Chu de che / Je suis d'ici / Sono di qui / Ich bin von hier ! Les statistiques de pannes automobile pour l'année 2026 sont arrivées ; https://fiabiliteautomobile.blogspot.com/ Notre liberté ne nous a pas été donnée, mais combattue et priée par nos ancêtres plus d'une fois! Aujourd'hui, comme autrefois, notre existence en tant que peuple libre dépend du fait que nous nous battions pour cela chaque jour. Restez inébranlable et soyez un gardien de la patrie pour que nous puissions remettre une Suisse libre telle que nous la connaissions à la génération suivante. Nous n'avons qu'une seule patrie!

lundi 18 mai 2026

Cantons et communes risquent de casquer pour le changement de statut des Ukrainiens

 

Heinz Keller est déçu de l'attitude du Conseil fédéral. «On nous laisse tomber, déplore le président UDC de la commune thurgovienne de Kradolf-Schönenberg. On a accueilli des réfugiés ukrainiens en croyant à ce que l'on nous as promis, comme quoi leur protection serait limitée dans le temps.» Aujourd'hui, il est sans appel: «Maintenant, on se fait avoir.»

Ce qui explique le mécontentement de cet élu, c'est qu'à partir de mars 2027, les premiers Ukrainiens avec le statut de protection S vivant en Suisse depuis cinq ans auront droit à un permis de séjour B. Cette situation met le feu aux poudres: les réfugiés ukrainiens percevront davantage d'aide sociale, étant placés sur un même pied d'égalité que les Suisses. Un changement qui implique une hausse massive des coûts pour les cantons et communes. 

Jusqu'à 250'000 francs supplémentaires

Au total, près de 46'000 personnes rempliront les conditions à l'octroi d'un permis B en 2027. C'est ce que montre une analyse de la Confédération, que Blick a pu consulter. Autre facteur qui accentue la pression sur les communes: dès l'an prochain, la Confédération mettra fin à son financement, alors qu’elle devait initialement assumer la moitié des coûts de l’aide sociale. Dans le cadre du paquet d'économies, cette indemnisation a toutefois été limitée à cinq ans. 

Dans la petite commune de Kradolf-Schönenberg, 22 personnes ukrainiennes sont concernées par la mesure. «Ce changement, combiné à la suppression des fonds fédéraux, nous coûtera probablement entre 150'000 et 250'000 francs annuels, peut-être même plus», déplore Heinz Keller. Pour couvrir ces coûts, la commune devrait – en théorie – augmenter les impôts de 2,5%. 

«Difficilement supportable» pour le Canton de Vaud

Selon les cantons, c'est soit la commune de résidence, soit le canton qui paie l'aide sociale aux personnes en quête de protection. Un sondage montre que beaucoup s'attendent à une hausse des charges considérable. 

Dans le canton de Vaud, plus de 4000 Ukrainiens passeraient du statut S au permis B. Rien que la hausse de l'aide sociale coûterait 25 millions de francs. Le Canton estime que la suppression des fonds fédéraux engendrerait un trou d'environ 75 millions de francs. «Il s'agirait d'une nouvelle charge difficilement supportable pour notre canton», s'inquiètent les autorités vaudoises. 

De l'autre côté de la Sarine, le canton d'Argovie anticipe pour sa part des coûts supplémentaires pouvant atteindre 30 millions de francs en 2027. Un montant qui pourrait même doubler d'ici à 2029. «Grâce à une intégration professionnelle croissante et d'éventuels départs, les coûts seraient toutefois moins élevés», nous répond le canton. Différentes mesures sont en train d'être discutées afin d'alléger la charge sur les communes. 

Markus Kaufmann, directeur de la Conférence suisse des institutions d'action sociale (CSIAS), estime qu'à partir de 2027, près de 27'500 personnes supplémentaires devront être entièrement prises en charge par les cantons et les communes à travers la Suisse. La suppression des fonds fédéraux pourrait ainsi entraîner plus de 300 millions de francs de coûts supplémentaires pour les collectivités publiques.

