Chu de che / Je suis d'ici / Sono di qui / Ich bin von hier ! Notre liberté ne nous a pas été donnée, mais combattue et priée par nos ancêtres plus d'une fois! Aujourd'hui, comme autrefois, notre existence en tant que peuple libre dépend du fait que nous nous battions pour cela chaque jour. Restez inébranlable et soyez un gardien de la patrie pour que nous puissions remettre une Suisse libre telle que nous la connaissions à la génération suivante. Nous n'avons qu'une seule patrie!

lundi 23 mars 2026

La Suisse rend des trésors pillés du Bénin

 

La Suisse s’apprête à restituer au Nigeria 28 bronzes issus de l’ancien Royaume du Bénin, pillés lors de l’expédition britannique de 1897. Cette décision, fondée sur un travail inédit de recherche de provenance, marque une avancée significative dans les politiques de restitution et la reconnaissance des violences coloniales.

La décision marque un tournant discret mais significatif dans la gestion du patrimoine africain conservé en Europe. Trois musées suisses ont acté la restitution prochaine de 28 objets en bronze issus de l’ancien Royaume du Bénin, aujourd’hui situé dans le sud du Nigeria. Ces pièces, pillées lors de l’expédition punitive britannique de 1897, seront soit physiquement rapatriées vers Abuja, soit juridiquement restituées tout en restant exposées en Suisse sous forme de prêts de longue durée.

Cette double modalité illustre une évolution des pratiques muséales. Elle traduit une volonté de concilier restitution patrimoniale et continuité de l’accès public aux œuvres, tout en reconnaissant explicitement leur origine et les conditions violentes de leur acquisition.

Les objets concernés – défense royale sculptée, cloche d’autel ornée d’un léopard, pendentifs en cuivre et autres artefacts – témoignent de la richesse artistique et symbolique du Royaume du Bénin. Ils avaient été saisis lors d’une opération militaire britannique qui s’était soldée par la destruction de la capitale du royaume et le pillage systématique du palais royal. Par la suite, ces œuvres ont été dispersées sur le marché de l’art européen, intégrant collections privées et institutions muséales.

Longtemps, leur présence en Europe a été considérée comme acquise. Mais depuis plusieurs années, les débats sur la restitution des biens culturels spoliés ont profondément évolué, portés par des revendications politiques, académiques et éthiques.

La restitution annoncée repose sur un travail méthodique de recherche de provenance, mené dans le cadre d’un projet réunissant huit institutions suisses sous la coordination du Musée Rietberg, en collaboration avec des partenaires nigérians.

Ce travail d’enquête visait à retracer l’origine des objets, leur trajectoire depuis leur création jusqu’à leur entrée dans les collections suisses, et à déterminer dans quelles conditions ils avaient été acquis. Ce type de recherche, longtemps marginal dans les musées ethnographiques, est désormais au cœur des politiques de restitution.

Au total, 96 objets issus du Royaume du Bénin ont été identifiés dans les collections des institutions participantes. Parmi eux, plusieurs pièces conservées notamment au Musée d’ethnographie de Genève (MEG), au Musée Rietberg et au Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich ont été formellement ou très probablement liées au pillage de 1897.

Sur les neuf objets conservés au MEG, trois ont ainsi été jugés suffisamment documentés pour justifier une restitution. Les autres institutions ont suivi la même logique, en s’appuyant sur des critères de preuve similaires.

Les directrices des musées concernés ont souligné dans un communiqué commun leur responsabilité éthique. Elles ont affirmé leur volonté de participer à la préservation et à la transmission de la mémoire nigériane, tout en engageant un dialogue avec les communautés d’origine. Cette prise de position s’inscrit dans un mouvement plus large de relecture critique des collections européennes.

Parmi les œuvres emblématiques concernées figure la défense d’autel Aken’ni Elao. Sculptée vers 1735, cette défense d’éléphant richement ornée était destinée à un autel royal du palais du Bénin. Elle était associée au culte des ancêtres royaux, où les objets sacrés servaient à honorer les souverains défunts.

