Chu de che / Je suis d'ici / Sono di qui / Ich bin von hier ! Notre liberté ne nous a pas été donnée, mais combattue et priée par nos ancêtres plus d'une fois! Aujourd'hui, comme autrefois, notre existence en tant que peuple libre dépend du fait que nous nous battions pour cela chaque jour. Restez inébranlable et soyez un gardien de la patrie pour que nous puissions remettre une Suisse libre telle que nous la connaissions à la génération suivante. Nous n'avons qu'une seule patrie!

mardi 27 janvier 2026

Le lobby valaisan des assurances s'est toujours opposé à une assurance cantonale des bâtiments


Le secteur privé des assurances valaisan blêmit: la perspective d'une compagnie cantonale d'assurance construction est à l'ordre du jour au Grand Conseil. Un débat houleux sur la question semble inévitable après l'effondrement de Blatten au printemps 2025 et l'incendie du «Constellation» à Crans-Montana le soir du Nouvel An.

Pour les assureurs privés, l'instauration d'une telle assurance ferait disparaître un marché considérable. A l’heure actuelle, les bâtiments du canton sont couverts par des compagnies privées, même si cette assurance n'est pas obligatoire. En mars prochain, le parlement cantonal examinera une motion chargeant le gouvernement d'étudier deux questions clés: rendre l'assurance des bâtiments obligatoire et envisager la création d'une assurance immobilière cantonale.

Modeler la politique

Une proposition qui fait déjà trembler le lobby valaisan des assurances, avec des primes qui atteignent plusieurs centaines de millions à l'heure actuelle. Elles restent aussi très lucrative pour les employés du secteur, qui touchent chaque année des commissions de 20 à 25% sur les nouveaux clients.

Par conséquent, le secteur est très inquiet de l'idée même de la création d'une compagnie d'assurance cantonale. Initialement, la proposition avait été signée par quatre députés du parlement valaisan. Trois d’entre eux ont déjà retiré leur signature, notamment en raison de leurs inquiétudes concernant le secteur des assurances.

Le lobby des assurances cherche sans nul doute à influencer la politique valaisanne. Blick a interrogé une douzaine d'anciens et d'actuels membres du Grand Conseil. Les représentants des partis NEO et du Centre, qui ont souhaité rester anonymes, confirment avoir été sollicités par des assureurs au moins une fois, parfois via de nombreux appels et contacts directs.

Il n'en reste plus qu'une

Seule Silvia Eyer, députée cantonale socialiste et initiatrice de la motion, a maintenu sa signature. Les assureurs n'avaient visiblement aucun espoir de la dissuader de soutenir l'initiative. 

«Une compagnie d'assurance cantonale investit beaucoup plus dans la prévention, et les primes sont plus basses car elle n'est pas axée sur le profit», explique Silvia Eyer à Blick. Dans le canton de Bâle-Ville par exemple, près de 30% des primes nettes sont consacrées à la prévention.

Marie-Claude Schöpfer-Pfaffen, du parti NEO, a, elle, retiré son soutien. «J'ai en effet été contactée par des représentants du secteur privé des assurances. Cependant, j'ai retiré ma signature en raison de ma fonction de présidente du parti. Les positions au sein du groupe parlementaire étant très divisées», a-t-elle déclaré.

Du point de vue de la députée, le débat parlementaire actuel dépasse largement la simple question de la nécessité d'une assurance cantonale des bâtiments. «Le parlement valaisan doit désormais prendre l'initiative. Il s'agit de questions telles que l'interaction entre le canton et les communes, la formation, les responsabilités, les inspections et les lacunes juridiques. Tous ces aspects doivent être abordés sérieusement.»

Plusieurs tentatives ratées

A l'heure actuelle, 19 cantons suisses disposent d'une assurance cantonale des bâtiments. A Zurich, une valeur assurée de 800’000 francs coûte environ 230 francs par an. A Berne, un peu plus de 400 francs. Ces écarts s'expliquent par la variété des couvertures offertes et par les risques spécifiques, comme les incendies liés aux constructions en bois ou aux bâtiments modernes à haute performance énergétique.