Berne envisage de corriger le tir

Entre-temps, la Confédération a tenté de répondre aux inquiétudes des cantons et des communes. Le Département fédéral de justice et police, dirigé par Beat Jans, examine actuellement la possibilité de supprimer l'égalité de traitement dans l'aide sociale entre les personnes à protéger titulaires d'un permis B – soit les Ukrainiens – et les Suisses.

Interrogé à ce sujet, le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) confirme qu'une adaptation allant dans ce sens est en discussion. Selon l'institution, cette mesure permettrait aux cantons de gagner en flexibilité dans l'intégration des personnes à protéger sur le marché du travail, en leur laissant la liberté de définir elles-mêmes les niveaux de soutien. Cela maintiendrait aussi une bonne collaboration entre cantons et communes.

Un autre argument circule dans les milieux initiés: cette adaptation permettrait d'éviter une «inégalité de traitement». En effet, les Ukrainiens admis à titre provisoire ne percevraient pas une aide sociale plus élevée, même après cinq ans. Un groupe de travail composé de membres de la Confédération, des cantons, des villes et des communes planche actuellement sur ce statut de protection. Le Conseil fédéral devrait recevoir une proposition d'ici l'automne 2026.

L'UDC veut empêcher le changement de statut

«L'égalité dans l'aide sociale aurait dû être supprimée depuis longtemps. Nous le demandons depuis des années», déclare Pascal Schmid, conseiller national de l'UDC.

L’élu estime toutefois que l’adaptation doit être plus ambitieuse. Il critique le passage automatique à une autorisation de séjour temporaire. Car selon lui, une demande de cas de rigueur permettrait ensuite d’obtenir facilement un permis de séjour permanent, alors même que le statut de protection est conçu comme temporaire et orienté vers le retour, conformément aux engagements du Conseil fédéral. C’est pourquoi l’UDC a déposé une intervention visant à empêcher l’attribution automatique d’un permis B.

Quoi qu'il en soit, le temps presse. Une modification de l'ordonnance sur l'aide sociale serait difficilement réalisable d'ici mars 2027. En attendant, cantons et communes doivent définir leurs budgets pour l'année à venir dans un contexte d'incertitude. «L'insécurité juridique actuelle rend la planification budgétaire difficile», confie le canton de Schwytz. De son côté, le canton de Saint-Gall estime que des décisions politiques permettrait aux autorités d'effectuer les préparatifs nécessaires. Et ce, bien que la date du changement de statut soit connue depuis longtemps.

Céline Zahno

blick.ch

dimanche 17 mai 2026

Pourquoi le nouveau SUV de BYD lève la patte pour rouler sur seulement 3 roues

 


Après la voiture qui flotte de Chery ou encore celle qui se gare en crabe de IM Motors, voici une nouvelle technologie pour le moins impressionnante venue de Chine. Alors attention, on voit venir certains nous dire qu’une voiture qui roule sur trois roues, ça s’est déjà vu.

Effectivement, et le modèle le plus marquant est sans doute français avec la fabuleuse Citroën DS de l’époque et sa suspension hydraulique. Mais il y a une différence de taille avec le modèle de suspensions présenté aujourd’hui par BYD : la DS pouvait effectivement rouler sur trois roues, mais avec une roue en moins. Du côté de chez BYD, l’auto peut se mettre sur trois roues tout en n’ayant aucun problème technique !

L’atout le plus intéressant de ce système tient en une promesse : en cas de crevaison, le véhicule peut continuer à avancer sur trois roues, à une vitesse de 15 km/h. Suffisant pour quitter une voie rapide ou rejoindre une station-service. La suspension active compense la roue manquante en redistribuant les efforts sur les trois points d’appui restants.

BYD annonce également la possibilité de soulever chaque roue individuellement pour se dégager d’un obstacle (boue, sable, rocher coincé sous le train roulant) sans l’aide d’un équipement extérieur.

L’autre fonctionnalité mise en avant est le changement de pneu à distance. En trois minutes, la voiture lèverait la roue concernée via la suspension, sans cric. Le geste reste à faire côté conducteur, mais le gain de temps annoncé est important.



