incendie pour des "manquements gravissimes". Plusieurs avocats de victimes demandent à présent à ce qu'il soit entendu.

Les restaurants et les bars, non prioritaires

Les propos tenus par ces deux prévenus pendant leurs auditions permettent de comprendre qu'en plus d'être contraints par des manques d'effectifs, ils sont victimes de la mauvaise image que leur métier renvoie. Eux qui imposent aux propriétaires, aux gérants, de se mettre en conformité et donc de payer des équipements parfois chers. De plus les contrôles sont sources de tension et cela demande beaucoup d'énergie pour s'y préparer alors que la charge de travail est très élevée. Lorsqu'il demande à sa hiérarchie comment faire, "ils nous disaient de tous faire de notre mieux. Ils nous disaient de contrôler au moins les hébergements". La première priorité étant les hôpitaux, puis les hôtels et enfin en dernier lieu les restaurants et les bars, comme Le Constellation.

Enfin la question est posée clairement par un avocat au responsable de sécurité incendie en poste jusqu'en 2024 et retranscrite noir sur blanc : "Pour quelle raison y a-t-il eu deux visites [au Constellation] en 2018 et 2019 et aucune pour les années 2016, 2017, 2020, 2021, 2022, 2023, 2024 et 2025 ?" La réponse se fait en trois temps. "Avant 2017 je ne peux pas vous répondre. En 2017 il a fallu planifier". Pourquoi les deux visites consécutives en 2018 et 2019 ? "C'était soit pour suivre les délais soit pour traiter une nouvelle demande". Et à partir de 2020 "il y a eu les années Covid, donc les établissements publics étaient fermés, donc on ne les a pas visités. Ensuite pour les années 2023 et 2024, comme mentionné il y avait un manque d'effectif".

Ces deux responsables de la sécurité incendie sont ensuite interrogés sur la fameuse mousse acoustique, à l'origine du drame. Tous les deux l'admettent : "Je ne connais pas ce produit". Ils ne savent pas qu'il est très inflammable. Et ils ajoutent qu'ils n'avaient pas pour ordre d'en contrôler la présence lors de leurs inspections, au moins jusqu'au 7 janvier dernier, soit après l'incendie du Constellation. De nouvelles consignes ont depuis été données au niveau du canton à la suite de l'incendie.

Des interrogations sur la formation des deux hommes

Toujours est-il que jusqu'à l'incendie, tous les deux ne voyaient pas le problème posé par l'installation de ces mousses acoustiques dans des bars ou des restaurants, un matériau hautement inflammable. Ce qui pousse les magistrates à leur poser des questions sur leur formation, sur le contenu de leur apprentissage en matière de lutte contre les incendies. Ils doivent tous les deux faire face à la même série de questions : "Au cours de votre formation, est-ce que des exemples d'incendies aux conséquences dramatiques survenus à l'étranger ont été abordés, tels que l'incendie de la discothèque 5-7 en France en 1970 ?", réponse : "Non". "Ou celui du Station Nightclub aux Etats-Unis en 2003 ?", "non". "Ou celui de la discothèque Kiss au Brésil en 2013 ?", "non". "Ou celui de la discothèque Colectiv en Roumanie en 2015 ?", "non plus". "Ou le bar Cuba Libre en France en 2016 ?", "non". L'un des deux se souvient quand même de l'incendie de la Grenfell Tower à Londres en 2017, qui a coûté la vie à 72 personnes.

Des méconnaissances qui interrogent pour deux hommes, tous les deux pompiers, l'un muni d'un diplôme de bûcheron, l'autre ancien garagiste, tous les deux reconvertis dans la sécurité incendie. Christophe Balet, ancien garagiste, a raté son brevet de spécialiste en sécurité incendie à cause de problèmes de santé, il ne l'a jamais repassé. Si dans la retranscription de son audition il n'a pas de mot pour les victimes de l'incendie, son prédécesseur confie en toute fin d'interrogatoire : "Depuis ce drame, toutes mes pensées vont vers ces victimes, ces personnes qui ont été lésées et qui n'auraient jamais dû vivre ça. Mes pensées vont également pour les gens qui sont intervenus sur place, qui ont vu des choses qu'ils n'auraient jamais dû voir". Des pensées également adressées "vers toutes les familles et leurs proches qui vivent quelque chose d'inimaginable". Ces deux responsables sécurité incendie seront bientôt interrogés à nouveau. Ils restent libres jusqu'à leur prochaine audition.

