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dimanche 26 mars 2017

« Cabinet noir » : plus grave qu’on ne peut l’imaginer ?




Les hauts responsables politiques de la Ve République ont-ils déjà eu recours aux services de policiers qui étaient leurs affidés, de « cabinets noirs » et autres cadres des renseignements généraux pour espionner ou déstabiliser leurs adversaires politiques ? Évidemment, la réponse est oui. Le procédé n’est pas nouveau. Si la droite est loin d’être exempte de reproches en la matière – les réseaux Pasqua étaient notamment spécialistes des barbouzeries -, la gauche y excelle. Sous le règne du monarque républicain qu’était François Mitterrand, ces méthodes étaient usuelles. Le Louis XI socialiste écoutait même aux portes des actrices sur lesquelles il fantasmait…

Bienvenue Place Beauveau – Police : les secrets inavouables d’un quinquennat ne surprendra donc que les plus naïfs, ou ceux qui ont cru, à tort, ces pratiques disparues. Écrit par Olivia Recasens, Didier Hassoux et Christophe Labbé, tous trois journalistes au Canard enchaîné, l’ouvrage comprend néanmoins quelques morceaux d’anthologie qui, à eux seuls, justifient son achat. On se surprend même, parfois, à rire de bon cœur. Ainsi, les journalistes narrent une anecdote drolatique qui se serait produite le 6 avril 2014, impliquant François Hollande, Julie Gayet, une caméra de vidéosurveillance et un buisson duquel les amants seraient sortis précipitamment…

Un détail en comparaison des faits graves qui sont rapportés dans le livre. Au cœur d’un cyclone d’affaires, François Fillon a cru bon se prévaloir du livre pour prétendre avoir été victime d’un complot directement fomenté par l’Élysée, lors de son passage à « L’Émission politique » sur France 2. Des accusations graves que rien ne permet de prouver aujourd’hui, même si tout porte à croire qu’il y plus qu’un fond de vérité. Une chose est sûre : François Fillon sait très bien de quoi il parle. Rafraîchissons-lui la mémoire : ne fut-il pas le premier à solliciter les services de ce « cabinet noir » en demandant à Jean-Pierre Jouyet, rouage essentiel du système, d’accélérer les procédures judiciaires qui visaient Nicolas Sarkozy ?

D’ailleurs, personne n’a été épargné par François Hollande, petit manœuvrier qui crut pouvoir se représenter en détruisant toutes les personnalités susceptibles de lui faire de l’ombre, y compris dans son propre camp. Manuel Valls et son entourage ont, par exemple, été les victimes de tentatives de déstabilisation. Quant à Benoît Hamon, il a si peur qu’il se sent obligé de discuter avec ses proches à l’aide de messageries cryptées… Drôle d’ambiance dans la République des Bisounours. Le Président des bisous serait-il le Président des coups tordus ? La question ne se pose plus. Il faut dire que l’Élysée savait pouvoir compter sur de fidèles soutiens dans la police… Les journalistes le disent clairement dans Bienvenue Place Beauvau :

« Les policiers sont attirés par les lumières des temples franc-maçons telles des lucioles par les lanternes. »
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La franc-maçonnerie ne pose pas de problèmes, sauf quand l’avancement dans un corps de la fonction publique est conditionné à son appartenance. C’est malheureusement trop souvent le cas.

De son côté, Emmanuel Macron semble comme protégé. Rien ne l’atteint. Pas un papier vraiment méchant. Pas une seule boule puante. Je ne crois toutefois pas à un complot en bonne et due forme. Simplement, des amis ont tout intérêt à s’entraider pour essayer de conserver le pouvoir par tous les moyens. Et pour y faire quoi ? Encore une fois, pour qui sait lire entre les lignes, Bienvenue Place Beauveau y répond : poursuivre la politique laxiste qui retient la Cocotte-Minute des « quartiers » d’exploser ! En effet, on apprend qu’en Seine-Saint-Denis, le trafic de drogues n’est plus une « économie souterraine » mais bien un commerce organisé et partiellement autorisé, rapportant la bagatelle d’un milliard d’euros par an au département ! Une partie du trafic autorisé, sous le nom d’« opération Janissaire », aurait même pu servir à financer des terroristes islamistes… Une ripouxblique vraiment exemplaire que celle de Moi Président.

Gabriel Robin
Juriste