Chu de che / Je suis d'ici / Sono di qui / Ich bin von hier ! Champions Tour Fribourg Gottéron: Samedi 12 septembre 2026 : Cathédrale Saint-Nicolas, 15h30-19h Notre liberté ne nous a pas été donnée, mais combattue et priée par nos ancêtres plus d'une fois! Aujourd'hui, comme autrefois, notre existence en tant que peuple libre dépend du fait que nous nous battions pour cela chaque jour. Restez inébranlable et soyez un gardien de la patrie pour que nous puissions remettre une Suisse libre telle que nous la connaissions à la génération suivante. Nous n'avons qu'une seule patrie!

lundi 31 août 2026

Manger local est un luxe inabordable pour beaucoup de monde


Ce matin, je suis de bonne humeur. J’ai envie de me faire un petit plaisir coupable. Je sais, ce n’est pas raisonnable, mais allez, on n’a qu’une vie. Alors je passe au supermarché et je craque pour une folie: du raisin. Miam, le bon chasselas vaudois. À 7 fr. 95 le kilo, je le savoure comme un chocolat gourmet. Juste à côté, les grappes blanches sans pépins, moitié moins chères, me font de l’œil – mais je résiste car elles viennent d’Espagne. L’alimentation suisse est en passe de devenir un produit de luxe.

La qualité a un prix, certes. Je suis d’accord de payer plus pour des produits bios, de qualité, fabriqués dans le respect des standards helvétiques – soit dit en passant, ma grappe de chasselas n’était pas biologique. Mais si je consomme des fruits de saison, qui ont poussé à quelques dizaines de kilomètres de chez moi, ils ne devraient logiquement pas coûter plus cher que ceux venus d’Espagne, de France ou d’Italie. Or, c’est loin d’être le cas.

Moins d’inflation sur les produits importés

Dans les rayons de nos supermarchés, les produits à bas prix sont souvent ceux venus de l’étranger. Les derniers chiffres de l’Office fédéral de la statistique (OFS) le confirment, en particulier la courbe des produits importés et celle des produits indigènes. Les prix des produits importés sont volatils, mais la tendance est claire: ils baissent. D’abord parce que ces producteurs sont gigantesques et peuvent réduire leurs coûts de production, mais aussi grâce à l’appréciation du franc: par un effet de change mécanique, les Suisses achètent moins cher les fameux raisins venus d’Espagne. Et cela, la crise des matières premières n’y a rien changé.

De l’autre côté, les produits suisses, eux, affichent des prix en hausse régulière. Légère, mais constante. En cause, les niveaux des salaires, les exigences environnementales, mais aussi le manque de concurrence dans la distribution, soupçonnée de gonfler ses marges. Le surveillant des prix travaille en ce moment sur ce thème, indique son dernier rapport annuel.

Le prix des produits fabriqués en Suisse ne cesse d’augmenter

Évolution des prix des produits indigènes et des produits importés en Suisse, entre janvier 2024 et juillet 2026. Indice 100 = décembre 2025


Bilan: le système économique suisse récompense financièrement le consommateur qui achète des légumes venus d’Espagne et pénalise celui qui veut simplement remplir son cabas chez le maraîcher de la région. C’est un non-sens économique mais surtout écologique, quand on sait que ces légumes et fruits venus du sud de l’Europe, souvent traités aux pesticides, sont acheminés par camion et polluent notre environnement.

Facture salée

Le canton de Vaud est le deuxième canton agricole de Suisse et un fleuron de la viticulture et du maraîchage (Gros-de-Vaud, La Côte, Nord vaudois). Quel dommage que les habitants de ces régions ne puissent pas s’offrir davantage des produits de leur propre cru! Car en caisse, la facture est salée, surtout pour les familles nombreuses. Je défie quiconque de nourrir sainement quatre personnes avec un budget raisonnable de moins de 250 francs par semaine et des aliments frais 100% suisses.

Les hard-discounters l'ont bien compris et veulent attirer la classe moyenne, pour qui la Coop ou la Migros sont des enseignes devenues trop chères. Et la tendance ne risque pas de s’inverser de sitôt: la sécheresse de cet été a fortement pesé sur les cultures suisses, notamment sur les patates; les agriculteurs préviennent déjà que les prix vont grimper cet hiver. Y a-t-il des pommes de terre, dans les giga-fermes d’Andalousie?

Marie Maurisse

24heures.ch