L’analyse stylistique et historique attribue cette pièce à la guilde Igbesanmwan, un groupe d’artisans spécialisés travaillant exclusivement pour l’Oba, le roi du Bénin. Transmise de génération en génération jusqu’au règne d’Oba Ovonramwen, dernier souverain avant l’expédition britannique, elle constitue un témoignage rare de la continuité des traditions artistiques du royaume.

Autre objet notable, un masque de ceinture en alliage cuivreux, réalisé selon la technique de la cire perdue. Porté par des initiés de haut rang au sein du palais royal, cet ornement symbolisait le statut et l’autorité. Comme de nombreuses pièces issues du pillage de 1897, il a été rapidement mis sur le marché de l’art à Londres, avant de circuler en Europe et d’intégrer une collection suisse.

Des objets utilisés dans des rituels

La cloche d’autel Eroro illustre également la dimension symbolique de ces objets. De forme quadrangulaire et décorée de bas-reliefs représentant des figures du royaume et un léopard – symbole du pouvoir royal – elle était utilisée dans des contextes rituels. Les recherches ont établi qu’elle datait d’avant 1897, ce qui renforce la probabilité de son acquisition dans le contexte du pillage.

Ces objets ne relevaient pas de la production artistique ordinaire. Dans le Royaume du Bénin, les artisans spécialisés travaillaient sous l’autorité directe du roi. Les bronzes, souvent offerts à des dignitaires ou utilisés dans des rituels, participaient à la structuration du pouvoir et à la transmission de la mémoire royale.

La restitution de ces pièces ne constitue donc pas seulement un transfert matériel. Elle engage une dimension symbolique forte, liée à la reconnaissance des violences coloniales et à la réappropriation d’un patrimoine historique.

Cette démarche s’inscrit dans un contexte international marqué par une multiplication des restitutions. Plusieurs pays européens, dont la France, ont récemment engagé des processus similaires. Le Sénat français a ainsi adopté une loi visant à faciliter le retour d’œuvres acquises dans des conditions contestées pendant la période coloniale.

Le cas du Bénin est souvent cité comme pionnier dans ce domaine. Il a été l’un des premiers pays à obtenir des restitutions significatives de la part d’anciennes puissances coloniales. Cette dynamique contribue à redéfinir les relations culturelles entre l’Europe et l’Afrique, en introduisant des logiques de coopération et de reconnaissance mutuelle.

Au-delà des enjeux juridiques et diplomatiques, ces restitutions interrogent la fonction même des musées. Elles posent la question de la légitimité des collections constituées dans des contextes de domination, et de la manière dont ces institutions peuvent évoluer pour intégrer ces héritages.

En choisissant de restituer ces bronzes, tout en maintenant certains objets en prêt, la Suisse adopte une approche pragmatique. Elle reconnaît la propriété des œuvres par le Nigeria tout en préservant leur visibilité dans les espaces muséaux européens.

Ce modèle hybride pourrait préfigurer les formes futures de circulation du patrimoine. Il repose sur un équilibre entre restitution, coopération scientifique et partage culturel.

Dans ce cadre, la restitution des bronzes du Bénin apparaît comme une étape structurante. Elle ne clôt pas le débat, mais elle en redéfinit les termes, en inscrivant la question patrimoniale dans une perspective de responsabilité historique et de dialogue international.

Patricia Bechard

mondafrique.com

dimanche 22 mars 2026

Le nouveau système tarifaire profite aux médecins escrocs


L'introduction des forfaits ambulatoires en début d'année devait simplifier la facturation. Six mois plus tard, le constat est amer: le système favoriserait des «incitations perverses», poussant certains praticiens à privilégier la rentabilité au détriment du bien-être des assurés.

Pour David Haerry, représentant des patients, la dérive est flagrante. En ligne de mire: le nouveau mode de tarification où chaque acte ambulatoire est remboursé via un forfait journalier fixe. Un mécanisme qui, s'il vise à maîtriser les coûts, encourage paradoxalement certains acteurs du réseau de soins à maximiser leurs marges. Quitte à multiplier les rendez-vous ou à choisir des traitements moins adaptés.

Le profit avant le bien-être des patients?

