Chu de che / Je suis d'ici / Sono di qui / Ich bin von hier ! Champions Tour Fribourg Gottéron: Samedi 12 septembre 2026 : Cathédrale Saint-Nicolas, 15h30-19h Notre liberté ne nous a pas été donnée, mais combattue et priée par nos ancêtres plus d'une fois! Aujourd'hui, comme autrefois, notre existence en tant que peuple libre dépend du fait que nous nous battions pour cela chaque jour. Restez inébranlable et soyez un gardien de la patrie pour que nous puissions remettre une Suisse libre telle que nous la connaissions à la génération suivante. Nous n'avons qu'une seule patrie!

mardi 8 septembre 2026

Les élèves suisses toujours dans le top 10 mondial en maths

 

Les élèves de 15 ans en Suisse obtiennent de bons résultats en sciences et en lecture mais surtout en mathématiques où ils sont dans le top 10 mondial, selon la dernière enquête PISA publiée mardi. Depuis 2015, les compétences en lecture et mathématiques sont toutefois en baisse, aussi bien en Suisse que dans l'OCDE.

Sur les 91 pays qui ont participé à l'enquête, la Suisse figure parmi les 20 pays les plus performants dans chacun des domaines, tous dominés par les pays asiatiques. La Suisse se classe même 9e en mathématiques et 4e parmi les 38 pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

En science, le domaine principal de l'enquête 2025, les élèves suisses ont obtenu 501 points (moyenne OCDE 482), ce qui la place 14e et 8e parmi les pays de l'OCDE.

Les élèves suisses ont aussi obtenu un score supérieur à la moyenne en lecture (19e position) et en résolution de problèmes par modélisation (13e place), un domaine testé pour la première fois. Près de 7600 jeunes issus de 275 écoles suisses ont participé à l'étude PISA 2025.


L'Estonie mène le bal

Les résultats suisses ont aussi été évalués par rapport à neuf pays de comparaison, proches de la Suisse géographiquement, linguistiquement ou en matière de politique éducative.

La Suisse s'en sort bien, surtout en mathématiques où elle n'est devancée que par l'Estonie. En lecture, l'Estonie et le Canada font mieux qu'elle tandis que l'Autriche, la Belgique, l'Allemagne, la France et le Luxembourg font moins bien. L'Estonie et le Canada sont aussi devant dans le domaine des sciences.

Lecture et maths en baisse sur le long terme

Malgré ces bonnes performances en comparaison internationale, sur le long terme, le niveau des élèves suisses en lecture et en mathématiques est toutefois à la baisse. En dix ans, le score en lecture est passé de 492 points à 470 et en mathématiques de 521 à 499. Cette tendance à la baisse s'observe également dans la moyenne de l'OCDE.

Les compétences en sciences sont restées relativement stables depuis 2015. Cette année-là, les élèves suisses avaient obtenu 506 points, en 2025 le score était de 501 points. La moyenne de l'OCDE a en revanche chuté de 11 points pour s'établir à 482 points.


Parallèlement, la proportion d'élèves n'atteignant pas le niveau minimal de compétence a augmenté. En Suisse, plus d'un quart (28,8%) des jeunes n'avaient pas le niveau de lecture requis en 2025, contre 24,7% en 2022 et 19,9% en 2015. En comparaison internationale, la Suisse reste toutefois relativement bien positionnée, note le rapport.

La part d'élèves qui n'ont pas atteint le niveau minimum en mathématiques a aussi augmenté, passant de 19,4% en 2022 à 23,2% en 2025. La proportion suisse se situe toutefois nettement en dessous de la moyenne de l'OCDE (34,8%). La part des jeunes en Suisse n'ayant pas le niveau requis en sciences est en revanche restée globalement stable (20,7% en 2025).

Impact de l'origine sociale

L'origine sociale, la langue parlée à la maison et le statut migratoire continuent d'influencer les résultats des élèves. Ceux issus de milieux socialement défavorisés ont obtenu, en moyenne, des résultats nettement inférieurs.

L'écart entre les jeunes les plus privilégiés et les plus défavorisés en matière d'acquisition des compétences minimales a atteint un pic en 2022, avant de revenir en 2025 au niveau de 2015. Cette évolution s'explique toutefois également par une baisse des performances chez les élèves privilégiés.

ATS

Se balader à l’étang de Rathvel


Ceci n’est pas un lac. Mais on a vu moins ressemblant. Et les enfants n’y verront que du feu
Stéphane Sanchez


as besoin de sortir la panoplie de l’aventurier pour gagner l’étang de Rathvel, cette nappe de quiétude où l’on n’entend que le vent dans les feuilles, la stridulation des sauterelles et le tintement des sonnailles. On ne la conquiert pas, on la contemple, le regard porté par les frissons de l’onde et la danse des libellules.

La «gouille» n’est qu’à 60 mètres du parking de la station de Rathvel, sur les hauts de Châtel-Saint-Denis et des Paccots. Tapie à 1225 mètres d’altitude, elle se cache derrière quelques épicéas et des bouquets d’orchis et de pimprenelles. Une boucle de copeaux de 470 mètres, quasiment plate et en partie ombragée, ceint ce plan d’eau de 2500 m2, profond de 2 à 3 mètres. Assez pour que les batraciens s’y reproduisent, sous la cloche protectrice d’un inventaire fédéral.



Ce joyau, propriété de Remaufens et taillé par l’homme dans une tourbière vieille de 5000 ans, n’apparaît dans la presse régionale que dès les années 1970. Sa revitalisation, entre 2007 et 2009, a donné lieu à ce sentier familial, avec ses panneaux didactiques, sa place de pique-nique et son jeu de l’oie (sur la vie périlleuse des grenouilles rousses).

Le tout est à portée de deux buvettes d’alpages, d’un minizoo et d’une chapelle. Les plus ambitieux pourront pousser vers le Niremont ou vers la Goille aux Cerfs. Aucun transport public: il faut marcher 1 h 40 pour relier le terminus des Paccots et Rathvel à pied. Dire qu’un chemin de fer était projeté vers Rathvel… en 1908.

 


Plus d’informations

Altitude 1225 mètres

Durée  Environ 1 h 40 depuis le terminus des Paccots

Infos Fribourg Tourisme

Stéphane Sanchez

laliberte.ch

L’automne à Fribourg: une saison pleine de magie

 

Des milliers de vaches décorées, une fondue en plein air, des nuits merveilleusement relaxantes et le dernier marché aux truffes de la saison suisse: voici quatre raisons de visiter le canton de Fribourg cet automne.

Une riche tradition relancée: la désalpe de Planfayon
© Schwarzsee Tourismus


On pourrait croire que la désalpe de Planfayon existe depuis des siècles: des milliers de bêtes décorées, une vingtaine de familles d’armaillis en costumes magnifiques, le son des cloches au-dessus de l’Oberland singinois… Et pourtant, la fête ne célèbre cette année que sa vingtième édition. La tradition a longtemps été oubliée avant d’être relancée par la commune.

