Quitter le nid familial n’a pas l’air d’être dans le vent auprès des étudiants… Mais pourquoi les grands ados de nos jours ne souhaitent-ils pas avoir leur petite vie?
«De mon temps, on t’aurait mis un bon coup de pied aux fesses pour que tu trouves un boulot et que tu ramènes des sous!» Ah oui papi, je sais, mais de mon temps à moi, la société n’a aucun problème à voir des adolescents de 25 ans continuer à aller à l’école cartable au dos en profitant du douillet foyer parental. Alors, à quoi bon se presser?
Eh oui, c’est une réalité: nous avons beau frôler la trentaine, nous continuons à vous coller aux baskets et transformons gentiment en poussière votre rêve de couple quinqua globe-trotteur avant l’arrivée des rhumatismes. Certains d’entre vous regrettent peut-être même de nous avoir tant encouragés à faire des études et une carrière depuis notre entrée en scolarité. La carrière, elle attend toujours. Les études par contre…
«Je veux faire médecin! Ah non, en fait ce n’est pas pour moi; je vais faire psychologie!… Quoi que la psycho, ça refrène mon côté artistique… Papa, maman, vous me payez une école d’art?» Et c’est ainsi, après trois ans à sauter d’une branche universitaire à l’autre sans choix concret, que certains d’entre nous déclenchent la ruine familiale. Mais pourquoi donc? Trop de choix et trop peu de nécessité de vite trouver son indépendance?
Avant, on passait d’innocence à responsabilité en un claquement de doigts et sans états d’âme. De nos jours, il ne faut surtout pas nous brusquer, nous pauvres petits adultes en devenir à la psychologie instable, au risque de causer des dégâts irréparables pour notre futur équilibre. Nous voulons être sûrs d’avoir trouvé LE métier, celui qui fera de chaque réveil un matin «Bisounours» où «tout le monde il est content de travailler», et tant pis si ça prend dix ans et toutes les économies parentales.
Devenir adulte, pour nous étudiants éternels, ce n’est donc pas supertendance en ce moment… Maintenant, il faut devenir «bien dans ses pompes» et «développé personnellement». Alors évidemment, comme trouver un métier n’est plus que synonyme de faire rentrer la cagnotte pour poser un repas chaud sur la table, eh bien on prend son temps pour choisir sa route. Mais au final, avouons-le: n’êtes-vous pas au moins aussi heureux que nous de prolonger la vie de famille quelques années de plus…?
OCYNA RUDMANN