Selon certains responsables politiques, un modèle cantonal pourrait permettre de réduire les primes d'environ 30%. Mais seule une analyse plus approfondie permettra de répondre à la question de savoir si, et dans quelle mesure, une assurance construction cantonale serait moins coûteuse pour les propriétaires immobiliers valaisans. 

Le secteur privé des assurances devrait, sans surprise, s'opposer fermement à cette proposition, comme il l'a déjà fait par le passé. En effet, des propositions similaires avaient été largement rejetées par le parlement valaisan en 1997, 2003 et 2015. Deux anciens députés cantonaux se souviennent comment, en 1997, les agents d'assurance avaient applaudi, depuis la tribune même du Grand Conseil, le rejet d'une de ces propositions. Ce nouveau projet risque lui aussi de rencontrer de nombreux obstacles sur sa route.

Des débats houleux en perspective

Contactée, l'Association suisse des assureurs (ASA) a indiqué que les assureurs privés ne peuvent pas faire office d’autorités de délivrance de licences ou de réglementation. «Par conséquent, la responsabilité de la non-application des réglementations incombe aux cantons, aux communes ou aux autres entités mandatées par le canton», a précisé un porte-parole. 

Le secteur a déjà contribué aux discussions. S'il le souhaite, il mettra plus facilement son expertise à disposition, «par exemple en prenant l'initiative de constituer un vivier d'experts pour les cantons et les municipalités en matière de sécurité incendie».

L'ASA a également commenté la question des primes: une simple comparaison entre les cantons est insuffisante. «Pour une comparaison pertinente, il faut tenir compte des différents risques. Celui de catastrophe naturelle dans le canton du Valais, par exemple, diffère sensiblement de celui du canton de Zurich.» Les parlementaires valaisans doivent, à nouveau, se préparer à de longs débats face au lobby des assurances.

 Martin Schmidt

blick.ch

lundi 26 janvier 2026

Quand l'administration Trump montre son ignorance

 

Maison Blanche sur X. Une photo générée par l’intelligence artificielle, 
publiée par la Maison blanche le vendredi 23 janvier 2026
Une image qui fait plus penser au Joker pingouin de Superman

Une immense gaffe géographique. La Maison Blanche a publié ce vendredi 23 janvier une nouvelle image générée par l’IA pour justifier son appétit pour le Groenland. On y voit Donald Trump marchant dans la neige, donnant la main à un manchot, tous deux avançant vers un drapeau groenlandais, sous la légende « Embrace the penguin » (« Adopte le manchot », manchot et pingouin se disant tous les deux « penguin » en anglais).

Le souci ? Les manchots qui ont l’habitude de marcher sur la banquise contrairement aux pingouins – n’habitent tout simplement pas au Groenland ni même dans l’Arctique : ces oiseaux, qui ne peuvent pas voler, sont originaires de l’hémisphère sud, principalement autour de l’Antarctique et des îles subantarctiques. Au Groenland, ce sont les ours polaires qui règnent sur la banquise.

Ignorant ces remarques, la Maison Blanche a répondu quelques heures plus tard : « Le pingouin ne se soucie pas de l’opinion de ceux qui ne peuvent pas comprendre. » 😂😂😂

Egger Ph.

vendredi 23 janvier 2026

Fribourg va replanter la dernière bouture du tilleul historique de la bataille de Morat

 

Le nouvel arbre prendra ses quartiers à la place du parking pour deux-roues qui sera déplacé
Ville de Fribourg



La Ville de Fribourg va pouvoir replanter la dernière bouture du tilleul de Morat, un arbre planté au 15e siècle, devenu historique et légendaire. L'action est rendue possible grâce à un don du Jardin botanique de l’Université de Fribourg.