«Elle a dit que la porte devait rester fermée»

​Le videur Stefan aurait pu fuir, mais le trentenaire s’est jeté dans les flammes lors de la nuit de l’incendie pour tenter de sauver des clients du bar «Le Constellation». Le Serbe a payé de sa vie. L’agent de sécurité est l’une des 41 victimes de Crans-Montana.​

On apprend désormais qu’un deuxième agent de sécurité travaillait dans le bar cette nuit-là. Il a survécu mais a été grièvement blessé, rapporte le quotidien italien «La Repubblica». Selon le journal, l’homme a été entendu mercredi matin par le Ministère public à Sion. Le nombre exact d’agents présents dans l’établissement n’était pas clair, un seul contrat ayant été établi.

L’agence de presse italienne Ansa a indiqué après l’audition que le témoin avait surtout mis en cause Jessica Moretti: «J’ai entendu Jessica parler avec les employés.» L’instruction donnée au personnel du «Constellation» aurait apparemment été de maintenir les deux portes de sécurité fermées. «Ils ont dit que les portes devaient rester fermées.» Selon l’agent de sécurité, il s’agissait d’éviter que des clients ne quittent simplement les lieux. «Elle avait peur que les clients partent sans payer.»

Pilloud et Féraud sont membres de la même confrérie 

Le 28 mars, la procureure générale Béatrice Pilloud devait parrainer l'événement printanier de la corporation viticole «Ordre de la Channe» à Sierre, rapporte la «NZZ». Cette confrérie compte environ 600 membres issus des milieux politiques, économiques et culturels, dont Nicolas Féraud, président de la commune de Crans-Montana. Tous deux sont également membres du PLR.

Compte tenu de l'enquête sur l'incendie catastrophique de Crans-Montana, l'avocat des victimes, Christophe de Galembert, parle d'une «proximité problématique» s'il existe une relation plus étroite que prévu entre les membres du ministère public et les représentants des autorités potentiellement concernés.

Béatrice Pilloud affirme n'avoir «aucune connaissance» de l'adhésion de Nicolas Féraud. Le président de l'ordre, Patrick Bérod, rejette les accusations de copinage.

Vail Resorts, l'investisseur embêté

Depuis le drame de Crans-Montana, un protagoniste clé est resté silencieux: Vail Resorts. Le géant américain a beaucoup en jeu dans la station valaisanne, étant le propriétaire des remontées mécaniques, ainsi que d’une école de ski et de 11 restaurants. 

Des plans mis à mal

Depuis décembre, le groupe n‘a publié aucun communiqué de presse. Uniquement des chiffres mondiaux – déficitiaires – pour le trimestre clos au 31 octobre 2025. Les prochains résultats trimestriels, à fin janvier 2026, sortiront le 9 mars. Pour Vail Resorts, investir dans Crans-Montana en 2024, après Andermatt en 2022, fait partie d’une stratégie de croissance et d’expansion en direction de l’Europe. La tragédie du 31 décembre est venue brutalement secouer ses plans.

Avec le drame qui a fait 41 morts et 115 blessés, Vail Resorts se retrouve exposé de plein fouet au marché touristique d’une station éprouvée. Ces prochaines années, la commune de Crans-Montana n’aura pas toute latitude pour investir, étant suspendue au règlement de dommages civils qui pourraient mettre ses finances à rude épreuve. 

Confiance réaffirmée par le groupe

Contacté par Blick, le groupe américain nous répond par la voix de Nadia Guerriero, directrice des opérations de Vail Resorts pour l'Europe et l'Australie: «Surmonter ces événements ne signifie pas les oublier, mais le tourisme joue un rôle important pour soutenir la communauté locale. Nous sommes engagés à aller de l'avant avec considération, responsabilité et respect.» Nadia Guerriero affirme que le groupe reste pleinement engagé. «Nous sommes confiants dans nos investissements en Suisse et dans l’excellente expérience que fournit la station Crans-Montana et sa région, et avons la chance d’avoir une clientèle très loyale et un intérêt croissant des visiteurs locaux et internationaux.»

