Chu de che / Je suis d'ici / Sono di qui / Ich bin von hier ! Champions Tour Fribourg Gottéron: Samedi 12 septembre 2026 : Cathédrale Saint-Nicolas, 15h30-19h Notre liberté ne nous a pas été donnée, mais combattue et priée par nos ancêtres plus d'une fois! Aujourd'hui, comme autrefois, notre existence en tant que peuple libre dépend du fait que nous nous battions pour cela chaque jour. Restez inébranlable et soyez un gardien de la patrie pour que nous puissions remettre une Suisse libre telle que nous la connaissions à la génération suivante. Nous n'avons qu'une seule patrie!

mardi 6 octobre 2026

La France interdit définitivement la chasse au grand tétras

 

Le grand tétras est désormais strictement protégé sur tout le territoire français.
Photo: Rolands Linejs

Le grand tétras, le plus gros oiseau terrestre sauvage d'Europe, récemment classé parmi les oiseaux protégés en France, a par conséquent été retiré mardi de la «liste des espèces soumises à gestion adaptative», c'est-à-dire qui peuvent être chassées, selon un décret publié mardi. «Le décret actualise la liste des espèces soumises à gestion adaptative», indique le texte publié au Journal officiel.

La gestion adaptative est le système de gestion des espèces qui peuvent être chassées, mis en place en 2018 et censé être plus souple que la liste figée d'espèces chassables qui prévalait alors. Le décret «tire les conséquences de l'arrêté du 3 septembre 2026», qui «procède au retrait du grand tétras de la liste des espèces chassables et l'érige au rang d'espèce strictement protégée», est-il précisé.

Stabiliser la population

Ce texte entre en vigueur mercredi, au lendemain de sa publication. Le grand tétras, ou grand coq de bruyère, a été ajouté début septembre à la liste des oiseaux protégés en France, en même temps que le lagopède alpin, ou perdrix des neiges, deux oiseaux de montagne confrontés à un déclin préoccupant du fait notamment du réchauffement climatique.

Depuis 2009, aucune nouvelle espèce n'avait été ajoutée à cette liste qui compte plus de 250 oiseaux, dont la destruction, la capture ou l'enlèvement sont interdits. Leurs oeufs et leurs nids, ainsi que leurs sites de reproduction et leurs aires de repos, ne peuvent pas non plus être détruits, altérés ou dégradés.

«L'idée c'est de stabiliser les populations, voire d'espérer une remontée, même si cela restera difficile», avait souligné la ministre de la Transition écologique Monique Barbut. Ces deux espèces subissent de plein fouet les conséquences du réchauffement climatique, qui réduit progressivement leur habitat. S'y ajoutent le dérangement lié aux activités humaines en montagne et l'artificialisation des milieux.

Plan de réintroduction

Le déclin en France du grand tétras a été «spectaculaire», avait détaillé la Ligue de protection des oiseaux (LPO): ses effectifs ont chuté de près de 80% depuis 1960 dans les Pyrénées, où l'espèce ne subsiste aujourd'hui que sous forme de populations fragiles, avec également quelques noyaux résiduels dans le Jura et les Vosges.

Sa chasse avait déjà été interdite provisoirement, pour une durée de cinq ans, en 2022, après une décision du Conseil d'Etat. Un plan de réintroduction avait été mis en place dans les Vosges en 2024 mais ne sera pas poursuivi au vu de la mortalité de la quasi-totalité des individus réintroduits.

blick.ch

Les Swiss Cheese Awards 2026 débutent à Fribourg pour six jours

 

Les éliminatoires de la 14e édition des Swiss Cheese Awards ont commencé mardi à Fribourg, avec un nouveau record de participation. La manifestation, qui dure jusqu'à dimanche, fait du chef-lieu cantonal la capitale suisse du fromage, après Lugano (TI) en 2024.