Cette fête somptueuse marque le début d’une merveilleuse période de l’année dans la région fribourgeoise. Entre fin septembre et mi-novembre, des événements exceptionnels sont organisés dans toute la région, des Préalpes au lac de Morat: la descente des alpages par les troupeaux décorés, puis des randonnées sur des chemins aux panoramas automnaux sublimes dans des températures agréables, et enfin différentes fêtes célébrant l’abondance des récoltes sur les étals colorés des marchés.

Septembre: des vaches majestueuses de retour dans la vallée

Les familles d’armaillis et leurs troupeaux viennent de passer quatre mois dans les montagnes, où les animaux pâturent et où l’on fabrique le fromage d’alpage corsé. Le 26 septembre, ils redescendent et sont accueillis à Planfayon par une fête qui dure toute la journée.

Ce jour-là, vaches, chèvres et moutons portent une couronne faite de rhododendrons alpins et de branches de sapin; leurs cloches se font entendre bien avant que le premier troupeau n’apparaisse. Les armaillis portent le bredzon, leur veste à manches courtes traditionnelle; les femmes le dzaquillon, le costume des faneuses. Entre deux arrivées, des stands proposent des spécialités régionales et des artisans démontrent leur savoir-faire.

La préparation de la désalpe prend des jours, car chaque animal est toiletté et paré avant d’être mené au village. Les troupeaux se suivent tout au long de la journée, et chacun d’eux est accueilli par un tonnerre d’applaudissements le long de la route. La désalpe fribourgeoise fait partie de la saison d’alpage, une tradition vivante de Suisse qui est également inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco.

Parées de fleurs et de branches de sapin, les vaches regagnent la vallée lors de la désalpe de Planfayon
© Schwarzsee Tourismus


Octobre: fondue en plein air

Plus au sud, entre Fribourg et le Léman, se trouvent Les Paccots, une localité située à quelque 1000 mètres d’altitude. Son nom issu du patois fribourgeois désigne un terrain marécageux, la région comptant de nombreux étangs et marais, ainsi que la flore rare associée. Tout autour se dressent des sommets imposants, comme la Dent de Lys, qui culmine à 2014 mètres, ou le Teysachaux et le Niremont, entre lesquels s’étendent plus de 150 kilomètres de sentiers de randonnée balisés dans un paysage idyllique.

Chacun de ces chemins constitue une toile de fond incomparable pour une expérience singulière: procurez-vous un kit fondue et partez en déguster une en plein air, sous le ciel bleu ou étoilé, en profitant d’un panorama alpin tout simplement divin. Si on le souhaite, il est possible de grimper à plus de 1500 mètres d’altitude pour laisser son regard vagabonder au-delà des Préalpes. La préparation de cette excursion culinaire est très simple: le Point Info des Paccots fournit un kit fondue comprenant notamment un caquelon avec réchaud et allume-feu, des fourchettes à fondue, un mélange de fromage, un saucisson et une boisson au choix pour l’apéritif. Il ne reste qu’à prévoir le liquide pour lier le fromage et une couverture pour s’asseoir. Chaque mois, le mélange à fondue provient d’une fromagerie différente de la région, par exemple Le Crêt en octobre et Chez Manu en novembre. Ce qui ne change pas, ce sont les fromages utilisés: du gruyère AOP et du vacherin fribourgeois AOP, ingrédients obligatoires d’une fondue moitié-moitié.

Réserver un kit fondue est possible toute l’année, en s’y prenant au moins 48 heures à l’avance. Dernière remarque pratique: il n’y a pas de bancomat aux Paccots, il faut donc penser à retirer du liquide au préalable.

La fondue est encore meilleure sur les plus hauts sommets
© Pascal Gertschen

Parenthèse en montagne: le boutique-hôtel Corbetta

Pour qui souhaite combiner le kit fondue avec une nuit à la montagne, on réserve aux Paccots le séjour gourmand au boutique-hôtel Corbetta: un établissement quatre étoiles au décor boisé accueillant, avec un balcon dans chaque chambre et une vue dégagée sur les sommets de Corbetta et du Niremont.

Après la randonnée avec une fondue en plein air, la première étape mène au spa, où sauna, hammam et jacuzzi assurent la détente et où une fenêtre panoramique donne sur les Préalpes. Etape suivante, le restaurant L’Alpage qui sert des spécialités fribourgeoises à partager – parfait après une journée commencée ensemble autour d’une fondue en montagne. La soirée s’achève par un verre de vin dans le salon avec cheminée.

Le lendemain matin, il reste suffisamment de temps pour un copieux petit-déjeuner. Et si l’on souhaite prolonger le séjour, les sentiers thématiques autour du lac des Joncs sont à quelques minutes de marche.


Détente au spa et ambiance chaleureuse d’une décoration boisée
© Boutique-hôtel Corbetta

Novembre: filon d’or noir à Morat

Pour les adeptes de la truffe, le marché de Morat est un rendez-vous incontournable à la fin de la saison suisse, à la mi-novembre. Le décor de la vieille ville de Morat lui-même vaut le détour: située au bord du lac du même nom, cette petite ville a été fondée par les Zähringen et compte parmi les localités médiévales les mieux conservées de Suisse, avec ses arcades, ses pavés et son mur d’enceinte depuis lequel on peut admirer les toits jusqu’au mont Vully.

Les 14 et 15 novembre, l’odeur du tubercule règne dans les ruelles. Plus d’une vingtaine de stands permettent de déguster, d’acheter et de ramener chez soi l’or noir – ainsi que des pâtes, des épices et des fondues parfumées à la truffe. Mais les choses sérieuses commencent dès le vendredi 13 novembre au soir, lorsque l’association moratoise Loubeschränzer, une fanfare de guggenmusik portant le nom des arcades sous lesquelles elle a été créée, sert sa fondue aux truffes sous un chapiteau situé devant l’église française. Le samedi et le dimanche, le menu change pour un risotto aux truffes, toute la journée et sans réservation. Pour les gourmets qui préfèrent associer truffe et vin, l’Hôtel Murtenhof & Krone propose une dégustation des crus du vigneron vullierain Christophe Dupasquier, accompagnés d’amuse-bouche assortis. Et pour le samedi soir, il vaut la peine de réserver assez tôt: de grands cuisiniers de la région préparent un menu à cinq plats directement sous la tente.