Le groupe basé dans le Colorado avait déboursé 120 millions de dollars pour racheter 84% des Remontées Mécaniques de Crans Montana (CMA) à l’investisseur tchèque Radovan Vitek, ainsi que les restaurants et l’école de ski. A cela s’ajoute un investissement de 30 millions de dollars dans la station sur 5 ans, soit 6 millions par an. «Nous confirmons cet engagement, qui est déjà en cours, souligne Nadia Guerriero, et écoutons beaucoup la communauté locale et les visiteurs afin de faire les investissements les plus pertinents pour une meilleure expérience des clients.» Dans ce cadre, la responsable indique que le groupe «a déjà procédé à des investissements significatifs dans la fabrication de neige artificielle et dans la qualité des pistes, mais aussi dans la gastronomie».

Importants défis pour la croissance

Le montant de 30 millions sur 5 ans reste toutefois modeste si on le compare aux 30 à 40 millions qu’investit par exemple la station concurrente de Zermatt chaque année. Mais au total, Crans-Montana reste un gros engagement pour Vail Resorts, d’autant que les remontées de la station restaient déficitaires l’an dernier, avec pas loin d'un million de pertes à fin juillet. 

Le risque, en termes de retour sur investissement pour Vail Resorts, se retrouve accentué par son propre modèle d’affaires. Ce dernier fonctionne par synergies, intégrant les stations dans des offres combinées. Au coeur du modèle, le forfait Epic Pass, qui donne accès à plusieurs stations dans le monde, combinées à des hôtels, restaurants et magasins de sport. Un réseau dans lequel Crans-Montana, intégrée à l'Epic Pass qui donne un accès illimité à ses pistes jusqu'au 6 avril 2026, doit jouer un rôle central pour l’Europe, et dont Vail Resorts attend un retour chiffré. «Suite aux investissements ainsi qu’à l’intégration de la station dans les Epic Pass, Crans-Montana devrait générer un bénéfice opérationnel de plus de 15 millions de francs par an», indiquait le groupe au moment du rachat.

Valorisation en recul

Certes, Crans-Montana fait partie d’une quarantaine d’autres stations de ski détenues par Vail Resorts, ce qui diversifie ses risques. Mais Vail Resorts n’avait pas la faveur des investisseurs, ce mois de février, selon l'hebdomadaire de référence «Barron's», faute d’enneigement suffisant jusque-là aux Etats-Unis. L'action du groupe perd 55% sur 5 ans, et 63% depuis son pic de novembre 2021, depuis lequel sa capitalisation boursière est passée de 15 à 5 milliards de dollars.

Cours de l'action Vail Resorts, en %


Vail Resorts avait par ailleurs fait les gros titres pour sa mauvaise gestion de certaines remontées mécaniques défectueuses aux Etats-Unis, et pour des grèves du personnel qui ont fait grand bruit dans des stations américaines. Il y a une année, le groupe était qualifié de «McDonald's des stations de ski» par ses détracteurs suite aux accidents de télésièges mal entretenus. «Leurs installations sont pour la plupart obsolètes et restent en service jusqu'à leur panne complète», déclarait Franz Julen, président des remontées mécaniques de Zermatt.

Confiance du marché espérée

Suite à ces affaires, la CEO de Vail Resorts, Kyrsten Lynch, avait été limogée en mai 2025. En place depuis 2021, elle avait été remplacée par son prédecesseur, Rob Katz, qui avait déjà dirigé le groupe de 2006 à 2021. Un retour aux affaires qui semblait destiné à rassurer des investisseurs nerveux, suite à la chute de 63% du cours depuis l’arrivée de Kyrsten Lynch. 

Mais l’action a encore perdu 15% après le retour de Rob Katz et avant le drame de Crans-Montana, car la croissance restait moyenne sur le marché américain. C'est dans ce contexte que la stratégie comptait sur la croissance en Europe, en Suisse et en Autriche. Le drame de Crans-Montana est survenu à peine 7 mois après le changement de CEO. A présent, Rob Katz fait face à des perspectives incertaines pour la station. Désormais, Vail Resorts peut se tourner vers l'organisation des Championnats du monde de ski alpin de 2027 à Crans-Montana.

Myret Zaki

blick.ch

lundi 16 février 2026

Swisscom dépouille ses clients mais régale ses actionnaires

 

Il y a quelques jours, des millions de clients ont appris que le premier opérateur de télécommunications allait encore augmenter ses prix, déjà très élevés, dès le mois d'avril. Cette hausse rapportera à Swisscom «plusieurs dizaines de millions». En parallèle, le groupe majoritairement détenu par l'Etat promet à ses actionnaires une belle augmentation du dividende, passant de 22 à 26 francs. Si les objectifs sont atteints, ce sera même 27 francs par action. 

