Chu de che / Je suis d'ici / Sono di qui / Ich bin von hier ! Champions Tour Fribourg Gottéron: Samedi 12 septembre 2026 : Cathédrale Saint-Nicolas, 15h30-19h Notre liberté ne nous a pas été donnée, mais combattue et priée par nos ancêtres plus d'une fois! Aujourd'hui, comme autrefois, notre existence en tant que peuple libre dépend du fait que nous nous battions pour cela chaque jour. Restez inébranlable et soyez un gardien de la patrie pour que nous puissions remettre une Suisse libre telle que nous la connaissions à la génération suivante. Nous n'avons qu'une seule patrie!

samedi 12 septembre 2026

Comment sauver votre retraite après un licenciement à 60 ans


Elle s’y attendait, mais lorsque Silvia Zemp a été convoquée dans le bureau de la directrice et s’est vue remettre son préavis de licenciement, ça a été un choc. «Mon travail était irréprochable, mes évaluations parfaites, et j’avais également suivi des formations continues», confie sous pseudonymat cette femme de 61 ans originaire de Suisse centrale. Mais son employeur, une entreprise sous-traitante dans le secteur informatique, avait perdu son client le plus important: Credit Suisse. Trois mois de préavis, aucun plan social ni indemnité de licenciement, rien. Après 16 ans de service.

Le cas de Silvia Zemp est loin d'être isolé. La «pénurie de main-d’œuvre qualifiée» à la Une des journaux a été remplacée par les suppressions de postes causées par l'intelligence artificielle. Entre UBS, le groupe d’assurance fusionné Helvetia Baloise et Novartis, la liste des licenciements s’allonge.

Le taux de chômage (y compris les demandeurs d’emploi non inscrits auprès des ORP) s’élève à 4,9% au deuxième trimestre 2026 – un chiffre élevé pour la Suisse. Même l’Union patronale suisse le reconnaît: les jeunes arrivant sur le marché du travail et les personnes à quelques années de la retraite rencontrent des difficultés sur le marché de l’emploi.

Les dernières années comptent le plus

C’est justement le cas de Silvia Zemp. «Bien sûr, je sais que je touche des allocations chômage et que j’ai aussi quelques économies de côté.» Malgré tout, elle s’inquiète: «Qui embaucherait une femme de plus de 60 ans? Si je ne trouve plus de travail, j’aurai deux problèmes: d'abord psychologique, car je me sentirai jetée comme un t-shirt de chez Temu. Puis un problème financier, car à la retraite, je dépendrai de l’argent que je pourrais encore gagner aujourd’hui.»

Beaucoup de personnes licenciées se consacrent d’abord à la recherche d’un emploi avant tout le reste. «C’est compréhensible, mais ces personnes ne devraient pas oublier la prévoyance», explique Irene Rohrbach, experte du Beobachter. Les dernières années avant la retraite sont les plus importantes pour la caisse de retraite: c’est à ce moment-là que la part de votre salaire versée à la prévoyance vieillesse est la plus élevée. Votre capital épargné étant déjà relativement important, l’effet des intérêts composés pèse lourdement. Et, en règle générale, votre salaire est plus élevé qu’en début de carrière.

«Si vous ne versez plus rien au cours des dernières années, une fois à l’âge de la retraite, il faudra vous contenter d’une pension douloureusement réduite», prévient Irene Rohrbach. De plus, certaines décisions que doivent prendre les chômeurs de plus de 55 ans ne peuvent être annulées par la suite. Il est donc d’autant plus important d’analyser la situation avec soin: «Si vous avez des doutes, n'hésitez pas à consulter des spécialistes», conseille Irene Rohrbach.

Les seniors licenciés disposent de quatre options. Chacune présente des avantages et des inconvénients, et chacune entraîne des pertes.

1 Prendre une retraite anticipée

La première décision doit être prise pendant votre délai de préavis: prendrez-vous une retraite anticipée? La caisse de retraite a besoin de le savoir pour déterminer ce qu’il adviendra de votre capital vieillesse. Dans la plupart des cas, la retraite anticipée est possible dès 58 ans, voire plus tôt dans certains secteurs (par exemple pour les femmes pilotes).