L'exemple de la sclérose en plaques (SEP) est édifiant. Une étude récente révèle que si seulement la moitié des patients changeaient de traitement pour passer à l'auto-administration à domicile, l'économie annuelle s'élèverait à 16 millions de francs. Compte tenu de l’augmentation constante des coûts de santé, ce n’est pas une somme négligeable.

Pourtant, la résistance du corps médical est forte. Le passage au «stylo injecteur» permet au patient de gagner en autonomie, mais il prive le cabinet médical ou l'hôpital des revenus liés aux perfusions réalisées sur place. «La plupart des patients souhaitent être aussi autonomes que possible», rappelle David Haerry. Mais entre l'intérêt du malade et l'amortissement des infrastructures, le choix des établissements semble parfois dicté par le porte-monnaie.

Le Conseil fédéral doit examiner la question de près

Face à ce que beaucoup considèrent comme la partie émergée de l'iceberg, le monde politique s'empare du dossier. La conseillère nationale Vroni Thalmann (UDC/LU) réclame que le Conseil fédéral examine sérieusement le potentiel des thérapies à domicile en oncologie, neurologie ou rhumatologie (les domaines les plus coûteux), par rapport aux traitements hospitaliers ou en cabinet médical. Et ce, afin de préparer une loi en conséquence. Elle souligne qu'il convient de réduire les incitations perverses du système de santé pour mieux prendre en compte les besoins des patients.

Le Conseil fédéral a déjà reconnu l'existence d'un potentiel d'économies important dans certains cas particuliers. Parallèlement, la ministre de la Santé, Elisabeth Baume-Schneider, étudie des pistes pour économiser environ 300 millions de francs par an dans le système de santé.

Examens doublés et méthodes archaïques

Les témoignages de dysfonctionnements s'accumulent. Sarah Wyss, conseillère nationale (PS/BS), rapporte des cas aberrants en oncologie: des patients convoqués à deux dates différentes pour des examens qui se faisaient autrefois en une journée. «Cela signifie qu'ils sont facturés deux fois, explique l'élue avant de trancher: ce n'est pas le but.»

Plus grave encore, certains choix médicaux seraient influencés par la marge bénéficiaire du forfait. C’est le cas de l’ablation de polypes utérins: l'ancienne méthode (le grattage), bien que risquée pour la fertilité, est parfois préférée car elle coûte moins cher au prestataire que les techniques modernes, laissant ainsi une part plus importante du forfait dans la poche du médecin.

Les méthodes plus récentes sont beaucoup plus douces, mais plus onéreuses. «La nouvelle méthode serait dans le meilleur intérêt du patient», regrette Sarah Wyss. «Pourtant, l’ancienne méthode est parfois utilisée car elle est moins coûteuse, ce qui permet de conserver une plus grande partie du versement forfaitaire.»

La déontologie comme unique garde-fou

La ministre de la Santé Elisabeth Baume-Schneider a admis les failles du système, tout en rappelant que les médecins ont l'obligation légale de limiter leurs prestations à ce qui est dans l'intérêt des assurés et nécessaire pour le but du traitement. 

«Pour les prestations dépassant ce cadre, le remboursement peut être refusé ou faire l’objet d’un recours», a-t-elle précisé. Les partenaires tarifaires peuvent également corriger les erreurs du système tarifaire chaque année. Face aux rendez-vous multiples des patients, les assureurs ont donc commencé à tenir des listes et à sensibiliser les médecins.

La ministre de la Santé a dû admettre au Parlement qu'il était extrêmement difficile d'identifier les médecins qui ne respectaient pas les directives. «En réalité, nous nous fions à la déontologie des médecins.» Si cela s'avérait insuffisant, les honoraires forfaitaires pourraient être adaptés.

La confiance c'est bien, le contrôle c'est mieux

«Apparemment, l'argument éthique ne convainc pas tout le monde», estime la politicienne de la santé Sarah Wyss, exigeant des ajustements immédiats entre les partenaires tarifaires. Les assureurs sont tenus de contrôler les prestataires de services, mais admettent en privé que cela ne vaut pas toujours la peine pour de si faibles montants.

