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jeudi 1 novembre 2018

Ouverture des magasins jusqu’à 17 heures le samedi; le référendum est lancé !




Le Parti socialiste fribourgeois soutiendra le référendum contre l’ouverture des magasins jusqu’à 17 heures le samedi dans le canton de Fribourg.

Les délégués de la formation ont décidé mercredi soir de défendre le texte qui sera lancé ces prochains jours par les syndicats. Si la gauche obtient les 6'000 signatures nécessaires, c’est le peuple fribourgeois qui tranchera.

Le leurre des horaires d’ouverture des magasins

Les commerçants suisses sont parfois obsédés par le prolongement des horaires d’ouverture des magasins, imaginant que ce faisant ils pourront augmenter leur chiffre d’affaires et réaliser davantage de bénéfices. En fait, l’ouverture prolongée des magasins ne permet aucunement de relancer l’économie lorsque les salaires d’une partie importante des ménages ne sont pas suffisants pour arriver à la fin du mois sans devoir faire appel à l’aide sociale ou à des formes redoutables d’endettement.

Prolonger les horaires d’ouverture des magasins dans l’espoir de soutenir l’activité économique est une vue de l’esprit néo-libéral, qui ne considère que l’offre dans l’ensemble de l’économie – ignorant la demande sur le marché des produits. Il s’agit de la fameuse «loi de Say», du nom de l’économiste qui, au début du XIXème siècle, croyait que l’offre de biens et services induit une demande équivalente, permettant d’atteindre le niveau de plein-emploi par le «libre marché» au lieu de faire appel à l’intervention de l’État (que les économistes néo-libéraux considèrent comme dommageable pour l’activité économique).

Les politiques économiques qui agissent sur l’offre ne sont pas une spécificité française, même si Emmanuel Macron en a fait l’axe principal de son quinquennat. Désormais, toutes les économies occidentales sont imprégnées de ce type de politiques, qui néanmoins sont impuissantes à relancer le système économique qui se trouve en grave difficulté suite à la crise financière éclatée il y a dix ans sur le plan global.

Si les politiciens au gouvernement et les économistes qui les influencent avaient leurs deux yeux ouverts – l’un sur l’offre et l’autre sur la demande, comme Paul Samuelson exhortait à le faire –, ils verraient que les problèmes actuels de l’économie se trouvent surtout du côté de la demande sur le marché des produits. En effet, si le système économique est en grave difficulté, cela n’est pas parce que l’offre de biens et services est freinée par la bureaucratie de l’État ou par un nombre très élevé de lois qui engendrent des coûts insupportables pour bien des entreprises. Les problèmes économiques de l’époque contemporaine sont induits par l’insuffisance de la demande de biens et services, suite aux inégalités dans la répartition du revenu et de la richesse tant au sein des pays qu’au niveau international.

Il faut dès lors mettre en œuvre des politiques économiques qui agissent sur la demande sur le marché des produits, suite à une redistribution du revenu et de la richesse qui permette d’augmenter les dépenses de consommation des ménages en préservant l’environnement. L’augmentation de ces dépenses, en effet, induit les entreprises à investir pour augmenter la production de biens et services, engendrant ainsi de nouvelles places de travail et davantage de ressources fiscales. Ce cercle vertueux sera bénéfique aussi pour la cohésion sociale dont peut profiter l’ensemble de la collectivité. Il sera alors possible de prolonger les horaires d’ouverture des magasins, étant donné que l’ensemble des ménages disposera d’un pouvoir d’achat accru.

Sergio Rossi