Chu de che / Je suis d'ici / Sono di qui / Ich bin von hier ! Les statistiques de pannes automobile pour l'année 2026 sont arrivées ; https://fiabiliteautomobile.blogspot.com/ Notre liberté ne nous a pas été donnée, mais combattue et priée par nos ancêtres plus d'une fois! Aujourd'hui, comme autrefois, notre existence en tant que peuple libre dépend du fait que nous nous battions pour cela chaque jour. Restez inébranlable et soyez un gardien de la patrie pour que nous puissions remettre une Suisse libre telle que nous la connaissions à la génération suivante. Nous n'avons qu'une seule patrie!

lundi 22 juin 2026

La Bataille de Morat (1476)

 

Quand 2'000 Suisses ont tenu tête à 30 000 Bourguignons


A l'automne 1475, les troupes bernoises et fribourgeoises appuyées par des Soleurois et des Zurichois attaquent les positions de Jacques de Savoie, comte de Romont et allié des Bourguignons, dans le pays de Vaud. Les soldats suisses saccagent les campagnes et les villes vaudoises durant plusieurs mois sans que le comte parvienne à les stopper. 

Durant cette campagne, les Confédérés et leurs alliés s'emparent de plusieurs villes d'importance stratégique (comme Yverdon, Payerne, Grandson et Morat) et y installent des garnisons afin de contrôler les voies de communication. Immobilisé plusieurs mois par la guerre en Lorraine, Charles le Téméraire ne peut immédiatement porter secours à son allié et doit attendre la fin des opérations, marquée par l'armistice de Souleure entre lui et Louis XI au mois de septembre 1475, pour pouvoir envoyer son armée vers le pays de Vaud et soutenir les troupes savoyardes.

Résolu à rétablir les possessions de Jacques de Savoie et à limiter l'influence future des confédérés dans ses affaires, le duc de Bourgogne arrive sur place avec son armée au cours du mois de janvier 1476. Épuisée par les exactions des semaines passées, la population vaudoise accueille favorablement l'armée bourguignonne. Les troupes de Charles manœuvrent rapidement et parviennent à reprendre aisément les villes d'Yverdon, Payerne et Grandson durant les mois de janvier et février. Toutefois, les Bourguignons ne bénéficient pas d'un réel effet de surprise. 

Du fait de la situation géopolitique des derniers mois, les troupes des confédérés sont mobilisées et les cantons ne perdent pas de temps pour organiser leur riposte. Ainsi, les opérations militaires bourguignonnes sont en réalité relativement lentes et permettent aux troupes suisses de se regrouper en vue de lancer une contre-attaque sur la ville de Grandson.

Entre-temps, le duc de Bourgogne décide de repositionner son armée dans la plaine. Il espère ainsi pouvoir livrer bataille contre les soldats suisses sur un terrain relativement dégagé et profiter de sa supériorité dans les domaines de l'artillerie et de la cavalerie. Le 18 mars, les troupes suisses passent à l'attaque et approchent de la ville. Le plan de Charles consiste à faire face à l'avant-garde des confédérés qui arrive par les contreforts jurassiens et de l'attirer au centre de son dispositif. Ensuite, il déclenchera un fort tir d'artillerie couplé à une charge et un encerclement des troupes ennemies par sa cavalerie, à la manière du feu roulant moderne. 

Toutefois, sa manœuvre est mal comprise par son armée qui, voyant arriver le corps d'armée principal des Suisses par la route du lac, panique et se débande. Les Bourguignons fuient le champ de bataille par l'ouest pour éviter d'être repoussés par les confédérés dans le lac. Ils abandonnent ainsi leur camp et se dispersent sur une grande zone du pays vaudois.

Après la bataille, les soldats suisses n'engagent pas la poursuite des troupes bourguignonnes et préfèrent piller le camp bourguignon laissé à l'abandon. Si le duc se voit dépossédé d'une partie importante de son trésor et perd la presque totalité de son artillerie, cette décision des confédérés lui permet de fuir sans encombre majeur, de regrouper les troupes éparpillées de son armée et de mobiliser de nouveaux renforts via le mercenariat.

Après la défaite à la bataille de Grandson, où les troupes de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, prises de panique, s'enfuient du champ de bataille, provoquant la perte de la totalité de son artillerie, Charles est pris d'un désir de vengeance et il ne renonce pas à vouloir faire plier les Suisses.

Il reconstitue alors son armée, rallie ses troupes et reçoit des renforts de mercenaires d'Italie avec des arbalétriers, mais aussi des archers anglais et des piquiers flamands. C'est dans les environs de Lausanne qu'il réorganise ses troupes et essaie par l'entraînement de donner un peu de cohésion à son armée hétérogène.

Vers la fin du mois de mai, c'est une armée bourguignonne forte de 15 000 à 30 000 hommes suivant les sources qui se dirige vers Berne. Après plusieurs jours de marche, elle arrive au pied de la ville de Morat. Celle-ci est défendue par une garnison de Bernois et de Fribourgeois d'environ 1 500 hommes, commandés par Adrian Ier von Bubenberg.

Dans la première moitié des années 1470, le duc de Bourgogne restructure profondément son armée[10]. Abandonnant le modèle féodal traditionnel, il rationalise l'organisation de ses troupes et les structures selon le schéma suivi par les Français. Ainsi, des compagnies d'ordonnance sont créées. Elles sont composées de 100 lances, des unités plus restreintes de neuf hommes : un homme d'armes (cavalier lourd), son page et son coustillier trois archers montés (se battant à pied), un piquier, un arbalétrier, ainsi qu'un couleuvrinier. Cette réforme permet alors de faciliter la mobilisation des hommes en cas de conflit et surtout l'entraînement régulier des soldats et la discipline au combat.

Au départ du camp de Lausanne, l'armée bourguignonne en marche est composée d'environ 30 000 hommes[10]. Toutes les personnes n'appartiennent pas aux unités combattantes (un peu plus de la moitié du personnel). En effet, les soldats sont suivis par de nombreuses personnes chargées d'assurer la logistique de l'armée ainsi que la vie typique de l'époque. Ainsi, les nobles sont accompagnés de serviteurs et valets, de nombreux artisans sont présents afin d'entretenir le matériel militaire, des hommes sont chargés d'assurer le déplacement du matériel d'artillerie, etc.

Pour ce qui concerne les forces combattantes, les forces en présence sont estimées à :

6 600 soldats d'infanterie (dont 600 de la Maison du Duc) 
2 500 cavaliers (dont 500 de la Maison du Duc) 
6 600 archers ou artilleurs (dont 600 de la Maison du Duc) 
900 archers anglais

Les cavaliers bourguignons, troupes nobles et riches, sont équipés lourdement. Ils bénéficient généralement d'une armure complète, le harnois. Pour protéger leur tête, les hommes sont casqués avec une salade, voire un armet. Le poids de tout cet équipement permet au cavalier de mieux se maintenir sur sa monture lors des charges. Enfin, ils sont également munis d'un petit bouclier. Leur armement principal est constitué d'une longue lance utilisée pour piquer lors d'une charge. S'ajoute à cela une épée pour le combat rapproché.