Une nouvelle place sera créée dans le quartier du Bourg, où le tilleul nouveau prendra racine, ont indiqué les autorités communales. Il trônera bientôt à la rue du même nom. Le projet est mis à l’enquête ce vendredi dans la Feuille officielle, précise le communiqué.

Endommagé par un véhicule en 1983

L’année 2026 marque le 550e anniversaire de la bataille de Morat (1476). Dans ce cadre, le Jardin botanique de l’Université a offert à la Ville de Fribourg la dernière bouture du tilleul historique. Ce dernier avait été planté au 15e siècle dans le quartier du Bourg, à proximité de l'Hôtel cantonal.

Associé par la légende à la victoire des Confédérés face aux troupes de Charles le Téméraire, l'arbre avait été endommagé en 1983 par un véhicule, puis abattu. Grâce à un plant conservé par le Jardin botanique, un premier tilleul avait pu être installé en 1984 sur la place de l’Hôtel-de-Ville.

Une expo en vue

L'arbre se trouve à côté de la fontaine de Saint-Georges, où il trône encore. Quant à l’emplacement choisi pour accueillir la dernière bouture existante, il se situe à la jonction de la route et de la rue des Alpes, à une centaine de mètres de l’emplacement originel, décrit la Ville de Fribourg.

Le projet veut valoriser l’espace public en créant un nouveau lieu de détente végétalisé. Les travaux devraient durer un mois. La plantation de l’arbre se fera dès que les conditions météorologiques le permettront. D’autres événements, dont une exposition en plein air, seront organisés au cours de l’année.

ATS

Davos, carrefour de l'élite mondiale… et des escortes de luxe

 

Pendant la semaine du Forum économique mondial (WEF), chefs d'Etat, PDG et milliardaires convergent vers la ville de Davos, dans les Grisons. Parallèlement, un secteur d'activité bien particulier connaît un essor considérable durant cette semaine de janvier: le travail du sexe.

De nombreuses plateformes et agences offrant ce type de services se préparent activement pour le WEF. Ces dernières années, l'offre s’est largement tournée vers le numérique.

Des escortes venues de toute l'Europe

«La publicité en ligne s'est imposée comme le principal canal, les mesures de sécurité mises en place à Davos rendant presque impossibles les rencontres spontanées ou les visites improvisées dans les bars d'hôtel», explique la plateforme érotique Myladies.ch à Blick, interrogée à ce sujet.

De nombreuses femmes font ainsi la promotion de leurs services à l'aide de mots-clés comme «sexe à Davos». «Elles savent très bien que la forte visibilité associée à ces termes durant cette semaine se traduit par des revenus particulièrement élevés», poursuit la plateforme.

Une rapide recherche sur internet montre que des agences d'escortes de toute l'Europe proposent actuellement leurs services dans le canton des Grisons. Par exemple, une recherche Google avec les mots-clés «Comment réserver une escorte au WEF» renvoie vers des dizaines de résultats. La plupart sont en anglais et beaucoup incluent même des recommandations d'hôtels. Les établissements de luxe de Davos, tels que le Grandhotel Belvédère, l'AlpenGold Hotel et l'Hotel Flüela Davos, sont fréquemment cités.

Certaines réservent leurs hôtels chaque année

Le Forum économique mondial de Davos représente une formidable opportunité pour les travailleuses du sexe du monde entier, écrit l'agence d'escortes Luxus Escort Girls. «La concurrence est trois fois plus forte; les femmes viennent de toute l'Europe, de Russie et d'Amérique latine. Nombre d'entre elles réservent leurs hôtels et appartements privés bien à l'avance chaque année.»

«Le service le plus demandé est le massage érotique avec 'happy end' (une stimulation sexuelle menant généralement à l'orgasme)», indique-t-on chez Luxus Escort Girls. En deuxième position, on trouve les services d'escortes pour les soirées privées, avec danse et alcool. Mais il arrive que l'agence refuse certaines demandes des participants du WEF. «Si les hommes sont impolis ou exigent à l'avance des services spécifiques que la jeune femme ne propose pas, leur demande est tout bonnement refusée.»

