L'éviction de Pierre-Olivier Nobs a comme un air de déjà-vu à Fribourg. En 2011, le conseiller communal Charles de Reyff, lui aussi en charge de la mobilité, n’avait pas été réélu. Le passage de l’avenue de la Gare à sens unique avait pesé sur son bilan. L’ironie de l’histoire, c’est que le démocrate-chrétien avait dû laisser sa place à la libérale-radicale Antoinette de Weck. Or, ce dimanche, Le Centre (ex-Parti démocrate chrétien) retrouve ses deux sièges à l’exécutif alors que le PLR échoue une deuxième fois à y revenir.
«L’homme du 30 à l’heure», ainsi que l’a baptisé la presse helvétique, n’est donc pas le premier à être victime de la guéguerre entre les automobilistes et les cyclistes ou les piétons en ville de Fribourg. Au-delà du système de scrutin proportionnel qui aura handicapé le Centre gauche, Pierre-Olivier Nobs paie aussi l’addition d’un style de gouvernance très personnel, qui laissait peu de place à la nuance ou au consensus.
La gauche peut néanmoins être reconnaissante à ce «Winkelried» qui aura foncé en première ligne et accepté de prendre des coups pour rendre les transports plus conformes à sa doxa environnementale.
Elus à la faveur d’une alliance, les deux nouveaux venus centristes se proposent de tempérer les ardeurs idéologiques de la gauche. Reste à savoir si leurs alliés de droite accepteront longtemps de faire la courte échelle au parti historiquement hégémonique de Fribourg pour lui permettre de revenir au pouvoir.
Patrick Chuard