Des chiffres qui donnent le vertige

BYD n’a pas lésiné sur les superlatifs. La capacité de levage annoncée atteint 9 tonnes, ce qui permettrait, selon le constructeur, à un Bao 8, un SUV très similaire à une Jeep vendu en Chine, de se soulever lui-même tout en emportant l’équivalent de deux berlines Yangwang U7.

La course de réglage en hauteur dépasse les 200 mm, avec un abaissement de la caisse de 90 mm vers le bas en mode « ultra-bas », et 110 mm vers le haut en mode « ultra-haut ».

Cette technologie ne sera pas disponible sur tous les modèles de la marque, puisqu’elle se cantonne, pour le moment, aux Bao 5 et Bao 8, et pas n’importe lesquels. Seules les versions dotées du système Flash Charging de la marque, c’est-à-dire avec la capacité de passer de 10 à 70 % d’autonomie en 5 minutes, y auront droit. Autrement dit, cette suspension est réservée aux modèles haut de gamme.

Un système taillé pour les extrêmes

La technologie Yunjian-P Ultra est conçue pour résister à des températures allant de -40 °C à +85 °C, grâce à une surface de dissipation thermique de près de 2 m2. Le système permettrait ainsi de maintenir des fonctions tout-terrain en continu, même par forte chaleur.

Un argument particulièrement ciblé sur les marchés où les 4×4 travaillent dans des environnements arides ou extrêmes, par exemple au Moyen-Orient ou même encore en Australie. En France, en dehors de quelques régions montagneuses plus ou moins extrêmes, la plage d’utilisation est très très large.

BYD met également en avant une résistance aux chocs et aux sauts. L’idée, dans les grandes lignes, est de positionner le Bao 8 comme un concurrent direct aux grands noms du tout-terrain thermique, en ajoutant une couche technologique là où la concurrence s’appuie encore sur des solutions mécaniques éprouvées.

Une arrivée en Europe de cette suspension via les Bao 5 et Bao 8 n’est pas à exclure, notamment parce que la filiale de BYD Fang Cheng Bao qui commercialise ces modèles pourrait être la troisième venue du constructeur en Europe, après BYD donc, et plus récemment Denza.

Yann Lethuillier

frandroid.com

Rachat de marques mythiques et d’usines à l’arrêt : la stratégie implacable de BYD en Europe

 

Usines sous-utilisées, ventes en berne, électrification plus compliquée que prévue… Le tableau dressé de l’état de l’industrie européenne actuellement n’est guère reluisant, et pour tenter de sauver les meubles, depuis quelques semaines, on observe que certains constructeurs chinois lorgnent sur plusieurs usines européennes en sous activité.

C’est notamment le cas de XPeng, qui pourrait voir son partenriat avec Volkswagen prendre une autre tournure en Europe prochainement, ou encore Dongfeng qui s’intéresse à quelques usines de Stellantis, Dongfeng étant partenaire du groupe (ex-PSA Peugeot Citroën) depuis une trentaine d’années déjà pour ses activités en Chine.

Et Dongfeng n’est pas seul à regarder du côté des usines de Stellantis. En effet, selon les informations relayées par Automotive News, BYD discute avec Stellantis également. Stella Li, la vice-présidente exécutive de BYD, qui pilote notamment l’expansion internationale du groupe, l’a dit sans détour en marge de la conférence « Future of the Car » organisée par le Financial Times à Londres : « Nous cherchons toutes les usines disponibles en Europe ».

Comme énoncé plus haut, le contexte est déjà bien connu : plusieurs constructeurs européens traînent des surcapacités industrielles comme un boulet. Stellantis en tête, qui a annoncé début mai un rapprochement élargi avec le chinois Leapmotor pour produire à Saragosse une nouvelle Opel électrique et le SUV B10, et qui discute du transfert de son site de Villaverde (Madrid) à Leapmotor.

Volkswagen est dans une situation comparable. Pour BYD, ces sites en difficultés ressemblent à une opportunité à saisir, sans avoir à construire quoi que ce soit de neuf.

