Chu de che / Je suis d'ici / Sono di qui / Ich bin von hier ! Notre liberté ne nous a pas été donnée, mais combattue et priée par nos ancêtres plus d'une fois! Aujourd'hui, comme autrefois, notre existence en tant que peuple libre dépend du fait que nous nous battions pour cela chaque jour. Restez inébranlable et soyez un gardien de la patrie pour que nous puissions remettre une Suisse libre telle que nous la connaissions à la génération suivante. Nous n'avons qu'une seule patrie!

jeudi 26 mars 2026

Le squelette de D'Artagnan aurait été retrouvé

 

Un squelette qui pourrait être celui de D'Artagnan a été découvert dans une église de Maastricht aux Pays-Bas, ville dans laquelle le célèbre mousquetaire est décédé il y a plus de 350 ans, a rapporté mercredi un média local. Le squelette a été trouvé dans la nef d'une église contemporaine dont les racines remontent au moins au XIIIe siècle, lors de travaux de réparations liés à l'effondrement d'une partie du sol en février, a expliqué L1 nieuws, média de la province du Limbourg.

Charles de Batz de Castelmore, dit d'Artagnan, célèbre mousquetaire des rois Louis XIII et Louis XIV, originaire de Lupiac (Gers) a passé sa vie au service de la couronne de France. Ce gentilhomme gascon a inspiré au XIXe siècle à Alexandre Dumas son héros des Trois mousquetaires, célèbre aujourd'hui dans le monde entier grâce au roman et à de nombreuses adaptations cinématographiques. Durant le siège de Maastricht en 1673, le mousquetaire a été tué, vraisemblablement par balle de mousquet. Son lieu de repos est depuis resté un mystère.

ADN en cours d'analyse

Une pièce de monnaie française a été trouvée près du squelette à Maastricht, a indiqué le diacre Jos Valke, présent lors de la première fouille. «De plus, l'emplacement de la tombe indique qu'il s'agit d'une personne importante: le squelette se trouvait à l'endroit où trônait l'autel et seules des figures royales ou autres figures importantes étaient enterrées sous un autel à l'époque», a-t-il déclaré à L1 nieuws.

Le squelette a été retiré de l'église et se trouve à présent dans un institut archéologique à Deventer (est), a précisé le média. Un échantillon d'ADN a été prélevé sur le squelette le 13 mars et est en cours d'analyse dans un laboratoire à Munich.

ATS

mercredi 25 mars 2026

Arnaque: L'empire mensonger d'un médecin suisse révélé


Ethan* applique à sa manière le dicton «Fake it till you make it» (Fais semblant jusqu'à ce que tu y arrives). Ce médecin turco-suisse travaillerait à Dubaï sur une révolution de la médecine: un robot chirurgical autonome. Pour cela, il cherche des centaines de millions de dollars et promet des rendements élevés.

Blick a pu consulter ses présentations destinées aux investisseurs. Il y fait la promotion de noms connus: Siemens Healthineers, le fabricant allemand de robots Kuka ainsi que plusieurs chirurgiens suisses hautement décorés qui doivent entraîner le robot. Mais lorsqu'on les interroge, les entreprises et les chirurgiens déclarent n'avoir rien à voir avec Ethan et son projet, qui s'avère être monté de toutes pièces.

L'enquête révèle que ce n'est pas la première fois qu'Ethan survend ses capacités. En Suisse, il fait l'objet d'une enquête pénale pour plusieurs délits.

Changement de nom

En été 2024, Ethan quitte la Suisse. Il s'envole d'abord pour la Turquie, où il fait changer son prénom, puis s'en va aux Emirats arables unis. Il laisse derrière lui sa femme et ses deux jeunes enfants.

Il justifie son départ dans des podcasts Youtube par la bureaucratie du système de santé suisse. Les dossiers judiciaires que Blick s'est procurés dressent un tout autre tableau: l'homme de 39 ans ne trouve plus de travail en Suisse après que différents médias ont rapporté qu'il était dans le collimateur du ministère public zurichois.