«J’attends des assureurs santé qu’ils enquêtent sur ces dysfonctionnements structurels: c’est leur rôle», souligne-t-elle. «Sinon, ce comportement contraire à l’éthique et préjudiciable sera récompensé.» Si les assureurs ne font pas leur travail, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) devra intervenir. Pour l'élue bâloise, le message doit être ferme: «Le système de santé est au service des patients, pas du profit.»

 Daniel Ballmer

blick.ch

La Fnac s’installe à Avry Centre

 

Un magasin Fnac ouvrira à Avry Centre. L’aménagement de la surface commerciale a été mis à l’enquête ce vendredi dans la Feuille Officielle du canton de Fribourg. Selon Radio Fribourg, l’enseigne s’implantera dans les anciens locaux de Décathlon, qui a pris ses quartiers dans une autre surface du centre.

Ce point de vente renforce la présence de Fnac à Fribourg. Il s’ajoute à ceux de Fribourg Centre et Manor, déjà présents dans la capitale cantonale.

Victoria Martin

laliberte.ch

vendredi 20 mars 2026

Les étrangers vont devoir payer une taxe pour traverser la Suisse

 

Les véhicules étrangers qui veulent traverser la Suisse vont devoir payer une «taxe de transit». La motion du conseiller aux États Marco Chiesa (UDC/TI) a été approuvée par le Parlement. Après le Conseil des États, c'est le Conseil national qui a validé sa proposition jeudi. Et plutôt deux fois qu'une: 173 voix favorables, 13 contre et trois abstentions. Le Conseil fédéral va donc devoir élaborer un projet de loi.

L'élu tessinois souhaite, grâce à cette taxe, réduire les embouteillages aux heures de pointe sur le réseau autoroutier du pays. En 2024, la Confédération avait recensé 55'000 heures de bouchons sur les routes nationales. Cette mesure doit inciter les véhicules à circuler à certains moments plutôt qu'à d'autres. Le montant à payer varierait en fonction de la densité du trafic, de l’heure et du jour de la semaine, selon la proposition de Marco Chiesa.

Les partisans de cette mesure avancent qu'elle est conforme aux engagements internationaux de la Suisse, y compris envers l'UE. «L'accord sur la libre circulation des personnes régit le droit d'entrée, de séjour et d'activité lucrative, mais pas le simple transit», explique Marco Chiesa.

D'après les calculs du conseiller national Simon Stadler (Centre/UR), grand partisan du «oui», cette taxe pourrait rapporter gros à la Confédération. «Avec un prix de 21 francs par trajet, nous pourrions encaisser plus de 110 millions de francs», estime le politicien uranais.

Des problèmes de mise en œuvre

Le ministre des Transports Albert Rösti était opposé à cette nouvelle motion. Selon lui, sa mise en œuvre va entraîner «une série d'obstacles administratifs considérables». Une taxation des voitures qui traversent la Suisse va, de fait, exiger «la surveillance de tous les postes-frontières en Suisse», a-t-il prévenu. Même s'ils sont tous équipés de caméras, cela sera complexe et coûteux.

Le Conseil fédéral voit aussi des difficultés à définir comment différencier un transit d'un séjour. La motion vise en effet les automobilistes qui n'effectuent pas de séjour «significatif» en Suisse. «La question du caractère significatif d'un séjour pourra difficilement être tranchée de manière claire et précise pour toutes les liaisons de transit imaginables», souligne Albert Rösti.

Mais ces arguments n'ont pas convaincu le Parlement. Le conseiller fédéral doit désormais proposer un projet de loi afin de mettre en œuvre cette mesure. Et trouver des réponses aux interrogations qu'il posait.

Christof Vuille

20min.ch

lundi 16 mars 2026

Record de la plus grande dégustation de chocolat

 

Le record a été battu dans un événement organisé par Villars
Photo: KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT


Le record du monde de la plus grande dégustation simultanée de chocolat a été battu dimanche à Fribourg. A l'occasion des 125 ans de Villars Maître Chocolatier, 977 personnes ont été réunies pour cette performance, a constaté un photographe de Keystone-ATS.

L’événement affichait complet depuis plusieurs semaines. L'entreprise avait choisi de marquer son anniversaire en réunissant les personnes «qui font vivre la marque au quotidien, à savoir ses consommateurs, ses partenaires et ses collaborateurs», avait-elle expliqué.