Si vous optez pour la retraite anticipée, vous pouvez vous faire verser votre avoir de vieillesse, soit sous forme de rente mensuelle jusqu’à la fin de votre vie, soit en capital unique, soit sous forme mixte. Mais bien sûr, il manque l’argent que vous auriez encore accumulé jusqu’à la retraite normale, qui peut rapidement représenter une somme à six chiffres et ainsi affaiblir votre rente.

En principe, la condition pour y avoir droit est de cesser toute activité professionnelle, mais ce n’est pas défini par la loi: rien ne vous empêche de reprendre un emploi par la suite.

Attention: même si vous pouvez percevoir l’argent de la caisse de pension dès 58 ans, les prestations de l’AVS ne sont versées qu’à partir de 63 ans au plus tôt. Il vous faut donc combler cette période avec vos économies. Dès 60 ans, vous pouvez aussi percevoir le pilier 3a.

Si vous constatez que l’argent ne suffit pas et que vous vous inscrivez malgré tout auprès de l’ORP, les sommes perçues de la caisse de retraite sont prises en compte dans le calcul de votre indemnité journalière; votre indemnité de chômage est donc réduite. En d'autres termes, seules les personnes disposant d’une épargne suffisante ou bénéficiant d’une indemnité de départ généreuse de la part de leur employeur peuvent se permettre une retraite anticipée.

De plus, même les personnes qui ne travaillent pas doivent continuer à cotiser à l’AVS jusqu’à 65 ans. Pour les personnes qui n’exercent plus d’activité lucrative, ces cotisations sont calculées en fonction de leur patrimoine et de leurs revenus de retraite, ce qui peut rapidement s’avérer très coûteux.

2 Ouvrir un compte de libre passage

Admettons que vous refusez une retraite anticipée et que vous vous lancez dans une recherche d’emploi après votre licenciement. Vous percevez donc des indemnités journalières du chômage versées par l’ORP à la place de votre salaire. Dès 55 ans, vous avez droit à un maximum de 520 indemnités journalières, ce qui suffit pour deux ans. Dès 61 ans, vous percevez 120 indemnités journalières supplémentaires, mais cela ne suffit pas non plus totalement jusqu’à la retraite. Vous pouvez alors éventuellement bénéficier de prestations transitoires, mais les conditions pour y avoir droit sont très strictes.

Mais avant même d'en arriver à cette étape, il vous faut prendre une autre décision: si vous ne trouvez pas de nouvel emploi dans les six mois, votre capital vieillesse est versé sur un compte de libre passage (CLP). Il y reste bloqué jusqu’à ce que vous trouviez un nouvel emploi avec une nouvelle caisse de retraite ou jusqu’à ce que vous perceviez l’argent à l’âge de la retraite.

Vous avez l’embarras du choix et pouvez:

  • Laisser l’argent sur un compte bloqué, il est en sécurité, mais ne rapporte pratiquement aucun intérêt,
  • L’investir dans des titres, ce qui promet davantage de chances de gain mais comporte également des risques,
  • Le confier à une compagnie d’assurance, où vous pouvez continuer à vous assurer contre les risques de décès et d’invalidité, ce qui entraîne toutefois des primes.

Il existe différents prestataires qui se distinguent nettement les uns des autres en termes de frais et de prestations. En d'autres termes, si votre argent n’est pas simplement placé à court terme parce que vous êtes sûrs de trouver bientôt un nouvel emploi, il convient de vous pencher plus attentivement sur cette question.

Attention: lorsque vous percevrez un jour l’argent de la FZ sous forme de capital, un impôt unique sera dû. Comme celui-ci est d’autant plus élevé que le capital versé est important, il est judicieux, si possible, de fractionner le versement. Toutefois, cela n'est possible que si l'argent est réparti sur deux comptes de prévoyance distincts, donc si vous en avez fait la demande dès le départ, avant que l'ancienne caisse de retraite ne transfère l'argent à la fondation de prévoyance.

3 Rester assuré auprès de la caisse de retraite

Avec les deux premières options, vous ne pouvez plus continuer à constituer votre capital vieillesse, contrairement à cette troisième solution: rester affiliés à votre ancienne caisse de retraite, même si vous n’y êtes plus employés. La loi accorde ce droit dès 58 ans, mais uniquement si votre employeur a mis fin à votre contrat.

