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jeudi 27 avril 2017

La « dream team » de M. Macron…


« Un sauveur nous est né, un fils nous est donné », chantonnent les chrétiens le soir de Noël, ce que confirme superbement Victor Hugo : « Lorsque l’enfant paraît, le cercle de famille applaudit à grands cris. Son doux regard qui brille fait briller tous les yeux, et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être, se dérident soudain à voir l’enfant paraître, innocent et joyeux. »

Joyeux, il l’est, monsieur Macron, et plus encore sa maman d’épouse, qui ne le quitte pas de la semelle et de la prunelle, comme pour l’empêcher de tomber. Innocent ? L’histoire des cinq prochaines années nous le dira. Pour l’heure, ce qui frappe, c’est la réussite hors normes d’un homme hors système. Enfin, hors système, pas vraiment ! Il suffit, pour s’en convaincre, de contempler la « dream team » de « Young Leaders » (avec Macron, il va falloir s’habituer aux anglicismes tous azimuts) qui l’a porté au pouvoir (car il est douteux que ceux qui ont abattu Fillon en plein vol loupent Marine).

Capitaine et avant-centre : Pierre Bergé, vieillard friqué de 87 ans et patron d’une presse macronolâtre ; dangereux.

Ailier, Jacques Attali, 73 ans, ex-directeur de la campagne présidentielle de Mitterrand en 1973, il y a 44 ans (Macron n’était pas né !).

Arrière droit, Gérard Collomb, 70 ans, franc-mac et politicien professionnel depuis 40 ans.
Arrière gauche, Robert Hue, 71 ans, le communiste en chef que Staline aurait pu faire sauter sur ses genoux.

Gardien de but, François Bayrou, un petit jeune de 66 ans, qui a loupé tout ce qu’il a entrepris et réussi tout ce qu’il n’a pas su faire.

Sur le banc de touche, Bertrand Delanoë, socialiste à plein temps depuis 47 ans.

Soigneur, Bernard Kouchner, 78 ans, militant permanent, médaillé de l’ordre des Porteurs de Sacs de Riz Axe Caméra.

Une « dream team », vous dis-je.

Que des petits nouveaux, que du sang neuf, que de la société civile, proclame-t-il. Croyez-le, puisqu’il l’affirme sur tous les plateaux de télévision, version « in » du Guignol d’antan.
Il est d’usage, dans de telles circonstances, de dire que « les Français se sont prononcés : il faut respecter le verdict des urnes ». Certes, certes… La droite est majoritaire dans le pays, tous les sociologues vous le diront et l’élu est une sorte d’OPNI, Objet politique non identifié, fabriqué par une poignée de vieux routiers de la politique gauchiste. Oui, le peuple s’est prononcé. La démocratie exemplaire a encore frappé : les Français ont lâché la proie (Fillon) pour l’ombre (Macron).

Le jeune homme, extatique, en lévitation, lumineux, croit en son étoile : c’est un quadra solaire. Il n’a pas encore réalisé qu’une longue file de gens, dont il est l’obligé, font la queue devant sa porte, sébile en main, pour toucher ces dividendes tant décriés par la plupart de ses soutiens. Faute de savoir exactement quoi faire, il a déclaré : « On se fout des programmes, ce qui importe, c’est la vision. » « Pas de bol », dirait son parrain, la « dream team », elle, n’a pas besoin de lunettes : elle sait exactement ce qu’elle veut, et Micro-Macron sera bien obligé d’en passer par là.

Affaire à suivre sur fond d’angoisse pour le pays.

Yannik Chauvin
Docteur en droit