L’Italie et la France en ligne de mire

L’usine Cassino de Stellantis, en l’Italie, circule dans pas mal les conversations. Stella Li n’a pas confirmé de visite spécifique, mais elle a reconnu que BYD avait inspecté « de nombreuses usines » en Europe. « L’Italie est sur la short list », a-t-elle annoncé.

Pour rappel, l’usine de Cassino, dans le Latium, produit aujourd’hui l’Alfa Romeo Giulia, le Stelvio et le Maserati Grecale, dans une cadence très inférieure à sa capacité nominale. C’est précisément ce sous-emploi qui en fait une cible logique pour un industriel chinois cherchant à produire vite, sans construire.

BYD voudrait opérer seul, sans coentreprise. « C’est plus simple », selon Stella Li. En d’autres termes, BYD veut être le principal acteur de sa production européenne et ne surtout pas dépendre d’un autre constructeur.

À plus long terme, la France retiendrait aussi l’attention de la marque, principalement pour ses prix de l’électricité, compétitifs par rapport au reste du continent. Là encore, quelques usines de Stellantis tournent au ralenti, et notamment celle de Rennes, où est actuellement produit le Citroën ë-C5 Aircross, une usine aussi dans le viseur de Dongfeng.

En attendant, BYD avance plus concrètement en Hongrie, où une usine vient d’entrer en production d’essai à Szeged, avec une capacité initiale d’environ 150 000 véhicules par an et un objectif à terme de 300 000, notamment la Dolphin Surf et l’Atto 2.

Des marques à racheter ? BYD serait en train de l’étudier

L’autre angle, moins attendu, concerne le rachat potentiel de marques européennes fragilisées. Maserati a été citée comme « très intéressante » par Stella Li, avant qu’elle ne tempère aussitôt : « On étudie. Mais on n’a encore rien fait. »

Ce pas de deux entre intérêt affiché et prudence assumée est caractéristique de la communication de BYD en ce moment. Le groupe monte en gamme avec Denza, sa marque premium, qui recrute activement chez Porsche et qui s’est récemment lancé en France avec la Denza Z9GT, un shooting brake électrique de 1 156 ch qui a largement de quoi concurrencer la Panamera ou le Taycan de chez Porsche.

L’image qui se dessine n’est pas celle d’un débarquement, mais d’une infiltration patiente et plutôt bien calculée. BYD prend le temps de regarder, de visiter, de discuter pour contourner les droits de douane européen, le tout en jouant sur la corde sociale, très sensible en Europe, en arguant le fait que la présence chinoise pourrait aussi permettre de sauver des milliers d’emplois. Et pendant ce temps, les usines européennes continuent de tourner à vide et les principaux concernés de perdre de l’argent.

Yann Lethuillier

frandroid.com

jeudi 14 mai 2026

Les assureurs défendent leurs réserves excédentaires, malgré la flambée des primes maladie

 

Le 23 avril, nous évoquions dans un article de Blick la question des réserves toujours excédentaires des assurances maladie. L'excédent, situé à 2,5 milliards de francs actuellement, pourrait être utilisé pour soulager les assurés face à la flambée des primes maladie. De l'avis des élus Mauro Poggia (MCG/GE) et Pierre-Yves Maillard (PS/VD), les excédents devraient en effet servir à réduire les primes maladie, ou à des remboursements en cash. Les primes augmentent fortement chaque année et s'apprêtent à grimper d'encore 3,7% l'an prochain, selon Comparis. 

A la suite de l'article précité, nous avons été contactés par Christophe Kaempf, responsable adjoint de la communication pour l'Association des assureurs-maladie suisses. Il estime que les assureurs ont un droit de réponse, et nous a fait parvenir de nombreux arguments, «afin de permettre aux lecteurs de se forger une opinion sur la base de faits». Nous avons donc pu poser toutes nos questions à Christophe Kaempf. Entretien. 

M. Kaempf, vous affirmez que «les réserves ne sont ni un excédent inutile, ni un capital dormant». Or il y a bien 2,5 milliards d'exédents au-dessus du niveau légal. Pourquoi ne sont-ils pas utilisés pour réduire les primes?

