De Rechthalten (Dirlaret) & Sankt Ursen (St-Ours), Canton de Fribourg (en Nuitonie), Suisse
lundi 4 février 2019
Sans crier gare, les CFF restreignent les dégriffés
Des voyageurs se sont étonnés de ne plus trouver autant de billets dégriffés disponibles pour certains trajets, depuis le début de l'année, par rapport aux mois précédents. Leur impression a été confirmée à demi mot par les CFF, qui ne veulent pas parler d'une diminution de l'offre en 2019, mais plutôt d'une année 2018 exceptionnelle.
«L'an dernier, un nombre particulièrement élevé de billets dégriffés ont pu être proposés. L'offre a été augmentée sur la base d'un accord avec le surveillant des prix et les CFF ont partagé leur bon résultat financier du second semestre avec leurs clients», remarque Ottavia Masserini, porte-parole des CFF.
«Contingents plus restrictifs»
Sur les réseaux sociaux, les CFF ont pourtant répondu sans ambiguïté à des internautes que l'accord avec Monsieur Prix avait expiré et que «les contingents de billets proposés sont à nouveau plus restrictifs». Ottavia Masserini rappelle pour sa part que l'offre est toujours supérieure à la demande pour ces sésames soldés.
L'Association Transport Environnement (ATE) a soupçonné cette baisse de l'offre. «Les billets dégriffés sont issus d'un accord avec Monsieur Prix pour contrebalancer l'augmentation des tarifs. Tant que celle-ci se poursuit, on ne peut pas trouver acceptable que l'offre de dégriffés diminue», estime David Raedler, président de la section Vaud de l'ATE.
L'association a demandé lundi aux CFF, en vertu de la loi sur la transparence, l'accès à toutes les données statistiques entourant le nombre de ces billets proposés et vendus sur certains axes lors des dernières années, ainsi que pour 2019. Le but: vérifier si leur volume a effectivement diminué et si toutes les régions du pays sont touchées dans des proportions égales.
Rabais de plus en plus faibles?
«Selon les évolutions de l'offre, nous allons saisir à nouveau Monsieur Prix et exercer une pression maximale sur les CFF pour que le nombre des dégriffés ne diminue pas car ils répondent à une vraie demande», promet David Raedler.
C'est aussi le pourcentage de réduction sur le prix de base qui semble en prendre un coup. Sur Facebook, la compagnie ferroviaire a d'abord répondu, vendredi dernier, que des rabais jusqu'à 70% sont toujours disponibles. Lundi matin, la même réponse sur Twitter articulait des chiffres allant de 10 à 20% seulement. Quelques heures plus tard, Ottavia Masserini rappelait que «les principes des billets dégriffés resteront inchangés cette année: des rabais allant jusqu'à 70 % continueront d'être offerts, tous les billets dégriffés seront mis en vente 60 jours avant le départ et ceux qui réservent tôt voyagent moins cher.»
Volume adapté pendant l'année
En automne dernier, les CFF avaient annoncé que les billets dégriffés pourraient bénéficier de la baisse du prix de l'électricité par CFF Energie. La promesse n'a-t-elle donc pas été tenue? Les CFF expliquent en fait que le nombre de tickets au rabais proposés est adapté plusieurs fois par année. Cette baisse de coût influencera la décision des CFF, tout comme les résultats financiers qui seront connus dans le courant du mois de mars. «Nous examinons donc la possibilité d'une augmentation temporaire en 2019», explique Ottavia Masserini. «La baisse du prix de l'électricité doit en tous les cas être répercutée soit par une baisse des tarifs, soit par une augmentation des billets dégriffés», estime quant à lui David Raedler.
Les bagages des clients CFF roulent... en voiture
Des voyageurs utilisent parfois le service porte-à-porte proposé par les CFF pour transporter leurs bagages encombrants. Et peuvent penser en toute légitimié que le gros du transport se fera en train. C'est loin d'être le cas, selon le 19h30 de la RTS dimanche soir.
En effet, la RTS a fait transporter une paire de ski ainsi qu'une valise de Zurich à Engelberg (OW), une station de ski bien desservie par le rail. Mais les deux bagages ont été acheminés entièrement par la route. Un exemple loin d'être rare puisque que plusieurs cas similaires ont été rapportés en Suisse alémanique et au Tessin.
Interrogés, les CFF ne dévoilent pas quels critères sont pris en compte pour déterminer le mode d'acheminement d'une valise. Ils précisent toutefois que 50% des bagages confiés au service porte-à-porte prennent bel et bien le train. Le porte-parole des CFF, Reto Schärli, lui, évoque même que 70% des kilomètres parcourus par un bagage se font encore par rail. Selon lui, en comparaison européenne, ce taux serait très élevé.
La RTS rappelle que les trains disposent de moins en moins de wagons à bagages. En outre, de nombreuses gares ne sont plus équipées pour le chargement de valises et autres objets encombrants.
Faire son shopping sur le Net et payer cash à la gare
La carte de crédit comme moyen de paiement universel est loin de faire l’unanimité. Certains n’y ont pas accès, alors que d’autres renâclent à laisser des traces numériques de leurs transactions. Forte de ce constat, une start-up allemande propose d’utiliser les distributeurs de billets des CFF pour régler ses courses en liquide, relate la «SonntagsZeitung».
Active en Allemagne, Cash Payment Solutions débarque en Suisse. Après avoir passé commande sur le Net, les clients reçoivent un code-barres par mail ou par SMS. Ils peuvent ensuite le retranscrire et payer en espèces auprès des quelque 1500 distributeurs de billets des CFF qui sont d’ores et déjà équipés. Les usagers ne peuvent pas dépenser plus de 1500 francs par jour.
En Allemagne, la société s’est associée avec des poids lourds de la consommation tels qu’Amazon ou les supermarchés Rewe. En Suisse, Cash Payment Solutions est en discussion avec des détaillants et distributeurs en ligne, explique Jürg Sigrist, porte-parole de la société en Suisse. Si l’entreprise ne donne aucune info sur le volume des transactions, elle mise sur les clients avides de discrétion, estime Ralf Beyeler de moneyland.ch.
Pour les CFF, le partenariat est doublement gagnant. Non seulement le transporteur touche une commission à chaque paiement, mais il rentabilise aussi des machines toujours moins utilisées.
