Chu de che / Je suis d'ici / Sono di qui / Ich bin von hier ! Notre liberté ne nous a pas été donnée, mais combattue et priée par nos ancêtres plus d'une fois! Aujourd'hui, comme autrefois, notre existence en tant que peuple libre dépend du fait que nous nous battions pour cela chaque jour. Restez inébranlable et soyez un gardien de la patrie pour que nous puissions remettre une Suisse libre telle que nous la connaissions à la génération suivante. Nous n'avons qu'une seule patrie!

dimanche 1 mars 2026

Un rapport prévoit que l'IA bouleversera l'économie et supprimera des millions d'emplois

 

Un nouveau rapport économique de l'institut américain Citrini Research suscite de vives inquiétudes. Intitulé «2028 La crise mondiale de l'intelligence», il décrit un scénario catastrophe où l'intelligence artificielle bouleverse l'économie et provoque des millions de pertes d'emplois.

Selon les auteurs, l'essor de l'IA augmente certes la productivité des entreprises, mais provoque des licenciements massifs, des mesures d'austérité et un effondrement de la demande. Les sociétés privilégient des IA toujours moins coûteuses plutôt que les salariés, alimentant ainsi la spirale de la crise.

L'IA menace surtout les emplois de bureau

Le rapport de Citrini Research ne porte pas sur la robotisation industrielle. Ce sont surtout les emplois de bureau qui sont menacés: employés commerciaux, spécialistes, analystes, juristes et personnel administratif.

Les personnes issues de la classe moyenne seront directement touchées, celles qui achètent des maisons, des voitures, partent en vacances et soutiennent la consommation. La perte de leurs emplois pourrait faire s'effondrer l'ensemble du système économique. Comme l'indique le rapport: «pour chaque nouvel emploi créé par l'IA, des dizaines disparaissent. Et les nouveaux emplois sont nettement moins bien rémunérés que ceux qui ont été effacés.»

Une crise comme celle de 2008?

Les auteurs de l'analyse mettent en garde contre un effondrement économique mondial comparable à la crise financière de 2008. Le système financier a en effet été conçu pour une société où la main-d'œuvre humaine est rare et bien rémunérée, et cet état de fait pourrait ne plus tenir.

Le scénario décrit par Citrini Research n'est pas resté sans écho. Les médias financiers, dont le célèbre «Wall Street Journal», alertent déjà sur les craintes croissantes des investisseurs. Les bourses américaines ont en effet enregistré de fortes baisses de cours cette semaine.

Les patrons transformés en chauffeurs Uber

Dans un autre chapitre du pessimiste rapport de Citrini Research, les cadres licenciés quittent leurs postes bien rémunérés pour des emplois physiques ou dans les métiers du service, comme chauffeur Uber ou coursier alimentaire. 

Ils travaillent alors pour la moitié de leur ancien salaire. Et ce, jusqu'à ce que ces métiers soient également pris en charge par des robots.

blick.ch

Mathilde Gremaud: La tête dans les airs et les pieds sur terre

 

En quelques heures, Mathilde Gremaud a quitté l’hôpital de Livigno pour rejoindre Milan où notre rencontre est prévue. «Pas d’inquiétude, elle tient à venir à Milan», nous explique-t-on au moment où l’on craignait de devoir annuler la rencontre. Finalement, la Gruérienne est arrivée pile à l’heure au magnifique Pavillon de son partenaire Omega où se déroule l'entretien.

À voir la spécialiste de ski freestyle, il paraît presque étonnant de se dire qu’elle vient de traverser une période particulièrement mouvementée en une poignée de jours. Jugez plutôt: le 9 février, elle devient championne olympique de slopestyle, sa discipline reine. Sept jours plus tard, elle se crashe à l'échauffement du Big Air. Elle qui ambitionnait de terminer la soirée sur le podium l’a finie dans une chambre d’hôpital. «Même si j'avais été capable physiquement de concourir, je ne l’aurais pas été mentalement», a-t-elle admis.

Et cette phrase résume en un sens assez bien qui est Mathilde Gremaud. Pour faire du ski freestyle à un tel niveau de compétition, il faut n’avoir peur de rien, mais également connaître ses limites. Désormais double championne olympique, elle ne s’en cache pas: lorsque l’on est arrivé au sommet, y rester ne va pas de soi. «Une carrière, ce n’est pas quelque chose de linéaire et il y a des phases plus mouvementées que d’autres, analyse-t-elle lucidement. Ce qui est bien avec les Jeux, c’est que nous avons quatre ans pour nous y préparer. Cela permet de passer par tous les états d’esprit.»