De plus, cette option vous permet de percevoir une rente plus tard, ce qui est impossible avec les comptes de libre passage. L’inconvénient est d’autant plus lourd: puisque votre ancien employeur ne verse plus rien, il faut également prendre en charge ses cotisations, ce qui coûte cher, surtout si vous n'avez plus d'emploi.

En effet, les cotisations s’élèvent généralement à plusieurs milliers de francs. Selon la caisse de pension, il faut les payer à l’avance pour toute l’année civile. Vous pouvez bien sûr déclarer ces cotisations dans votre déclaration d’impôts, ce qui réduit le montant des impôts – mais seulement a posteriori. Une autre solution consiste à réduire le salaire assuré, ce qui diminue les cotisations. Mais cela réduit également votre future retraite. Cette solution peut vous convenir si vous souhaitez absolument toucher une retraite plus tard et que vous avez les moyens de verser temporairement des sommes importantes à la caisse de retraite.

Si vous optez pour cette variante, vous devez le signaler à la plupart des caisses de retraite dans les 30 jours suivant la fin de votre contrat de travail.

4 Transférer l'avoir vers l'institution supplétive

Continuer à cotiser et avoir le choix plus tard entre une rente et un capital? Voilà ce qu’offre la quatrième et dernière option: le transfert de votre avoir de vieillesse vers l’institution supplétive LPP, une sorte de fonds commun géré par l’Etat.

Cette solution semble idéale, mais détrompez-vous: les versements éventuels se limitent au minimum légal prévu par la prévoyance professionnelle (LPP). La plupart des caisses de retraite vont au-delà, assurent des salaires plus élevés et offrent davantage de prestations. L’institution supplétive LPP n’est pas autorisée à le faire, c’est pourquoi cette option comporte également des inconvénients.

Silvia Zemp quant à elle ne peut se permettre de prendre une retraite anticipée. Elle se rend à l’ORP et espère retrouver un emploi dans les six mois, avant de devoir décider où son ancienne caisse de retraite devra transférer son capital vieillesse.

 Martin Müller

blick.ch

Les Suisses gaspillent 30 millions de repas chaque semaine



 

Du 12 au 20 septembre, plus de 50 organisations vont sensibiliser le public au gaspillage alimentaire sous la devise "Tirez-en le meilleur parti !", annoncent les organisations foodwaste.ch et United Against Waste, à l'origine de l'initiative. Des banquets "Foodsave", des cours de cuisine, des expositions et d’autres activités participatives figurent notamment au programme.

Chacune des organisations et entreprises participantes utilisera ses propres canaux de communication pour montrer comment tirer davantage parti des denrées alimentaires au quotidien. Parmi les participants figurent différents cantons, des détaillants, ainsi que des associations de la restauration telles que Gastrosuisse et Hotellerie Suisse.

Les initiateurs étayent par des chiffres l’ampleur non négligeable du gaspillage alimentaire. En Suisse, environ 2,8 millions de tonnes de denrées alimentaires sont perdues tout au long de la chaîne, de l’agriculture jusqu’aux ménages. Une personne jette en moyenne 80 kilos de denrées alimentaires par an, ce qui correspond à une valeur d'achat de 600 francs.

ATS

jeudi 10 septembre 2026

Le reflet du Cervin s’invite à trois reprises


La balade comprend cinq lacs
Stéphanie Schroeter

Vous avez une passion secrète pour les lacs de montagne? Ça tombe bien car il existe un véritable paradis bleu et il se trouve en Valais. Plus précisément à Zermatt. Bien connue des randonneurs, cette balade des lacs vaut le détour surtout de juin à fin septembre. Il y en a même cinq à découvrir et cela à distance raisonnable. Il faut compter environ 3 heures pour en faire le tour.

Le parcours des cinq lacs, c’est un peu plus de neuf kilomètres d’évasion et de vues à couper le souffle et de panoramas différents qui se succèdent. Cerise sur la montagne, le Cervin se reflète dans trois de ces lacs (Stellisee, Grindjisee et Leisee). Il est également possible de se baigner au Leisee et au Grünsee qui porte bien son nom étant donné sa couleur verte intense.

La randonnée commence à Blauherd puis il faut prendre la direction de Stellisee, Grindjisee, Grünsee, Moosjisee et enfin Leisee. Puis le retour se fait par Sunnegga. Comme rien à Zermatt n’est jamais laissé au hasard, il existe un billet combiné «Chemin des 5 lacs» qui comprend un trajet de Zermatt à Blauherd et un trajet de Sunnegga à Zermatt pour le retour.


