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mardi 13 novembre 2018

Fouiller le natel du conjoint est une manie courante en Suisse


En couple, il est d'usage de partager son code de sécurité. (Photo: iStock/Milkos)


La confiance c’est bien; le contrôle c’est mieux! Cette maxime s’applique aussi à l’amour. Dans une enquête de l’institut de recherche Sotomo pour le compte de l’opérateur Sunrise, 28% des femmes de 15 à 30 ans avouent avoir déjà espionné le smartphone d’une autre personne. Une sur quatre indique avoir voulu y trouver des preuves d’infidélité de son partenaire. D’autres y cherchaient des textes intimes ou des images suggestives. Du côté des hommes, seulement 13% admettent avoir fait de même, et 9% avec le téléphone de leur compagne. La manœuvre semble relativement facile: 70% des 2611 sondés disent connaître le code d’accès à l’appareil de leur conjoint. Dans certains cas, les partenaires vont jusqu’à installer des mouchards sur le téléphone de l’autre, que ce soit pour le géolocaliser ou même pour suivre ses conversations.

Klaus Heer, un psychologue qui anime des consultations conjugales, n’est pas étonné. Selon son expérience, 95% des infidèles finissent par être trahis par leur smartphone. Le spécialiste ajoute que des soupçons ne se font jamais jour sans raison. «Un vague sentiment d’incertitude et la peur d’être trompé suffisent. Pour la plupart des êtres humains, la fidélité est plus importante que l’amour lui-même», analyse le praticien bernois. La démarche de partager son code de sécurité est presque obligatoire, d’après lui: «Si vous ne le faites pas, vous serez automatiquement soupçonné d’avoir quelque chose à cacher.»