Pas moins de 1177 fromages ont été inscrits au plus important concours national de la branche fromagère suisse, ont indiqué les organisateurs en présentant l'événement qui se tient à la salle communale St-Léonard. Les produits en concurrence ont rejoint Fribourg il y a déjà dix jours pour la préparation à l'évaluation.

Qu'il s'agisse de Gruyère AOP, d'Emmentaler AOP, d'Appenzeller, de raclette, de fromages frais ou de fromages à pâte molle, la manifestation met en lumière la diversité du savoir-faire du secteur. Au total, 203 membres suisses et étrangers du jury apprécieront les fromages en compétition dans 32 catégories.

Valeurs à défendre

Un super-jury désignera jeudi les "swiss champions" dans les catégories des fromages à pâte extra-dure et dure, des fromages à pâte mi-dure ainsi que des fromages à pâte molle et des fromages frais. Le concours est organisé par Fromarte, faîtière des artisans suisses du fromage, qui souligne le rôle majeur du rendez-vous.

La cérémonie de remise des prix des Swiss Cheese Awards 2026 se déroulera vendredi soir, dans le cadre de l’"Awards Night". Les vainqueurs de catégorie ainsi que les trois champions suisses y seront récompensés. Le lauréat du concours de plateaux de fromages, prévue à L'Atelier, sera également dévoilé dans le même cadre.

Aux yeux de Paul Meier, directeur de Fromarte, "la manifestation va toutefois bien au-delà de la compétition visant à désigner les meilleurs fromages suisses". Elle illustre de "manière impressionnante" les valeurs qui caractérisent la branche fromagère suisse: qualité, diversité et véritable savoir-faire artisanal.

Échanges avec le public

Les Swiss Cheese Awards réunissent aussi les producteurs dans un cadre propice "aux échanges et à la convivialité", tout en offrant au public l'occasion de rencontrer celles et ceux qui fabriquent les fromages. Organisé à un rythme biennal, l'événement joue par ailleurs un rôle important au-delà de la branche fromagère.

La manifestation "constitue une vitrine unique, tant en Suisse qu'à l’international", a dit il y a dix jours Martin Spahr, chef marketing de Switzerland Cheese Marketing. Une attention particulière est également portée à la valorisation des fromages en compétition pour en assurer une consommation aussi complète que possible.

Les fromages restants, après évaluation, seront proposés aux fromagers participants sous forme de buffet lors de la soirée de gala ou offerts à des entités caritatives. En tant que ville hôte, Fribourg a concocté pour sa part, grâce à des collaborations avec des partenaires locaux et régionaux, un vaste programme d'animations.

ATS

lundi 5 octobre 2026

Morat-Fribourg ; 17’452 inscrits et 50’000 spectateurs en bord de route

 

Lors de la 92e édition de la Course de Morat, les coureurs locaux se sont illustrés en décrochant plusieurs places sur le podium et en établissant des records suisses. L'un d'entre eux s'est particulièrement démarqué… en courant vêtu d'une armure de chevalier pesant 34 kilogrammes.








Vêtu d'une armure de 34 kilogrammes, un participant s'attaque aux 17,17 kilomètres qui séparent Morat de Fribourg. Un défi sportif avec chronométrage officiel lors de la plus ancienne course sur route de Suisse.

La course commémorative de la bataille de Morat a lieu chaque année le premier dimanche d'octobre. Le chevalier rappelle la légende qui est à l’origine de cette course : après la bataille de Morat, le 22 juin 1476, un messager aurait couru jusqu’à Fribourg, une branche de tilleul à la main, pour annoncer la victoire des Confédérés sur Charles le Téméraire. 550 ans plus tard, cette image fait le lien entre l’histoire d’autrefois et le défi sportif d’aujourd’hui.

60 ans et 60 éditions de Morat-Fribourg
Le fils et son père le doyen de la course Morat-Fribourg




Liaci bat le record de Suisse

Sur le plan purement sportif, chez les femmes, la Valaisanne Oria Liaci s'est imposée sur 17,17 km en 58 min 36 s. Fabienne Schlumpf a terminé troisième en 1 h 00 min 06 s. Liaci a ainsi pris sa revanche sur la Zurichoise, qui s'était imposée l'année dernière en 1 h 00 min 17 s, la devançant de 17 secondes.