Le cœur de l'enquête porte sur une fraude présumée liée au Covid-19. Ethan aurait facturé des milliers de tests Covid qui n'ont jamais été effectués, comme l'a rapporté le «SonntagsZeitung». Les enquêteurs estiment que le préjudice s'élève à environ 1,5 million de francs. La présomption d'innocence s'applique.

Procédure pénale ouverte

Le ministère public confirme avoir engagé une procédure pénale contre Ethan en 2022, «entre autres en lien avec le soupçon de facturation de tests Covid fictifs». Des documents montrent que les poursuites pénales enquêtent en outre sur une possible falsification de documents et sur l'obtention non autorisée de données.

L'affaire a été révélée par un lanceur d'alerte de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), comme l'indique une décision. De plus, de nombreuses personnes concernées se sont manifestées dans des commentaires en ligne, recevant de leur caisse maladie des décomptes pour des tests jamais effectués chez Ethan.

Une fermeture soudaine

Le médecin zurichois est confronté à une pression croissante, tant sur le plan juridique que professionnel. En avril 2024, il ferme brutalement son cabinet de médecine générale à Unterägeri (ZG), moins de quatre mois après l'avoir repris. Une note sur la porte informait ses clients d'une prétendue maladie ayant causé sa faillite. En réalité, Ethan n'a jamais déposé le bilan: sa Sàrl surendettée ne sera radiée d'office qu'en 2025. C'est l'une des raisons pour lesquelles des enquêtes sont en cours.

Dès mars 2024, il perd son autorisation d'exercer dans le canton de Zurich. Tous les autres cantons dans lesquels il était inscrit en tant que médecin – Berne, Thurgovie, Argovie et Zoug – suivent le mouvement. Les autorités ont refusé de commenter l'affaire. Cependant, des documents montrent que la radiation n'était pas uniquement fondée sur des poursuites pénales. Elle était également liée à des manquements organisationnels et professionnels.

Accumulation de mandats

Ainsi, Ethan employait des médecins sans qualification suffisante. Parallèlement, il a accumulé les mandats: en 2023, il était médecin responsable de dix autres sites en plus de son poste de chef de clinique dans un hôpital cantonal. Il était également Chief Medical Officer d'un groupe d'hôpitaux privés bernois. Parallèlement, il est apparu dans plusieurs salons de beauté en tant que médecin spécialiste.

Pour les autorités zurichoises, c'en était trop. Ethan n'était pas en mesure d'assumer son devoir de diligence en raison de ses nombreuses occupations, affirment-elles dans des lettres que Blick a pu consulter. Il lui est entre autres reproché d'avoir donné à plusieurs reprises de fausses informations. Il est fait explicitement mention de son activité pour des salons de beauté. Le service de santé zurichois lui reprochait de ne pas avoir respecté son devoir de diligence dans la surveillance des esthéticiennes.

Modèle commercial supplémentaire

Ethan avait apparemment trouvé dans les salons de beauté une source de revenus supplémentaire. Les esthéticiennes n'ont pas le droit de pratiquer des interventions telles que l'injection de Botox sans surveillance médicale. Ethan s'est donc proposé comme médecin-conseiller auprès des salons, comme le confirment les exploitantes de salons.

Un contrat type montre qu'il facturait 2000 francs par mois pour être mentionné comme médecin spécialiste. On ne sait pas s'il a effectivement effectué ou supervisé lui-même les interventions dans les salons de beauté.

Plusieurs salons dans lesquels Ethan a travaillé ont ensuite été fermés par la police, et une esthéticienne a été placée en détention provisoire. Le ministère public zurichois ne précise pas si Ethan fait également l'objet d'une enquête dans ces cas. Il confirme seulement que d'éventuels manquements en rapport avec des instituts de beauté font l'objet de l'enquête pénale en cours.

Faux diplôme de Harvard

Les affirmations d'Ethan et la réalité sont très éloignées. Plusieurs personnes qui l'ont rencontré en Suisse ou à Dubaï indiquent qu'il aimait se mettre en scène comme chirurgien et spécialiste du cœur. En réalité, Ethan est spécialiste en médecine interne. Le titre de professeur qu'il détient est un titre honorifique d'une université turque.