De leur côté, les fantassins sont équipés de manière plus légère. Ils sont munis de gants métalliques articulés (les gantelets) qui protègent leurs mains ainsi que de pièces d'armures au niveau du cou et du menton (le gorgerin). Ces hommes portent généralement des salades ou des chapels de fer et sont parfois équipés d'un petit bouclier. Leur armement principal est la vouge. Ces armes d'hast (pointe métallique fixée au bout d'une tige en bois) permettent aux fantassins de frapper leurs adversaires à une distance d'environ 2 mètres. Les piétons disposent également d'une épée pour les combats plus rapprochés.

Les troupes de jet bourguignonnes sont équipées d'arbalètes. Bien que bénéficiant d'une puissance supérieure à celle des arcs, ce qui leur permet d'être plus efficaces contre les armures et les protections, ces armes sont d'utilisation plus lente.

Les archers anglais conservent leur arme traditionnelle, à savoir un grand arc (longbow). Si la portée de ces armes est d'environ 250 mètres (en conservant une précision suffisante), leur force réside avant tout dans la cadence de tir qu'elles permettent. Ainsi, les archers entraînés peuvent tirer jusqu'à 10 flèches par minute. Regroupés en nombre suffisant, une formation d'archer peut donc effectuer des tirs de barrages efficaces en saturant une partie du champ de bataille de flèches.

Les protections de ces troupes sont légères afin de favoriser les mouvements spécifiques que ces hommes doivent réaliser. Ainsi, ils sont généralement habillés avec des vêtements civils renforcés. Ils portent un casque de type salade ou chapel de fer mais dont la visière est réduite pour ne pas entraver le tir, la corde de l'arc devant venir jusqu'à la joue.

La garnison de Morat est composée d'environ 2'000 hommes, commandés par Adrian Ier von Bubenberg. Ceux-ci sont retranchés derrière les fortifications de la ville : un mur d'enceinte entoure la cité, renforcé à intervalles réguliers par des tours. Un chemin de ronde couvert permet aux défenseurs de se battre tout en bénéficiant d'une position bien abritée.

L'armée confédérée est composée de mercenaires suisses envoyés par les différents cantons alliés[12]. À l'opposé de l'armée bourguignonne qui préfigure les armées de la Renaissance où des unités se spécialisent sur certains aspects du combat, l'infanterie est la force prédominante des confédérés. Ainsi, en plus d'une cavalerie évaluée à 1 800 hommes et d'une artillerie d'environ 50 pièces manœuvrées par 500 soldats, l'armée des confédérés regroupe près de 25 000 fantassins. L'infanterie représente donc près de 90% de l'effectif confédéré engagé à Morat.

Cette particularité de l'armée suisse implique l'existence d'une forte unité doctrinale sur le plan militaire, aussi bien sur les aspects stratégiques que tactiques[12]. De par leur proximité, les différentes troupes se coordonnent plus aisément. Elles partagent en effet des équipements et des mouvements similaires. De plus, l'ordre de marche pour la bataille est simple et suit un schéma classique : une avant-garde (constituée d'environ 8 000 hommes à Morat) précède le corps d'armée principal (environ 12 000 soldats) et une arrière-garde moins fournie (6 000 hommes). Enfin, le plan de bataille est souvent classique et simple à suivre pour les soldats : il implique généralement une forte poussée sur un point du dispositif adverse par trois colonnes profondes. La masse importante des piétons mobilisés par les cantons confédérés produisant ainsi un avantage numérique temporaire qui peut permettre le percement de la ligne de défense.

  • le jeune duc de Lorraine René II leur a amené trois cents gens d'armes. Il commande la cavalerie lors de la bataille 
  • les Alsaciens sont venus en grand nombre, malgré la défense de Sigismond de Habsbourg. Le samedi 22, ils franchissent le pont de Gümmenen et se mettent en ordre de bataille 
  • l'Argovien Hans von Hallwyl commande les gens de l'Oberland et de Fribourg 
  • le corps central est dirigé par le Zurichois Hans Waldmann 
  • l'arrière-garde par le Lucernois Kaspar von Hertenstein
  • Rapport au duc de Milan, de son ambassadeur auprès du duc de Bourgogne, Giovanni-Pietro Panigarola 10 juin 1476 : « Dép. mil. CCXXVII du camp devant Morat. Même dépêche, et d'Appiano, 13 juin, CCXXX. La garnison se compose de 1 500 Bernois, de 100 mercenaires fribourgeois, de 114 francs-archers de Morat, d'une centaine de Neuchâtelois, de quelques gendarmes et de 4 maîtres-canonniers de Strasbourg. Commandant : le chevalier Adrien de Bubenberg, de Berne ; adjoint : Guillaume d'Affry, de Fribourg. Chef bombardier : Ulrich Wagner »
  • Adrian von Bubenberg, commandant des assiégés dans la ville de Morat, ancien avoyer de Berne, seigneur de Bubenberg, Spiez, Mannenberg, Wartenfels, patricien de Berne, avait comme commandant en second, Wilhelm (Guillaume) von Affry, seigneur d'Avry sur Matran, patricien de Fribourg, qui deviendra bourgmestre (Syndic) de Fribourg, ministre, bailli de Morat et de Grandson. Le troisième officier en rang d'autorité, était Rudolph von Erlach, seigneur de Jegenstorf, Riggisberg, Bümpliz, Wyl, Erlach, patricien de Berne, qui deviendra avoyer (président) de Berne
Les fantassins confédérés sont équipés de manière assez similaire à leurs homologues bourguignons. Toutefois, la standardisation et la qualité de l'équipement des mercenaires est généralement plus faible. Ainsi, une part importante du matériel dont ils disposent provient de butin pris lors de batailles antérieures (exemple : Grandson). L'impression de l'armée des confédérées est donc plus disparate.

Si les suisses sont également équipés de vouges ou de hallebardes primitives, leurs armes de poing sont plus diversifiées, comprenant des épées, des haches, voire des marteaux d'armes. Leurs casques sont également plus rudimentaires. Ce sont souvent des modèles améliorés de chapels de fer : les chapels bernois ou montauban.

Pour ce qui est des officiers ou des cavaliers, l'équipement se rapproche fortement de celui des nobles et des cavaliers lourds bourguignons.

Siège de Morat

Le 10 juin, le duc de Bourgogne arrive en vue de Morat et commence ses manœuvres pour installer le siège et prendre la ville. Il ordonne à Jacques de Savoie, comte de Romont, de prendre position au nord du dispositif tandis que le comte de Tarente se voit assigner la partie sud. Les troupes bourguignonnes se répartissent sur toute la plaine centrale. Le duc de Bourgogne positionne son camp personnel au sommet d'une petite colline, le bois Domingue, ce qui lui permet de surveiller la ville ainsi que l'intégralité des opérations militaires.

Craignant la venue rapide d'une armée de secours des confédérés, Berne n'étant qu'à un peu plus de 30 kilomètres, le Téméraire décide de bloquer les voies d'accès à Morat. Suivant l'exemple de la bataille de Grandson durant laquelle les confédérés sont arrivés par la route des contreforts jurassiens plutôt que par celle du lac, il décide de barrer l'accès à la plaine de Morat en installant une fortification de campagne - la haie verte (Grünhag) - sur la route à l'ouest de la ville. La seconde route, le long du lac, est placée sous la surveillance du comte de Romont mais sans installation défensive particulière.