Cerise sur la montagne: la vue sur le Cervin
Stéphanie Schroeter


Plusieurs places de pique-nique sont disponibles ainsi que des restaurants aussi bons qu’incontournables. Mention spéciale à «Chez Vrony», une véritable institution où il vaut mieux réserver des mois à l’avance!

Plus d’informations

Distance  Environ 9 kilomètres
Boucle Non
Durée Environ 3,5 heures
Difficulté  Moyenne
Départ Blauherd

Stéphanie Schroeter

laliberte.ch

Une rando à la découverte des lacs inférieur et supérieur de Fully

 

Le lac inférieur sur les hauteurs de Fully
Stéphanie Schroeter


Ce week-end, c’est décidé, on file en Valais! Direction Fully et ses lacs dits inférieur et supérieur. Cette magnifique randonnée d’environ 10 kilomètres est la promesse de panoramas incroyables et d’eaux turquoise! Elle commence au parking de l’Erié. Il faut un peu de patience pour y accéder, la route étant aussi longue qu’incommode! Mais cela vaut néanmoins le coup, voire le détour.

Après environ une heure de marche, on atteint le premier lac perché à 2000 mètres d’altitude au pied du Chavalard. Celles et ceux qui auraient un peu le vertige devront peut-être s’abstenir car quelques passages un brin escarpés ponctuent cette randonnée.

Après une pause à la belle cabane de Sorniot, également équipée d’un dortoir, la balade continue durant vingt minutes jusqu’au lac supérieur. Une grande étendue d’eau cristalline. Il est possible de s’y baigner durant les chaudes journées d’été. Il est préférable de s’équiper de bonnes chaussures car le sentier traverse des éboulis calcaires.

Plus d’informations

Distance  Environ 10 kilomètres

Boucle Non

Durée Environ 3 heures

Difficulté Facile à moyenne

Départ Parking de l’Erié

Altitude de départ Environ 1890 mètres

Altitude maximale Environ 2130 mètres

Le lac supérieur de Fully
Stéphanie Schroeter


Stéphanie Schroeter

Une balade jusqu’au lac Lioson pour admirer sa couleur émeraude

 

Il faut compter un peu plus de deux heures pour effectuer les 7 kilomètres d’ascension
Stéphanie Schroeter


Il est souvent appelé «la perle des lacs alpestres». Un surnom qu’il n’a pas volé. Le lac Lioson, avec ses eaux couleur émeraude, a un petit quelque chose d’enchanteur et de charmant qui ne laissera pas le randonneur insensible. Une beauté qui se mérite car cela grimpe sec pour accéder à ce joyau situé dans les Alpes vaudoises.



Le départ se fait depuis la station des Mosses, juste à côté de l’Office du tourisme. Plus simple, il n’y a sans doute pas. Cette balade est accessible à un large public, y compris les marcheurs sur courtes jambes pourvu qu’ils soient équipés du matériel adapté. Et surtout de bonnes chaussures! Oubliez donc les tongs et autres espadrilles légères que l’autrice de ces quelques lignes a eu le bonheur de croiser lors de son ascension de plus de 400 mètres.

Il faut compter environ deux heures pour effectuer les 7 kilomètres, parfois un peu raides, vous menant au paradis et à la contemplation situés à un peu plus de 1800 mètres d’altitude. Plusieurs activités sont proposées, dont la visite, en chemin, de l’alpage de Lioson afin de découvrir la fabrication du fromage.

Une petite soif ou une grosse faim une fois arrivés à destination? Un restaurant est disponible au bord du lac dans lequel il est d’ailleurs possible de se baigner. Mais aussi d’en faire le tour en environ 20 minutes pour les plus volontaires.

Plus d’informations

Distance  7 kilomètres

Durée Environ 2h

Altitude 1800 mètres

Difficulté Moyenne

Départ Station des Mosses

Infos Lac Lioson

Stéphanie Schroeter

laliberte.ch

mercredi 9 septembre 2026

L'ONU vote pour des cartes du monde plus fidèles à la réalité des continents



L'ONU adopte une réforme de la cartographie mondiale, plus proche de la réalité


L'Assemblée générale de l'ONU a adopté vendredi une résolution pour promouvoir des cartes du monde plus représentatives de la taille réelle des continents. Le texte, porté par le Togo et l'Union africaine, a été adopté par 164 voix contre une, celle des États-Unis.

