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mardi 8 janvier 2019

Guillaume Richoz a photographié la Dent de Lys durant six ans


Les séquences s'enchaînent au fil des saisons. © Guillaume Richoz



Guillaume Richoz, photographe amateur de 34 ans, a passé des dizaines d'heures à immortaliser la Dent de Lys depuis 2012. A la clé, une «timelapse» de cinq minutes qui rencontre un joli succès sur les réseaux sociaux.

La gestation du «bébé» de Guillaume Richoz aura été particulièrement longue. Il a fallu six ans à cet habitant de Châtel-Saint-Denis pour accoucher de son projet ultime: une «timelapse» de cinq minutes immortalisant la Dent de Lys sous tous les angles et au fil des saisons.

«Une timelapse est une succession de clichés capturés à courts intervalles, puis assemblés pour imiter une vidéo. Par exemple 200 photos prises toutes les dix secondes», explique l'ingénieur en mécanique.

C'est après avoir découvert cette technique de prise de vues sur internet que ce photographe passionné depuis 2008 - lorsqu'il a cassé son appareil traditionnel et craqué pour un réflex - s'est mis en tête de réaliser sa propre timelapse, à l'aide de son fidèle Nikon D3S et d'un chariot motorisé «pour rajouter du mouvement».

Plusieurs montées à 2000 mètres

Guillaume Richoz n'a pas ménagé ses efforts: la vidéo de cinq minutes compile 44 séquences, pour lesquelles le Veveysan a grimpé à 18 reprises les flancs de la Dent de Lys, pour au minimum quatre heures à chaque fois et en y dormant parfois. «Avec deux trépieds, une tente, plusieurs objectifs et un rail en acier d'un mètre, crapahuter cette montagne est un gros effort même pour un sportif comme moi», rigole le mordu de VTT et de marche. «Mais le pire fut le montage. Avec les limites de mon ordinateur, j'y ai passé plus d'heures qu'au sommet!»

D'où vient ce culte pour ce sommet de 2014 mètres? «Il y a la proximité géographique et émotionnelle. Mais la Dent de Lys représente surtout la nature intacte: pas de télécabine ni de trace humaine», apprécie le trentenaire, qui s'est marié en septembre dernier. «Avec en plus un job à 100%, cela laisse peu de place à la photographie!»

Car s'il a exposé en 2017 et qu'il réalise de plus en plus d'impressions, Guillaume Richoz n'a pour objectif que de financer une partie de son onéreux matériel. Le succès naissant de sa vidéo (6000 vues en moins de 24 heures sur Facebook) ne risque pas de griser le photographe amateur qu'il est: «Tout est loin d'être parfait au niveau technique, mais j'espère que vous apprécierez mon travail», glisse-t-il en toute modestie sur Facebook.


La vidéo