Le marché de Morat propose d’innombrables produits à base de truffe
© michelmaillard.com


Art, culture et gastronomie

La région touristique de Fribourg correspond au canton politique de Fribourg et fait partie des 13 régions touristiques de la Suisse. Des traditions toujours vivantes, de délicieuses spécialités régionales, un patrimoine culturel et historique riche ainsi que des paysages changeants qui invitent à pratiquer d’agréables activités en plein air font partie des atouts de la région.

letemps.ch

lundi 7 septembre 2026

Nestlé: un journaliste publie une enquête choc


 «La face cachée de l'empire Nestlé»

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«Personne ne peut échapper à Nestlé», martèle le résumé du dernier ouvrage d'Alexandre Duyck. La phrase résonne presque comme l'entrée en matière d'un thriller, un genre littéraire apprécié par le journaliste et romancier français. Or, cette fois-ci, le grand reporter livre une «enquête choc», publiée fin août aux éditions Nouveau Monde. 

Intitulé «La face cachée de l'empire Nestlé», le texte se base sur trois années de recherches, d'allers-retours entre la France et la Suisse, ainsi que d'un voyage en Indonésie dont le souvenir a hanté l'auteur durant des semaines. Au fil des chapitres, Alexandre Duyck décortique les différents scandales ayant secoué le géant veveysan, depuis la fin des années 90. Il revient notamment sur les eaux minérales contaminées, sur la désastreuse bactérie E.coli dans une pizza Buitoni, puis sur les laits infantiles rappelés en 2026 après la détection de céréulide dans certains lots. On redécouvre de près les détails de chaque tourbillon médiatique dont l'entreprise est, ainsi que le souligne l'ouvrage, sortie quasiment indemne. 

En parallèle de cette interview, nous avons également donné la parole à Nestlé, qui réagit à l'ouvrage et se défend sur plusieurs points dans un article publié simultanément.

Alexandre Duyck, pourquoi avoir choisi de plonger dans une recherche de plusieurs années autour de Nestlé? Qu’est-ce qui a retenu votre attention, dans ce thème?

En 2022, durant la grande sécheresse qui a accablé la France, j'avais consacré un article au géant veveysan: à cette époque, la filiale Nestlé Waters était accusée de puiser lourdement dans les nappes phréatiques de la région de Vittel, alors que les autorités interdisaient l'arrosage de la moindre tomate. Ce papier m'avait fait prendre conscience du poids économique et politique phénoménal de Nestlé. J'ai donc commencé à creuser. Ce qui m'a finalement décidé à me plonger dans cette enquête est la manière par laquelle Nestlé à géré le scandale des pizzas Buitoni, en 2022. La contamination de ces aliments par la bactérie Escherichia coli (E. coli) a provoqué la mort de deux enfants et endommagé la santé de dizaines d'autres, mais leur façon détachée de gérer ce drame, en rejetant la faute sur Buitoni, m'a parue incroyablement problématique. 

Votre livre s'ouvre sur le récent scandale des laits infantiles. Plusieurs lots vendus en Europe avaient été massivement rappelés début 2026 après la découverte de céréulide, une bactérie potentiellement dangereuse pour la santé des enfants.

Oui. Ce qui est frappant avec l'affaire du lait infantile, est qu'il s'agit d'une répétition. Dans les années 70, déjà, Nestlé avait fait l'objet d'accusations et de critiques virulentes, parce que l'entreprise encourageait massivement les parents à nourrir leurs bébés au lait industriel, plutôt qu'au lait maternel. Dans certaines régions du monde, dont l'Afrique par exemple, cette campagne de marketing s'est avérée dangereuse, dans la mesure où l'eau ajoutée à ces préparations était souvent contaminée. Beaucoup d'actions ont alors été entreprises pour endiguer cette tendance. Et des années plus tard, alors que le lait infantile se devrait d'être le produit le mieux protégé et encadré du marché, voilà qu'il se retrouve à nouveau au coeur du scandale. Pour moi, c'est incompréhensible. 

Parmi les différents scandales médiatiques que vous analysez dans l'ouvrage, lequel vous a le plus marqué?

J'ai été profondément marqué par les deux semaines que j'ai passées en Indonésie, dans les plantations d'huile de palme. Les conditions de travail dont j'ai témoigné sur place, ainsi que les risques que courent les employés, m'ont vraiment choqué. Ces personnes s'empoisonnent à petit feu, à cause des pesticides qu'elles aspergent ou des engrais qu’elles répandent sur les plantations, à longueur de journée. Et ce sont surtout les femmes qui occupent ces postes, au point où certaines ont les ongles tout noirs et retournés. Alors oui, on les équipe avec des lunettes, des masques et des gants de protection, mais il fait tellement chaud qu'elles ne peuvent pas les utiliser. Et lorsqu'elles ont mal à la gorge à cause de ces produits irritants, on leur donne du lait concentré pour faire passer la douleur, alors qu'aucune recherche médicale n'encourage cela. Une femme employée par l'un des fournisseurs de Nestlé m'a déclaré: «Si vous, les Occidentaux, vous saviez toute la souffrance qu’il y a derrière l'huile de palme, vous n'en mangeriez plus jamais.»

Dans quel état émotionnel êtes-vous rentré de ce voyage?

J’étais secoué, parce que j’imaginais que ces personnes seraient peut-êtres malades quelques années plus tard, à cause des produits qu'on leur demande de manipuler et de respirer. Nestlé se défend en affirmant appliquer les normes internationales, mais elles ne sont clairement pas respectées, et c'est terrifiant. On touche du doigt ce que représente réellement la mondialisation sur le terrain: ce sont toutes les vérités insupportables qu'on ignore lorsqu'on achète des produits au supermarché...

Vous précisez toutefois que Nestlé n'est pas la seule entreprise à collaborer avec ces fournisseurs-là.

C'est vrai, ils ne sont pas les seuls, et il faut évidemment souligner que la plupart des entreprises utilisant de l'huile de palme se fournissent en Indonésie et en Malaisie, où les conditions sont terribles. Ce qui me choque le plus est la stagnation décourageante de cette situation intolérable. Rien ne bouge, alors que plusieurs immenses organisations comme Amnesty, ainsi que le Conseil de l'Europe, tentent de faire changer les choses sur place.

Mangez-vous toujours de l'huile de palme, aujourd'hui?

Je n'en mangeais déjà pas beaucoup avant, mais ce reportage m'a définitivement guéri. Je n'en mange plus du tout aujourd'hui. J'essaie aussi d'éviter les produits Nestlé, mais c'est parfois difficile, puisqu'ils sont absolument partout. Ma compagne m'a appelé l'autre jour, fière de m'annoncer qu'après avoir lu mon texte, elle s'était tournée vers une eau San Pellegrino, plutôt qu'une eau Perrier. J'étais navré de lui révéler que les deux marques appartiennent à Nestlé (rires). Par contre, je tiens à souligner que mon rôle n'est pas d'appeler au boycott, ni de donner des recommandations aux consommateurs!

Alors, quel est le but de votre ouvrage?