Elle avoue avoir connu une grande décompression après son titre olympique en 2022 à Pékin. «Je continuais de faire ma routine et de m’entraîner, précise-t-elle. Par contre, j’attendais surtout le week-end afin de voir mes potes et de faire autre chose. Je me suis laissée le temps de penser à autre chose, de changer mes priorités. Entre deux Jeux, il y a énormément de hauts et de bas. Il faut accepter ces jours plus compliqués et ne pas s’en faire. Ce lâcher-prise est important dans la gestion des émotions sur une carrière.»

On pourrait imaginer Mathilde Gremaud évoluer dans un monde plus en rapport avec le côté fun de son sport. Cependant, c’est tout le contraire qu’elle dégage. Pour preuve, elle a préparé ses Jeux olympiques du côté d’Albeuve, en Intyamon. Comment? En participant à la Désalpe en suivant une famille. Une démarche singulière, mais elle ne le voit pas ainsi. «Je trouve que les régions avec des traditions fortes sont souvent des régions de bosseurs, appuie-t-elle. Une famille qui monte à l’alpage fait énormément de sacrifices, parfois même plus que les sportifs. C’est différent et en même temps très similaire. Les femmes et les hommes qui vivent ces saisons-là n’ont pas les médias derrière eux, pourtant ils travaillent tout le temps. Ils doivent s’occuper des bêtes, faire le fromage, veiller à ce que tout soit parfait. Nous devons aussi constamment prendre soin de nous-mêmes. Je vois une vraie similitude.»

D’ailleurs, Mathilde Gremaud s’entoure de marques suisses pour l’accompagner, comme la manufacture horlogère Omega ou l'Union fribourgeoise du Tourisme. «Ce n’est pas par patriotisme, précise-t-elle. Je ne me considère pas ainsi. Mais, bien sûr, en tant qu’athlète, on voyage énormément et tous les jours je croise des gens à qui je dis qu’il faut absolument venir manger une fondue en Suisse ou venir y acheter une montre. Je suis fière du savoir-faire de mon pays. Cela fait partie de moi. Le rapport aux traditions et à la culture, c’est comme ça que j’ai grandi. C’est peut-être cliché de parler de racines, mais c’est vraiment ça.» 

Et, finalement, cela rejoint plutôt son savoir-faire à elle, sur les skis. Et cette capacité à être prête au moment où cela compte est également enracinée en elle. «Timing is everything» (ndlr Tout est dans le timing), comme on dit en anglais. Pile à l’heure. «C’est une phrase qui me parle beaucoup, constate-t-elle. On a quatre ans pour se préparer. Le jour J, c’est presque le bonus. L’important, c’est de faire les étapes jour après jour. Ça ne veut pas dire être la meilleure au quotidien. Si j’ai un mauvais jour, je l’accepte et je continue. L’idée, c’est d’avancer au bon rythme pour arriver prête au moment clé.»

Du côté de Livigno, le timing était pour le moins bon. C’est devant ses proches que Mathilde Gremaud est devenue double championne olympique. Contrairement à Pékin voici quatre ans, elle a vu une importante délégation débarquer en provenance de La Roche. «Je les entendais faire du bruit depuis le haut de la piste, se souvient-elle. Je n’avais jamais vécu un tel moment. C’était incroyable. En plus de ma famille et de mes proches, il y avait toute une équipe du ski-club présente. Je crois qu’ils étaient une cinquantaine. C’était magnifique d’avoir autant de monde pour célébrer ce grand moment.»

Gérer «l’après»

Même si la petite déception consécutive à son forfait en Big Air, Mathilde Gremaud tire évidemment un bilan positif de ses troisièmes Jeux olympiques. «La discipline reine, c’est le slopestyle, précise-t-elle. Donc, mes Jeux sont réussis.» Reste désormais à voir comment elle va «encaisser» l’après-Jeux. «Je suis encore jeune (ndlr 26 ans), mais je commence à avoir beaucoup d’expérience. En 2018, j’étais assez innocente par rapport à tout ce que j’allais vivre et c’était très intense. En 2022, j’étais peut-être un peu mieux préparée. Mais, c’était encore dix fois plus intense parce qu’il y avait deux médailles, dont une d’or.»