La haie verte est un ensemble de palissades rectiligne orienté NO-SE entre les lieux-dits de Burg et Salvagny et faisant face à une vaste prairie dégagée sur environ un kilomètre. Elle coupe la route ainsi que cette prairie et empêche le débouché sur la plaine et les contreforts entourant Morat. Pour compléter le système défensif, un groupe d'artillerie de campagne composé d'une quarantaine de pièces (principalement des couleuvrines) fortifie une position sur la gauche. Tournée vers l'ouest, l'objectif de cette disposition est de couvrir un assaut sur la haie verte à l'aide de l'artillerie, notamment en réalisant des tirs en enfilade. L'ensemble fortifié exploite également les avantages du terrain. Ainsi, la gauche de la position d'artillerie s'appuie sur un talus naturel - le burggraben - et le côté sud de la forêt séparant les deux routes. Sur le plan humain, la défense de la haie verte est confiée au comte de Marle. Pour cela, il dispose d'environ 2 000 hommes mobilisés sur alerte et organisés en petites unités disparates de piétons, couleuvriniers et artilleurs.

Pour compléter ces mesures strictement défensives, le duc de Bourgogne tente aussi des actions offensives en vue de couper la garnison assiégée d'éventuels renforts. Le 12 juin, il tente de s'emparer de trois ponts sur la Sarine dans le but d'empêcher et de retarder le passage de troupes ennemies sur la rive gauche de la Sarine. Toutefois, ses troupes échouent à se rendre maîtresses des édifices.

En ce qui concerne les opérations de siège, le bombardement des murs d'enceinte débute le 11 juin. Dans un premier temps, le Téméraire opte pour un assaut général contre la ville : les Savoyards attaquant au nord pendant que les Lombards font de même au sud. Le creusement des tranchées commence dans la nuit du 12 au 13 juin. Arrivés rapidement à proximité des fortifications, les Lombards essuient un feu nourri de la part des défenseurs et doivent se replier pour limiter leurs pertes.

Charles adapte alors sa stratégie et décide le 14 juin que l'attaque décisive contre la ville se fera uniquement par le nord. C'est donc le comte de Romont qui sera chargé de prendre la cité ou au moins d'en occuper la partie nord. Si les armées restent à leurs positions, l'artillerie de siège est réorganisée dans la nuit du 14 au 15 juin pour augmenter son efficacité et percer les défenses nord. La perte de nombreuses pièces lors de la retraite à Grandson affecte en effet l'efficacité du siège bourguignon : ce sont seulement 70 coups par jour qui peuvent être tirés par les assaillants. La mise en batterie des pièces d'artillerie de siège porte ses fruits et le 15 juin, elle parvient à écrouler une partie du mur. Les défenseurs tentent alors une sortie pour désorganiser l'artillerie de siège mais leur effort échoue devant les défenses bourguignonnes.

Durant ce temps, les rumeurs et les craintes concernant l'arrivée d'une armée de secours confédérée se font plus pressantes. À partir du 17 juin, le duc met plusieurs fois en état d'alerte les troupes devant défendre la haie verte. Toutefois, outre affaiblir le moral de ses hommes par cette répétition d'alertes infondées, ces différentes manœuvres permettent aux soldats de la garnison d'observer le dispositif bourguignon et d'y déceler des lacunes. Le duc de Bourgogne ne parvenant pas à réaliser un blocus lacustre de la ville malgré l'armement de plusieurs bateaux, les défenseurs peuvent donc transmettre des renseignements sur les faiblesses des assaillants aux émissaires bernois.

Au soir du 18 juin, Charles ordonne une attaque générale sur la brèche ouverte dans les remparts. Son plan obéit à ses deux impératifs que sont prendre la ville mais aussi forcer les confédérés à se découvrir pour pouvoir les affronter. Malgré des combats intenses durant 8 heures, les Savoyards ne parviennent pas à pénétrer dans la ville. Toutefois, si le premier objectif du Téméraire n'a pas été atteint par cet assaut, le second lui donne quelques résultats. Effectivement, bien que l'armée confédérée soit toujours invisible, les différents renseignements recueillis par les forces du duc de Bourgogne accréditent toujours plus la marche des soldats suisses vers Morat et leur attaque prochaine.

Côté suisse, les forces convergent vers un camp situé à environ 20 kilomètres à l'est de Morat sur la rive droite de la Sarine. Du fait de l'arrivée des troupes de différents cantons, le rassemblement de toutes les forces nécessite plusieurs jours. Par exemple, les dernières troupes zurichoises n'atteignent Berne que le 21 juin dans la journée et le camp le 22 au matin, après plusieurs jours de marche forcée. Exploitant ce temps de rassemblement à leur avantage, les confédérés déjà présents profitent de ces moments pour faire du renseignement et préparer la bataille. Plusieurs espions et petites troupes sont ainsi envoyés sur la rive gauche de la Sarine où ils peuvent utiliser au mieux leurs connaissances préalables de la zone.

La structure politique et les alliances qui régissent les relations entre les différents cantons suisses impliquent qu'il n'existe pas de commandement unifié préalable pour les troupes des confédérés. Des conseils de guerre sont ainsi nécessaires pour arrêter le plan de bataille et les rôles de chacun. Dès le 20 juin, les chefs suisses, bien renseignés sur le dispositif bourguignon, décident de porter leur attaque sur le secteur de la haie verte. Lors d'un autre conseil le 21 à Ormey, ils décident de faire monter leur troupes face à la haie verte le jour même et d'envisager une attaque dès le 22. Bien que le plan soit risqué, que certaines troupes ne disposent pas d'un repos suffisant et que le plan ne prévoit pas une aide plus directe à la garnison de la ville, les confédérés espèrent prendre par surprise les Bourguignons et briser leur ligne de défense. Durant ces conseils, il est également arrêté que les troupes ont pour mission de détruire définitivement l'armée bourguignonne et ne devront épargner aucun adversaire. Les autorités des différents cantons souhaitent ainsi réduire au silence la menace bourguignonne et ne pas reproduire la fin de bataille de Grandson où les soldats suisses n'avaient pas pourchassé les Bourguignons en fuite, préférant se livrer au pillage du camp ennemi.

Dès le 21, les premières troupes confédérées passent sur la rive gauche de la Sarine et prennent position à l'ouest d'Ormey, dans les bois en face de la haie verte. De leur côté, les Bourguignons mènent quelques reconnaissances à l'est de leur position et découvrent le mouvement de certaines troupes. Toutefois, convaincu que l'armée suisse est en réalité plus petite et que sa tactique sera similaire à Grandson - à savoir pousser une reconnaissance sur la haie verte puis attaquer avec le gros des troupes par la route du lac -, Charles ne voit dans ces manœuvres que les prémices de l'avant garde des confédérés alors qu'il s'agit en réalité de leur arrière garde.

Attaque de l'armée des confédérés

Le 22 au matin, les confédérés réalisent les derniers préparatifs avant la bataille : les dernières troupes passent la Sarine, les prêtres prononcent les prières et les sacrements d'usages et plusieurs hommes sont adoubés. Pendant ce temps, les troupes sortent des bois et prennent position face à la haie verte. Le duc de Bourgogne, toujours persuadé que ces mouvements sont le fait de l'avant garde et que l'attaque réelle se fera plus au nord sur le secteur tenu par le comte de Romont, n'ordonne pas de manœuvres particulières de son côté hormis mettre toutes ses troupes en alerte. Les soldats suisses peuvent donc rester à découvert sans subir de tirs d'artillerie ou des volées de flèches.