L'objectif est simplement de donner des informations vérifiées aux personnes qui souhaitent en savoir plus quand aux produits qu'elles consomment. Je ne suis pas là pour donner des recommandations, je ne veux pas donner l'impression d'être penché par-dessus le caddie des gens. Mon livre contient seulement des éléments permettant d'orienter leurs choix, pour celles et ceux qui le souhaitent. 

Vous écrivez que Nestlé se relève de tous les scandales qu'elle essuie. Comment expliquez-vous cela?

Si l'entreprise retombe toujours sur ses pattes, c'est probablement en raison de son immense poids économique et politique. Comme tous les géants de l'agroalimentaire, l'entreprise possède un relais de lobbying incroyablement fructueux et efficace. Par contre, je dirais que Nestlé est très mauvaise dans la communication immédiate, après un scandale: je pense notamment au bon d'achat de vingt euros qu'un couple de français a reçu en «dédommagement», après avoir signalé que leur enfant était tombé malade d’avoir mangé une pizza Buitoni. Je pense que Nestlé a vraiment fait tout ce qu'il ne faut pas faire, sur ce coup-là. Mais l'entreprise est douée pour rétablir la barre, noyer le poisson et couper la branche pourrie: à chaque fois, elle a rapidement vendu la marque problématique.

C'est le cas de Buitoni et de Herta, qui ont été revendues.

Oui, et pareil pour Mousline. Tout ce qui peut être considéré comme de la «junk food» a été revendu, tandis que la moitié du capital pour les eaux minérales a été rachetée par une entreprise américaine. Nestlé sait analyser les marchés et investir dans ce qui redore leur image, comme Nespresso. Ils font tout pour nous faire oublier que leur marque a également été synonyme de raviolis en boîte et des pizzas contaminée. 

Mais les marques de laits infantiles n'ont pas été revendues, elles.

Non, et il faut rappeler la Justice est encore en cours. On ne peut affirmer que le lait infantile a directement causé la mort tragique de ces enfants, bien qu'il est probable qu'il ait au minimum causé des maladies. Pour moi, l'un des problèmes principaux est que Nestlé a beaucoup trop tardé à alerter les autorités des pays commercialisant ces produits, pour essayer de régler le problème en interne. Et pendant tout ce temps perdu, des millions de bébé buvaient du lait potentiellement contaminé. 

Qu’avez-vous appris durant vos recherches que vous ne soupçonniez pas avant de commencer cette enquête?

Le poids et l'influence politique gargantuesques de Nestlé, et à quel point une entreprise suisse est capable d'asseoir son pouvoir dans d'autres pays du monde, comme la France, par exemple. Leurs influence monte jusqu'au Palais de l'Elysée, alors que la France est un territoire dont l'entreprise se désengage d'année en année. 

Quels ont été les retours de Nestlé sur votre ouvrage?

Je n'en ai reçu aucun, pour le moment. Par contre, j'ai peiné à obtenir les réponses que je souhaitais inclure dans l'ouvrage. Je voulais absolument leur donner la parole, bien sûr, et les avais prévenus de mon travail. J'avais préparé une longue liste de questions, que je leur ai soumise avec un délai d'un mois pour y répondre. Après l'envoi de six mails différents restés sans réponse, j'ai fini par les prévenir que je mentionnerais leur refus de répondre dans mon enquête. Et là, j'ai reçu les réponses que j'ai pu intégrer au livre. Je pense que ce genre de procédé est très typique de leur politique du «pas de vague». 

Ellen De Meester

blick.ch

Le lac du Vernex, la perle de Rossinière

 

Comptez un peu plus d’une heure pour effectuer cette balade de 4 kilomètres autour du lac du Vernex
Stéphanie Schroeter


C'est un peu le «lac du dimanche», la balade tranquille pour digérer ou simplement pour se vider la tête et prendre un grand bol d’air frais, ou tiède selon les canicules. Mais cela n’enlève rien à son charme. Situé dans le Pays-d’Enhaut, dans le canton de Vaud, le lac du Vernex est souvent présenté comme le paradis des pêcheurs. Il offre également quelques moments de calme bienvenu aux amateurs de randonnées.

Comptez environ 4 kilomètres et un peu plus d’une heure pour effectuer le tour de ce lac de barrage accessible en été comme en hiver. La boucle commence au village de Rossinière situé un peu plus haut. Il y est possible de garer son engin mais le village est desservi par les transports publics.

Quelques jolies vues sont au programme, notamment sur les montagnes environnantes ainsi que sur les trains du MOB qui, comme échappés d’une carte postale un peu désuète, passent à proximité.


Si l’envie vous prenait de tester la température de l’eau, sachez avant de vous lancer que la baignade y est interdite étant donné la présence de potentiels sables mouvants.

La balade est terminée et vous avez encore un peu d’énergie? Une visite de Rossinière s’impose avec, en bonus, une chouette exposition, gratuite et à ciel ouvert, à découvrir jusqu’au 12 septembre. Le Royaume des Chats investit, depuis début juin, les rues, vitrines ou jardins de cette magnifique commune. L’événement, dont c’est la neuvième édition, a été créé en hommage au peintre Balthus qui a vécu à Rossinière de 1977 à 2001. Plus de 100 œuvres sont visibles.

Plus d’informations

Distance  4 kilomètres

Durée Environ 1h

Altitude 860 mètres

Difficulté Facile

Départ Village de Rossinière

Infos Lac du Vernex

Stéphanie Schroeter

laliberte.ch

samedi 5 septembre 2026

15 balades pour rejoindre petits lacs et étangs

 

Valais

Au lac plusieurs fois millénaire de Montorge par les terres du prince-évêque

Il vous faudra partir tôt le matin ou en fin d’après-midi pour ne pas trop souffrir de la chaleur durant cette randonnée généreusement ensoleillée. De la gare de Sion, vous filez à travers la vieille ville, via le Grand-Pont jusqu’à la rue du Tunnel pour emprunter le tout nouveau chemin qui, à travers les vignes, suit les contreforts nord de Tourbillon, autrefois demeure du prince-évêque, jusqu’à Platta.


De là, on grimpe jusqu’au bisse de Clavau pour emprunter le Chemin du vignoble qui, à flanc de coteau, vous conduit jusqu’à Montorge. C’est juste en contrebas de ce sentier au pied de la colline du même nom que se niche notre lac, petit mais profond, issu du retrait des glaciers, il y a plus de 17'000 ans. Un petit bijou aux très riches faune et flore, zone dûment protégée. Le plan d’eau découvert, la promenade se prolonge via les prairies sèches de la combe puis des crêtes de Montorge jusqu’au rond-point de Pont-de-la-Morge.

