Le National a adopté par 102 voix contre 65 une motion en ce sens, contre l'avis du gouvernement. Le Conseil des Etats doit encore se prononcer.
Les chiffres sont alarmants, a estimé le motionnaire Laurent Favre (PLR/NE). Fin juin, 1208 personnes en Suisse étaient dans l'attente d'un don d'organes et une cinquantaine sont décédées l'an dernier faute d'avoir pu se faire transplanter.
Pour la majorité, il faut changer la pratique actuelle du consentement large, selon laquelle les citoyens doivent signaler leur volonté d'être donneurs. Avec le régime du consentement présumé préconisé par le National, une personne devrait se déterminer sur son statut de donneur dès l'âge de 18 ans ou dès son arrivée en Suisse.
Exemple de l'Espagne
Si elle ne répond pas dans un délai raisonnable, elle serait inscrite dans une base de données de donneurs. Mais elle aurait le droit de changer d'avis durant toute sa vie, a souligné Laurent Favre. Ce système est déjà utilisé dans de nombreux pays, comme l'Espagne, qui connaissent un taux élevé de dons d'organes, a-t-il fait valoir.
L'Espagne n'a pas vu le nombre de donneurs augmenter lorsqu'elle est passée au système du consentement présumé, a rétorqué le ministre de la santé Alain Berset. Ce n'est que quand ce pays a mis en place un plan d'action que la situation s'est améliorée.
Le Conseil fédéral prévoit précisément un train de mesures visant à sensibiliser la population. Il est en train de définir les priorités de son plan d'action annoncé en mars. Mais cet argument n'a pas suffi à convaincre le plénum.