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vendredi 1 juin 2018

Pourquoi la Russie est-elle toujours présentée comme l'ennemi ?



Il n’y a pas de jour qui passe sans qu’un événement ne survienne pour fournir un prétexte à la diabolisation de la Russie, tandis que la plupart des médias cherchent à tout prix à justifier l’immigration et à exonérer l’islam de toute culpabilité dans la genèse des attentats islamistes. La convergence de ces deux axes de l’information ne peut que susciter l’interrogation, voire la suspicion. Celle-ci devient une quasi-certitude lorsque s’y ajoute la véritable chasse à toute résistance identitaire nationale ou religieuse, dès lors qu’elle se développe en Occident. Dans ces trois cas, le déséquilibre est tellement visible qu’il soulève une exigence de compréhension.

Pourquoi la Russie est-elle présentée comme l’ennemi prioritaire ? Pourquoi, dans le même temps, le rôle néfaste de l’Arabie saoudite, du Qatar, du Koweït et de la Turquie est-il minimisé ?

L’annexion de la Crimée est présentée comme un crime, alors que l’histoire et la volonté des habitants la légitiment totalement. L’appui de la Russie au gouvernement légal de la Syrie en vue de lui permettre de rétablir sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire subit la critique parfois appuyée d’actions militaires dénuées de la moindre légitimité de la part des Occidentaux. La Turquie occupe plus d’un tiers de Chypre, une partie de la Syrie, les Américains interdisent à l’armée syrienne de passer l’Euphrate ou de s’approcher de la frontière jordanienne au mépris de la souveraineté de ce pays.

L’allié saoudien, dont on sait le peu de respect pour nos « droits de l’homme », et sa totale intolérance religieuse, a plongé son voisin yéménite dans le désastre humanitaire, mais l’Arabie est notre « amie »… C’est pourtant de sa pensée, le wahhabisme, et de son infinie richesse pétrolière qu’est venue la vraie menace qui pèse sur l’Europe, l’islamisme désormais « rechargé » au salafisme. Le danger se présente par quatre voies : d’abord, la démographie de l’immigration musulmane ; ensuite, la croissance d’une forme virulente de l’islam qui empêche l’assimilation et renforce un communautarisme sécessionniste chez les immigrés ; en troisième lieu, le terrorisme qui trouvera dans l’expansion de l’islam une extension des vocations et du terreau nourricier ; enfin, le risque militaire, soit par le biais d’États puissants, comme le Pakistan, soit par la multiplication des djihadistes.

Face à ces périls, l’aveuglement obstiné semble répondre à un mot d’ordre. « Daech » serait l’unique ennemi ! Non ! Ce n’est qu’une des têtes de l’hydre. En Syrie, seuls les Russes semblent l’avoir compris. Cette tête n’est d’ailleurs pas coupée, puisque les Occidentaux semblent plus attachés à s’en prendre aux Syriens et aux Russes qu’à éradiquer définitivement l’État islamique.

En Afghanistan, les cousins talibans reprennent progressivement le contrôle du pays, avec le soutien de « notre allié » pakistanais, ce pays où les chrétiens sont discriminés. Les attentats que subit l’Europe sont un des moyens d’intimidation. La signature importe peu. Avant l’État islamique, c’était Al-Qaïda, et après, le nom changera une fois encore. La peur agit : il est toujours facile de caricaturer un pape. Désormais, s’en prendre à Mahomet est suicidaire. Le refus de l’amalgame permet aux réseaux apparemment modérés de tirer profit du rejet moralisateur de « l’islamophobie ». Et c’est ainsi que les Frères musulmans prospèrent à l’ombre du pouvoir, en Turquie, au cœur de la guerre civile, en Syrie ou en Libye, et dans les mosquées et les écoles en France même.

La menace n’a pas du tout la même intensité aux États-Unis et en Europe. Pour l’Europe, elle est mortelle, en raison de la démographie et de la proximité géographique. Que les Américains poursuivent une politique égoïste qui vise à faire imploser l’Europe, à couper celle-ci de la Russie, cela peut se concevoir. Que l’Europe se laisse entraîner dans cette politique suicidaire relève d’une stupidité criminelle !

Christian Vanneste