En quelques années, sa notoriété a changé du tout au tout. C'est justement le fait d’avoir les pieds solidement ancrés sur terre qui lui permet de vivre cela avec calme. «Il y a beaucoup de choses que je peux gérer moi-même. Mais, le plus important, c’est apprendre à dire non. Tu reçois plein d’opportunités et, prises une à une, chacune pourrait être intéressante. Mais, si tu acceptes tout, cela devient compliqué. Je dois faire des choix. Ma carrière est encore longue. Si ça ne se fait pas aujourd’hui, ce sera pour une prochaine fois.» Finalement, gérer une carrière de double championne olympique, c’est simple. À condition d’avoir la tête sur les épaules. Même à 10 mètres du sol.

blick.ch

vendredi 27 février 2026

La bibliothèque cantonale rouvrira le 1er septembre

 

La BCU «offrira, au cœur de la ville et du canton, des espaces d’apprentissage, de découverte et de mémoire et une offre culturelle attrayante», a indiqué jeudi l’institution dans sa lettre d’information périodique. L’inauguration officielle se déroulera pour sa part le week-end des 26 et 27 septembre.

Par ailleurs, avant l’ouverture au public et l’inauguration, le Service des bâtiments du canton de Fribourg remettra officiellement le samedi 7 mars à la BCU les clés de ses bâtiments rénovés et agrandis. De 14h00 à 19h00, la population pourra déjà effectuer des visites libres ou guidées.

Un logo et une charte

La BCU vient en outre de se doter d’un logo et d’une charte graphique «traduisant l’accessibilité de ses services à tous». Le B de Bibliothèque/Bibliothek, comme point commun entre les langues, est formé de deux bulles, symboles du dialogue et du partage, se superposant pour former un oeil.

Ce dernier se veut «un regard curieux et critique sur le monde». Le bleu de la connaissance s’allie au rose du plaisir pour représenter «la joie d’apprendre». Le slogan «explorer le passé, inspirer l’avenir» transcrit le socle historique sur lequel s’appuyer pour «imaginer l’avenir, son futur personnel et celui de la collectivité».

Rallonge douloureuse

La rénovation de la BCU devrait donc afficher un coût total de 117 millions de francs. Au budget initial de 79 millions établi en 2018, dont 15 millions de subventions fédérales, est venu s’ajouter un crédit additionnel de 38 millions, voté non sans une âpre discussion par le Grand Conseil en mars 2024.

Le montant supplémentaire a servi à couvrir des frais inattendus. La structure historique était en moins bon état que prévu, les réserves avaient été sous-estimées et un déménagement urgent des ouvrages avait dû être organisé dans la première phase des travaux.

Enfin, le site de la BCU-Beauregard sera progressivement fermé au public, relève encore la lettre. Il s’agit ici de procéder aux déménagements avant l’ouverture de la BCU à la rue Saint-Michel 6 le 1er septembre, soit au moment de la rentrée universitaire.

ATS

jeudi 26 février 2026

Une forêt vaudoise étudie la décomposition des corps humains

 



Le site se trouve à l'orée d'une forêt du canton de Vaud. Son emplacement exact est cependant tenu secret, «eu égard à la nature sensible des travaux qui y sont menés», relève le CHUV, mercredi, dans un communiqué. Le lieu est en effet dédié à l'étude de la décomposition du corps humain.

Cette discipline scientifique se nomme la taphonomie humaine. Depuis l'automne dernier, le Swiss Human Institute of Forensic Taphonomy (SHIFT), unité rattachée au Centre universitaire romand de médecine légale (CURML), dispose de cette structure en plein air «lui permettant de récolter des données qui font défaut actuellement».

Car ce site extérieur de taphonomie humaine constitue une première en Europe, souligne le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). On y trouve un laboratoire et quelques bureaux. Les corps qui y sont étudiés proviennent de personnes qui ont fait un don au SHIFT via une plateforme en ligne gérée par le CURML.

Cette structure en plein air de taphonomie humaine sera utile sur différents plans, «en Suisse et ailleurs». Le développement de nouvelles connaissances sur la décomposition des corps humains permettra notamment des avancées dans la documentation et la résolution d'affaires médico-légales.

Biocompostage funéraire

«Nous allons pouvoir progresser dans les diagnostics concernant les causes et circonstances d'un décès», explique le professeur Vincent Varlet, responsable du SHIFT, cité dans le communiqué. A l'échelle internationale, les données récoltées par les scientifiques du CHUV permettront de mieux documenter des événements humanitaires. Les travaux menés au SHIFT devraient aussi permettre d'améliorer la prise en charge des corps des victimes de catastrophes ou de conflits.

Enfin, un projet de recherche qui sera conduit sur ce site extérieur de taphonomie est consacré à l'étude du «biocompostage funéraire». Une technique «qui pourrait répondre à la problématique de la mauvaise décomposition des corps» rencontrée dans de nombreux cimetières en Suisse, explique le CHUV.

