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jeudi 30 mars 2017

Présidentielle française : pourrir, divertir, ahurir !




La campagne présidentielle est prise en étau : doublement prisonnière du Léviathan judiciaire et du Léviathan médiatique.

Pour le système dominant, il n’y a pas d’alternance possible : ni au mondialisme, ni au libre-échangisme, ni à l’immigrationnisme, ni à la rupture avec les traditions et la décontraction.

Dans ces conditions, les élections ne sont qu’un simulacre.
Un simulacre que les oligarchies financières, médiatiques et judiciaires ont choisi de scénariser et de feuilletoniser.

En évacuant autant que faire se peut tout débat de fond.

Avec une méthode simple : pourrir, divertir, ahurir.

Pourrir : les médias mettent systématiquement en une des affaires à deux balles. À condition qu’elles concernent François Fillon ou Marine Le Pen (pour Macron, des questions à plusieurs millions ou plusieurs… milliards d’euros n’intéressent personne). L’objectif est double : salir et pousser ainsi les électeurs à s’abstenir ou à recourir à des « votes refuges » : cela tombe bien, les « petits » candidats – Lassalle, Dupont-Aignan, Asselineau ou Arnaud – chassent sur les terres de la France périphérique, la terra incognita du vote Macron.

Divertir : pour Macron, pas question de parler d’affaires (déclarations contradictoires sur son patrimoine, ISF, vente de SFR à Drahi, livraison d’Alstom aux intérêts US) mais on « peopolise ». Mimi Marchand, spécialiste des people, a rencontré le couple Macron lors d’un dîner organisé par Niel (groupe Le Monde) et sa compagne Delphine Arnault (LVMH, Les Échos, Le Parisien).

Et elle a pris en charge leur « storytelling » : le jeune premier et sa « cougar » font la une des magazines. Maillot Hawaï, polo et boxer-short sur Paris Match. En attendant Gala et les conseils minceur de Brigitte Macron. C’est beau, c’est émouvant et… cela évite de parler de choses sérieuses.
Ahurir et faire frémir : comme trois précautions valent mieux qu’une, les médias complètent le dispositif en promettant le chaos économique et social si Marine Le Pen était élue. Et appellent sans attendre à se rassembler autour du banquier Macron pour « faire barrage ».

Le rejet du système est tel et la méfiance envers les médias si grande que le succès de leur enfant chéri n’est, malgré tout, pas assuré. Reste, tout de même, une question : que pourraient faire de différent Marine Le Pen ou François Fillon sans remettre en cause le pouvoir judiciaire et le pouvoir médiatique qui sont sortis de leur lit ?

Comment rétablir la séparation des pouvoir ? Montesquieu, reviens ! Comment rétablir la liberté d’expression et retrouver le pluralisme dans les médias ?

On aimerait en entendre davantage, faute de quoi le vote présidentiel risquerait de ne pas changer grand-chose…

Jean-Yves Le Gallou
Ancien député européen, essayiste