De Rechthalten (Dirlaret) & Sankt Ursen (St-Ours), Canton de Fribourg (en Nuitonie), Suisse
mercredi 6 février 2019
Un élu se trompe de bouton et change l’issue du vote pour les frais de déplacement
Mardi, lors d’un vote au Grand Conseil, le socialiste Armand Jaquier s’est trompé de bouton. Une maladresse qui a définitivement condamné une motion proposant de plafonner à 15’000 francs les déductions fiscales pour frais de déplacement.
En effet, chose rare, le combat autour de cette proposition a débouché sur une égalité parfaite: 49 voix partout. D’un côté, toute la gauche et une partie du PDC et du PLR. De l’autre, l’UDC et le reste de la droite. Dans pareil cas, c’est le président du Parlement, en l’occurrence le démocrate du centre Roland Mesot, qui doit trancher. Et ce dernier, sans surprise, a choisi de jeter l’idée aux oubliettes.
Sans la mégarde d’Armand Jaquier, Fribourg serait devenu le douzième canton suisse à imposer un plafond aux automobilistes. Et les rentrées fiscales des collectivités publiques auraient gonflé de 1,4 million de francs par an. «J’ai été inattentif», admet le syndicaliste romontois. Il ajoute: «Et je vais m’en mordre les doigts pendant longtemps».
A une petite voix près, celle du président Roland Mesot (udc), le Grand Conseil a refusé mardi après-midi de plafonner à 15’000 francs les déductions fiscales pour frais de déplacement.
L’idée émanait du libéral-radical Jacques Morand (Bulle) et du socialiste Thierry Steiert (Fribourg). «Le but recherché n’est pas de remplir les caisses publiques. Mais de corriger la situation actuelle, qui incite les habitants de notre canton à utiliser leur voiture plutôt que les transports publics», assure ce dernier. Mais la proposition faite par les syndics des deux plus grandes villes du canton n’a guère séduit en campagne. «La problématique n’est pas la même à Fribourg ou à Bulle que dans les régions périphériques. L’offre en transports publics n’y est pas la même», s’agace le libéral-radical Romain Collaud (Massonnens).
Pour Eric Collomb (pdc, Lully), président de la section fribourgeoise du Touring club Suisse (TCS), il s’agit même d’un «impôt déguisé que l’on veut faire avaler à la classe moyenne». «La transition énergétique doit passer par l’incitation plutôt que par la sanction», ajoute le démocrate du centre Jean-Daniel Chardonnens (Fétigny). Au moment du vote, la motion a suscité une égalité parfaite: 49 voix de chaque côté, et 1 abstention. C’est donc le nouveau président du Parlement, le démocrate du centre Roland Mesot (Châtel-St-Denis), qui a fait pencher la balance vers le refus.