Le biocompostage pourrait aussi être une alternative à la crémation et à l'inhumation, deux pratiques «qui ne sont pas en phase avec les souhaits et les valeurs de tout le monde», note le professeur Vincent Varlet. Le biocompostage a également un moindre impact environnemental que les modes de sépultures actuels.

ATS

Une étoile géante disparait mystérieusement du ciel

 

La fin des étoiles massives est en principe spectaculaire: elles explosent en supernova et brillent durant des semaines plus intensément qu’une galaxie entière. Pourtant, certaines suivent un tout autre destin et s’évanouissent simplement.

Des astronomes américains ont observé précisément ce phénomène: une étoile géante lumineuse dans la galaxie d’Andromède s’est transformée silencieusement en trou noir, rapportent les chercheurs dans la revue «Science».

Vents stellaires

L’étoile, désignée par le code M31-2014-DS1, possédait à l’origine environ 13 masses solaires. Au fil des millions d’années, elle a perdu une grande partie de sa matière sous l’effet des vents stellaires, jusqu’à tomber à environ cinq masses solaires.

Des observations menées avec le télescope spatial Neowise ont montré qu’elle a d’abord gagné en luminosité dès 2014, avant de disparaître soudainement. «C’est probablement la découverte la plus surprenante de ma vie», confie l’astrophysicien Kishalay De, de l’université Columbia à New York.

Comment une étoile peut-elle mourir?

En temps normal, la fusion nucléaire produit une pression interne suffisante pour contrebalancer l’énorme gravité de l’étoile. Lorsque le combustible s’épuise, le noyau s’effondre et une onde de choc expulse les couches externes dans l’espace.

Le déclenchement effectif d’une supernova dépend notamment de minuscules neutrinos chargés d’acheminer l’énergie vers l’extérieur. Dans le cas de M31-2014-DS1, ce mécanisme n’a visiblement pas suffi: l’étoile s’est effondrée sans explosion apparente pour former un trou noir.

Le trou noir n’est pas observable directement. Un faible rayonnement infrarouge suggère toutefois que le gaz expulsé auparavant retombe progressivement dans le trou noir pendant des dizaines d’années, chauffant la poussière environnante. Pour les astronomes, il s’agit d’un indice déterminant: certaines étoiles massives meurent en silence et offrent un nouvel éclairage sur la formation encore mystérieuse des trous noirs.

L'éclipse solaire du 12 août

Alors que les chercheurs documentent une mort stellaire «silencieuse», les passionnés du ciel pourront admirer plusieurs phénomènes en 2026. Le 12 août se produira la première éclipse totale de Soleil visible en Europe depuis plus de dix ans. La bande de totalité s’étendra de l’Arctique à la Méditerranée occidentale en passant par l’Atlantique Nord. En Europe centrale, l’événement sera partiel, avec une occultation pouvant atteindre 92% en Valais.

Deux semaines plus tard, dans la nuit du 27 au 28 août, une éclipse partielle de Lune suivra. Vers 6h12, la pleine Lune sera plongée à environ 93,5% dans l’ombre de la Terre, un spectacle particulièrement intéressant pour les lève-tôt. Les amateurs d’étoiles filantes ne seront pas en reste: les Perséides seront particulièrement actives dans la nuit suivant le 12 août, les Léonides après le 17 novembre et les Géminides atteindront leur maximum dans la nuit du 13 au 14 décembre.

Daniel Macher

blick.ch

mardi 24 février 2026

Pourquoi il ne faut pas abandonner l’écriture manuscrite à l’école

 

Aujourd’hui, stylos et cahiers cèdent de plus en plus la place aux écrans et claviers dans les salles de classe. Mais ces outils permettent-ils d’écrire avec la même efficacité ? En quoi supposent-ils des compétences différentes ? L’analyse de nos confrères de l’excellent site The Conversation.

Au fil des décennies, des dispositifs technologiques ont été progressivement intégrés à l’apprentissage des langues, c’est le cas récemment de l’intelligence artificielle (IA) générative.

La sophistication de ces outils condamne-t-elle à terme le recours aux crayons et aux stylos ? Ou les usages numériques peuvent-ils se combiner à l’écriture manuelle ? En quoi celle-ci garde-t-elle sa valeur pour l’être humain ?