48 kilos de chocolat

L'ancien record avait été réalisé par le Pérou en 2018 avec 797 participants. La nouvelle marque doit encore être officiellement homologuée par le «Guinness World Records». Pour que le record puisse être validé, chaque étape a dû suivre un protocole strict imposé par le «Guinness World Records». La présence d’huissiers officiels et de témoins accrédités a été requise.

Le record a impliqué aussi un comptage rigoureux des participants, une distribution simultanée de portions identiques de chocolat, une séquence de dégustation synchronisée et une captation vidéo intégrale servant de preuve. Lors de cette dégustation simultanée, 48 kilos de chocolat ont été mangés. Les convives ont aussi pu goûter plusieurs chocolats de la nouvelle gamme anniversaire.

ATS

dimanche 15 mars 2026

«Cette arnaque sur les prix de l’essence doit cesser!»


La guerre en Iran provoque de grosses turbulences sur les marchés pétroliers qui se ressentent jusque dans nos stations-services. Les prix de l’essence et du diesel ont en effet augmenté de façon considérable ces derniers jours.

Selon le TCS, le prix moyen de l’essence sans plomb 95 était de 1,61 franc le litre début février, contre 1,79 franc aujourd’hui. Le prix du diesel s'est quant à lui envolé, passant de 1,73 à 1,99 franc.

Dans les jours à venir, les prix des carburants devraient continuer à grimper et pourraient même bientôt franchir la barre des 2 francs. Dans certaines stations-service, la barre des 2 francs le litre de diésel a d'ores et déjà été franchie.

Un phénomène connu des automobilistes

«De nombreux automobilistes qui font la navette quotidiennement sont choqués par cette hausse des prix», déclare à Blick le conseiller national du Parti socialiste (PS) Benoît Gaillard. «L’augmentation des coûts réduit le pouvoir d’achat, nous devons donc examiner de près si ces hausses sont justifiées», ajoute l'élu vaudois.

Benoît Gaillard soupçonne les compagnies pétrolières et les intermédiaires de vouloir profiter de la crise pour gonfler leurs marges. «Ces chocs tarifaires sur les marchés mondiaux sont souvent utilisés pour accroître les marges», explique-t-il.

En économie, ce phénomène est connu sous le nom d'effet «Rockets and Feathers». Autrement dit: les prix s'envolent comme des fusées, mais chutent aussi lentement que des plumes, une fois la crise. «Cela leur permet de réaliser des bénéfices excessifs», s'insurge Benoît Gaillard. «Cette arnaque sur les prix de l’essence doit cesser.»

Le Conseil fédéral sommé d'agir

L'élu socialiste a donc décidé de demander au Conseil fédéral d’observer attentivement, par l'intermédiaire de la surveillance des prix et de la loi sur les cartels, si des bénéfices excessifs étaient réalisés au détriment des consommateurs.

Il se réfère notamment à la France et à l’Allemagne, où les autorités ont d'ores et déjà prévu de mener des contrôles ciblés. «Il faut maintenant une task force sur les prix de l’essence pour prévenir les abus», propose Benoît Gaillard. «La guerre en Iran ne doit pas être utilisée pour exploiter les consommateurs suisses.»

Le Conseil fédéral doit agir

Pour inciter le Conseil fédéral à agir vite, le Vaudois a déposé deux interventions. Dès lundi, l'exécutif devra répondre à l'une de ses questions orales et expliquer comment il compte empêcher les bénéfices excessifs au détriment des consommateurs et s’il prévoit des contrôles renforcés.

Par le biais d’une interpellation, il exige également du Conseil fédéral qu'il apporte des précisions au sujet de son analyse de l’évolution asymétrique des prix. L'élu vaudois souhaite aussi savoir comment le gouvernement compte empêcher que les consommateurs financent une hausse des bénéfices des compagnies pétrolières. Enfin, il réclame des mesures pour assurer une plus grande transparence au niveau de la fixation des prix.