Après que le duc de Bourgogne a décidé de lever l'alerte pour une part importante de son dispositif, l'armée suisse lance son attaque sur la haie verte. Les confédérés attaquent la position, disposés en trois colonnes profondes qui montent à l'assaut des fortifications. Les combats sont intenses, l'artillerie bourguignonne montrant son efficacité et ralentissant fortement l'avance des Suisses malgré la supériorité numérique de ceux-ci (environ 5 contre 1). Toutefois, la levée de l'état d'alerte quelques minutes plus tôt pour les troupes de soutien a temporairement désorganisé le système bourguignon. Les cavaliers sont en effet descendus de cheval et de nombreux hommes ne sont plus en ordre de bataille. Les Suisses profitent ainsi de cet avantage et un groupe de Schwytzois parvient à franchir le burggraben et pénétrer dans la position d'artillerie. À partir de cet instant, la haie verte cède et les troupes bourguignonnes commencent à fuir le secteur, laissant la plaine libre devant l'avance des confédérés.

Côté bourguignon, Charles se montre indécis et inactif. Il n'offre en effet que peu de soutien aux hommes de la haie verte en train de s'effondrer. Les troupes qui l'entourent réalisent tout de même une contre-attaque qui bloque l'avancée des fantassins lorrains et de la cavalerie mais ils sont rapidement contraints de reculer sous la poussée de l'ensemble de l'infanterie suisse. Plus au nord, les Savoyards sont trop éloignés des positions de la haie verte pour leur offrir un soutien d'artillerie ou humain. Enfin, les Lombards tentent de remonter vers le nord pour soutenir le centre bourguignon mais ils sont contraints de rester en position par une sortie de diversion des défenseurs.

Avec la chute de la haie verte et l'échec de la contre-attaque du centre et des réserves bourguignonnes, l'ensemble du dispositif de Charles s'écroule. Devant l'arrivée en masse des contingents confédérés, les soldats bourguignons tentent de fuir. Cernés par les troupes suisses qui ne font aucun quartier et les repoussent vers les fortifications de la ville et le lac, les hommes sont pris de panique. Au total, entre 10 000 et 12 000 Bourguignons meurent sur le champ de bataille, tués par les confédérés ou noyés.

Constatant la défaite bourguignonne, les Savoyards du comte de Romont fuient par le nord et la route du lac laissée libre tandis que les Lombards abandonnent leurs positions et fuient par le sud. Escorté par environ trois cents cavaliers, Charles le Téméraire s'enfuit également du champ de bataille par le sud et galope jusqu'à la ville de Morges sur les bords du lac Léman. Après avoir assisté à une messe, il reprend sa fuite jusqu'à Genève où il rejoint la duchesse Yolande de Savoie. Il repasse ensuite la frontière et se réfugie à Salins puis à la Rivière ou il tente de rassembler les débris de son armée.

Le Pays de Vaud est à nouveau ravagé par soldats de la confédération, le 27 juin ils rentrent dans Lausanne qu'ils détruisent entièrement jusqu'à la cathédrale.

Bilan de la bataille

Sur le plan humain, le bilan des combats est lourd pour le camp bourguignon. Charles le Téméraire perd en effet entre 10 000 et 12 000 soldats, soit plus de 60% des effectifs combattants dans son armée. Les communications ainsi que les mémoires suisses retiennent d'ailleurs l'ampleur de la tuerie. Ainsi, les autorités bernoises requièrent l'assistance des chartreux de Thorberg, situés non loin de Morat, pour creuser les fosses communes et inhumer tous les corps et des légendes apparaissent les années suivantes pour expliquer les cas de coloration rouge du lac (attribuée à la résurgence du sang des Bourguignons). Côté confédéré, les pertes enregistrées ce 22 juin 1476 sont relativement limitées. Elles correspondent à quelques centaines d'hommes, morts principalement durant les combats pour la prise de la haie verte.

Sur le plan matériel et financier, la fuite du champ de bataille par les Bourguignons laisse les camps à l'abandon et au pillage des Suisses. Les richesses bourguignonnes tout comme leur matériel militaire - notamment l'artillerie - sont ainsi définitivement perdus. En plus de ces biens, de nombreuses troupes suisses se livrent à de nouveaux pillages dans le pays de Vaud désormais sans défense.

Enfin, sur le plan militaire, la bataille de Morat constitue l'un des tournants stratégiques entre les combats du Moyen Âge et ceux de la Renaissance. En plus de poursuivre le phénomène de nationalisation des armées engagé par la Guerre de cent ans, les deux batailles de Grandson et Morat montrent que les méthodes modernes de combats privilégiées par Charles le Téméraire - la spécialisation des soldats, le recours aux technologies modernes de l'artillerie - s'avèrent vulnérables face à un corps d'infanterie bien entraîné et bien équipé. Les autres souverains européens vont d'ailleurs rapidement s'inspirer du conflit des guerres de Bourgogne pour doter leurs armées de fantassins équipés et organisés « à la suisse ». Ainsi, dès 1495, l'empereur Maximilien constitue des troupes de lansquenets, équipées de piques et de hallebardes et organisées en carrés.

Cette nouvelle défaite se révèle catastrophique pour Charles le Téméraire, qui y perd presque toute son armée, son artillerie et ce qui lui restait de richesses et de réputation militaire.

Quelques mois après cette défaite majeure, Charles le Téméraire remet le siège devant Nancy (21 octobre 1476) qui, alors qu'il était encore sous le coup de ses désastreux démêlés avec les Suisses, s'était rendue sans presque opposer de résistance (le 6 du même mois d'octobre) à son duc légitime, René II de Lorraine. Il est mortellement blessé lors des affrontements.

L'importance des défaites de Grandson, Morat et Nancy dans la chute de Charles a inspiré un dicton suisse. Il exprime ainsi la perte de l'armée bourguignonne lors de la bataille de Morat.

« Charles le Téméraire perdit à Grandson le bien, à Morat le courage et à Nancy la vie »
Inconnu, dicton suisse

A l'inverse du bilan négatif de la bataille pour les Bourguignons, les confédérés bénéficient de nombreuses retombées positives à la suite de leur victoire. Premièrement, la déroute bourguignonne met un terme aux velléités de Charles le Téméraire contre la Confédération. De ce point de vue, l'ordre très strict de massacrer les soldats adverses et de poursuivre les fuyards a permis la réalisation totale de cet objectif primordial pour les confédérés.

Deuxièmement, la confédération sanctuarise un peu plus son territoire à l'ouest et poursuit avec réussite sa politique de glacis. Les Bernois et les Fribourgeois remportent un succès stratégique majeur en stabilisant la situation géopolitique et militaire à leurs frontières. S'ils consentent à ne pas revendiquer une partie importante des territoires bourguignons et savoyards, ceci afin de ne pas froisser leurs alliés confédérés, ils acquièrent et préservent tout de même des bailliages à Morat, Echallens, Grandson et Orbe. Les deux pouvoirs décident de diriger de manière commune ces territoires dont l'importance économique (ce sont notamment des axes de communication importants) est primordiale pour eux.