Près de 700 millions de francs entrent ainsi dans les caisses de l'Etat, soit près de 100 millions de plus qu'auparavant. «On fait passer des millions de clients à la caisse pour accorder aux actionnaires un montant à trois chiffres en millions», s'irritent des clients de longue date qui souhaitent rester anonymes.

Les employés licenciés furieux

Mais les clients de Swisscom ne sont pas les seuls à être en colère. «J'ai été licencié pour 'suppression de poste'», nous explique Daniel W.*. Ce quadragénaire travaillait dans l'extension du réseau comme chef de projet chez Swisscom. Mais depuis quelques jours, seuls les licenciements chez Cablex – la filiale de Swisscom – sont connus du public. En effet, la pression sur les prix dans l'extension de l'infrastructure menace de nombreux collaborateurs de Cablex.

«Ce n'est rien comparé à ce qui se passe actuellement chez Swisscom», affirme Daniel. D'après lui, «quelques centaines de postes» seraient sur le point d'être supprimés, d'ailleurs, des employés de Swisscom comme lui ont déjà été licenciés. Le bénéfice du groupe a plongé à 1,27 milliard de francs en 2025. C'est le plus mauvais résultat depuis 2011, à cause des coûts d'intégration du rachat de Vodafone Italia. Swisscom a annoncé jeudi des programmes d'économie de coûts qui ont également touché et touchent fortement les collaborateurs sur le marché national suisse.

575 postes en moins rien qu'en Suisse

Fin 2025, Swisscom employait 15'330 personnes à temps plein à travers la Suisse. Selon un porte-parole, ce chiffre représente une baisse de 575 postes en un an. L'entreprise reste vague sur les programmes de réduction d'effectifs en cours. Toutefois, le porte-parole confirme que d'autres postes de travail seront supprimés chez Swisscom. 

«La part croissante de la fibre optique au lieu du cuivre entraîne une réduction de la complexité technique dans les réseaux, ce qui se traduit par une baisse du taux d'assistance», explique-t-il pour justifier la diminution des emplois nécessaires dans le secteur de la clientèle privée. «Des postes sont également supprimés dans les domaines IT, où certaines technologies comme la 3G sont abandonnées, et des processus automatisés.» Worklink, la filiale de Swisscom, soutient les personnes affectées par ces changements: des spécialistes les aideraient à trouver des solutions de reclassement internes ou externes.

Selon ses propres indications, Swisscom réalise également des économies en simplifiant les processus de travail, en utilisant l'intelligence artificielle et en réduisant l'offre d'emploi. «Pour l'année 2026 en cours, nous nous attendons globalement à une baisse du nombre de postes», déclare son porte-parole. Un plan social s'appliquerait à chaque licenciement, avec des prestations supérieures à la moyenne et en tenant compte de la situation personnelle des collaborateurs, comme l'âge et les années de service.

«J'étais le plus jeune de l'équipe, je n'ai ni famille ni enfants, c'est pour ça que ça m'a marqué», explique Daniel, désormais à la rue depuis février. Bien qu'il ait fait des études de technique des systèmes et obtenu un diplôme postgrade, il a peur de ne plus trouver de travail. Et il n'est pas le seul: «Cette inquiétude est partagée par les 20 personnes licenciées qui étaient encore assises dans la même pièce que moi chez Worklink la semaine dernière.»

*Nom d'emprunt

Ulrich Rotzinger

Dorothea Vollenweider

blick.ch

dimanche 15 février 2026

La Chine dévoile un centre d’essai automobile unique au monde

 

L’électrique, les batteries, la voiture autonome, les aides à la conduite… Les constructeurs chinois sont sur tous les fronts et les marques dites « traditionnelles » que nous connaissons chez nous commencent sérieusement à souffrir de cet écart technologique.

En Chine, la messe est déjà dite depuis plusieurs années. Les constructeurs locaux ont déjà surpassé les marques européennes, à tel point qu’elles choisissent soit de se retirer du marché (comme DS Automobiles par exemple), soit de s’associer à des constructeurs locaux, comme c’est le cas de Volkswagen avec Xpeng, dans l’optique de redevenir compétitif en Chine.