Infos pratiques:

Balade au départ de la gare de Sion. Une randonnée de trois solides heures de marche, dont plus de 400 mètres de montée et autant de descente à travers la vieille ville de Sion puis le vignoble en terrasses du bisse de Clavau, via le Chemin du vignoble – tronçon Sion-Saillon – jusqu’au lac de Montorge. De là, par la combe puis les crêtes de Montorge, redescente en plaine jusqu’au rond-point de Pont-de-la-Morge et son arrêt de bus qui va vous ramener à la gare de Sion. www.maisondelanature.ch/montorge

Au lac qui joue à cache-cache sur les hauteurs du col de la Gemmi

Soldats, pèlerins ou encore voyageurs de commerce l’ont longé des siècles durant pour passer de la terre bernoise vers la vallée du Rhône ou vice versa. Le Daubensee, ce lac naturel situé en contrebas du col de la Gemmi à 2207 mètres d’altitude, enserré entre le Schafberg et le Lämmerengrat, est certes au cœur des Alpes bernoises mais il est bel et bien sur territoire valaisan.

Un peu comme une baignoire sans bouchon, ce plan d’eau peu profond, de 1,5 kilomètre de long pour 400 mètres de large, s’assèche progressivement en été pour disparaître presque totalement fin novembre. Il se remplira de nouveau au printemps à la fonte des neiges. Grâce à ses bonnes conditions de vent, le lac est un spot très apprécié pour le kitesurf en été et le snowkite en hiver.

Sa circonférence d’un peu plus de 4 kilomètres est parcourue par un beau chemin de randonnée que l’on rejoint du départ de la station supérieure de la télécabine Loèche-les-Bains-Gemmi. Une montée de plus de 1000 mètres le long de la spectaculaire paroi qui domine la station thermale.

Infos pratiques:

Balade au départ de la station supérieure de la télécabine Loèche-les-Bains-Gemmi. Une boucle randonnée d’un peu plus de 2h15 de marche le long des rives du Daubensee, situé en contrebas du col. A vous de choisir par quelle rive vous voulez appréhender le lac pour revenir à votre point de départ. Avec un peu de chance, vous pourrez admirer les exploits de kitesurfeurs. www.gemmi.ch

Vers une délicieuse cuvette morainique en tutoyant la Dent-Blanche

C’est du cœur d’un des plus beaux villages de Suisse que débute votre balade du jour. Evolène, ce joyau du val d’Hérens où – le saviez-vous? – à la fin du XVe siècle plus des deux tiers des habitants étaient encore de langue maternelle allemande. Des familles venues à l’époque de Zermatt.


D’Evolène, vous allez d’abord traverser la Borgne pour grimper sur votre droite à travers forêts et pâturages en direction de Lannaz. A la première grande bifurcation, le chemin part alors sur la gauche en direction d’Arbey. Vous le suivez jusqu’à la buvette du même nom et le petit lac qui suit. Une délicieuse cuvette à 1766 mètres d’altitude, enserrée entre deux talus morainiques.

Un plan d’eau sans affluent, alimenté exclusivement par les précipitations. De ses rives, on jouit d’un magnifique point de vue sur tout le fond du val d’Hérens dominé par la majestueuse Dent-Blanche. Le retour se fait en poursuivant vers les Follièches avant de redescendre sur la droite en direction d’Evolène.

Infos pratiques:

Balade au départ de l’église d’Evolène à 40 minutes en car postal de la gare de Sion. Une boucle randonnée de moins de 3 heures de marche pour 400 mètres de montée et autant de descente. Il suffit de suivre le chemin balisé, dûment indiqué «Arbey lac». A la première grande bifurcation, partir sur la gauche vers Arbey. Le retour se fait via les Follièches avant de redescendre sur Evolène. www.valdherens.ch www.buvette-arbey.ch

Jura

De Berlincourt aux gorges du Pichoux ou quand la Sorne se mue en lac Vert

Elle prend sa source sur le plateau de Bellelay, à 880 mètres d’altitude, reçoit le renfort du Drai et du Tchaibez avant de s’engouffrer dans les spectaculaires gorges du Pichoux. Elle, c’est bien sûr la Sorne, affluent de la Birse puis du Rhin. Une rivière des plus charmantes que je vous propose de remonter depuis Berlincourt, à un jet de pierre de Bassecourt.

Le chemin ombragé qui suit le cours d’eau via les Forges traverse le village d’Undervelier, puis le site de Blanches-Fontaines et sa fonderie d’art – ne pas manquer les bronzes qui y sont exposés – avant de rejoindre le lac Vert. C’est notre plan d’eau du jour, un petit bassin constitué à la fin du XIXe siècle par la retenue des eaux de la Sorne pour y bénéficier de sa force hydraulique.

Il s’est depuis largement ensauvagé, offrant au visiteur son vert profond, reflet de la forêt qui l’entoure. Les plus curieux poursuivront leur exploration le long du rocher jusqu’au cœur des gorges du Pichoux.

Infos pratiques:

Balade au départ de Berlincourt, à 20 minutes en train et en bus de la gare de Delémont. Une marche facile de moins de 2h15, pour l’essentiel en rive droite de la Sorne, à l’exception du secteur des Forges, via Undervelier, Blanches-Fontaines, jusqu’au lac Vert. De là, on peut prolonger sous le rocher dans les méandres des gorges du Pichoux avant de revenir à Undervelier par le même chemin pour regagner Delémont en bus puis en train. www.delemontregion.ch

La magie des Franches-Montagnes d’un étang à l’autre

Dans la quiétude de l’étang de Plain-de-Saigne, on a beaucoup de peine à imaginer que, il y a plusieurs siècles déjà, cette zone aujourd’hui protégée était le théâtre d’une intense activité. Dès 1480, un moulin y est installé, d’abord pour moudre le grain, puis pour scier le bois.


Bien plus tard, et jusqu’en 1970, ses marais sont largement exploités pour l’extraction de la tourbe. Un combustible qui, durant la Seconde Guerre mondiale, permettra notamment de chauffer la ville de Bâle. Décrétés site protégé en 1971, l’étang et ses très larges abords, réaménagés depuis, constituent désormais un site naturel d’exception.

Je vous propose de précéder sa visite de celle de l’étang, encore plus mystérieux, de Bollement, situé en aval dans la Combe de Tabeillon. Un ruisseau que l’on va longer à travers bois puis par les larges sapins et les prairies si caractéristiques des Franches-Montagnes jusqu’à Plain-de-Saigne pour finir par rallier le Pré-Petitjean.

Infos pratiques:

Balade au départ de la petite gare du Bollement sur la ligne des Chemins de fer du Jura Saignelégier-Glovelier. Une randonnée de près de 2 h de marche, d’abord à la découverte de l’étang de Bollement adjacent, puis en suivant le Tabeillon via le Pré des Combes jusqu’à l’étang de Plain-de-Saigne. Le site visité, la balade rejoint ensuite la gare et l’auberge du Pré-Petitjean pour un possible retour sur Saignelégier en train. www.franchesmontagnes.ch www.montfaucon.ch

Argovie

Du paradis des concubins aux berges de la Reppisch en passant par l’Egelsee

C’est une petite pépite à la lisière de la vallée zurichoise de la Limmat que je vous invite à découvrir. Un amour de petit lac au milieu d’un écrin de verdure exclusivement alimenté par le ruissellement des eaux des collines qui l’entourent. Son nom: l’Egelsee.

