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dimanche 15 mars 2026

Qui perd et qui gagne de l'argent avec la guerre en Iran?

 

En général, les perdants sont plus nombreux que les gagnants dans une guerre. A cet égard, les indices boursiers ne mentent pas: depuis le début des frappes israélo-américaines le 28 février contre l'Iran, le Swiss Market Index, l'indice des grandes entreprises suisses cotées, perd 8%. D'une part, les entreprises sont généralement en mauvaise posture avec la flambée des prix de l'énergie, et d'autre part, des établissements implantés au Moyen-Orient, dont les banques, pourraient être pris pour cible. 


Gains spéculatifs sur les matières premières

La volatilité des prix du pétrole et du gaz n'avait plus été aussi forte depuis la guerre en Ukraine. Avec les frappes contre l'Iran, le baril de Brent, qui était encore autour des 70 dollars en février, a frôlé les 120 dollars dans les premiers jours, avant de redescendre sous la barre des 100 dollars. Cette volatilité a offert des occasions de gains élevés aux spéculateurs. Parmi les hedge funds, ou fonds spéculatifs, certains se spécialisent dans les paris sur la volatilité, et engrangent des profits sur l'instabilité des matières premières, selon l'agence Bloomberg

Exemples: entre le 1er et le 6 mars, le fonds de matières premières géré par le trader londonien Doug King, de RCMA Capital, s'est envolé de 9,5%. Sur l'année, il gagne 20% grâce à des paris sur le pétrole, le gaz européen, les métaux de base, le charbon ou encore l'agriculture.

Le fonds du trader Ron Ozer, de Statar Capital en Floride, a gagné 6,25% la première semaine du conflit, grâce à ses paris sur le gaz naturel. De son côté, le fonds Saber Capital de la banque britannique Barclays, orienté sur l'énergie, a gagné 6,7% aussi la première semaine. D'autres ont gagné grâce à des paris haussiers sur l'or, l'argent, le cuivre, l'étain. Les commentateurs du marché anticipent que les gains vont perdurer car la volatilité des matières premières n'est pas près de se calmer.


Superprofits pour les compagnies pétrolières

«Un baril à 100 dollars, c’est le jackpot», lance un commentateur au journal Le Monde, s'agissant des gains attendus cette année pour TotalEnergies. Et en effet, tout comme lors de la guerre en Ukraine, les compagnies pétrolières comme le géant français ou le britannique BP s'apprêtent à bénéficier grandement des prix élevés du pétrole. 

Avec la hausse du prix du baril, la marge de rentabilité de ces groupes augmente. Mais aussi leur marge dans le raffinage, qui suit les prix du diesel et du kérosène.

TotalEnergies et BP sont aussi des géants du gaz, qui a lui aussi flambé. Le cours de l'action TotalEnergies est en hausse de 28% cette année en Bourse, et celui de BP de 22%. Les cours d'Exxon, Chevron et Shell augmentent également et enrichissent les portefeuilles des investisseurs qui ont misé sur ces titres dès le départ. 


Gains sur l'armement

Sinistre constat, comme à chaque guerre: les titres de l'armement sont parmi les grands gagnants. L'entreprise israélienne d'armement, Elbit Systems, dont l'action avait gagné deux fois plus, en 2,5 ans de guerre à Gaza, que sur les 5 années précédentes, prend encore 20% depuis le début des frappes contre l'Iran.


Aux Etats-Unis, Lockheed Martin, fabricant des F-35, est en hausse de 30% depuis janvier. L'envolée précède le début du conflit en Iran mais se poursuit depuis. Northrop Grumman, connu pour ses systèmes de défense antimissiles, gagne 26% cette année. 

Sur le Vieux Continent, le groupe italien Leonardo gagne 27%, Dassault en France s'envole de 25%. En revanche, le grand gagnant de la guerre en Ukraine, l'Allemand Rheinmetall, dont la valeur boursière était passée de 4,5 à 104 milliards de dollars entre octobre 2021 et octobre 2025, ne profite pas, cette fois, du conflit extra-continental. 