Les clients types du Forum économique mondial sont des hommes d'affaires, des gardes du corps, des DJ ou des organisateurs âgés de 30 à 60 ans. Les demandes en ligne passent généralement par des intermédiaires tels que des hôtels, des assistants, des taxis ou même des services de sécurité. «Ces clients appellent rarement directement.»

«Réservée» pour plusieurs jours

La situation est toutefois différente chez Lia Models, une autre agence d'escortes. «Nous traitons toujours directement avec ces messieurs», déclare un porte-parole. Ces derniers seraient majoritairement issus des milieux d'affaires et politiques – et jouissant d'une certaine notoriété. La plupart sont originaires de Suisse ou d'Allemagne et ont entre 45 et 60 ans.

Les prestations d'escortes au WEF sont souvent réservées pour plusieurs jours. Cette année, l'agence Lia Models a fait appel à deux de ses escortes: Tessa (une vingtaine d'années), originaire de Hambourg, et Maya (une trentaine d'années), originaire d'Heidelberg. «Tessa a été réservée pour trois jours et Maya pour toute la semaine du WEF», précise le porte-parole.

Une énorme pression sur les femmes

L'apparence, la communication et l'assurance des escortes sont les points les plus scrutés par les clients du Forum économique mondial. Lors d'une prestation d'escorte de plusieurs jours, le client choisit les tenues de son escorte et définit même son programme quotidien. 

La pression qui pèse sur ces femmes est particulièrement élevée au WEF. «La dame est présentée à de nombreuses personnes et doit s'adapter à des situations sociales très différentes, souvent avec un homme qu'elle ne connaît que depuis peu de temps», poursuit le porte-parole de Lia Models. Selon lui, cela exige une grande capacité de concentration ainsi que d'excellentes aptitudes sociales. A l'inverse, lors d'un rendez-vous classique avec une escorte, la femme et le client sont généralement seuls.

Des prix de plusieurs milliers de francs

L'agence ne majore pas ses tarifs pendant le WEF. Trois jours avec Tessa coûtent 6300 euros, hors frais de déplacement. Pour Maya, le client débourse plus de 12'000 euros. 

D'autres prestataires reconnaissent une flambée des prix de leurs services d'escortes ces derniers jours. Des tarifs deux à trois fois supérieurs aux prix habituels sont «tout à fait normaux» pendant la semaine du Forum économique mondial, selon la plateforme Myladies.ch.

«On peut y gagner plus d'argent que pendant tous les autres mois réunis», explique-t-on chez Luxus Escort Girls. C'est pourquoi le WEF est l'événement le plus important de l'année pour de nombreuses travailleuses du sexe.

Karin Frautschi

blick.ch

Trump insulte la Suisse, l'UDC se mure dans le silence

 

«La Suisse ne serait rien sans les Etats-Unis», «La Première ministre suisse m’a tapé sur les nerfs», «Elle était si agressive»: mercredi 21 janvier, lors du World Economic Forum (WEF), Donald Trump n’a pas retenu ses coups. Devant un parterre international, il ne s'est pas gêné de tacler la Suisse et d'humilier publiquement la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter – la «Première ministre» dont il parlait, imitant même son ton au passage et ne se souvenant plus de son nom. Une attaque frontale contre la Suisse, qui n’a pas manqué de faire réagir.

Tandis que des figures politiques comme Ignazio Cassis ou Carlo Sommaruga dénonçaient un discours «inacceptable» et «méprisant» tout en restant prudents, un silence a particulièrement retenu l’attention: celui de l’Union démocratique du centre (UDC). Premier parti du pays, chantre de la souveraineté nationale, mais aussi terrain fertile pour les sympathisants de Trump, l’UDC semble marcher sur des œufs. Blick a contacté différents élus pour connaître leurs position.