Sur son CV et les réseaux sociaux, il affirme avoir étudié à la Harvard Medical School et avoir obtenu, au choix, un master ou un doctorat en médecine. L'université le contredit clairement: il n'a jamais été inscrit comme étudiant ou employé par l'université d'élite de Boston.

Bien avant de s'installer à Dubaï, il s'est présenté en Suisse, en plus de ses activités médicales, comme conseiller en tourisme médical. Il prétendait collaborer avec l'hôpital universitaire de Zurich ou le groupe Hirslanden. Tous deux ont nié toute coopération.

Une réputation qui s'égrène

Ce schéma semble se poursuivre dans le Golfe persique. Un entrepreneur néerlandais l'a engagé comme consultant pour un projet sur la longévité. Dans son CV, Ethan affirme avoir réuni 250 millions de dollars pour ce projet. Selon l'entrepreneur, il n'aurait en revanche pas levé un seul dollar, raison pour laquelle il se serait séparé de lui.

Dans un podcast diffusé récemment, Ethan met en avant l'importance de la réputation pour réussir à Dubaï, mais le sienne se fissure de plus en plus, même aux Emirats arabes unis. Des partenaires commerciaux posent des questions sur son passé, y compris sur les enquêtes menées en Suisse. Dans des conversations en ligne, Ethan tente d'apaiser les tensions en affirmant que toutes les enquêtes pénales à son encontre ont été classées depuis longtemps.

Un retour en Suisse

Malgré cela, le médecin zurichois n'apparaît déjà plus dans les derniers documents destinés aux investisseurs de la start-up robotique – et ce bien qu'il soit fondateur de l'entreprise. «Pendant des années, il a tissé une toile de mensonges qui s'effondre aujourd'hui», déclare son ex-femme. Elle affirme ne pas avoir été au courant des agissements de son mari, car celui-ci s'occupait des finances familiales.

Lorsqu'Ethan a quitté le pays, nombre de ses arnaques ont été révélées. «Pour moi, ça a été un choc.» La mère de deux enfants a dénoncé son ex-mari à l'office cantonal des impôts pour fraude fiscale et a notamment porté plainte pour gestion déloyale.

Les ex-époux n'ont plus aucun contact. L'ex-femme a donc également été surprise lorsqu'Ethan est revenu en Suisse fin 2025 pour travailler à nouveau comme médecin. Le retrait de l'autorisation d'exercer ne signifie pas une interdiction absolue d'exercer. Ethan ne peut plus traiter des patients sous sa propre responsabilité professionnelle, mais peut le faire sous surveillance.

Déjà licencié

Il a été engagé par un cabinet médical mobile à domicile dans le canton de Berne. Le cabinet fait justement partie du groupe hospitalier bernois dans lequel Ethan travaillait en tant que médecin chef jusqu'à ce que l'enquête lui coûte son poste au printemps 2024.

Ce deuxième engagement n'a toutefois pas duré longtemps, car il a été reconnu par des proches dans un EMS, conduisant à de nombreuses critiques, comme l'a rapporté «20 Minuten». La direction de la maison de retraite a alors exigé un autre médecin.

Peu de temps après, Ethan aurait à nouveau perdu son emploi. Interrogé à ce sujet, le chef du cabinet médical ne s'exprime pas. Selon plusieurs sources, Ethan a entre-temps quitté la Suisse, à nouveau en direction du Moyen-Orient.

Blick a confronté le médecin à toutes les accusations portées contre lui, mais il a refusé de commenter. L'homme qui vend de grandes promesses reste redevable de réponses concrètes.

*Nom modifié

 Lino Schaeren

blick.ch

lundi 23 mars 2026

La Suisse rend des trésors pillés du Bénin

 

La Suisse s’apprête à restituer au Nigeria 28 bronzes issus de l’ancien Royaume du Bénin, pillés lors de l’expédition britannique de 1897. Cette décision, fondée sur un travail inédit de recherche de provenance, marque une avancée significative dans les politiques de restitution et la reconnaissance des violences coloniales.