Un taux de solvabilité de 100% correspond strictement au minimum légal de réserves. A ce niveau, l’assureur n’a pratiquement aucune marge de manœuvre: le moindre écart – par exemple des coûts de santé légèrement plus élevés que prévu – suffit à entamer ses réserves et à le faire passer sous le seuil légal.

Or, par nature, l’évolution des coûts de la santé est très variable d’une année sur l’autre. Pour éviter de se retrouver en dessous du minimum légal des réserves l’année suivante, un assureur devrait donc anticiper cette incertitude en fixant des primes plus élevées (marge de sécurité).

C’est pourquoi les assureurs maintiennent généralement des réserves légèrement supérieures au minimum requis. 

Mais cette marge n'est pas requise par la loi?

Cette marge agit comme un amortisseur: elle permet d’absorber les différences entre les coûts et les primes perçues sans devoir ajuster brutalement les primes d’une année à l’autre. 

Mais il se trouve que les primes sont, justement, «ajustées brutalement à la hausse d'une année à l'autre». Elles ont explosé de 180% en 30 ans, et cela s'est accéléré depuis 2023.

Les assureurs-maladie qui disposent de réserves suffisantes peuvent calculer les primes de l’année suivante au plus près des coûts de la santé attendus, ce qui profite directement aux assurés. 

À l’inverse, lorsque les réserves sont insuffisantes, les primes doivent être fixées avec une marge de sécurité plus importante afin de faire face aux incertitudes liées à l’évolution des coûts.

Et même si les réserves sont suffisantes, mais trop proches du minimum, la moindre fluctuation impose des hausses rapides pour reconstituer les réserves, ce qui entraîne des effets de «yo-yo» dans les primes. En résumé, être légèrement au-dessus du seuil de 100% n’est pas excessif: c’est une mesure de prudence qui stabilise le système.

Et comment justifier cela face à la très forte augmentation des primes depuis 2023 qui se poursuivra en 2027?

Il convient de rappeler que la réduction des réserves décidée politiquement afin de faire baisser les primes en 2022 a eu un impact significatif sur les années suivantes. Les assureurs ont en effet dû reconstituer leurs réserves afin qu’elles atteignent à nouveau le minimum légal requis.

Vous affirmez que «ces réserves appartiennent aux assurés». Alors il serait logique d'en redistribuer l'excédent justement, non?

En raison des fortes fluctuations que ça entrainerait sur les primes, nous ne pensons pas que ce soit pertinent d’obliger les assureurs à rembourser les réserves dès qu’ils dépassent le seuil de solvabilité.

Vous indiquez que «les réserves contribuent aussi à stabiliser l’évolution des primes. Elles permettent de lisser les variations de coûts dans le temps et d’éviter des hausses trop brutales.»: justement pas, puisque nous avons eu des envolées vertigineuses de 6,4% en moyenne depuis 2023. Votre constat reste donc théorique, mais ne se vérifie pas en pratique.

Si justement: les primes ont notamment fortement augmenté en 2023 parce qu’encore une fois, en 2022, les réserves ont été utilisées – sous pression politique – pour réduire les primes (pour rappel, les primes ont diminué de 0,2% en 2022). Malheureusement, les coûts de la santé ont subi une forte hausse en 2022 et les années suivantes (effet post-COVID), mais les réserves n’étaient plus à disposition pour faire face à ces augmentations. Certains assureurs ont dû les reconstituer. Cet exemple, comme d’autres par le passé, montre qu’une réduction des réserves imposée politiquement entraîne presque toujours une forte hausse des primes les années suivantes. Celle-ci vise à couvrir les coûts effectifs du système de santé et à reconstituer les réserves nécessaires au maintien de la solvabilité.

Vous affirmez que «les rendements générés par les placements des caisses sur les marchés boursiers profitent directement aux assurés et contribuent à limiter la progression des primes»: vraiment? Les rendements fluctuent d'une année à l'autre, et une mauvaise année boursière aura l'effet inverse. Non?