«Un minimum de fierté»

Le premier à sortir du rang est Mauro Poggia, conseiller aux Etats genevois du MCG, allié de l’UDC à Berne. Sur les réseaux sociaux, il dénonce un président «goujat» venu «insulter» la Suisse sur son propre territoire. Contacté par Blick, le politicien chevronné enfonce le clou: «C’est la brutalité et la grossièreté habituelles. Trump digne de lui-même.» Il se dit choqué que des Conseillers fédéraux, dont Karin Keller-Sutter, soient allés saluer tout sourire le dirigeant américain à la fin de son discours. «Je n'y serais pas allé», tranche-t-il.

Pour Mauro Poggia, la Suisse doit défendre son honneur: «Nous ne sommes pas à la botte des Etats-Unis. Il y a un minimum de fierté.» Il ne nie pas les risques économiques, notamment les droits de douane déjà imposés à 39% par Trump. Mais le Genevois refuse que la Suisse sacrifie ses valeurs au nom du commerce: «Jusqu'où sommes-nous prêts à aller dans la servilité pour protéger notre économie? Si certains ne veulent plus venir en Suisse parce qu’on ne leur offre pas un régime douanier sur mesure, alors ils ne partagent pas nos valeurs.»

Le Conseiller aux Etats genevois appelle à une forme de résistance, avec d'autres petits pays partageant les mêmes valeurs. Il insiste: la Suisse s’est construite sur sa tradition humanitaire et sur le multilatéralisme. Laisser Trump exprimer son mépris pour ces valeurs, sans réaction, selon lui, revient à trahir cette identité. «Ce genre d’individu n’a ni alliés ni amis», tonne-t-il.

Le silence en faveur de l'économie

Côté UDC, la ligne est plus pragmatique. Céline Amaudruz, vice-présidente du parti, joue la carte de la prudence, priorisant la stabilité du secteur économique: «Notre priorité est de conclure un accord commercial.» A la question de savoir si Trump est allé trop loin, la Conseillère nationale genevoise élude: «En tant qu'élue, le ressenti personnel n'a pas la moindre importance dans cette situation. Ce qui compte, c’est de composer avec lui, qu’on soit d’accord ou pas.»

Même ligne chez Marcel Dettling, président de l’UDC, qui prône le silence stratégique: «Il faut moins parler et plus travailler. Guy Parmelin a tout dit.» Et justement, le président de la Confédération est resté silencieux sur les attaques de Trump, préférant s’en tenir à la neutralité suisse et aux intérêts commerciaux du pays.

Marcel Dettling, lui, avait implicitement soutenu Donald Trump lors des dernières élections américaines, estimant que la Suisse s’en était historiquement mieux sortie sous les Républicains que sous les Démocrates. Mais après des droits de douane à 39% et les critiques au WEF, le conseiller national schwytzois semble plus réservé: «Trump a fait ce qu'il a dit», lâche-t-il à Blick sobrement. Et justement à propos du discours du dirigeant américain à Davos: «Ce n'était pas très gentil. Mais Trump est rarement gentil. Nous les Suisses, sommes plus diplomates», admet-il du bout des lèvres.

«C'est excessif», mais...

De son côté, Jérôme Desmeules, ouvertement sympathisant de Trump et député UDC au Grand Conseil valaisan, nous confie ne pas cautionner les propos du républicain, avouant que c'était «excessif», mais pas étonnant: «Disons que Trump n'a jamais été connu pour mâcher ses mots et cacher ce qu'il pense», lâche-t-il, ajoutant que cette manière de procéder semble porter ses fruits pour le dirigeant américain. «Je comprends sa rhétorique et sa volonté de tirer son épingle du jeu.» 

Selon lui, la faute revient notamment à la diplomatie suisse, plus particulièrement celle de la «malhabile» Karin Keller-Sutter: «Quand on discute avec le président des Etats-Unis, on évite de faire la leçon. La Suisse est certe un de leur partenaire, mais pas le plus gros», explique-t-il en faisant référence à l'appel téléphonique qui a mis le feu au poudre. Pour lui, les autorités suisses auraient dû être davantage dans la séduction avec Donald Trump.