Liaci a battu le record de Suisse, détenu depuis 1997 par Franziska Rochat-Moser, aujourd'hui décédée. Selon les organisateurs, Rémi Bonnet et Matthias Kyburz ont également réalisé des temps plus rapides que Stéphane Schweickhardt lors de son record de Suisse établi en 1998. Le Fribourgeois et l'habitant du Fricktal ont pris les 2e et 3e places et ont dû s'incliner face au vainqueur, le Kenyan Brian Kipchumba, dans le sprint final.




Deuxième après un suspense insoutenable, 
Rémi Bonnet (52'00''4) pose aux côtés des gagnants Oria Liaci (58'38''6) et Brian Kipchumba (51'57''5)
Charles Ellena


Charles Ellena 

Charly Rappo

laliberte.ch

Cochons, vaches et poules sont bien plus intelligents et sensibles qu'on ne le pense

 

Pour bon nombre d'entre nous, chiens et chats font partie de la famille. On connaît leurs particularités, on ressent leurs humeurs, on ne doute jamais qu'ils puissent éprouver des sentiments. Mais dès qu'il s'agit des animaux du pré ou de l'étable, on applique souvent deux poids deux mesures: poules, cochons et vaches restent, au quotidien, de simples «animaux de rente».

Pourtant, qui y regarde de plus près découvre vite combien de points communs ils partagent avec nos animaux de compagnie. L'organisation de protection des animaux Quatre pattes veut, avec sa campagne «Apprends à connaître les animaux. Consomme avec conscience», éveiller les esprits vers une consommation plus responsable. Les animaux de rente ont des besoins et des émotions qu'on néglige trop souvent.

Les cochons sont sociables et adorent les bains de boue

Les cochons sont extrêmement intelligents. Ils apprennent plus vite que les chiens, tout en restant d'une curiosité folle. Émotionnellement complexes, ils disposent de plus de 20 sons différents pour exprimer leurs sentiments: ils crient quand ils souffrent, couinent de plaisir quand ils sont heureux.

Les cochons se vautrent dans la boue pour se rafraîchir par temps chaud, 
protéger leur peau sensible des coups de soleil et se débarrasser des parasites
Photo: VIER PFOTEN


Sociables, vivant en groupes, adeptes des bains de boue rafraîchissants et très propres: voilà le vrai visage du cochon. Dans l'élevage intensif, pourtant, jusqu'à dix cochons se partagent l'espace d'une seule place de parking. Ils vivent souvent dans leurs propres excréments, sans jamais voir d'herbe ni la lumière du jour.

Les vaches entretiennent des liens profonds

Les vaches entretiennent des amitiés étroites, parfois durant des années, au sein de leur troupeau. Elles perçoivent le stress de leurs congénères grâce à leur odorat fin, et portent leur veau environ neuf mois, tout comme nous.

Les vaches portent leur petit neuf mois dans le ventre
Photo: Quatre pattes


Mais tandis que nous choyons nos bébés avec amour, les veaux sont souvent séparés de leur mère juste après la naissance. Beaucoup finissent dans ce qu'on appelle des igloos à veaux. Pour maintenir la production laitière, les vaches sont inséminées chaque année. Quand la production baisse, l'abattage suit généralement.

Les poules peuvent mémoriser 100 visages

Les poules aussi surprennent par leurs talents. Elles voient mieux que nous, mémorisent plus de 100 visages de congénères, et communiquent avec leurs poussins alors qu'ils sont encore dans l'œuf. Elles rêvent aussi en dormant, agitant ailes et pattes, tout comme nous, ou les chiens et les chats.