L'Union démocratique du Centre (UDC) propose une autre approche en suggérant de réduire les prix de l’essence en renonçant à une partie de la taxe sur les huiles minérales. Une idée que rejette Benoît Gaillard: «Cela signifierait que l'Etat – donc les contribuables – subventionnerait des prix de carburant plus bas, tandis que les compagnies augmenteraient leurs marges», explique le Vaudois. Je préfère m’attaquer aux profits des compagnies pétrolières.»

 Ruedi Studer

blick.ch

Qui perd et qui gagne de l'argent avec la guerre en Iran?

 

En général, les perdants sont plus nombreux que les gagnants dans une guerre. A cet égard, les indices boursiers ne mentent pas: depuis le début des frappes israélo-américaines le 28 février contre l'Iran, le Swiss Market Index, l'indice des grandes entreprises suisses cotées, perd 8%. D'une part, les entreprises sont généralement en mauvaise posture avec la flambée des prix de l'énergie, et d'autre part, des établissements implantés au Moyen-Orient, dont les banques, pourraient être pris pour cible. 


Gains spéculatifs sur les matières premières

La volatilité des prix du pétrole et du gaz n'avait plus été aussi forte depuis la guerre en Ukraine. Avec les frappes contre l'Iran, le baril de Brent, qui était encore autour des 70 dollars en février, a frôlé les 120 dollars dans les premiers jours, avant de redescendre sous la barre des 100 dollars. Cette volatilité a offert des occasions de gains élevés aux spéculateurs. Parmi les hedge funds, ou fonds spéculatifs, certains se spécialisent dans les paris sur la volatilité, et engrangent des profits sur l'instabilité des matières premières, selon l'agence Bloomberg

Exemples: entre le 1er et le 6 mars, le fonds de matières premières géré par le trader londonien Doug King, de RCMA Capital, s'est envolé de 9,5%. Sur l'année, il gagne 20% grâce à des paris sur le pétrole, le gaz européen, les métaux de base, le charbon ou encore l'agriculture.

Le fonds du trader Ron Ozer, de Statar Capital en Floride, a gagné 6,25% la première semaine du conflit, grâce à ses paris sur le gaz naturel. De son côté, le fonds Saber Capital de la banque britannique Barclays, orienté sur l'énergie, a gagné 6,7% aussi la première semaine. D'autres ont gagné grâce à des paris haussiers sur l'or, l'argent, le cuivre, l'étain. Les commentateurs du marché anticipent que les gains vont perdurer car la volatilité des matières premières n'est pas près de se calmer.


Superprofits pour les compagnies pétrolières

«Un baril à 100 dollars, c’est le jackpot», lance un commentateur au journal Le Monde, s'agissant des gains attendus cette année pour TotalEnergies. Et en effet, tout comme lors de la guerre en Ukraine, les compagnies pétrolières comme le géant français ou le britannique BP s'apprêtent à bénéficier grandement des prix élevés du pétrole. 

Avec la hausse du prix du baril, la marge de rentabilité de ces groupes augmente. Mais aussi leur marge dans le raffinage, qui suit les prix du diesel et du kérosène.

TotalEnergies et BP sont aussi des géants du gaz, qui a lui aussi flambé. Le cours de l'action TotalEnergies est en hausse de 28% cette année en Bourse, et celui de BP de 22%. Les cours d'Exxon, Chevron et Shell augmentent également et enrichissent les portefeuilles des investisseurs qui ont misé sur ces titres dès le départ. 


Gains sur l'armement

Sinistre constat, comme à chaque guerre: les titres de l'armement sont parmi les grands gagnants. L'entreprise israélienne d'armement, Elbit Systems, dont l'action avait gagné deux fois plus, en 2,5 ans de guerre à Gaza, que sur les 5 années précédentes, prend encore 20% depuis le début des frappes contre l'Iran.


Aux Etats-Unis, Lockheed Martin, fabricant des F-35, est en hausse de 30% depuis janvier. L'envolée précède le début du conflit en Iran mais se poursuit depuis. Northrop Grumman, connu pour ses systèmes de défense antimissiles, gagne 26% cette année. 