La décision marque un tournant discret mais significatif dans la gestion du patrimoine africain conservé en Europe. Trois musées suisses ont acté la restitution prochaine de 28 objets en bronze issus de l’ancien Royaume du Bénin, aujourd’hui situé dans le sud du Nigeria. Ces pièces, pillées lors de l’expédition punitive britannique de 1897, seront soit physiquement rapatriées vers Abuja, soit juridiquement restituées tout en restant exposées en Suisse sous forme de prêts de longue durée.

Cette double modalité illustre une évolution des pratiques muséales. Elle traduit une volonté de concilier restitution patrimoniale et continuité de l’accès public aux œuvres, tout en reconnaissant explicitement leur origine et les conditions violentes de leur acquisition.

Les objets concernés – défense royale sculptée, cloche d’autel ornée d’un léopard, pendentifs en cuivre et autres artefacts – témoignent de la richesse artistique et symbolique du Royaume du Bénin. Ils avaient été saisis lors d’une opération militaire britannique qui s’était soldée par la destruction de la capitale du royaume et le pillage systématique du palais royal. Par la suite, ces œuvres ont été dispersées sur le marché de l’art européen, intégrant collections privées et institutions muséales.

Longtemps, leur présence en Europe a été considérée comme acquise. Mais depuis plusieurs années, les débats sur la restitution des biens culturels spoliés ont profondément évolué, portés par des revendications politiques, académiques et éthiques.

La restitution annoncée repose sur un travail méthodique de recherche de provenance, mené dans le cadre d’un projet réunissant huit institutions suisses sous la coordination du Musée Rietberg, en collaboration avec des partenaires nigérians.

Ce travail d’enquête visait à retracer l’origine des objets, leur trajectoire depuis leur création jusqu’à leur entrée dans les collections suisses, et à déterminer dans quelles conditions ils avaient été acquis. Ce type de recherche, longtemps marginal dans les musées ethnographiques, est désormais au cœur des politiques de restitution.

Au total, 96 objets issus du Royaume du Bénin ont été identifiés dans les collections des institutions participantes. Parmi eux, plusieurs pièces conservées notamment au Musée d’ethnographie de Genève (MEG), au Musée Rietberg et au Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich ont été formellement ou très probablement liées au pillage de 1897.

Sur les neuf objets conservés au MEG, trois ont ainsi été jugés suffisamment documentés pour justifier une restitution. Les autres institutions ont suivi la même logique, en s’appuyant sur des critères de preuve similaires.

Les directrices des musées concernés ont souligné dans un communiqué commun leur responsabilité éthique. Elles ont affirmé leur volonté de participer à la préservation et à la transmission de la mémoire nigériane, tout en engageant un dialogue avec les communautés d’origine. Cette prise de position s’inscrit dans un mouvement plus large de relecture critique des collections européennes.

Parmi les œuvres emblématiques concernées figure la défense d’autel Aken’ni Elao. Sculptée vers 1735, cette défense d’éléphant richement ornée était destinée à un autel royal du palais du Bénin. Elle était associée au culte des ancêtres royaux, où les objets sacrés servaient à honorer les souverains défunts.

L’analyse stylistique et historique attribue cette pièce à la guilde Igbesanmwan, un groupe d’artisans spécialisés travaillant exclusivement pour l’Oba, le roi du Bénin. Transmise de génération en génération jusqu’au règne d’Oba Ovonramwen, dernier souverain avant l’expédition britannique, elle constitue un témoignage rare de la continuité des traditions artistiques du royaume.

Autre objet notable, un masque de ceinture en alliage cuivreux, réalisé selon la technique de la cire perdue. Porté par des initiés de haut rang au sein du palais royal, cet ornement symbolisait le statut et l’autorité. Comme de nombreuses pièces issues du pillage de 1897, il a été rapidement mis sur le marché de l’art à Londres, avant de circuler en Europe et d’intégrer une collection suisse.

Des objets utilisés dans des rituels

La cloche d’autel Eroro illustre également la dimension symbolique de ces objets. De forme quadrangulaire et décorée de bas-reliefs représentant des figures du royaume et un léopard – symbole du pouvoir royal – elle était utilisée dans des contextes rituels. Les recherches ont établi qu’elle datait d’avant 1897, ce qui renforce la probabilité de son acquisition dans le contexte du pillage.