Pour Jérome Desmeules, la priorité est claire: il est nécessaire de diversifier les partenaires commerciaux face à un Donald Trump aux humeurs et menaces changeantes. Un constat partagé par Céline Amaudruz et Marcel Dettling.

Entre loyauté et embarras

L’épisode met en lumière les tensions internes au sein de l’UDC. Entre fidélité à une certaine idée de la Suisse indépendante, fière et non alignée, et pragmatisme économique face à une superpuissance imprévisible, la ligne est floue. A défaut de condamnation ou d’adhésion totale, le parti souverainiste semble préférer la courbe d'exportation et le silence à l'image du pays.

Depuis quelques années, les souverainistes et la droite conservatrice suisse, dont beaucoup s'identifient à l’Union démocratique du centre (UDC), étaient en joie: de l'autre côté de l'Atlantique, Donald Trump venait incarner tout ce qu’ils aimaient. Ce garçon avait tout pour lui: Il défendait les intérêts de son pays, s'attaquait sans peur ni regret à l’immigration de masse aux Etats-Unis, épinglait le wokisme et le gauchisme devenus selon eux la plaie européenne du siècle. Dans une sortie peu habituelle pour un conseiller fédéral, l'UDC Albert Rösti avait même avoué, fin 2024, sa préférence pour le candidat Trump face à Harris, juste avant l'élection américaine, tout comme le président de l'UDC Marcel Dettling.

Premier coup, le conflit douanier

«Il nous faudrait le même en Suisse!», aimaient répéter nos conservateurs sur les fils de commentaires en ligne. Lorsqu'on s'avisait de critiquer leur idole, les adeptes de Trump nous tombaient dessus à bras raccourcis, rappelant tout de suite que l'ennemi et repoussoir ultime n'était certainement pas l'Amérique de Trump, mais l'Union européenne (UE). Leur adhésion était forte, mais peu surprenante, et l'influence des idées de Trump filtrait dans certaines positions de l’UDC, comme l'idée de se retirer d’accords internationaux. 

Mais voilà. Les choses ont commencé à se compliquer, quand le président américain s'est mis à menacer les intérêts de la Suisse très directement, lui infligeant l’épisode douloureux des droits de douane cet été.

Là, les contradictions ont commencé à se révéler au grand jour. Car même face à une menace aussi directe, on entendait encore des Helvètes souverainistes défendre Trump bec et ongles. Après tout, il ne faisait que défendre son pays, argumentaient-ils. Qui peut l'en blâmer? N'est-ce pas ce qu’on attend d’un bon souverainiste?

Quel souverainisme suisse défend les intérêts américains?

Déjà à ce moment-là, on pouvait s’interroger sur cette version très curieuse du patriotisme helvétique, qui consiste à excuser si complaisamment la défense agressive des intérêts américains aux dépens des intérêts suisses. La position devenait difficilement tenable, pour l’UDC et les trumpistes de tous bords. 

Aujourd’hui, la tension est encore montée de plusieurs crans. La position des souverainistes et conservateurs, au patriotisme à géométrie variable, devient plus difficile à justifier depuis ce mercredi 21 janvier. A Davos, devant un parterre d’élus fédéraux venus l’écouter, dont le président de la Confédération Guy Parmelin (UDC), Donald Trump n’a pas hésité à médire longuement sur la Suisse. 

Sur le sol de ce pays hôte qui l’accueillait avec tous les honneurs, il a poussé l'outrage jusqu'à déballer longuement comment, en imposant les droits de douane, il a réalisé que la Suisse vivait aux crochets du marché américain, et dépendait de ce dernier pour sa prospérité, qui doit tout à l'Amérique. «They're only good because of us», a-t-il cru bon de dire à propos de la Suisse lors de son allocution à Davos. 