Les poules voient plus de couleurs que les humains
Photo: Four Paws


Vives et joueuses, les poules adorent les bains de sable et de soleil. Mais dans l'élevage intensif, les poulets de chair n'ont guère plus d'espace qu'une feuille A4 par animal, et l'élevage extrême orienté vers une croissance rapide leur cause souvent de graves problèmes cardiovasculaires et des lésions aux pattes.

Ce sont les animaux qui paient le prix des produits bon marché

Pourquoi en sait-on si peu, au fond, sur les cochons, les vaches et les poules? Est-ce parce qu'on ne les croise jamais au quotidien? Parce qu'on ne voit que les produits en rayon, jamais les animaux derrière?

Pour Quatre pattes, il est temps de changer notre regard sur les animaux d'élevage. Car ce sont eux qui paient le prix de notre consommation inconsciente de produits animaux bon marché.

Une consommation plus consciente commence par de petits pas: prévoyez deux repas végétariens ou vegan par semaine, variez vos plats préférés, avec des lentilles au lieu de viande hachée, ou une galette végétale pour le burger. Faites attention, lors de vos achats, à une origine transparente et à des labels de bien-être animal fiables, sans vous laisser berner par des emballages trop idylliques. Lisez attentivement les listes d'ingrédients: des composants animaux comme l'albumine ou la gélatine se glissent souvent dans les produits transformés.

Pour les œufs, le code aide (0 = bio, 1 = plein air, 2 = élevage au sol); les œufs de batterie importés se cachent souvent dans les pâtes ou les desserts. Côté alternatives: boissons végétales, légumineuses, tofu, noix et graines. En pâtisserie, les œufs se remplacent facilement par de la compote de pommes ou de l'eau de pois chiches.

En remplaçant, en réduisant ou en choisissant un standard de qualité supérieur, on fait la différence. Car derrière chaque œuf, chaque litre de lait, chaque morceau de viande, il y a un être vivant plus proche de nous qu'on ne l'imagine.

Un appel à l'action




Même de petits changements dans ton menu ont un impact direct sur la vie des animaux d'élevage. Dans le cadre d'une alimentation respectueuse des animaux, Vier Pfoten recommande le principe des 3R: Reduce, Refine et Replace, un guide pratique pour une transition alimentaire progressive.

samedi 3 octobre 2026

Huit ans avant Abraham Poincheval, deux Fribourgeois ont couru Morat-Fribourg en armure


Kevin Vonlanthen (à gauche) et Guillaume Fasel ont mis environ 3h pour relier Morat à Fribourg
DR/Régine Gapany


Abraham Poincheval courra Morat-Fribourg ce dimanche en armure médiévale. Un exploit hors du commun, qu’il ne sera cependant pas le premier à réaliser. La Liberté l’a appris grâce à un commentaire sous un post Facebook relayant la performance à venir: «Mon beauf l’a fait et ce n’est pas un artiste».

Il a traversé la Suisse dans une armure de chevalier. Une exposition à Fribourg raconte la folle épopée de l’artiste Abraham Poincheval

Quarante kilos sur le dos

Il s’avère qu’en 2018, ce n’est pas un, mais deux chevaliers, qui se sont lancé ce défi fou. Kevin Vonlanthen et Guillaume Fasel avaient 29 ans à l’époque où ils se sont attaqués au parcours de 17,17 kilomètres avec une armure de 40 kilos sur le dos. «Tout est parti d’une discussion de fin de soirée, avec l’envie de retracer l’histoire de la bataille de Morat», se souvient Kevin Vonlanthen.

Le binôme contacte alors un club de reconstitution historique, qui lui procure des armures. Les coureurs poussent leur idée jusqu’à s’inscrire sous le nom de deux héros de la bataille de Morat. Guillaume Fasel se met dans la peau d’Adrian I von Bubenberg et Kevin Vonlanthen incarne Hans von Hallwyl.