Ces objets ne relevaient pas de la production artistique ordinaire. Dans le Royaume du Bénin, les artisans spécialisés travaillaient sous l’autorité directe du roi. Les bronzes, souvent offerts à des dignitaires ou utilisés dans des rituels, participaient à la structuration du pouvoir et à la transmission de la mémoire royale.

La restitution de ces pièces ne constitue donc pas seulement un transfert matériel. Elle engage une dimension symbolique forte, liée à la reconnaissance des violences coloniales et à la réappropriation d’un patrimoine historique.

Cette démarche s’inscrit dans un contexte international marqué par une multiplication des restitutions. Plusieurs pays européens, dont la France, ont récemment engagé des processus similaires. Le Sénat français a ainsi adopté une loi visant à faciliter le retour d’œuvres acquises dans des conditions contestées pendant la période coloniale.

Le cas du Bénin est souvent cité comme pionnier dans ce domaine. Il a été l’un des premiers pays à obtenir des restitutions significatives de la part d’anciennes puissances coloniales. Cette dynamique contribue à redéfinir les relations culturelles entre l’Europe et l’Afrique, en introduisant des logiques de coopération et de reconnaissance mutuelle.

Au-delà des enjeux juridiques et diplomatiques, ces restitutions interrogent la fonction même des musées. Elles posent la question de la légitimité des collections constituées dans des contextes de domination, et de la manière dont ces institutions peuvent évoluer pour intégrer ces héritages.

En choisissant de restituer ces bronzes, tout en maintenant certains objets en prêt, la Suisse adopte une approche pragmatique. Elle reconnaît la propriété des œuvres par le Nigeria tout en préservant leur visibilité dans les espaces muséaux européens.

Ce modèle hybride pourrait préfigurer les formes futures de circulation du patrimoine. Il repose sur un équilibre entre restitution, coopération scientifique et partage culturel.

Dans ce cadre, la restitution des bronzes du Bénin apparaît comme une étape structurante. Elle ne clôt pas le débat, mais elle en redéfinit les termes, en inscrivant la question patrimoniale dans une perspective de responsabilité historique et de dialogue international.

Patricia Bechard

mondafrique.com

dimanche 22 mars 2026

Le nouveau système tarifaire profite aux médecins escrocs


L'introduction des forfaits ambulatoires en début d'année devait simplifier la facturation. Six mois plus tard, le constat est amer: le système favoriserait des «incitations perverses», poussant certains praticiens à privilégier la rentabilité au détriment du bien-être des assurés.

Pour David Haerry, représentant des patients, la dérive est flagrante. En ligne de mire: le nouveau mode de tarification où chaque acte ambulatoire est remboursé via un forfait journalier fixe. Un mécanisme qui, s'il vise à maîtriser les coûts, encourage paradoxalement certains acteurs du réseau de soins à maximiser leurs marges. Quitte à multiplier les rendez-vous ou à choisir des traitements moins adaptés.

Le profit avant le bien-être des patients?

L'exemple de la sclérose en plaques (SEP) est édifiant. Une étude récente révèle que si seulement la moitié des patients changeaient de traitement pour passer à l'auto-administration à domicile, l'économie annuelle s'élèverait à 16 millions de francs. Compte tenu de l’augmentation constante des coûts de santé, ce n’est pas une somme négligeable.

Pourtant, la résistance du corps médical est forte. Le passage au «stylo injecteur» permet au patient de gagner en autonomie, mais il prive le cabinet médical ou l'hôpital des revenus liés aux perfusions réalisées sur place. «La plupart des patients souhaitent être aussi autonomes que possible», rappelle David Haerry. Mais entre l'intérêt du malade et l'amortissement des infrastructures, le choix des établissements semble parfois dicté par le porte-monnaie.