Un ensemble de plus de 3 hectares qui, outre le lac proprement dit, comprend une large roselière et des prés marécageux riches de plus de 230 espèces végétales. Une zone classée réserve naturelle depuis plus de quarante ans par la commune argovienne de Bergdietikon, qui en est propriétaire. On peut rejoindre cette petite merveille qui, compte tenu de sa profondeur, reste gelée jusqu’au printemps au départ de Spreitenbach l’argovienne, refuge des concubins à l’époque où Zurich réprimait encore les couples non mariés.

Dès les faubourgs de Spreitenbach traversés, le chemin grimpe à travers bois le long de l’étroite vallée de l’Egelseebach jusqu’au lac proprement dit, avant de redescendre via Kindhausen jusqu’à Dietikon et sa Reppisch.

Infos pratiques:

Balade au départ de la gare de Spreitenbach, à 20 minutes en train de la gare centrale de Zurich. Une randonnée de 3 petites heures de marche pour près de 350 mètres de montée et autant de descente. Après avoir quitté la banlieue de Spreitenbach en suivant le chemin dûment balisé «Egelsee», on rejoint la réserve naturelle. De là, on redescend via Kindhausen puis les berges de la Reppisch jusqu’à la gare de Dietikon. www.bergdietikon.ch

Neuchâtel

Des champs d’absinthe à l’eau douce des Taillères par la Vy aux Moines

Au Moyen Age, les échanges sont intenses entre le prieuré de Môtiers, dans le Val-de-Travers, et l’abbaye franc-comtoise de Montbenoît. Appelée Vy, la voie tracée par les moines à travers la montagne est rapidement empruntée par les marchands, les contrebandiers, les réfugiés, mais les pèlerins aussi.


C’est depuis Boveresse, haut lieu de la production d’absinthe, que je vous invite à suivre le chemin pour, à travers forêts et pâturages, rejoindre les rives tout en prairies et en sapins du lac des Taillères, à quelques encablures de La Brévine. Un plan d’eau alimenté par les eaux de pluie et plusieurs sources profondes, qui ne vit pourtant pas en vase clos. Grâce à son sous-sol poreux, il finit sa course dans l’Areuse.

Si, en hiver, il est très souvent gelé, en été, son eau peut facilement atteindre les 24°C. Pas étonnant dès lors qu’il attire les baigneurs, pêcheurs et adeptes de planche à voile.

Infos pratiques:

Balade au départ de la gare de Boveresse, à 50 minutes en train de Neuchâtel. Une randonnée de plus de 3h15 de marche, du Val-de-Travers à la vallée de La Brévine, le long de la Vy aux Moines via le Signal des Français, la Grande et la Petite Charbonnière, Cotards-Dessus jusqu’aux rives sud du lac des Taillères. Le retour sur Neuchâtel se fait en bus de l’arrêt «Les Taillères Bout du Lac» à La Brévine, puis de La Brévine à Neuchâtel. www.vallee-brevine.ch www.val-de-travers.ch

Aux Brenets, là où, il y a plus de 15 000 ans, la rivière est devenue lac

Si, en aval des Brenets, les gorges du Doubs ont cette singulière allure de fjord, c’est à un formidable éboulement survenu il y a plusieurs millénaires qu’elles le doivent. En verrouillant le passage de l’eau, les rochers éboulés ont contraint la rivière à une formidable cabriole de plus de 27 mètres de haut, le Saut-du-Doubs.


En inondant la vallée en amont, cet incroyable affaissement a créé un lac. Une merveille que je vous propose de découvrir depuis le port des Brenets, en suivant à pied les méandres du cours d’eau qui fait office de frontière naturelle entre la France et la Suisse. D’abord au bord de la rivière pour prendre ensuite de la hauteur dans les falaises, le chemin conduit jusqu’à la chute proprement dite.

Le retour se fait pratiquement par le même parcours jusqu’à la bifurcation de la grotte de la Toffière qui, de là, file à flanc de coteau en direction du bas du village des Brenets.

Infos pratiques:

Balade au départ de la gare des Brenets à moins de 10 minutes en train du Locle. Une boucle randonnée de moins de 2h30 de marche. Une succession de petites descentes et montées d’abord au port des Brenets, pour longer les bords du Doubs avant de monter le long des falaises en direction du Saut-du-Doubs. La chute admirée, retour en hauteur des méandres de la rivière vers le village puis la gare des Brenets. On peut aussi opter pour un retour en bateau. www.parcdoubs.ch www.lelocle.ch

Fribourg

De la terre des marais aux tritons alpestres de Rathvel

En patois fribourgeois, terre humide, marécageuse, se dit paccot. Il faut dire qu’entre la Corbetta et la Dent-de-Lys qui la domine, la station des Paccots est sillonnée de petits ruisseaux qui viennent alimenter la Veveyse de Châtel et à leur passage ont durablement imbibé le sol de ce petit plateau.

Pour la balade du jour, on quitte rapidement cette terre de marais pour emprunter le chemin du panorama alpin qui file à travers la forêt du Vieux Gîte. De là, on poursuit, toujours à travers bois, vers les pâturages des Pueys, pour rallier Rathvel. C’est au creux du plateau, sur la gauche du chemin emprunté que se niche l’étang de Rathvel.


Issu d’une ancienne tourbière, il est désormais le paradis des tritons alpestres, grenouilles rousses et crapauds communs, sans parler de l’orchis tacheté et de la pimprenelle officinale. Une zone humide d’exception, dûment protégée, qu’il vaut vraiment la peine de découvrir avant de regagner les Paccots.

Infos pratiques:

Balade au départ du centre des Paccots, à moins de 20 minutes de bus de la gare de Châtel-Saint-Denis. Une boucle randonnée d’un peu plus de 2 heures de marche en très légère montée le long du Chemin du panorama alpin – étape Les Paccots-Gruyères – à travers la forêt du Vieux Gîte jusqu’à Rathvel et son étang. Le retour vers les Paccots se fait d’abord via la route du Moléson avant de rejoindre le chemin du panorama alpin via la route des Pueys. www.rathvel.ch

Des terres gallo-romaines de Mars à l’étang des Bugnons en longeant le Gérigno

On pensait que c’était une famille résidante, les Marso, qui lui avait donné son nom. La réalité était plus singulière, c’était en fait un temple gallo-romain consacré à Mars, érigé sur ses terres au début de notre ère, qui lui valait le toponyme de Marsens, point de départ de la balade du jour.