« On était plein de cloques. »

Kevin Vonlanthen

Ils revêtent leurs armures seulement le jour de la course, après s’être entraînés avec des charges. Les compères renoncent cependant aux chaussures d’époque, pas adaptées et trop douloureuses. Les autres pièces de l’équipement sont conservées. Avant de partir à la conquête de la montée de La Sonnaz, les sportifs enfilent un pyjama en laine, des guêtres, une cotte de mailles, la décoration et enfin l’armure.

«Le casque c’était le plus pénible, il devait faire entre 7 et 10 kilos. L’armure offre très peu de mobilité et on était plein de cloques». Kevin Vonlanthen souligne que, même au Moyen Age, les guerriers ne s’imposaient de telles contraintes. «C’était plutôt des équipements de combat. S’ils devaient courir, ils s’en délestaient».

DR

Un conseil?

Mais les amis tiennent bon. Ils courent même par endroits et marchent d’un bon pas à la montée. Les chevaliers mettent environ 3h pour rejoindre Fribourg, devant un public parfois surpris de les voir arborer un drapeau bernois en plus de la bannière fribourgeoise. «C’était pour rendre hommage à un commandant bernois de la bataille».

Malgré le souvenir encore vif des courbatures, Kevin Vonlanthen n’exclut pas de retenter l’expérience pour battre son chrono. Un conseil pour Abraham Poincheval? «Il ne faut pas s’arrêter et surtout ne pas se poser de question». L’artiste français, qui a déjà parcouru 250 kilomètres en armure cet été, fera-t-il mieux que les deux chevaliers fribourgeois?

Victoria Martin

laliberte.ch

Découverte majeure de nases dans la Sarine en ville de Fribourg

 

Des nases dans la Sarine en ville de Fribourg


Une cinquantaine de nases ont été aperçus mardi dans la Sarine en Basse-Ville de Fribourg par le photographe spécialiste de la faune et de la flore aquatique Michel Roggo. Il s’agit de la découverte la plus significative de ces poissons emblématiques du canton au cours des 25 dernières années.

L’espèce est considérée comme quasi éteinte en Suisse, a indiqué vendredi le Service des forêts et de la nature (SFN) de l’Etat de Fribourg. Elle était autrefois très répandue dans les grands cours d’eau du canton, comme la Sarine, la Singine, la Glâne, la Trême, la Broye et la Petite Glâne, précise le communiqué.

Michel Roggo a capté ses images au moyen d’un appareil photo et d’une caméra. Le nase est considéré comme étant en danger critique d’extinction. Quelques rares individus sont ponctuellement observés par le SFN et des pêcheurs. Jamais autant de ces cyprinidés n’ont été observés depuis le début des années 2000.

Mesures engagées

Diverses mesures d’amélioration de l’habitat de la faune aquatique dans la Sarine ont été mises en place ces dix dernières années, rappelle le SFN dans ses explications, notamment les déversements de gravier et les crues artificielles réalisées dans le cadre de l’assainissement du charriage du barrage de Rossens.

Ces mesures ne ciblent pas uniquement le nase, mais profitent aussi à de nombreuses espèces de poissons, telles que la truite ou encore l’ombre. La découverte qui vient d’intervenir est considérée par le SFN comme «très encourageante pour la survie du nase et de son maintien dans la Sarine».

Indicateur de succès

Il s’agit d’un indicateur du succès des mesures appliquées, estime le service. Une étude réalisée dans les années 2010 dressait un constat préoccupant quant aux perspectives de survie de l’espèce, en mettant en évidence l’absence de frayères adaptées ainsi que plusieurs facteurs limitant son succès de reproduction.

Des observations ponctuelles de juvéniles survenues ces deux dernières années ont toutefois témoigné d’une évolution favorable. Michel Roggo travaille au projet «AQUA #2», dont l’exposition sera présentée au Musée d’histoire naturelle de Fribourg du 12 juin au 26 septembre 2027, dans le cadre du festival Photo-Fribourg.

swissinfo.ch

mardi 29 septembre 2026

Les primes explosent, pendant ce temps les patrons des caisses maladie empochent gros


Depuis des années, le Conseil national et le Conseil des Etats s’écharpent sur les rémunérations XXL des patrons de caisses maladie. Le Conseil national s'est d'ailleurs accordé ce mardi sur un plafonnement légal des salaires des dirigeants et sur de nouvelles règles de transparence. Malgré cela, leurs revenus devraient bien continuer d'augmenter. Blick vous explique pourquoi.