Sur le Vieux Continent, le groupe italien Leonardo gagne 27%, Dassault en France s'envole de 25%. En revanche, le grand gagnant de la guerre en Ukraine, l'Allemand Rheinmetall, dont la valeur boursière était passée de 4,5 à 104 milliards de dollars entre octobre 2021 et octobre 2025, ne profite pas, cette fois, du conflit extra-continental. 

Cryptos perçues comme refuge

Le bitcoin est l'un des gagnants de la guerre en Iran: après une longue tendance baissière, qui l'avait vu perdre 50% sur un an, la principale cryptomonnaie a pu inverser la tendance depuis le début des frappes israélo-américaines, et gagner 18%. 

Ethereum, l'autre grande cryptomonnaie, bénéficie aussi de la guerre: après une chute depuis janvier, le voilà qui rebondit de 22% depuis le début des frappes. 

Un rôle de valeur refuge que la communauté crypto a toujours promu. «La crise iranienne n’a pas créé la thèse du Bitcoin comme valeur refuge, mais elle en offre le test réel le plus clair dans le cycle actuel.», a souligné James Butterfill, sur le site de CoinShares.

En outre, d'importants volumes de fonds en cryptomonnaies auraient été transférés depuis des plateformes iraniennes comme Nobitex, pour aller se réfugier ailleurs dans le monde, dès les premiers instants du conflit, le samedi 28 février, selon Reuters. Le gouvernement iranien ne peut pas contrôler les cryptoactifs au même titre que l'argent classique, ce qui permet une fuite de capitaux sécurisée, même si les volumes – de quelques millions de dollars – sont restés modestes. 

Le consommateur, grand perdant

Les consommateurs suisses et européens risquent d’être les grands perdants du retour de l’inflation qui fera suite aux frappes contre l’Iran. Déjà, les prix de l'essence n'ont pas attendu pour grimper en Suisse, affichant une hausse de 10 à 20 centimes par litre.

Dès lors, le coût de la vie pourrait s'en ressentir. Avec un carburant plus cher, le transport se renchérit, et avec lui les produits alimentaires et les biens courants en général. Les factures d’électricité et de chauffage pourraient grimper, de même que le prix des courses alimentaires.

Elément rassurant, «l’inflation suisse fait face à des forces opposées, modère Nadia Gharbi, économiste senior chez Pictet Wealth Management: une pression à la hausse due à la hausse des prix de l’énergie, et une pression à la baisse liée à l’appréciation du franc suisse». L'économiste de Pictet anticipe que l'inflation ne dépassera pas 0,8% d’ici fin 2028.

Entreprises plombées par l'énergie

Nombre d'entreprises sensibles à la hausse des prix de l’énergie sont pénalisées, estime Arthur Jurus, chef stratège chez Oddo BHF (Switzerland). En Europe en particulier, les entreprises sont davantage dépendantes des importations d’énergie. 

Parmi les grandes perdantes, citons les compagnies aériennes: pour des groupes comme Lufthansa (propriétaire de Swiss), ou Air France-KLM, le carburant représente souvent 20–35% des coûts à lui seul. Le prix du carburant est aussi crucial pour des entreprises de transport maritime comme le géant genevois MSC, présidé par le milliardaire Diego Aponte. 

Les entreprises industrielles suisses, comme Holcim (qui perd 20% depuis le début du conflit), et les secteurs fortement consommateurs d’énergie, comme les groupes de chimie helvétiques (Clariant, DSM-Firmenich, Sika, Lonza), sont aussi très exposés à la hausse des coûts énergétiques.


Traders perdants sur l'inflation

Les traders n'ont pas tous été gagnants. Certains étaient du mauvais côté des paris, notamment ceux qui misaient sur une baisse de l'inflation qui devait se matérialiser cette année. 

Ces derniers ont été pris de court par la guerre en Iran. Parmi eux, des vedettes de l'univers des hedge funds comme les fonds américains Citadel et Millenium, qui ont perdu de l'argent pour le compte de leurs investisseurs pour n'avoir pas anticipé le retour de l'inflation. De même, le fonds d'investissement américain Pimco, dont le fonds Commodity Alpha n'a pas fait les bons paris sur le carburant d'aviation, a enregistré de grosses pertes ce mois-ci. 

Myret Zaki

blick.ch