Mépris affiché sur sol helvétique

Et, se moquant pour la énième fois de Karin Keller-Sutter (la «dame» dont il avait à nouveau oublié le nom et la fonction), il a évoqué avec dédain son côté «répétitif» et son «agressivité». Puis, avec une jouissance cruelle, il s’est longuement amusé de la «folle panique» affichée par les officiels et entreprises helvétiques qui se sont bousculés au téléphone et à son bureau pour négocier les droits de douane. On croyait voir un chat s’amuser à torturer sa souris. 

Suite à cela, qu’a fait UDC? Silence. Le président de la Confédération, l'UDC Guy Parmelin, assumant sa non réaction, n’a pas souhaité commenter les remarques méprisantes de Donald Trump. Une diplomatie qui peut, à la limite, se comprendre à l'échelon d'un conseiller fédéral. 

Mais le silence est plus net dans l’attitude de Céline Amaudruz (UDC/GE). Interrogée sur les ondes de la RTS le même soir «jusqu’où doit-on plier face à Donald Trump», la conseillère nationale ne veut pas commenter et souligne que «c’est même une force, aujourd’hui, de ne pas commenter». Elle salue le «bon sens de Guy Parmelin» et prône de garder la tête froide, sans critiquer à aucun moment Donald Trump et en prenant des pincettes maximales. 

La hallebarde n'est réservée qu'à l'UE

Oubliées la hallebarde, la résistance de Winkelried et de Guillaume Tell, la combativité que la Suisse affiche face à l'UE, dont elle dépend pourtant autant si ce n'est plus; on ne trouvera rien de ces postures face aux Etats-Unis de Trump: là, on rentre les griffes et on sort les génuflexions. 

En réalité, cela fait un moment que l’UDC se retrouve régulièrement en position de grand écart intenable sur différents sujets. 

Sur l’Europe, déjà, lorsque d’un côté elle mène une campagne pugnace contre les accords bilatéraux, et que de l’autre elle reste muette sur ce sujet parce qu’elle pactise au niveau cantonal avec le PLR et le Centre au sein d’alliances des droites élargies. 

Sur la neutralité, ensuite, lorsque d’un côté elle lance une initiative pour la préserver, mais que de l’autre elle défend l’idée de vendre du matériel de guerre à l’Ukraine, parce qu’elle pactise avec le lobby des armes. 

Un indicateur: le vide sur les fils de commentaires

A présent, la voilà testée par Donald Trump, qui met à l’épreuve le souverainisme suisse lorsqu’il se retrouve en conflit direct avec les politiques du souverainiste en chef américain. 

Reste que ce silence parle fort. Les défenseurs de Trump se font plus rares sur Facebook ou LinkedIn, lorsqu’on critique sa politique économique, vantée comme un «miracle» alors qu’elle est décevante pour la grande majorité des Américains. Ou encore, lorsqu’on critique son discours humiliant à Davos. Alors qu'aux Etats-Unis, la popularité du Républicain a chuté à 40%, ici aussi, ses adeptes ne viennent plus à sa rescousse. Invisibles, ils le sont quand les contradictions sont devenues trop visibles. 

Myret Zaki

blick.ch

mardi 20 janvier 2026

Fribourg envisage un plafond à 10,5% du revenu pour les primes maladie

 

Le Conseil d'Etat fribourgeois veut un contre-projet à l'initiative socialiste sur les primes d'assurance maladie. Il propose un plafonnement à 10,5% du revenu, contre 10% demandé par les initiants, a appris la RTS.

Dans le canton de Fribourg, le Parti socialiste réclame depuis plus de quatre ans que les primes maladie ne dépassent pas 10% du revenu des ménages. Une initiative avait été déposée fin 2021, mais aucun vote populaire n'a encore été programmé.

Le dossier connaît cependant une avancée significative. Une rencontre a eu lieu lundi entre le comité d'initiative et les autorités cantonales. Selon des informations de la RTS, le Conseil d'État fribourgeois a présenté aux initiants les contours du contre-projet qu’il veut présenter ces prochaines semaines.