Cryptos perçues comme refuge

Le bitcoin est l'un des gagnants de la guerre en Iran: après une longue tendance baissière, qui l'avait vu perdre 50% sur un an, la principale cryptomonnaie a pu inverser la tendance depuis le début des frappes israélo-américaines, et gagner 18%. 

Ethereum, l'autre grande cryptomonnaie, bénéficie aussi de la guerre: après une chute depuis janvier, le voilà qui rebondit de 22% depuis le début des frappes. 

Un rôle de valeur refuge que la communauté crypto a toujours promu. «La crise iranienne n’a pas créé la thèse du Bitcoin comme valeur refuge, mais elle en offre le test réel le plus clair dans le cycle actuel.», a souligné James Butterfill, sur le site de CoinShares.

En outre, d'importants volumes de fonds en cryptomonnaies auraient été transférés depuis des plateformes iraniennes comme Nobitex, pour aller se réfugier ailleurs dans le monde, dès les premiers instants du conflit, le samedi 28 février, selon Reuters. Le gouvernement iranien ne peut pas contrôler les cryptoactifs au même titre que l'argent classique, ce qui permet une fuite de capitaux sécurisée, même si les volumes – de quelques millions de dollars – sont restés modestes. 

Le consommateur, grand perdant

Les consommateurs suisses et européens risquent d’être les grands perdants du retour de l’inflation qui fera suite aux frappes contre l’Iran. Déjà, les prix de l'essence n'ont pas attendu pour grimper en Suisse, affichant une hausse de 10 à 20 centimes par litre.

Dès lors, le coût de la vie pourrait s'en ressentir. Avec un carburant plus cher, le transport se renchérit, et avec lui les produits alimentaires et les biens courants en général. Les factures d’électricité et de chauffage pourraient grimper, de même que le prix des courses alimentaires.

Elément rassurant, «l’inflation suisse fait face à des forces opposées, modère Nadia Gharbi, économiste senior chez Pictet Wealth Management: une pression à la hausse due à la hausse des prix de l’énergie, et une pression à la baisse liée à l’appréciation du franc suisse». L'économiste de Pictet anticipe que l'inflation ne dépassera pas 0,8% d’ici fin 2028.

Entreprises plombées par l'énergie

Nombre d'entreprises sensibles à la hausse des prix de l’énergie sont pénalisées, estime Arthur Jurus, chef stratège chez Oddo BHF (Switzerland). En Europe en particulier, les entreprises sont davantage dépendantes des importations d’énergie. 

Parmi les grandes perdantes, citons les compagnies aériennes: pour des groupes comme Lufthansa (propriétaire de Swiss), ou Air France-KLM, le carburant représente souvent 20–35% des coûts à lui seul. Le prix du carburant est aussi crucial pour des entreprises de transport maritime comme le géant genevois MSC, présidé par le milliardaire Diego Aponte. 

Les entreprises industrielles suisses, comme Holcim (qui perd 20% depuis le début du conflit), et les secteurs fortement consommateurs d’énergie, comme les groupes de chimie helvétiques (Clariant, DSM-Firmenich, Sika, Lonza), sont aussi très exposés à la hausse des coûts énergétiques.


Traders perdants sur l'inflation

Les traders n'ont pas tous été gagnants. Certains étaient du mauvais côté des paris, notamment ceux qui misaient sur une baisse de l'inflation qui devait se matérialiser cette année. 

Ces derniers ont été pris de court par la guerre en Iran. Parmi eux, des vedettes de l'univers des hedge funds comme les fonds américains Citadel et Millenium, qui ont perdu de l'argent pour le compte de leurs investisseurs pour n'avoir pas anticipé le retour de l'inflation. De même, le fonds d'investissement américain Pimco, dont le fonds Commodity Alpha n'a pas fait les bons paris sur le carburant d'aviation, a enregistré de grosses pertes ce mois-ci. 

Myret Zaki

blick.ch