Du cœur du village, direction Montmasson pour gagner les rives du Gérigno que l’on va remonter à travers bois et prairies jusqu’à la hauteur des Gros-Prary. Le chemin file alors brièvement via le parcours de Fribourg en diagonale pour rejoindre l’étang des Bugnons. Un amour de petit lac, discret et sauvage, au centre de la singulière zone marécageuse des Gurles.

Ce bijou visité, on poursuit en longeant les tourbières vers l’étang du Devin avant de filer sud, en direction du village de Maules pour rejoindre la seigneurie de Vaulruz, son très beau château du XIIIe siècle et, excusez du peu, ses deux lignes ferroviaires.

Infos pratiques:

Balade au départ du village de Marsens à 15 minutes de bus de Bulle. Une solide randonnée, souvent ombragée, de plus de 3h15 de marche, à travers bois et prairies, d’abord le long du Gérigno, via Montmasson, jusqu’à l’étang des Bugnons puis celui du Devin, pour redescendre, via Maules, au centre de Vaulruz. Attention, bien choisir la gare de Vaulruz-Sud, en contrebas, pour les 35 minutes de train qui, de là, vous conduiront jusqu’à Palézieux gare, direction Lausanne ou Vevey. www.marsens.ch

Appenzell-Rhodes intérieures

Les pieds dans l’eau au cœur de l’Alpstein avec le Säntis pour témoin

Même si c’est finalement le téléphérique qui a emporté le morceau, le Säntis, géant de l’Alpstein à plus de 2500 mètres d’altitude, les Appenzellois projetaient initialement de l’atteindre en train puis en funiculaire. Un train à crémaillère qui, de Wasserauen, aurait longé le Schwendebach pour gagner les rives magiques du lac de Seealp avant de partir à l’assaut du Säntis.


Mais comme la Première Guerre mondiale a mis un terme à ces ambitions, pour votre plus grand bonheur, c’est à pied que vous allez découvrir cette région. Dès Wasserauen, le chemin file sur la gauche pour grimper via Klein et Gross Hütten, jusqu’à l’extrémité du lac du jour, le bien nommé Seealpsee.

Dans le prolongement, le Rossmad, cette spectaculaire crête rocheuse qui du Säntis vient comme finir sa course dans le plan d’eau. Un étang magique dont vous ferez bien évidemment le tour avant de redescendre sur Wasserauen par ce qui aurait dû être la voie de chemin de fer des grands projets d’origine.

Infos pratiques:

Balade au départ de Wasserauen, à 1 heure de train de Saint-Gall. Une boucle randonnée de 2h30 de marche pour moins de 300 mètres de montée et autant de descente. A l’aller via Klein et Gross Hütten jusqu’aux rives du lac de Seealp dont vous ferez bien sûr le tour. Au retour par la rive gauche du Schwendebach, soit le long du parcours du train qui aurait dû rallier le Säntis. www.appenzell.ch www.seealpsee.ch

Genève

D’un jardin botanique alpin à l’unique vrai lac de Genève

Il est certes modeste, à peine plus de trois terrains de football, mais il est, n’en déplaise notamment aux ultras du Servette FC, l’unique vrai lac de Genève. C’est le lac des Vernes, au cœur de la commune de Meyrin. Un bassin de rétention des eaux de pluie destiné à réguler les crues du Nant d’Avril, le ruisseau qui traverse son territoire.

Une zone humide qui, depuis son inauguration il y a près de dix ans, attire en nombre oiseaux, batraciens et libellules que l’on peut observer depuis de petits pontons. Un plan d’eau que l’on rejoint au départ du jardin botanique alpin de Meyrin. Après l’avoir traversé, on file via la rue de la Golette en direction de l’écoquartier des Vergers que l’on franchit. Le lac des Vernes est à son extrémité.

La balade se poursuit via les chemins des Ceps, des Terreaux et de la Badiule jusqu’à la très belle réserve naturelle de Mategnin. Un espace marécageux qu’on longe puis contourne pour revenir à travers champs jusqu’aux rives du lac des Vernes.

Infos pratiques:

Balade au départ du jardin botanique alpin de Meyrin – arrêt du tram «Jardin-Alpin-Vivarium» depuis la gare de Cornavin. Une randonnée de plus de 2 heures de marche facile entièrement à plat, via le cœur de Meyrin, l’écoquartier des Vergers jusqu’au lac des Vernes pour un prolongement jusqu’à la réserve naturelle de Mategnin puis retour au lac des Vernes et dans le prolongement à Meyrin village – arrêt du tram. www.meyrin.ch

Au fil du Rhône vers l’étang des Mouilles avec les tours du Lignon pour sentinelles

Prochain arrêt, Onex, salle communale. C’est le point de départ de notre balade du jour, une fois descendu du tram. On emprunte le chemin François-Chavaz pour rejoindre le Bois de la Chapelle qui va nous conduire jusqu’aux rives du Rhône.

Un singulier chemin qui monte et descend le long du fleuve, le touche presque par moments puis s’en éloigne parfois avec toujours dans la perspective les très présentes tours du Lignon sur l’autre rive. Arrivé à la hauteur de la passerelle qui conduit à la cité, on file sur la gauche puis, revenant sur ses pas, on contourne l’ensemble hospitalier de Loëx pour s’enfoncer dans le Bois des Mouilles.

C’est au cœur de ce vaste ensemble de plusieurs hectares que se cachent notre étang et ses abords marécageux. Une réserve naturelle paradis des grenouilles rousses et des crapauds communs depuis des décennies. Après avoir admiré tout ce petit monde, on regagne le cœur d’Onex via le parc des Evaux.

Infos pratiques:

Balade au départ d’Onex, arrêt «Salle communale», à 20 minutes en tram de Cornavin. Une boucle randonnée de plus de 2h15 de marche via le Bois de la Chapelle puis le Sentier du Rhône jusqu’à la passerelle du Lignon. De là, on contourne l’ensemble hospitalier de Loëx pour rejoindre le Bois des Mouilles, son étang, ses zones marécageuses paradis des grenouilles rousses. Puis retour via le parc des Evaux jusqu’au cœur d’Onex, pour regagner le centre de Genève en tram. www.bernex.ch

Vaud

Bien loin des frissons des plongées hivernales, visite à la perle des lacs alpins

Il est le paradis des plongeurs les plus téméraires au cœur de l’hiver, ces femmes et hommes-grenouilles qui raffolent des jeux de lumière que leur offre l’épaisse couche de glace qui le recouvre. Typique lac glaciaire issu de l’érosion et de l’affouillement, le lac Lioson, car c’est bien sûr de lui qu’il s’agit, fait encore davantage d’émules en été.

Baptisé la perle des lacs alpins, ce plan d’eau situé à 1848 mètres d’altitude, au pied du Pic-Chaussy, est particulièrement prisé des pêcheurs qui viennent y taquiner la truite et l’omble chevalier. Mais pas de panique, si vous avez oublié votre canne à pêche, vous pourrez toujours vous sustenter au restaurant du lac.