Comme vous n’êtes pas sans savoir, tout va vite en Chine, très vite même, et en matière d’aides à la conduite, une nouvelle étape vient d’être franchie. Le 9 février 2026, dans la ville de Chongqing, l’institut China Merchants Testing Vehicle Technology Research Institute (CMVR) a mis en service ce qu’il présente comme le premier laboratoire « trois-en-un » au monde, capable de tester simultanément le véhicule, le trafic routier dynamique et les conditions climatiques extrêmes.

Sur le papier, c’est impressionnant. Dans les faits ? La Changan Nevo A06, une berline électrique vendue en Chine et première cobaye de ce dispositif, semble valider le concept.

Ce qui frappe d’abord, c’est l’échelle : 5 000 m2 permettant d’atteindre 130 km/h, là où la plupart des laboratoires plafonnent à 100 km/h. Le directeur général du CMVR, Fan Hailong, insiste particulièrement sur la capacité à moduler la visibilité dans le brouillard artificiel, de 10 mètres à un kilomètre, en seulement 30 minutes. Un atout non négligeable quand on sait que les systèmes ADAS peinent encore à interpréter correctement les environnements dégradés.

Quand la technologie rencontre le chaos du quotidien

L’approche du laboratoire ne se limite pas au climat. Les ingénieurs peuvent recréer des scénarios de trafic complexes : piétons surgissant dans les angles morts, véhicules effectuant des manœuvres imprévisibles, variations d’éclairage mimant l’aube, le crépuscule ou les ciels dégagés.

Sur le papier, encore une fois, tout semble parfait. Dans la réalité, les routes chinoises (et pas seulement) restent imprévisibles d’une manière que même le meilleur algorithme peine à anticiper.


Changan et BAIC sont les deux premiers constructeurs chinois à avoir obtenu des autorisations pour la conduite autonome de niveau 3 sur le territoire et ces premiers tests en laboratoire ne sont sans doute pas le fruit du hasard. Ce centre d’essai est l’une des pièces maîtresses dans la stratégie de Changan pour préparer ses véhicules à la conduite autonome, aussi bien techniquement que réglementairement.

Un géant discret aux ambitions affichées

Reconnu par le Ministère de l’Industrie et des Technologies de l’Information, ce laboratoire dispose déjà de trois sous-centres régionaux, d’une base d’essais en région froide à Heihe, toujours en Chine, et sert plus de 2 700 clients professionnels à travers le pays.

En Europe, un tel centre n’existe pas, ou du moins ceux qui existent ne sont pas aussi poussés, même si l’Europe est plutôt en avance en termes de réglementation avec plusieurs ADAS déjà obligatoires dans les voitures neuves immatriculées depuis juillet 2024, et bientôt de nouvelles en juillet 2026.

Les essais liés aux aides à la conduite sont l’apanage de l’organisme Euro NCAP et sont notés en pourcentage, mais les tests ne sont pas aussi poussés qu’en Chine. Toutefois, soulignons que l’organisme européen est indépendant, ce qui ne semble pas forcément le cas en Chine.

Rappelons également que les ADAS des voitures chinoises sont plus performantes que les mêmes versions en Europe, du fait d’ajustements logiciels plus poussés pour le marché chinois, la réglementation européenne interdisant encore l’usage de certaines technologies sur son sol, même s’il y a eu quelques avancées récemment à ce sujet.

Yann Lethuillier

mercredi 11 février 2026

Le pont du Milieu sera fermé pour 6 mois

 

Datant de 1275, le pont du Milieu sera entièrement remis en état
© wikipedia

À partir du mardi 7 avril, le pont du Milieu sera fermé au trafic motorisé pour des travaux d’assainissement, dans le cadre de la requalification de l'Auge. Le passage restera possible pour les piétons et les cyclistes durant la durée du chantier, estimée à six mois.

Construit en 1275, le pont du Milieu présente des fissures. Il nécessite une rénovation complète. "Les travaux prévus concernent l’ensemble de la maçonnerie en pierre naturelle, les parapets et les murs d’ailes du pont, ainsi que le pavage, l’étanchéité et le système d’évacuation du tablier", précise la ville dans un communiqué.

Pendant le chantier, l’accès motorisé au quartier de l’Auge se fera uniquement par le Stadtberg. Le terminus de la ligne 4 des transports publics sera temporairement déplacé à l’arrêt Karrweg, et des solutions provisoires pour desservir le quartier sont à l’étude.

Alexia Nichele

Frapp.ch