Le Conseil fédéral doit examiner la question de près

Face à ce que beaucoup considèrent comme la partie émergée de l'iceberg, le monde politique s'empare du dossier. La conseillère nationale Vroni Thalmann (UDC/LU) réclame que le Conseil fédéral examine sérieusement le potentiel des thérapies à domicile en oncologie, neurologie ou rhumatologie (les domaines les plus coûteux), par rapport aux traitements hospitaliers ou en cabinet médical. Et ce, afin de préparer une loi en conséquence. Elle souligne qu'il convient de réduire les incitations perverses du système de santé pour mieux prendre en compte les besoins des patients.

Le Conseil fédéral a déjà reconnu l'existence d'un potentiel d'économies important dans certains cas particuliers. Parallèlement, la ministre de la Santé, Elisabeth Baume-Schneider, étudie des pistes pour économiser environ 300 millions de francs par an dans le système de santé.

Examens doublés et méthodes archaïques

Les témoignages de dysfonctionnements s'accumulent. Sarah Wyss, conseillère nationale (PS/BS), rapporte des cas aberrants en oncologie: des patients convoqués à deux dates différentes pour des examens qui se faisaient autrefois en une journée. «Cela signifie qu'ils sont facturés deux fois, explique l'élue avant de trancher: ce n'est pas le but.»

Plus grave encore, certains choix médicaux seraient influencés par la marge bénéficiaire du forfait. C’est le cas de l’ablation de polypes utérins: l'ancienne méthode (le grattage), bien que risquée pour la fertilité, est parfois préférée car elle coûte moins cher au prestataire que les techniques modernes, laissant ainsi une part plus importante du forfait dans la poche du médecin.

Les méthodes plus récentes sont beaucoup plus douces, mais plus onéreuses. «La nouvelle méthode serait dans le meilleur intérêt du patient», regrette Sarah Wyss. «Pourtant, l’ancienne méthode est parfois utilisée car elle est moins coûteuse, ce qui permet de conserver une plus grande partie du versement forfaitaire.»

La déontologie comme unique garde-fou

La ministre de la Santé Elisabeth Baume-Schneider a admis les failles du système, tout en rappelant que les médecins ont l'obligation légale de limiter leurs prestations à ce qui est dans l'intérêt des assurés et nécessaire pour le but du traitement. 

«Pour les prestations dépassant ce cadre, le remboursement peut être refusé ou faire l’objet d’un recours», a-t-elle précisé. Les partenaires tarifaires peuvent également corriger les erreurs du système tarifaire chaque année. Face aux rendez-vous multiples des patients, les assureurs ont donc commencé à tenir des listes et à sensibiliser les médecins.

La ministre de la Santé a dû admettre au Parlement qu'il était extrêmement difficile d'identifier les médecins qui ne respectaient pas les directives. «En réalité, nous nous fions à la déontologie des médecins.» Si cela s'avérait insuffisant, les honoraires forfaitaires pourraient être adaptés.

La confiance c'est bien, le contrôle c'est mieux

«Apparemment, l'argument éthique ne convainc pas tout le monde», estime la politicienne de la santé Sarah Wyss, exigeant des ajustements immédiats entre les partenaires tarifaires. Les assureurs sont tenus de contrôler les prestataires de services, mais admettent en privé que cela ne vaut pas toujours la peine pour de si faibles montants.

«J’attends des assureurs santé qu’ils enquêtent sur ces dysfonctionnements structurels: c’est leur rôle», souligne-t-elle. «Sinon, ce comportement contraire à l’éthique et préjudiciable sera récompensé.» Si les assureurs ne font pas leur travail, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) devra intervenir. Pour l'élue bâloise, le message doit être ferme: «Le système de santé est au service des patients, pas du profit.»

 Daniel Ballmer

blick.ch

La Fnac s’installe à Avry Centre

 

Un magasin Fnac ouvrira à Avry Centre. L’aménagement de la surface commerciale a été mis à l’enquête ce vendredi dans la Feuille Officielle du canton de Fribourg. Selon Radio Fribourg, l’enseigne s’implantera dans les anciens locaux de Décathlon, qui a pris ses quartiers dans une autre surface du centre.

Ce point de vente renforce la présence de Fnac à Fribourg. Il s’ajoute à ceux de Fribourg Centre et Manor, déjà présents dans la capitale cantonale.