Troisièmement, les cantons et leurs soldats acquièrent d'importantes richesses à la suite des combats et de leur victoire sur les Bourguignons et leurs alliés. Le butin dérobé à la fin de la bataille ainsi que les expéditions punitives dans le pays de Vaud permettent notamment aux hommes de troupes, principalement de basse condition, de s'enrichir. En retour, ce phénomène présente l’avantage pour les autorités politiques de renforcer le système de mobilisation de troupes de mercenaires et de paysans adopté par les cantons confédérés. Par ailleurs, la rétrocession de territoire à l'État de Bourgogne ou à la maison de Savoie ainsi que le retour des troupes confédérées dans leur réduit alpin ne se fait pas sans contreparties. Les cantons encaissent ainsi 50 000 florins pour restituer le pays de Vaud à la Savoie (à l'exception des villes intégrées à la zone d'influence bernoise) et Louis XI leur offre également 150 000 florins pour cesser définitivement leurs tentatives d'implantation en Franche-Comté.

Quatrièmement, la victoire des confédérés assoit définitivement leur réputation au combat. Morat constitue ainsi le point final d'un siècle de batailles victorieuses contre de puissants envahisseurs, aussi bien à l'est (bataille de Morgarten, bataille de Sempach) qu'à l'ouest (bataille de Grandson, bataille de Morat), durant lequel les cantons suisses affirment leur indépendance politique et territoriale. Fort de leur prestige militaire, les Suisses peuvent ainsi compter à partir de la fin du 14e siècle sur la réticence des grandes puissances européennes à s'opposer à leurs combattants. Cet état de fait implique pour les confédérés deux conséquences géostratégique et économique majeures. Tout d'abord, plus aucune puissance européenne ne tentera d'annexer les territoires tenus par la Confédération les trois prochains siècles. Cette période permet ainsi aux autorités cantonales de stabiliser leur pouvoir et leur système économique sans l'irruption fréquente des politiques étrangères. Ensuite et surtout, l'intégralité des souverains européens courtisent les différents cantons pour engager leurs troupes dans le cadre du mercenariat. Cette demande très forte, qui dépasse l'offre, met les cantons dans une position très favorable : ils peuvent tirer d'importants revenus de l'envoi de mercenaires, ces revenus sont réguliers, les soldats suisses maintiennent un très haut niveau de préparation et de combativité et enfin les autorités peuvent utiliser l'envoi ou non de mercenaires dans leurs manœuvres diplomatiques.

Enfin cinquièmement, la Confédération accroît sa puissance diplomatique et politique avec cette victoire. Tout d'abord, renforcés par leurs alliances avec les confédérés et le partage de certaines richesses, Fribourg et Soleure vont définitivement intégrer la Confédération des XIII cantons en 1481. La série de nouvelles alliances qui suit la fin des guerres de Bourgogne voit également le premier traité de combourgeoisie être signé entre les confédérés et la cité de Genève.

Le bilan positif de la victoire pour les Suisses doit pourtant être tempéré. En effet, malgré la destruction complète des États bourguignons, les cantons suisses ne profitent pas d'une extension territoriale importante et restent en confrontation directe avec d'autres grandes puissances européennes pour des territoires annexes. Cette proximité, combinée notamment à l'apparition du protestantisme, ne pourra ainsi empêcher l'irruption de nouveaux conflits au cours du siècle suivant, à l'image de la guerre de Souabe. Par ailleurs, les bénéfices de la victoire n'affectent pas tous les cantons de manière identique. Le canton de Berne voit sa position fortement renforcée, ce qui entraîne une certaine méfiance de la part d'autres puissances comme Zurich.

Fribourg, Terre de légendes

Le sang des bourguignons

Prolifération de cyanobactéries Woronichinia sp. dans le lac de Morat, 
septembre 2019 © Etat de Fribourg - Staat Freiburg


L’algue sang des Bourguignons doit son nom à une légende et fait référence à sa première apparition dans le lac de Morat (CH) décrite en 1825: En 1476, les Confédérés ont vaincu l’armée de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne. Plus tard, lorsque l’eau du lac de Morat prit une couleur rouge, la population crut que c’était le sang des Bourguignons morts dans la bataille. Mais il s’agissait d’une
efflorescence de l’algue sang des Bourguignons.


La bataille de Morat, évènement majeur de l'histoire et de l'identité suisse

Image générée par Gemini


L'histoire militaire suisse et surtout la figure du mercenaire suisse sont des éléments fondateurs pour l'ensemble de la population et les institutions. La victoire acquise par les troupes suisses à Morat fait ainsi écho à l'histoire militaire de nombreux cantons. À l'instar des victoires de Morgarten ou de Sempach, la bataille de Morat permet d'exalter le sentiment national de la population. À l'époque, les troupes ont effectivement lutté contre l'invasion du territoire par une grande puissance européenne, la maison de Bourgogne étant à son apogée.

Sur ce plan, Max de Diesbach estime en 1914 que la bataille de Morat est la plus mémorable de l'histoire suisse. L'historien et politicien fribourgeois estime en effet que l'écart entre la puissance des troupes bourguignonnes et la puissance des confédérés est le plus important qui ait existé dans l'histoire militaire suisse.

D'après une légende locale, un messager reçut pour tâche d'aller annoncer la victoire des confédérés à Fribourg. Afin d'annoncer la nouvelle, celui-ci agita une branche de tilleul puis mourut d'épuisement. Ce récit a inspiré la création de la course pédestre Morat-Fribourg.


Image générée par Gemini


La réalité

Image générée par Gemini


Alors que l'imagerie populaire (et la fameuse course pédestre) met en scène un soldat unique courant jusqu'à Fribourg pour annoncer la victoire contre Charles le Téméraire avant de s'effondrer mort d'épuisement, la réalité consignée dans les archives est bien différente.

Ce que disent les archives historiques de la ville de Fribourg:

Les historiens qui ont fouillé les comptes de la ville de Fribourg pour l'année 1476 ont découvert la vérité sur ce jour-là :

Ils étaient bien deux : La ville de Fribourg a envoyé des cavaliers/messagers pour suivre l'évolution des combats. Ce sont deux hommes qui sont revenus à Fribourg pour apporter officiellement la nouvelle de la victoire des Confédérés.

Image générée par Gemini


Ils ne sont pas morts : contrairement au mythe calqué sur le soldat de Marathon, aucun d'eux ne s'est effondré mort de fatigue. Ils étaient d'ailleurs vraisemblablement à cheval, la distance et l'urgence rendant l'utilisation de montures indispensables pour les liaisons militaires.

Ils ont reçu de l'argent : Les registres financiers de la ville de Fribourg mentionnent noir sur blanc qu'une somme d'argent (une gratification ou "solde") leur a été versée en récompense de leur service et de la bonne nouvelle rapportée.

D'où vient la légende du messager mort ?

Le mythe du coureur solitaire qui brandit un rameau de tilleul et meurt sur place est une construction tardive, apparue des siècles après la bataille (notamment sous la plume d'écrivains au XIXe siècle comme Alexandre Dumas ou des auteurs locaux).

On a tout simplement calqué le mythe grec de la bataille de Marathon sur l'histoire fribourgeoise pour lui donner un côté plus dramatique et héroïque, liant ainsi la survie du célèbre "Tilleul de Morat" (qui se trouvait à Fribourg) à un sacrifice humain qui n'a jamais eu lieu.


