Chu de che / Je suis d'ici / Sono di qui / Ich bin von hier ! Notre liberté ne nous a pas été donnée, mais combattue et priée par nos ancêtres plus d'une fois! Aujourd'hui, comme autrefois, notre existence en tant que peuple libre dépend du fait que nous nous battions pour cela chaque jour. Restez inébranlable et soyez un gardien de la patrie pour que nous puissions remettre une Suisse libre telle que nous la connaissions à la génération suivante. Nous n'avons qu'une seule patrie!

vendredi 11 novembre 2016

Qui sème le laxisme récolte l’ignorance




Selon une note d’information de la direction de l’évaluation française, de la prospective et de la performance (DEPP), le niveau des élèves français de CM2 en orthographe continue de baisser. Sur une même dictée, ils ont de moins bons résultats en 2015 qu’en 1987 et 2007.

D’après les conclusions de l’enquête, les compétences orthographiques mesurées diminuent : en moyenne 17,8 erreurs en 2015, contre 14,3 en 2007 et 10,6 en 1987. C’est l’orthographe grammaticale qui est la plus touchée (règles d’accord entre le sujet et le verbe, accords dans le groupe nominal, accords du participe passé). Le phénomène concerne l’ensemble des élèves, avec une grande disparité des résultats.

Les plus anciens d’entre nous, qui ont passé l’examen d’entrée en sixième, se souviennent qu’une faute d’orthographe grammaticale coûtait 4 points et qu’avec cinq fautes de ce type, on obtenait la note 0, qui donnait peu de chances d’accéder au collège. Sans être nostalgique de cette époque, force est de constater que le temps de cette exigence est révolu et que, depuis des années, le niveau en orthographe ne fait que décliner.

L’explication officielle ? « Cette évaluation porte sur des enfants qui ont commencé leur école primaire en 2010, avant l’entrée en vigueur des nouveaux programmes de français en cette rentrée 2016 », a réagi le ministre de l’Éducation nationale. Cette explication ne convainc sans doute que les rares personnes qui ont apprécié les nouveaux programmes concoctés par le Conseil supérieur des programmes.

Il faut chercher ailleurs des explications.

On ne peut guère négliger l’augmentation du nombre d’enfants qui ont des difficultés supplémentaires à cause de leur environnement socio-culturel : l’école devrait, précisément, pallier ces inégalités par un renforcement du soutien et des études surveillées. Mais, plus généralement, notre société de consommation incite les enfants à se divertir, dès le plus jeune âge, devant des écrans plutôt que lire des ouvrages qui enrichissent à la fois leur vocabulaire et leur orthographe.
En outre, le temps consacré à l’enseignement du français à l’école primaire a considérablement diminué au profit de toutes sortes d’activités qui, si elles ne sont pas inutiles, enlèvent des heures à l’apprentissage de la langue française, qui est primordial. Les candidats à l’élection présidentielle qui, dans le cadre de leur programme, veulent accorder plus de place à l’étude des « fondamentaux » – terme un peu vague qu’il faudrait préciser – vont dans le bon sens.

Enfin, il y a des raisons d’ordre pédagogique. La mode est au ludique plutôt qu’aux apprentissages méthodiques et rigoureux. Comme l’écrivait le philosophe Alain, « on n’a rien sans peine » et « on n’instruit pas en amusant ». Non pas que le maître doive prendre plaisir à ennuyer ses élèves, mais il doit leur apprendre à être curieux du savoir, à aimer l’effort, à être exigeant avec eux-mêmes. Depuis des décennies, on fait tout le contraire.

L’orthographe est la partie la plus visible de l’iceberg, mais toutes les disciplines pâtissent de cet état d’esprit. On oublie les vertus de la répétition, des dictées régulières, l’importance de la grammaire, les ressorts de l’exigence.

Dans ces conditions, faut-il s’étonner de ce déclin continu ? Qui sème le laxisme récolte l’ignorance…

Jean-Michel Léost