A une virgule près

Le gouvernement a décidé de ne pas se rallier totalement au texte, mais il s’en rapproche à une virgule près. "Nous leur avons présenté les grandes lignes d’un contre-projet à 10,5%", explique Philippe Demierre. Le conseiller d’Etat fribourgeois en charge de la Santé ne donne pas davantage de détails sur le contenu et sur les incidences financières. "Nous allons maintenant finaliser le contre-projet qui devrait être mis en consultation vers la fin du mois de février", précise l’élu UDC.

Cette démarche fait suite à la votation fédérale de juin 2024, quand la population fribourgeoise avait approuvé à plus de 55% un plafonnement des primes à 10% du revenu, malgré un refus au niveau national.

"Décharger la population fribourgeoise"

Le Conseil d'État fribourgeois cherche ainsi à répondre aux attentes de la population tout en tenant compte des contraintes budgétaires actuelles. "Finalement, que ce soient les initiant ou le Conseil d’Etat, nous avons toutes et tous le même objectif, soit décharger la population fribourgeoise en matière de primes d’assurance maladie", assure Philippe Demierre.

Il reste à voir si cette proposition à 10,5% convaincra le Parti socialiste fribourgeois de retirer son initiative.

Au niveau du calendrier, si tout se passe comme prévu, après la consultation de ce printemps, le Grand Conseil examinera le contre-projet cet automne, avant un vote populaire début 2027.

rts.ch

Michel Simonet s’apprête à ranger son balai

 

C’est une semaine pas tout à fait comme les autres pour Michel Simonet. Ce jeudi, il rangera pour la dernière fois ses affaires dans le dépôt de la rue des Alpes. Après quarante hivers passés au service de la Ville de Fribourg, le cantonnier à la rose s’apprête à tourner une page, sans nostalgie, mais avec calme et reconnaissance.

"Mon impression est plutôt paisible, sereine", confie-t-il. S’il se dit heureux d’avoir travaillé, le sexagénaire l’est tout autant d’arriver au terme de cette longue carrière. L’hiver, saison exigeante du métier, pèse encore un peu sur les épaules: être dehors par tous les temps, dans le froid et la neige. "Je me réjouis de pouvoir regarder la neige tomber derrière une vitre", sourit-il, évoquant déjà le plaisir retrouvé du ski, cette fois par choix.

Quarante ans, au même poste, une fidélité rare. Michel Simonet y voit une forme d’héritage: un grand-père et un père restés eux aussi quatre décennies dans leur métier. Mais aussi une rencontre réussie entre un tempérament et une profession. "Ce métier a été une alchimie bien réussie", résume simplement le cantonnier.

Au fil des décennies, il a surtout reçu beaucoup: le sentiment d’utilité du service public et des rencontres humaines fortes. "J’ai été énormément gratifié sur le plan relationnel", dit-il, évoquant les visages croisés chaque jour dans les rues de Fribourg.

De cantonnier à figure publique

De cantonnier de renom en ville, Michel Simonet est devenu, presque malgré lui, une figure bien au-delà des frontières fribourgeoises grâce à son livre "Une rose et un balai". Une reconnaissance qui ne l’a jamais détourné de son quotidien. Malgré les conseils de se consacrer uniquement à l’écriture, il a choisi de rester fidèle à son balai jusqu’au bout. "J’avais envie de faire le même travail jusqu’à la fin. Et j’y suis arrivé."

La rose, symbole indissociable de sa silhouette, ne disparaîtra pas totalement. Elle deviendra simplement plus intime. "Je les offrirai à mon épouse", confie Michel.

Une retraite active, toujours dans le quartier

La retraite ne sera pas synonyme d’immobilité. Du temps pour écrire, pour voyager, pour la famille et les petits-enfants. Et bientôt, une nouvelle mission: guider des visiteurs à la cathédrale Saint-Nicolas. "Je vais rester dans le quartier", assure-t-il. Toujours proche des pierres, des rues et des gens.

Une page se tourne, sans bruit, comme un dernier coup de balai.

Laura Kolly

Frapp.ch