En ville de Fribourg, un tilleul a pendant longtemps été considéré comme l'arbre qui aurait pris racine à l'endroit de la mort du messager. Longtemps préservé, l'arbre meurt en 1983 après un choc causé par une automobile. Un autre arbre, issu du premier, est alors planté en remplacement.


L'original en 1906



L'original


Remplacé par cette sculpture

La bouture devant l'hôtel de ville


La suite de cet article consacré au Tilleul de Morat à Fribourg est ici


Egger Ph.

dimanche 21 juin 2026

5000 personnes ont commémoré La bataille de Morat

 

Quelque 5000 personnes ont participé samedi à Morat 
aux célébrations du 550e anniversaire de la bataille de 1476
ATS


Morat a fêté samedi solennellement le 550e anniversaire de sa bataille survenue le 22 juin 1476. L'occasion pour la cité médiévale fribourgeoise de célébrer, en présence du conseiller fédéral Martin Pfister, un événement marquant de l’histoire suisse et européenne.

Quelque 5000 personnes ont participé samedi aux différentes manifestations officielles organisées à Morat à l'occasion du 550e anniversaire de la bataille de 1476. Parmi les temps forts de la journée figurait notamment le «White Brunch & Party», qui affichait complet.

Malgré les fortes chaleurs, le programme s'est déroulé sans difficulté majeure. «Nous avions prévu suffisamment de pauses pour permettre aux visiteurs de s'hydrater», a confié à Keystone-ATS Markus Ith, responsable du projet des festivités et ancien président du Grand Conseil fribourgeois, lui-même Moratois.

L'ambiance a été jugée très positive par les organisateurs. Les visiteurs venus d'autres cantons ont particulièrement apprécié l'invitation, la cérémonie et l'organisation générale. Les discours ont également été salués. «Nous étions là pour commémorer un événement historique, mais surtout pour célébrer la paix plutôt que la guerre», a relevé Markus Ith, estimant que les interventions étaient «dans l'air du temps».

Recueillement puis cortège commémoratif

Le programme a commencé le matin par un recueillement à la Pantschau, grande prairie au bord du lac de Morat, avec un dépôt de gerbes, un geste qui a lieu en principe tous les 10 ans seulement. Après ce «bref moment», les participants ont formé un «cortège commémoratif» qui a parcouru 2 kilomètres.

Ce dernier a emprunté la Ryf et la rue de Lausanne jusqu’au château, avant de traverser la vieille ville pour rallier l’église allemande, où la cérémonie officielle et les allocutions ont eu lieu. Trois discours y ont été prononcés, un pour chaque échelon de pouvoir, avec en premier lieu celui du ministre de la défense Martin Pfister.

Salve d'honneur

Les grenadiers de Fribourg
Keystone


Ensuite, c'est le président du Conseil d'Etat fribourgeois Philippe Demierre qui s'est exprimé, la syndique de Morat Petra Schlüchter clôturant le moment. Le président du Conseil national Pierre-André Page, Fribourgeois par ailleurs, figurait parmi les convives. Des représentants de plusieurs cantons comptaient aussi dans les invités.

Les cantons de Fribourg, de Vaud et de Berne ont occupé évidemment une place de choix, en lien avec leur rôle historique, sachant qu'en 1476 s'est aussi déroulée la bataille de Grandson (VD). Les invités se sont ensuite rendus au «Kanonenmätteli», devant la porte de Berne, pour assister à la salve d’honneur.

Le public a pu y admirer le contingent des Grenadiers fribourgeois et les Milices vaudoises. Le programme s’est achevé par un repas «convivial» servi sous la tente de fête, derrière l’école primaire de la Längmatt. Samedi toujours, de 10h00 à 2h00, Morat Tourisme a organisé un événement où il faut se présenter tout de blanc vêtu.

Soirée blanche

Le «White Brunch & Party» a réuni plus de 600 personnes vêtues de blanc. Les festivités avaient débuté dès vendredi soir avec la fête des fontaines.

Au-delà, le programme officiel des festivités propose encore un camp médiéval, avec un marché et diverses animations qui prendront place aux abords de la vieille ville. Dimanche et lundi, il offre respectivement le traditionnel tir historique et la fête des écoles, comme chaque année également.

La fête a été concoctée par l'association Grandson-Murten 2026, fruit de la collaboration des communes de Grandson et de Morat. Il est prévu au total 42 projets jusqu'en octobre, sachant que le 2 mars a déjà été commémoré les 550 ans de la bataille de Grandson, en présence du conseiller fédéral Ignazio Cassis.

Guerres de Bourgogne

La cérémonie a coïncidé avec la réouverture du château, après 15 ans de rénovation. Pour mémoire, ce sont les 2 mars et 22 juin 1476 qu'ont eu lieu les batailles de Grandson et Morat. La Suisse a été le théâtre de deux grands événements des guerres de Bourgogne, opposant l’ancienne Confédération et le duché de Bourgogne.

Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, possède alors un empire «patchwork» qui s’étend de la mer du Nord jusqu’à la Méditerranée, coincé entre la France de Louis XI et l’Empereur du Saint-Empire Frédéric III. Son but est de consolider son territoire, en usant de la diplomatie, mais aussi en faisant la guerre.

Mais le canton de Berne et les Confédérés se mettent en travers de sa route dans ce qui est aujourd’hui la Suisse romande. En mars 1476, Charles le Téméraire subit à Grandson, sur les rives du lac de Neuchâtel, sa première défaite face aux Confédérés. Pris d’un ardent désir de vengeance, il compte bien faire plier les Suisses.

Pour cela, il rassemble ses troupes à Lausanne et se dirige vers Berne, en passant par la plaine de la Broye, pour subir une défaite à Morat. Ces victoires suisses marquent le déclin du duché de Bourgogne et redistribuent les cartes sur l’échiquier européen. Ainsi, selon la formule consacrée, «le duc perdit son bien à Grandson, son courage à Morat et sa vie à Nancy».

ATS

vendredi 19 juin 2026

Rencontre avec Guy Savoy, le célèbre cuisiner franco-suisse, d’origine fribourgeoise


«Fribourg est l’un des cantons qui ont le plus préservé 

leurs traditions culinaires»

Avec ses origines fribourgeoises, le chef Guy Savoy 
est même ambassadeur de la Confrérie de la poire à botzi




e la Monnaie de Paris à l’Institut de France, tous deux sis quai de Conti, face au Louvre et à la Seine, il n’y a qu’un pas franchi allègrement par Guy Savoy. L’illustre chef cuisinier a récemment fait son entrée officielle à l’Académie des beaux-arts, l’une des cinq académies que réunit l’institut. Le temps d’une installation solennelle, le chef troqua donc son tablier blanc contre l’habit vert et devint ainsi un «immortel», comme le veut la tradition.

Les lieux ont une destinée, comme les personnes. Le 19 mai 2015, Guy Savoy ouvrait son restaurant gastronomique, qui porte son nom, à l’Hôtel de la Monnaie. Savait-il alors que 16 ans plus tard, jour pour jour, il serait accueilli à l’Institut de France? La proximité des deux édifices présageait un avenir brillant pour le chef, devenu réalité par la grâce d’une détermination et d’un optimisme indéfectibles, auxquels il faut ajouter la bienveillance et la sobriété qui caractérisent l’homme et l’artiste. En bon Helvète, Guy Savoy, 72 ans, n’a guère le culte de sa personne. Et en bon Français, guère le goût de la neutralité.