Non, car sur le long terme les placements des réserves profitent toujours aux assurés: les rendements correspondent en moyenne à 1% des primes. Sans eux, les primes augmenteraient encore davantage.

Vous comparez les primes maladie avec les assurances sociales étatiques: n'est-ce pas peu pertinent dans ce débat, vu que les cotisations sociales n'ont pas explosé de 180% en 30 ans comme les primes?

Si l’on critique les assurances-maladie pour leurs réserves, on se pose la question de savoir pourquoi on ne le fait pas pour d’autres assurances sociales qui disposent de réserves nettement supérieures alors que l’évolution de leurs coûts est nettement plus prévisible que dans notre domaine. Par exemple, un an de réserves pour l'AVS, correspond à deux mois de réserves pour l'assurance obligatoire des soins. Par ailleurs, les primes n’ont pas explosé en raison des réserves, mais bien en raison des augmentations de coûts de la santé.

Vous affirmez que «maintenir une telle marge de sécurité relève d’une gestion responsable»: excéder les exigences légales, qui sont déjà très prudentes, au moment où 40% des ménages recourent aux subsides, est-ce vraiment responsable?

Comme souligné, réduire les réserves à leur seuil minimum légal risque d’entraîner des fluctuations de primes importantes. Ce sont les effets «yo-yo» déjà évoqués. La concurrence pousse les assureurs-maladie à avoir des réserves aussi basses que possible, mais aussi hautes que l’impose une bonne gestion: l’impossibilité de faire du bénéfice et la volonté d’attirer des assurés en proposant des primes basses ne les incitent pas à constituer des réserves plus élevées que nécessaire. Ce serait un non-sens économique.

Myret Zaki

blick.ch

Un audit accable le SEM sur sa gestion des soins


Les soins pour les requérants d'asile sous le feu des critiques

Un rapport du Contrôle fédéral des finances (CDF), qui s'est penché pour la première fois sur les dépenses médicales des requérants d'asile séjournant dans des centres fédéraux, soulève de nombreux problèmes et met en cause le pilotage du Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), rapportent mardi «Le Temps», «24 heures» et la «Tribune de Genève». 

L'audit, mené entre 2019 et 2023, montre que les dépenses de santé ont atteint 65,5 millions de francs en 2023, soit 14% des coûts totaux des centres fédéraux. Le CDF pointe notamment que le contrat a été conclu auprès de la CSS après un appel d'offres infructueux, sans véritable analyse financière des autres options, puis a été prolongé à plusieurs reprises jusqu'en 2025, alors même que certaines données transmises par la CSS étaient erronées. Il relève également que le SEM ne dispose pas d'outils consolidés suffisants pour avoir une vue d'ensemble et pour piloter ces coûts à l'échelle nationale.

ATS


La richesse immobilière n'existe que sur le papier

 

La Suisse figure parmi les pays les plus riches au monde, mais cette fortune est loin d’être partagée entre tous ses habitants. Une grande partie de cette richesse est aujourd’hui investie dans la pierre. Un bon tiers de la population vit dans un logement en propriété.

Beaucoup appartiennent à la génération des baby-boomers, qui a profité ces dernières décennies d'une valorisation spectaculaire de ses biens immobiliers. «Les prix de l'immobilier sont totalement déconnectés de l'évolution des salaires», explique l'expert immobilier Donato Scognamiglio. Si cette situation réjouit les propriétaires, elle entraîne des conséquences négatives pour la société.

Alors qu'une maison individuelle typique en Suisse coûtait environ 610'000 francs en 1998, selon la société de conseil immobilier Iazi, elle coûte aujourd'hui déjà plus de 1,7 million de francs. Pour la plupart des jeunes, il n'est plus guère possible de financer un logement en propriété. En conséquence, l'âge moyen des propriétaires ne cesse de grimper pour s'établir désormais à plus de 60 ans.

Des hypothèques massives deviennent nécessaires

Pourtant, malgré ces prix records, les baby-boomers ne sont pas pressés de vendre. Les attaches émotionnelles sont fortes, et rien ne les pousse à quitter leur maison pour un appartement plus petit, souvent bien plus cher. En Suisse, la valeur totale de l'immobilier dépasse les 3000 milliards de francs. Une fortune colossale qui, pour l'instant, reste ce que les économistes appellent une «richesse de papier».