La résolution vise à encourager les Etats et organisations internationales à abandonner la projection de Mercator, du nom du cartographe flamand Gerardus Mercator né en 1512. Cette représentation, conçue à l'origine pour la navigation maritime, agrandit artificiellement les territoires situés aux hautes latitudes, rétrécissant ainsi l'Afrique, l'Amérique latine et l'Asie du Sud. Elle invite à adopter la projection dite "Equal Earth", qui respecte les proportions réelles des continents.

"Les cartes façonnent notre compréhension du monde. Elles orientent l'éducation, nourrissent l'imaginaire et influencent les perceptions collectives. Elles ne sont donc jamais neutres", a déclaré le ministre togolais des Affaires étrangères Robert Dussey à la tribune de l'ONU.


Nouvelle carte du monde: L'Onu redonne de la place aux continents 


Seuls les Etats-Unis s'y opposent

Les Etats-Unis ont été la seule nation à voter contre. Leur représentante Yaryna Ferencevych a dénoncé une résolution portant "un agenda idéologique" qui nuit à la crédibilité de l'ONU. "Plutôt que de se concentrer sur les véritables enjeux de paix internationale, cette instance débat de projets cartographiques datant du XVIᵉ siècle", a-t-elle lancé.

La France, qui coparraine le texte, a apporté un soutien appuyé à cette initiative au moment où elle cherche à renouer avec l'Afrique, où son influence s'est fortement érodée. "Corriger une représentation qui déforme le monde, c'est déjà faire œuvre de vérité", a déclaré le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot dans un discours prononcé vendredi à la Sorbonne.

Fara Ndiaye de Speak Up Africa est à l'origine de la résolution de l'ONU 


«Le Conseil fédéral a dérapé par rapport à la politique traditionnelle de neutralité»

 

Les sanctions unilatérales sont contestable au plan du droit international, et n'ont jamais atteint l'objectif qu'elles s'assignaient. Des sanctions multilatérales édictées par l'ONU, et en particulier par l'Assemblée générale lorsque le Conseil de sécurité est bloqué, seraient par contre plus légitimes et efficaces. C'est l'avis de Marcelo Kohen, professeur émérite de droit international au Graduate Institute à Genève. Son idée n'a 'as été explorée jusqu'ici dans le cadre du débat sur la neutralité qui précède la votation du 27 septembre. Marcelo Kohen a été secrétaire général de l'Institut de Droit international (Prix Nobel de la Paix 1904) et juge ad hoc au Tribunal international du droit de la mer. Interview.

Etes-vous un adepte des sanctions internationales de manière générale?

On prend pour acquis que la meilleure manière d'agir en politique internationale est d'appliquer des sanctions. En réalité, on observe qu'elles ne produisent jamais les résultats escomptés. Les sanctions les plus problématiques sont celles qui touchent l’ensemble de la population de l’Etat visé. Les populations des Etats qui sanctionnent subissent en effet souvent, elles aussi, les conséquences des mesures prises. Tout cela impose d’examiner également la question de l’efficacité.

Et que pensez-vous de l'efficacité des sanctions?

Les sanctions des Etats-Unis et de l’Union européenne à propos de l’agression contre l’Ukraine ont été suivies de contre-sanctions russes. Elles ne produisent toutefois aucun changement politique: les deux parties campent sur leurs positions.

Que pensez-vous des sanctions unilatérales qui sont prises en dehors des instances internationales?

Selon la Charte des Nations Unies, seul le Conseil de sécurité peut adopter des mesures contraignantes, comme celles qui ont été appliquées à des Etats comme l’Iraq, la Somalie, l’Iran ou la Corée du Nord. Rien dans le système juridique international actuel ne perment à des Etats de décider unilatéralement de prendre des sanctions. C'est là le véritable enjeu de la votation du 27 septembre sur la neutralité. Est-il permis de continuer avec l’interprétation du Conseil fédéral d’avoir une entière discrétion d’appliquer des sanctions unilatérales à d’autres Etats ou de suivre celles décidées en dehors du système des Nations Unies?