« Tenez, la bénichon, un repas pantagruélique! 
Rabelais aurait été séduit »
Guy Savoy

«Je suis en constante ébullition», lâche celui qui cultive de multiples ferveurs, pour les paysages imposants – pour la gastronomie, on le sait bien – mais aussi pour l’art contemporain, ce qu’on sait moins. Un grand restaurant et un petit musée! Voici ce qu’est l’établissement de Guy Savoy à la Monnaie.

Une âme d’artiste

Installé dans l’aile ouest de cet hôtel du XVIIIe siècle, le restaurant, qui compte plusieurs salons en enfilade, jouit d’une vue exceptionnelle: un Paris royal. Par l’une des fenêtres, on voit la coupole de l’institut. Guy Savoy nous reçoit vers le coup de midi, heure supposée stressante pour le maître des lieux, qui néanmoins garde un calme impérial. On craint de déranger.

«Ne vous inquiétez pas», lance le chef qui joue les guides. On admire les tableaux qui ornent les murs. Voici L’homme à la cigarette, deux toiles d’une même figure, signées Pierre et Gilles, un duo d’artistes français. Une dérogation à la règle puisqu’il est interdit de fumer dans les restaurants. «Oui, mais j’aime les facéties», s’amuse Guy Savoy, en précisant: «Ces deux tableaux m’ont été prêtés par François Pinault.» Dans la même salle, un autre homme, L’Homme cellulaire, une sculpture métallique conçue quant à elle par Fabrice Hyber.

Plus loin, Le Taureau, dessin de l’artiste franco-algérien Adel Abdessemed. «Je le lui ai acheté, alors il m’a offert deux autres dessins, deux Coqs.» Et cerise sur le gâteau, la carte du restaurant, elle aussi une œuvre d’art, avec au menu la soupe aux artichauts émaillée de truffe noire, LA signature de Guy Savoy, ainsi que le homard «cruit». Un mot de son cru! «Avec ce néologisme par moi-même établi, je prépare mon entrée… à l’Académie française», dit-il non sans humour.

Un intérêt passionné pour les lettres le porte à écrire, en collaboration avec Anne Martinetti, Guy Savoy cuisine les écrivains, un ouvrage en quatre tomes qui réunit recettes et textes littéraires. Mais c’est surtout sa foi en l’art qui a contribué à son élection quai de Conti. «La graine a été semée quand j’ai réussi à faire inscrire «le repas gastronomique des Français» au patrimoine immatériel de l’Unesco.»

Les étés à Fribourg

Il est le premier chef au monde à rejoindre l’Académie des beaux-arts. «Lorsque j’ai reçu un coup de fil m’annonçant mon élection, durant les deux jours qui ont suivi j’ai vu passer ma vie, surtout mon adolescence d’où est partie ma flamme pour la cuisine», raconte-t-il. Originaire du canton de Fribourg (plus précisément d’Attalens), le grand-père, maçon de métier, quitte la Suisse en 1939. Quand il arrive en France, le futur père de Guy a 17 ans. Plus tard, il sera engagé comme jardinier au parc de Bourgoin-Jallieu (Isère) où vit la famille. La mère y tient une buvette, devenue avec le temps un vrai restaurant.

«C’est elle qui m’a donné le goût de la gourmandise. A la maison, je l’aidais à la cuisine pour la soulager. A l’époque, il n’y avait pas McDonald’s. On allait donc manger chez les copains, et c’est là que je me suis rendu compte que les plats de ma mère étaient les meilleurs.»

« C’est ma mère qui m’a donné le goût de la gourmandise »
Guy Savoy

A Fribourg, Guy Savoy enfant revenait tous les étés. Aujourd’hui, la maison familiale se trouve à Villars-sur-Ollon (Vaud), 1700 mètres d’altitude. Non loin de là, sa cabane à lui, dans une réserve naturelle, 60 m2 sans électricité. «Un lieu de retraite magnifique, mais un regret: ne pas pouvoir y planter un poirier, c’est trop haut pour un arbre fruitier.» Mais pourquoi un poirier? «Je suis ambassadeur de la Confrérie de la poire à botzi, pardi! Fribourg a su garder un équilibre parfait entre ruralité et urbanité. C’est l’un des cantons qui ont le plus préservé leurs traditions, surtout culinaires. Tenez, la bénichon, un repas pantagruélique! Rabelais aurait été séduit.»

Pour la neuvième année consécutive, le restaurant gastronomique de la Monnaie a été désigné par La Liste meilleur restaurant au monde. Trois critères à la base de cette distinction: «l’édifice, la situation et la singularité», analyse Guy Savoy qui malgré sa renommée, élargie par son autre restaurant au Caesars Palace de Las Vegas, se considère humblement comme un «aubergiste moderne».

Ghania Adamo

jeudi 18 juin 2026

Groupe E teste un système d’alerte sonore à Fribourg

 


Groupe E teste un système d'alerte sonore et lumineux au barrage de la Maigrauge, à Fribourg, pour avertir les usagers de la Sarine en cas de déversement. L'essai, prévu jeudi prochain, comprend des déclenchements qui auront lieu entre 8 et 12h00 et dureront entre 1 et 10 minutes.

Le comportement des usagers sera observé durant les tests pour évaluer l’efficacité du dispositif et l’ajuster le cas échéant, a indiqué jeudi l’énergéticien basé à Granges-Paccot (FR). Placé sur le couronnement du barrage, le dispositif diffuse un message préenregistré en trois langues (français, allemand et anglais).

Ce dernier invite les personnes présentes dans le lit ou sur les berges de la Sarine, en aval du barrage et jusqu’à la centrale de l’Oelberg, à quitter immédiatement le cours d’eau, précise le groupe fribourgo-neuchâtelois dans un communiqué. Le dispositif sera utilisé uniquement en cas de déversement fortuit au barrage.

Dans de tels cas, le débit peut passer de 4 à 100 mètres cubes par seconde en quelques minutes, créant une montée soudaine des eaux. La mise en service du système d’alerte complète les mesures déjà en place pour renforcer la sécurité en rivière, notamment les hydroguides et les panneaux d’avertissement aux abords de la Sarine.

ATS

mardi 16 juin 2026

Vous voulez être heureux? Ecoutez le chant des oiseaux !

 

Le chant des oiseaux permet de faire chuter le taux de l'hormone du stress
Photo: Shutterstock


Se promener en écoutant le chant des oiseaux est bénéfique pour la santé mentale. Des études montrent en effet que l'observation des oiseaux favorise la détente et procure un sentiment de bien-être.

Différentes études scientifiques ont prouvé l'impact positif des oiseaux sur la santé mentale, souligne mardi la Station ornithologique suisse de Sempach (LU) dans un communiqué. Cela démontre l'importance de promouvoir l'avifaune dans les espaces urbains et périurbains.

Faire chuter le taux de cortisol

Une étude publiée en mai par l'Université de Tübingen, en Allemagne, a montré qu'écouter les oiseaux chanter durant une promenade de 30 minutes dans un parc urbain permet de faire chuter le taux de cortisol l'hormone du stress de près de 40%. La tension artérielle baisse également et les émotions positives augmentent de plus de 20%, selon cette étude.