Trois dirigeants à un million

C’est Roman Sonderegger, PDG d’Helsana, qui a enregistré la plus forte hausse salariale: avec une augmentation d’environ 200'000 francs, il a frôlé la barre du million, avec un salaire de 996'029 francs. Et il est loin de faire figure d'exception: trois des dix plus grands assureurs du pays versent désormais un revenu à sept chiffres à leur CEO, comme le révèle une analyse des rapports de gestion menée par le magazine «Beobachter».

Partie fin 2025, l'ancienne patronne de CSS, Philomena Colatrella, a vu sa rémunération progresser une dernière fois pour atteindre 998'611 francs. Il s'agit du montant le plus élevé jamais versé à la tête d’une caisse maladie helvétique. De son côté, le directeur de Sanitas, Andreas Schönenberger, qui occupait la première marche du podium l’an dernier, glisse au troisième rang: son salaire a pourtant continué de croître pour s'établir à 982'506 francs.

Dès lors, comment justifier de tels montants, et en particulier une telle envolée de 200'000 francs en une seule année? Interrogé, le porte-parole d’Helsana Tobias Lux affirme que cette augmentation est «étroitement liée à l’évolution positive de l’entreprise». Le nombre d’assurés dans l’assurance de base aurait «nettement» augmenté, et le chiffre d’affaires des assurances complémentaires aurait progressé d’environ 100 millions pour atteindre 1,4 milliard de francs. Helsana verse, à tous les niveaux de son organisation, «des salaires attractifs, mais clairement conformes au marché».

Une hausse observée depuis dix ans

On observe depuis des années une hausse des salaires des dirigeants des caisses d’assurance maladie. En 2017, un seul PDG gagnait plus de 700'000 francs. Aujourd’hui, sept des dix plus grandes caisses d’assurance maladie dépassent ce seuil. C’est la PDG d’Atupri, Caroline Meli, qui perçoit le salaire le plus bas, avec 349'476 francs.

Le conseiller aux Etats neuchâtelois du PS, Baptiste Hurni, s’indigne année après année face à ces salaires élevés. Il juge intolérable que les primes de l’assurance de base contribuent à verser des salaires exorbitants. «La soif de profit est à l’origine de ces augmentations excessives. C’est aussi simple que cela.»

Les partis bourgeois partagent désormais cet avis. Pour fixer ce plafond, le National a choisi ce mardi de se baser sur les rémunérations les plus élevées de l'administration fédérale, écartant la proposition du Conseil fédéral qui s'alignait sur le salaire des conseillers fédéraux.

Mais le projet comporte une faille majeure: ce plafonnement ne viserait que la part de la rémunération issue de l'assurance obligatoire des soins. Le volet des assurances complémentaires, lui, échapperait totalement à cette limite. Il s'agit du seul compromis acceptable pour les élus bourgeois, qui avaient jusqu'ici balayé toute idée de plafond salarial au nom de la liberté économique. La gauche a d'ailleurs échoué, lors du vote de mardi, à faire interdire les caisses mixtes ou à introduire des sanctions pénales sanctionnant la violation des nouvelles règles.

Toute l'astuce de cette solution réside dans l'artifice comptable: les caisses doivent simplement ventiler les salaires dans leur rapport annuel. Si, sur le papier, 60% de la rétribution d'un dirigeant est rattachée aux assurances complémentaires, son revenu millionnaire restera intact. La part imputée à l'assurance de base s'élèvera alors à 400'000 francs – soit exactement sous la barre fixée par la future loi.

blick.ch