A défaut de poisson, il y aura des mets au fromage. On atteint ce petit joyau depuis le cœur des Mosses, à un jet de pierre du col du même nom, par un large chemin qui grimpe entre pâturages, forêts et rochers jusqu’à la cuvette qui abrite le lac proprement dit.

Infos pratiques:

Balade au départ du village des Mosses à 50 minutes en train puis en bus de la gare d’Aigle. Une boucle randonnée de 2h40 de marche, aller-retour, pour 400 mètres de montée et autant de descente, via les Cartiers, Lioson d’en Bas jusqu’à Lioson d’en Haut. Le temps de parcours comprend le tour du lac. Le retour se fait par le même chemin. Les plus vaillants peuvent pousser jusqu’au Pic-Chaussy, compter alors 500 mètres de dénivelé supplémentaire. www.lesmosses.ch www.lioson.ch

En remontant l’Orbe jusqu’à la piscine des abbés de la vallée de Joux

A l’origine, l’Orbe ne formait qu’un seul lac en traversant la vallée de Joux. Mais les abbés qui s’y étaient installés dès le XIIe siècle et jusqu’à la Réforme l’aménagèrent tant et si bien qu’à son extrémité se créa un second plan d’eau, nettement plus petit, le lac Brenet, baptisé la piscine des abbés.

La glace de cet étang de moins de 1 km2 de surface a, quelques décennies durant, alimenté les brasseries lyonnaises et parisiennes. Aujourd’hui, elle est un délicieux havre de fraîcheur pour baigneurs et randonneurs. Je vous propose de l’aborder en remontant le cours de l’Orbe depuis la gare de Vallorbe direction la grotte de l’Orbe puis celle aux Fées.

Le chemin grimpe ensuite à travers la forêt sur les contreforts du Mont-d’Orzeires jusqu’au col du même nom, avant de redescendre en direction du lac que l’on découvre en contrebas. On le longe alors en rive droite, via l’entonnoir de Bon Port et Les Charbonnières, jusqu’au Pont.

Infos pratiques:

Balade au départ de la gare de Vallorbe. Une randonnée de 3 heures de marche en remontant le cours de l’Orbe jusqu’à sa grotte pour grimper ensuite le long des contreforts du Mont-d’Orzeires jusqu’à son col. Le chemin redescend ensuite en direction du lac Brenet que l’on longe en rive droite jusqu’aux Charbonnières pour finir par rallier Le Pont. Retour vers Vallorbe en train depuis Le Pont. Ne pas manquer bien sûr de s’arrêter le long du lac pour pique-niquer ou se baigner. www.myvalleedejoux.ch

Jean de Preux

illustre.ch

La méthode chinoise pour concevoir une voiture fait débat : le gouvernement veut serrer la vis

 

Dix-huit mois pour sortir un modèle neuf : c’est la nouvelle norme que certains acteurs chinois disent viser, contre 2 à 5 ans pour les constructeurs occidentaux ou japonais. Grâce à l’intelligence artificielle, la Chine impose un tempo inédit à l’industrie automobile mondiale. Mais cette vitesse commence à inquiéter jusqu’aux autorités chinoises elles-mêmes, qui redoutent que la précipitation ne se paie sur la sécurité.

Le rythme de conception automobile chinois a de quoi donner le vertige, c’est le moins que l’on puisse dire. Là où un cycle de développement classique s’étale sur 2 à 5 ans chez les constructeurs historiques (et c’est déjà la fourchette basse en partant d’une base déjà existante), plusieurs entreprises chinoises visent désormais un horizon de 18 mois, porté par l’usage croissant de l’IA à chaque étape de la chaîne de développement : simulation numérique, vérification des pièces, validation virtuelle avant même la construction d’un prototype physique.

Un gain de temps que confirment aussi des constructeurs étrangers implantés en Chine : Volkswagen a par exemple bouclé le développement de son SUV électrique ID. Unyx 08, coproduit avec Xpeng, en 2 ans, tandis que Renault a établi un record avec la Twingo E-Tech, développée sur place en 21 mois. Il aurait d’ailleurs peut-être dû avoir un peu plus de temps de développement pour cette dernière.

Les autorités chinoises reprennent la main

Mais cette accélération suscite un malaise grandissant, y compris chez les industriels chinois. Plusieurs dirigeants de grands groupes, dont Geely, Great Wall ou Chery, ont publiquement reconnu que des délais trop courts revenaient, dans les faits, à faire tester la fiabilité et la sécurité des véhicules par les clients eux-mêmes, une fois la voiture déjà sur la route.

La Chine, qui a longtemps été assez « négligente » sur les normes de sécurité, a bien changé depuis l’avènement de ses constructeurs nationaux.

Une campagne d’inspections surprises est lancée sur un an dans les usines, les normes se durcissent sur les batteries, les aides à la conduite ou encore les fameuses poignées de porte, et le pays mène actuellement le plus vaste rappel automobile de son histoire, avec plus de 4,27 millions de véhicules électriques concernés chez Tesla et 8 autres marques.

De nouvelles normes imposeront un déverrouillage mécanique, à l’intérieur comme à l’extérieur, actionnable même sans courant, à compter du 1er janvier 2027 pour les modèles nouvellement homologués. Le pays devient ainsi le premier à bannir les poignées escamotables que Tesla a popularisées et que les marques chinoises ont adoptées en masse.

Le ministère de l’Industrie a par ailleurs pris l’habitude de communiquer rapidement sur les usines contrôlées, et une proposition est à l’étude pour doubler la distance minimale d’essais routiers exigée sur les nouveaux véhicules, pour la porter à 30 000 kilomètres.

Vitesse et sécurité, un équilibre encore fragile

Reste que ralentir n’est pas si simple pour des constructeurs pris dans une guerre des prix et des marges de plus en plus étroites, avec des clients habitués à des renouvellements de gamme permanents.

Le patron de Geely lui-même a admis publiquement qu’il lui serait difficile de freiner alors que toute l’industrie est engagée dans une course contre la montre et contre tous.

Certains observateurs estiment que la pression réglementaire pourrait simplement pousser les marques à mieux choisir où elles accélèrent : continuer à aller vite sur le logiciel et les fonctions numériques, validables par simulation, mais ralentir sur le matériel et les technologies autour de la sécurité.

D’autres, comme le patron de la marque premium Voyah, rappellent qu’un développement rapide n’est pas un problème en soi, tant que tous les tests requis ont bien été menés à leur terme. Un point de vue qui laisse tout de même une question ouverte : qui, en pratique, vérifie que c’est vraiment le cas ? Pour le moment, ce sont les clients apparemment, à leurs risques et périls visiblement.

Yann Lethuillier

frandroid.com