Le problème survient lors de la transmission: quand les héritiers décident de vendre, ils exigent le prix fort. Pour acheter, les nouveaux acquéreurs n'ont d'autre choix que de s'endetter massivement. «Souvent, cela n'est possible que si l’on a hérité, gagné au loto ou volé», explique Donato Scognamiglio.

Si le financement fonctionne, une hypothèque de près de 1,4 million de francs serait nécessaire pour la maison individuelle mentionnée, avec des fonds propres minimaux de 340'000 francs. L'endettement nécessaire est donc trois fois plus élevé qu'en 1998. A titre de comparaison, le revenu médian suisse pour un emploi à plein temps était alors de 5000 francs, il est aujourd'hui d'environ 7000 francs.

Les raisons de la hausse des prix

Le découplage des prix et des revenus a des conséquences évidentes: un acheteur devrait mettre de côté 30'000 francs chaque année pendant 45 ans pour pouvoir rembourser cette hypothèque. Le remboursement de l'hypothèque devient donc de moins en moins réaliste. La prospérité de papier des boomers se transforme dans de nombreux cas en prospérité factice pour la génération suivante. Le volume des hypothèques des ménages suisses a massivement augmenté et s'élève aujourd'hui à plus de 1300 milliards de francs.

«Grâce aux taux d'intérêt bas, les coûts du logement pour les propriétaires restent dans des limites raisonnables, mais le niveau des taux d'intérêt est un moteur central du gonflement des prix de l'immobilier», explique Reiner Eichenberger, professeur d'économie à l'université de Fribourg. «S'y ajoutent la croissance de la prospérité et une forte immigration, qui boostent la demande.»

Eviction des propriétaires privés

Face à ces prix prohibitifs, les particuliers sont progressivement évincés du marché au profit des investisseurs institutionnels. Caisses de pension et fonds immobiliers injectent des milliards dans le secteur en quête de placements sûrs.

Problème: selon une étude de Raiffeisen, cette manne financière ne crée aucune offre supplémentaire. «C'est comme au Monopoly: si la demande est plus forte que l'offre, les prix grimpent», résume Donato Scognamiglio.

La loi sur l'aménagement du territoire et les conflits autour de la densification compliquent la réalisation des projets de construction. L'afflux d'argent frais alimente donc surtout la hausse des prix et des rénovations qui, dans les zones prisées, peuvent faire doubler les loyers. Par ailleurs, plusieurs études éclairent sur le fait que les loyers et les prix de l'immobilier élevés sont une raison importante pour la baisse de la natalité.

Le développement nuit à d'autres secteurs économiques

Comme les loyers suivent les prix, les nouveaux locataires perdent également du pouvoir d'achat pour les produits et services d'autres secteurs en raison des loyers élevés annoncés. «Ce sont justement les jeunes qui sont perdants sur le marché du logement et du travail, car l'immigration fait pression sur les salaires des nouveaux embauchés et non sur ceux des plus âgés, avec des contrats de travail de longue durée», explique Reiner Eichenberger.

La perte de pouvoir d'achat des nouveaux locataires freine l'incitation des entreprises à investir dans de nouvelles machines ou dans la recherche. Mais l'argent injecté dans le secteur immobilier peut également freiner la croissance économique: malgré toutes les demandes de réduction des réglementations dans le secteur de la construction, on construit aujourd'hui beaucoup plus qu'il y a des décennies, selon Reiner Eichenberger: «Cela immobilise du capital et de la main-d'œuvre dans le secteur de la construction, qui pourrait sinon être dirigé vers d'autres branches productives.»

Selon Reiner Eichenberger, la situation pourrait devenir délicate si les taux d'intérêt devaient un jour augmenter sensiblement. «Personne ne sait vraiment pourquoi les taux d'intérêt sont si bas. C'est un risque considérable.»

Martin Schmidt

blick.ch