Les universités de Senckenberg et de Kiel (Allemagne) ont également étudié le lien entre bien-être et observation des oiseaux. Sur la base d'un échantillon de plus de 26'000 adultes issus de 26 pays européens, elles ont démontré que les personnes dont l'environnement abrite une grande diversité d'oiseaux sont significativement plus satisfaites de leur vie.

Selon leurs travaux, le bonheur provoqué par cette diversité serait comparable, en intensité, à celui procuré par une augmentation de salaire.

ATS

Polémique sur l'expérimentation animale à l'EPFL

 

Pour signer la pétition, cliquez sur l'image

La conseillère nationale verte Léonore Porchet ne mâche pas ses mots. «C’est l’expérience animale la plus cruelle et la plus brutale qui soit», dénonce-t-elle. Dans une motion, l’élue vaudoise demande l’interdiction du «Forced Swim Test», ou test de nage forcée. Comme son nom l’indique, cette expérience consiste à contraindre des rongeurs à nager. Controversée, elle est utilisée dans le développement de médicaments contre la dépression et se pratique encore en Suisse, notamment à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) ainsi qu’aux universités de Lausanne et de Zurich.

Cette méthode suscite de vives critiques. Une association d’étudiants de l’EPFL a demandé l’organisation d’un débat public sur le «Forced Swim Test». Mais l’événement a déjà été reporté à deux reprises. «L’EPF Lausanne tente manifestement d’esquiver le débat. C’est une attitude absolument antidémocratique», dénonce Léonore Porchet.

L’école rejette cette accusation. Selon elle, la table ronde a été reportée parce que l’association étudiante n’avait pas rempli les conditions nécessaires à un débat équilibré. «La discussion aura désormais lieu en septembre, pour autant que les conditions-cadres convenues soient respectées», indique un porte-parole à Blick. Le débat portera plus largement sur l’expérimentation animale.

Pas de modèle pour la dépression humaine

Deux projets de recherche sont actuellement en cours à l’EPFL et pourraient recourir au test de nage forcée. Lors de cette expérience, des souris ou des rats sont placés dans un cylindre rempli d’eau profonde, dont ils ne peuvent pas s’échapper. Au début, les animaux luttent pour ne pas se noyer. Puis ils finissent par s’immobiliser et flottent à la surface de l’eau. Les souris sont sorties de l’eau après six minutes au maximum, les rats après vingt minutes. A l’EPFL, ce test sert à étudier le lien entre l’activité cérébrale et les comportements liés à la motivation.

Dans d’autres études, il est souvent utilisé pour évaluer l’efficacité d’antidépresseurs. Les animaux traités sont censés nager plus longtemps et rester moins longtemps immobiles dans l’eau que les animaux non traités.

L’EPFL rappelle que toute expérience animale doit être approuvée par une commission cantonale indépendante. Un chercheur qui utilise ce test et qui souhaite rester anonyme insiste aussi sur le fait que la souffrance des animaux est réduite au minimum. Selon lui, l’eau est chauffée et les animaux en difficulté sont immédiatement retirés du cylindre.

Le stress provoqué serait comparable à celui qu’éprouve un rat sauvage lors d’une froide journée d’hiver, affirme-t-il. «Une interdiction générale ne rendrait donc pas justice à la réalité de la recherche», estime le chercheur. Il reconnaît toutefois auprès de Blick que ce test ne reproduit pas la dépression humaine. «Dire qu’une souris qui nage est dépressive serait une interprétation trop simpliste.» Dans sa réponse à la motion, le Conseil fédéral confirme également que ce test ne constitue pas un modèle de la dépression humaine.

«On gaspille les fonds publics»

La Ligue suisse contre les expériences sur les animaux milite depuis des années pour son interdiction. «Au cours des 50 années qui ont suivi son invention, ce test n’a jamais conduit au développement de nouveaux médicaments ou de nouvelles thérapies», affirme sa porte-parole, Athénais Python. «Au contraire, on gaspille des fonds publics alors que les personnes souffrant de dépression espèrent de meilleurs médicaments. Il est d’autant plus cruel de faire souffrir des animaux pour un tel test.» En Suisse et dans l’Union européenne, le test de nage forcée est classé dans la catégorie de contrainte 3, soit le niveau le plus élevé.

Pour Athénais Python, deux raisons expliquent pourquoi cette méthode continue d’être utilisée en Suisse. «De nombreux chercheurs plus âgés réalisent ce test depuis des décennies. Ils ne l’ont jamais remis en question et le transmettent désormais à la génération suivante.» Dans le même temps, la recherche animale bénéficie de fonds publics importants, alors que les méthodes de substitution restent, selon elle, très peu soutenues. «Nous parlons ici de 100 à 200 millions de francs pour l’expérimentation animale, contre seulement quelques centaines de milliers de francs pour les méthodes de substitution.»

De nombreuses entreprises pharmaceutiques, dont Sanofi, Bayer, Roche et Pfizer, ainsi que plusieurs universités dans le monde, ont annoncé qu’elles renonçaient à ce test. L’organisation de protection des animaux demande désormais aux universités suisses de prendre clairement position.

Riccarda Campell

blick.ch

lundi 15 juin 2026

Citoyens informés sur la future couverture de Chamblioux

 


L'ambitieux projet de future "couverture de Chamblioux" de l'autoroute A12, dans le contournement de Fribourg, franchit une nouvelle étape. La population des quatre communes concernées se voit proposer des séances d'information à compter de ce lundi.

L’Office fédéral des routes (Ofrou) et le canton de Fribourg planifient conjointement la couverture de l’autoroute sur un tronçon de 1255 mètres, dans le secteur Chamblioux-Bertigny. Le projet est jugé «indispensable» pour revaloriser un secteur stratégique de l’agglomération et améliorer durablement la qualité de vie.

La couverture permettra notamment de réduire «significativement» les nuisances sonores et de créer des connexions entre les quartiers, grâce à des espaces ouverts et des aménagements urbains de qualité, a rappelé l’Ofrou dans un communiqué publié pour l’occasion. Le futur hôpital cantonal doit par ailleurs être érigé à proximité.

Mise à l’enquête

Pour mémoire, le projet a été approuvé par le Conseil fédéral en 2025. Depuis, les études ont été poursuivies par l’Ofrou et ont atteint un stade permettant la mise à l’enquête publique prévue au cours du deuxième semestre de cette année. D’où la mise sur pied d’une séance d’information dans chacune des communes concernées.

Ces quatre séances ont démarré ce lundi soir à destination des citoyens de Givisiez déjà. Ensuite, ce sera au tour de ceux de Granges-Paccot mercredi, de Fribourg le 29 juin et de Villars-sur-Glâne le 1er juillet. Elles aborderont les enjeux liés à la couverture autoroutière entre les deux sorties de Fribourg.

En service en 2033

Le projet répond aux objectifs fixés par les politiques d’aménagement du territoire fédéral et cantonal, ainsi qu’à l’ordonnance sur la protection contre le bruit. Les travaux pourraient débuter en 2031, pour une mise en service intégrale en 2033. Le coût est évalué, en l’état, à 195 millions de francs.

L’Ofrou doit y participer à hauteur de 82,5 millions de francs, ce qui correspond à 42% de l’enveloppe totale. Le reste est assumé par le canton de Fribourg et les communes partenaires. Le canton de Fribourg était représenté au point presse par le conseiller d’Etat Jean-François Steiert, chargé des infrastructures et de la mobilité.

ATS