Stylo ou clavier : un impact sur la mémorisation des connaissances

L’écriture à la main a longtemps été associée à la mémoire et aux apprentissages. C’est en 1829 que la frappe au clavier est apparue, elle est devenue courante en 1867 grâce à la première machine à écrire manuelle. Si les élèves d’autrefois apprenaient à écrire exclusivement à la main, les élèves d’aujourd’hui alternent entre écrans et papier.

Or, les recherches montrent que ces modalités n’ont pas les mêmes effets sur l’acquisition des connaissances. Dans une étude de 2014, on a observé que les élèves réussissent mieux à répondre aux questions analytiques s’ils prennent leurs notes à la main. Une étude de 2017 a établi que les étudiants de 20-25 ans retiennent plus longtemps les informations qu’ils écrivent à la main par rapport à celles qu’ils tapent sur un clavier.


« L’impact de l’utilisation des technologies sur l’expression écrite (Ma thèse en 180 secondes, 2023) »

Par ailleurs, on a découvert que les étudiants qui utilisaient l’intelligence artificielle depuis leurs premières rédactions se souvenaient très peu de ce qui était réellement écrit lorsqu’ils étaient testés sur leur capacité à citer un texte, contrairement à ceux qui avaient composé eux-mêmes leurs textes. Trouver un équilibre entre production écrite et numérique est dès lors très important.

Une richesse lexicale moindre dans les productions numériques

Dans une expérimentation menée en 2019, avant le boom des IA génératives que nous connaissons, nous avons comparé les productions manuscrites et dactylographiées d’étudiants en anglais. Nous avons constaté une moindre richesse lexicale dans les productions dactylographiées, ce qui confirme les tendances évoquées plus haut.

L’objectif de l’étude était de déterminer s’il existait des différences linguistiques en fonction du mode de production. Nous nous sommes intéressés aux aspects stylistiques, tels que la valeur informationnelle des textes, à l’organisation des textes ainsi qu’aux aspects lexicaux.

Il y avait 58 participants à l’étude, chacun produisant un texte dactylographié et un texte manuscrit à un intervalle d’une semaine. L’expérience a eu lieu dans le cadre de la préparation d’une évaluation finale. Les participants ne pouvaient pas avoir recours à des ressources pendant la production, pas de dictionnaire, pas d’outils d’autocorrection.

La majorité des textes ont témoigné d’une valeur informationnelle et d’une organisation textuelle statistiquement similaires dans les deux cas. Cela induit que le mode de production n’a pas eu d’influence sur les approches stylistiques utilisées.

Concernant la diversité lexicale, il n’en est pas de même. La richesse lexicale était bien plus importante dans la majorité des productions manuscrites. Les productions dactylographiées présentaient des faiblesses qui n’étaient pas présentes dans les productions manuscrites des mêmes participants.

Ces résultats peuvent avoir des implications pour l’enseignement de l’anglais et la manière dont les étudiants sont encouragés à produire des textes écrits.

Écrire sur écran, ça s’apprend

Depuis que la transition numérique a remisé les stylos au placard, plusieurs pays se sont penchés sur les incidences des usages numériques sur les compétences écrites : l’Espagne, les États-Unis ou encore la France.

Or, des études récentes soulignent l’importance de stratégies spécifiques d’écriture pour la progression des élèves, telles que la planification ou la relecture. Si la production manuscrite développe des capacités que le clavier ne développe pas, la maîtrise du clavier reste une compétence incontournable mais exigeante.

Les difficultés à écrire relevées aujourd’hui tiennent d’abord à leur place de moins en moins prioritaire dans les programmes scolaires en Europe, aux États-Unis ou encore en Chine.

Par ailleurs, les modes de production sont fondamentalement différents à trois niveaux. D’abord, la saisie et l’écriture se déroulent dans des cadres spatiaux distincts. L’écriture se produit dans un espace unifié tandis que la saisie se déroule dans deux espaces séparés. Ensuite, la manière dont l’individu compose avec les différences spatiales lors de la planification, de la transcription et de la révision d’un texte est également nettement différente. Enfin, la perception et les usages des étudiants varient selon les modes de production.

C’est pourquoi il est important de continuer à insister sur les bénéfices cognitifs de l’écriture manuscrite à l’école et ailleurs, tout en prenant conscience de l’apprentissage que suppose l’écriture numérique pour que les élèves arrivent au même niveau de fluidité sur écran que sur papier. En classe, il s’agit de réfléchir aux options proposées en termes d’outils de rédaction. Reste à suivre les prochaines évolutions : quels seront les impacts du recours croissant aux IA sur la production écrite ?

Les jeux vidéo rendent-ils vraiment violent ?

 


Egger Ph.