Il est donc illégal pour un Etat d'édicter des sanctions unilatérales contre un autre Etat?

Lorsqu'un Etat est victime d'une violation de ses droits, il a le droit d'agir en «contre-mesures». La question, dès lors, est de savoir si pour venir en aide à un Etat ou un peuple lésé, les autres Etats peuvent se départir de leurs propres obligations internationales en appliquant des sanctions hors de la Charte de l'ONU. Je ne le pense pas.

Mais les sanctions du Conseil de sécurité ne sont-elles pas systématiquement bloquées par l'un des membres?

Effectivement, du fait du droit de veto, aucune sanction ne pourra être prise à l’égard des membres permanents du Conseil de sécurité ou de leurs alliés les plus proches. Mais les Etats peuvent-ils pour autant adopter unilatéralement ce que le Conseil de sécurité a été incapable d’adopter? Même en cas de défaillance des instances multilatérales, un système juridique se doit de limiter au maximum le «droit de se faire justice soi-même»

Pourquoi?

Parce qu'il ne profitera qu'aux seuls sujets capables d’y recourir, c’est-à-dire aux plus puissants. On voit mal, par exemple, la République de Maurice, ou même l’Union africaine, en mesure d’appliquer des sanctions contre le Royaume-Uni en raison du maintien de sa présence illégale sur l’archipel des Chagos. Le problème est que l’auteur de sanctions unilatérales, lorsqu’il n’est pas directement lésé par le comportement qui motive ces sanctions, s’érige en juge du respect du droit international et de la manière d’agir dans l’intérêt général. Ce qu'aucun Etat n'est en mesure de faire seul.

La Suisse est-elle vraiment autonome lorsqu'elle prend des sanctions unilatérales?

Le dernier alignement de la Suisse, au mois d’août, sur le 20e paquet de sanctions de l’Union européenne contre la Russie offre une démonstration supplémentaire du dérapage du Conseil fédéral par rapport à la politique traditionnelle de neutralité. La Suisse ne participe évidemment pas à la prise des décisions de l’UE, mais elle les suit presque automatiquement, même si l’on affirme le faire «de manière autonome».

Quelle solution préconisez-vous, si les sanctions unilatérales et celles du Conseil de sécurité ne foncitonnent pas?

Plutôt que l’unilatéralisme, une autre voie est possible. Il existe dans la pratique onusienne un mécanisme permettant à l’Assemblée générale de se saisir d’une question que le Conseil de sécurité n’a pu résoudre du fait du veto.

De quel mécanisme s'agit-il?

Il s’agit de la procédure «Union pour le maintien de la paix» basée sur la Résolution 377 A(V) de 1950, utilisée plusieurs fois dans le conflit israélo-palestinien et au sujet de l’invasion russe de l'Ukraine. Porter la question des sanctions devant l’Assemblée générale, c'est ce qui serait le plus conforme au multilatéralisme et aux principes démocratiques.

Une résolution de l'Assemblée générale de l'ONU peut-elle être contraignante?

Non, elle n’aura pas le caractère contraignant de celle du Conseil de sécurité, mais elle permettrait au moins aux Etats qui appliqueraient ces sanctions de disposer d’un fondement, d'une légitimité, qui ne soit pas uniquement celui de leur propre vision et de leur propre décision.

La Suisse aurait-elle intérêt à souscrire à cette vision des choses?

En 2002, l’année de son entrée aux Nations Unies, la Suisse avait voté en faveur de la résolution 57/5 de l’Assemblée générale, qui condamne les mesures économiques coercitives unilatérales et extraterritoriales. En 2025, elle a encore voté contre la résolution 79/293, qui considère que les mesures coercitives unilatérales sont contraires au droit international. Ce changement de position est regrettable.

Davantage de multilatéralisme serait donc plus compatible avec la neutralité suisse?

La Suisse ferait mieux d’œuvrer à l’accroissement de l’efficacité du droit international, dont le multilatéralisme est un outil clé, plutôt que de fonder sa politique étrangère sur le suivi de sanctions unilatérales décidées par d’autres en dehors de l’ONU. On ne combat pas les violations du droit international par des mesures qui sont elles-mêmes juridiquement contestables. Un monde dans lequel chacun peut se faire justice soi-même peut difficilement être appelé une «communauté» internationale.

Myret Zaki

blick.ch