Victoria Martin

laliberte.ch

vendredi 20 mars 2026

Les étrangers vont devoir payer une taxe pour traverser la Suisse

 

Les véhicules étrangers qui veulent traverser la Suisse vont devoir payer une «taxe de transit». La motion du conseiller aux États Marco Chiesa (UDC/TI) a été approuvée par le Parlement. Après le Conseil des États, c'est le Conseil national qui a validé sa proposition jeudi. Et plutôt deux fois qu'une: 173 voix favorables, 13 contre et trois abstentions. Le Conseil fédéral va donc devoir élaborer un projet de loi.

L'élu tessinois souhaite, grâce à cette taxe, réduire les embouteillages aux heures de pointe sur le réseau autoroutier du pays. En 2024, la Confédération avait recensé 55'000 heures de bouchons sur les routes nationales. Cette mesure doit inciter les véhicules à circuler à certains moments plutôt qu'à d'autres. Le montant à payer varierait en fonction de la densité du trafic, de l’heure et du jour de la semaine, selon la proposition de Marco Chiesa.

Les partisans de cette mesure avancent qu'elle est conforme aux engagements internationaux de la Suisse, y compris envers l'UE. «L'accord sur la libre circulation des personnes régit le droit d'entrée, de séjour et d'activité lucrative, mais pas le simple transit», explique Marco Chiesa.

D'après les calculs du conseiller national Simon Stadler (Centre/UR), grand partisan du «oui», cette taxe pourrait rapporter gros à la Confédération. «Avec un prix de 21 francs par trajet, nous pourrions encaisser plus de 110 millions de francs», estime le politicien uranais.

Des problèmes de mise en œuvre

Le ministre des Transports Albert Rösti était opposé à cette nouvelle motion. Selon lui, sa mise en œuvre va entraîner «une série d'obstacles administratifs considérables». Une taxation des voitures qui traversent la Suisse va, de fait, exiger «la surveillance de tous les postes-frontières en Suisse», a-t-il prévenu. Même s'ils sont tous équipés de caméras, cela sera complexe et coûteux.

Le Conseil fédéral voit aussi des difficultés à définir comment différencier un transit d'un séjour. La motion vise en effet les automobilistes qui n'effectuent pas de séjour «significatif» en Suisse. «La question du caractère significatif d'un séjour pourra difficilement être tranchée de manière claire et précise pour toutes les liaisons de transit imaginables», souligne Albert Rösti.

Mais ces arguments n'ont pas convaincu le Parlement. Le conseiller fédéral doit désormais proposer un projet de loi afin de mettre en œuvre cette mesure. Et trouver des réponses aux interrogations qu'il posait.

Christof Vuille

20min.ch

lundi 16 mars 2026

Record de la plus grande dégustation de chocolat

 

Le record a été battu dans un événement organisé par Villars
Photo: KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT


Le record du monde de la plus grande dégustation simultanée de chocolat a été battu dimanche à Fribourg. A l'occasion des 125 ans de Villars Maître Chocolatier, 977 personnes ont été réunies pour cette performance, a constaté un photographe de Keystone-ATS.

L’événement affichait complet depuis plusieurs semaines. L'entreprise avait choisi de marquer son anniversaire en réunissant les personnes «qui font vivre la marque au quotidien, à savoir ses consommateurs, ses partenaires et ses collaborateurs», avait-elle expliqué.

48 kilos de chocolat

L'ancien record avait été réalisé par le Pérou en 2018 avec 797 participants. La nouvelle marque doit encore être officiellement homologuée par le «Guinness World Records». Pour que le record puisse être validé, chaque étape a dû suivre un protocole strict imposé par le «Guinness World Records». La présence d’huissiers officiels et de témoins accrédités a été requise.

Le record a impliqué aussi un comptage rigoureux des participants, une distribution simultanée de portions identiques de chocolat, une séquence de dégustation synchronisée et une captation vidéo intégrale servant de preuve. Lors de cette dégustation simultanée, 48 kilos de chocolat ont été mangés. Les convives ont aussi pu goûter plusieurs chocolats de la nouvelle gamme anniversaire.

ATS